Que la Prudence nous guide !

Auteur:

M∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué



Cette Prudence qui, dans l’ouverture de nos travaux, apparaît comme deuxième vertu des quatre référencées, mais qui ce soir exceptionnellement, sera la quatrième évoquée, cette Prudence, donc, ne doit pas être perçue comme une forme de lâcheté, comme une frilosité pusillanime mais, au contraire, doit être précédée d’une analyse sensée et réfléchie.



Dans la proposition injonctive, objet de notre « étude », deux termes sont à considérer : « guide » et « prudence ».



Le verbe guider induit une notion, d’une part, de pédagogie et, d’autre part, de contrainte. En effet cette notion nous paraît indissociable d’un accompagnement limité dans son amplitude et mesuré dans son écoulement. Lorsqu’il y aura danger, le Maître Secret, qui a une mission de guide, l’aura déjà identifié et saura l’affronter : il contournera ce danger ou le franchira sans faire courir le moindre risque à l’individu ou au groupe dont il aura eu la charge, la responsabilité.



Mais l’essentiel de notre analyse porte sur le mot Prudence. Comment le définir sachant que du point de vue philosophique il renvoie au deux thèmes principaux de la connaissance et de l’action, deux notions intimement liées. Selon sa définition avérée « est prudent l’homme plein de sagesse et de prévoyance ».



D’un point de vue étymologique, Prudence est une contraction de Providentia qui réunit Videntia (capacité de voir) avec le préfixe Pro (en avant) ; c’est donc la capacité de « voir en avant » des actions et ce grâce à un jugement convenable et à même de les orienter. Au demeurant, il apparaît une ambiguïté dans la notion de Prudence ; tantôt cette notion évoque l’idée platonicienne de prévisibilité absolue fondée sur un réel purement rationnel, tantôt cette notion renvoie à l’idée aristotélicienne du futur contingent, c’est-à-dire de l’impossibilité de prévoir : en d’autres termes de calculer les risques encourus ! Pour Aristote, qui apparaît comme le penseur ayant émis sur ce sujet les réflexions les plus pertinentes, le philosophe est un audacieux dont le jugement mérite éloge.



On ne peut être prudent par ignorance puisqu’il faut qu’il y ait, au préalable, une connaissance minimale du jugement à porter ou de l’action à entreprendre. Ainsi la méfiance est-elle salutaire et le discernement doit s’imposer devant la multiplicité des choix.



Le Maître Secret est donc invité à développer sa capacité d’entendement et à demeurer dans le champ de la raison ; c’est ainsi, et seulement ainsi, qu’il rapprochera les innombrables conceptions humaines dans leur vérité originelle et qu’il rassemblera ce qui est épars, comportement qui ne nuira en rien à la richesse de ses émotions, bien au contraire !



Le Franc  Maçon pratique la Prudence comme une vertu ; il démultiplie ses propres valeurs et offre, conséquemment, au monde profane un repère sinon une voie à suivre. Le Maître Secret, vigilant, doit être d’abord un guide pour lui-même et ensuite pour les autres, ce qui privilégie la pratique du devoir envers lui-même mais également envers l’humanité toute entière comme l’exige la tradition de notre Ordre dont nous sommes et les héritiers et les transmetteurs.



Et si nous devions conclure, et sans pruderie, veillons à toujours mettre du soin à cultiver les quatre notions évoquées ce soir afin de progresser sur le chemin du perfectionnement, notions qui figurent dans tous les rites et toutes les obédiences avec des mots différents.



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