Que la Justice nous inspire !

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Concept philosophique la justice semblerait être née il y aurait environ 2500 ans à l’époque où Athènes était constituée de sept tribus, dans le but de créer un espace entre les hommes, et éviter le carnage entre eux en se substituant à la loi du Talion.



C’est par elle que les hommes sont réunis en société et participent à une vie commune. Sa volonté constante est de faire respecter et accomplir tous les droits, tous les devoirs et ainsi de rendre à chacun ce qui lui est dû.



Il n’y a pas de plus haute vertu disait Cicéron, car elle brille de son plus bel éclat.



Nous abordons dans notre synthèse l’une des quatre sentences qui sanctionne notre initiation au quatrième grade. Nous devons : » faire respecter la justice, sans laquelle il n’est point de sécurité ».



Il est évident que le contenu de nos jugements est souvent spécifique et fait référence à des domaines institutionnels, et de ce fait il existe des « sphères » de justice.



Pour assurer la Justice, il faut qu’il y ait un conflit et un tiers pour départager les intérêts opposés des protagonistes.



Cette justice ne sera pas rendue de la même manière, elle dépend de la façon, du temps, de la parole départageante du tiers et peut être unique ou collégiale : dans l’une la parole est tranchante, dans l’autre elle compose; deux phénomènes apparaissent, l’un est d’autorité, l’autre de conciliation.



Ce tiers qui intervient pour départager peut être un juge de profession (magistrat) ou un particulier dans un temps déterminé (arbitre) ou un temps plus long (juges consulaires, jurés d’assises).



La Justice doit apparaître dans sa double dimension éthique et juridique, morale et légale.


Elle ne peut avoir de sens qu’au service d’elle même. Camus disait à son égard qu’elle est: « une idée et une chaleur de l’âme ».


Souvenons‑nous du proverbe ! : « quand raison dort, justice est mal gardée ».



D’où ce soucis permanent de « garder raison », ne nous laissons pas emporter par nos aprioris et nos sentiments.



« Faire respecter la Justice… »



Il est dangereux d’ignorer cette double dimension de la justice car l’on crée des risques et le rituel nous précise, en complément de la citation ci-­dessus



« … sans laquelle il n’est point de sécurité ».



La pratique de cette justice exige une vertu personnelle, une pratique solitaire, elle se résume à une simple question d’éthique individuelle.


On se doit d’introduire dans nos jugements et dans nos actes le principe du comportement équitable avant toute chose. Ainsi maître de nos émotions, nous restons en quête d’une harmonie universelle et nous restons dignes en faisant appel à des sentiments nobles. Le droit s’il reste toujours la règle de référence, laisse une place à l’équité. Cette dernière sera la vertu qui nous rendra humaniste dans notre inspiration de justice.



Dans un monde de froideur en quête de valeurs, en perpétuels bouleversements, plus que jamais nos actes doivent s’inspirer d’amour, de bienveillance et d’équité.



Aristote a mis en évidence une forme de justice dite « distributive » ; cette notion fait apparaître une proportionnalité dans la distribution des biens, des récompenses ou des honneurs qui tient comte de la valeur de chacun.



En prenant en considération cette théorie, St Thomas d’Aquin établira une nouvelle hiérarchie des lois


‑ éternelle ou divine


‑ naturelle ou humaine


Dans sa théorie se confondait Naturel et Dieu.


Il est fait appel à l’usage de la raison pour connaître les lois de la nature qui affirme sa vocation sociale de l’existence humaine.


St Thomas d’Aquin influençait les philosophes du Moyen Age et a permis la conciliation de la philosophie antique avec le christianisme, complétée par la théorie de Platon.


‑ Loi divine


‑ Loi naturelle


‑ Loi humaine.


Nous entendons ainsi nous rapporter au « bon sens ».


Pour nous Maçons spéculatifs, il faut « faire respecter la justice » ; cela implique une autre notion, c’est l’idée de la Justice. Deux idées apparaissent :



‑ La première est justice et équité.


Le juriste consul romain disait « rendre à chacun son dû ». Cette expression sera qu’une justice soit distributive, soit communative. L’idée de partage avec égalité des parts remonte à Aristote qui nous révéla la notion d’équité qui a la même étymologie que le mot égalité.


Dans une société inégale, la justice est à égalité géométrique


et le juge peut suppléer les lacunes du droit par l’équité


‑ La seconde est équité et réparation. Ce n’est pas chose facile d’appliquer l’équité dans la pratique.


Saint Augustin se posait cette question : Qu’est‑ce que l’état sans justice… ? « une association de brigands ! » concluait‑il. Ce qui illustre bien les difficultés à respecter l’équité.


L’absence de justice pose la question


Pourquoi obéir, respecter une loi scélérate, un juge corrompu ?



Lors de son initiation au quatrième grade, le Vénérable Maître dépouillé de ses insignes n’est plus qu’un apprenti, la lumière est voilée, il a les lèvres scellées et on lui cite les sentences dont celle qui a servi aux réflexions ce

soir, la voici :


« Ce que la Maçonnerie nous demande, c’est d’aimer la justice, de la révérer, de marcher dans ses voies, de la servir de tout notre coeur et de toute notre âme.« 



Nous pouvons dénoncer qu’actuellement il y a désintéressement pour la chose publique et que l’injustice est toujours criante alors que la justice reste silencieuse.



Dire ce qui est juste, c’est se prononcer sur la bonne organisation de la société.



Mais, peut‑on rendre la justice en toute indépendance en dehors de la pression du pouvoir, de l’influence des communautés ?



Vouloir être juste, c’est être habité par le doute, se servir de la balance pour bien peser le pour et le contre avant de se servir du glaive pour appliquer la sanction.



Pour nous francs-maçons, héritiers des philosophes des lumières, la raison doit nous guider en toute indépendance, tout en gardant notre esprit critique et notre libre arbitre.


La justice qui doit nous inspirer est d’ordre moral, elle doit être une vertu capable d’analyser le bien et le mal, qui nous permettra d’agir suivant notre raison. Ainsi la justice reporte notre action directement à notre état interne, et non à des normes sociales extérieures.



C’est pourquoi notre travail maçonnique, qui est basé sur la réflexion, les échanges, le symbolisme, l’écoute des autres etc …. doit nous permettre d’améliorer notre jugement et ainsi nous aider à être plus justes. Et nous dirons aussi que la laïcité doit aider ce même travail à s’installer en dehors du temple.



Que la justice nous inspire c’est donner la voix à la conscience morale, une action juste devient dès lors vertueuse si elle ne se coupe pas d’humanisation. En faisant abnégation de nos intérêts personnels, nous tempérons nos actes par l’amour.



Il est des lois ineffables même si elles ne sont pas écrites. Inspirés par la justice nous appliquons une vertu morale et en cela nous devenons humanistes.



En ce début d’année maçonnique, évertuons nous et ce, malgré les difficultés soulevées, à nous unir afin de répondre à la demande de cette


sentence .



« BIEN VOIR, BIEN COMPRENDRE, BIEN AGIR »



Pour cela il nous faut connaître et aimer.

M L

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