Vous êtes passées de l’equerre au compas

Auteur:

E∴ C∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Le passage à un grade supérieur est une étape dans la vie d’une franc-maçonne. Dans le cas du passage du 3ème degré au 4ème degré il s’agit de bien plus que cela.

Au premier abord il semble s’agir d’une rupture. Tout est différent, nous n’avons plus les repères qui ont jalonnés notre parcours : plus de tapis de loge, plus de piliers, plus de 3 grande lumières sur l’autel des serments.

Le Temple dans lequel nous sommes introduites est sombre, les murs sont tendus de drap noir parsemé de larmes d’argent. Ce lieu n’est pas sans nous rappeler le Temple dans lequel nous avons été introduites lors de notre élévation à la maîtrise.

Mais notre introduction se fait en marche avant, nous sommes donc en route en marche vers un avenir.

Nous avons sur la tête un voile translucide, noir, une équerre d’argent centrée sur le front. Cette équerre nous donne à penser que nous allons devoir avancer avec la même rectitude dans ce grade que dans les 3 premiers grades. Elle est le dernier symbole du travail opératif.

Nous allons maintenant travailler sous le symbole du compas. Le compas est l’outil de la création. Il est mouvant, dynamique, constructeur et nous ouvre le champ infini de la recherche qui s’offre à notre esprit.

Le compas nous donnera la mesure du travail de l’esprit. Cependant, n’avons-nous pas été gisante à la place d’Hiram avec à notre tête une équerre, à nos pieds un compas. N’etait-ce pas déjà un passage ? quand nous avons été relevée par les 5 points parfaits de la Maîtrise. Nous avons été relevées avec le compas à nos pieds.

Nous étions déjà passées de l’équerre au compas.De la matière à l’esprit Mais il s’agissait là d’une continuité, le compas était un outil de bâtisseur dont l’usage nous était donné dans toute son ampleur ne servant plus seulement à reporter des mesures mais à trace des cercles, à commencer à nous élever au-dessus des contingences terrestres.

De l’équerre au compas nous passons au jour de notre initiation au 4ème degré de la matière à l’esprit, de la terre au ciel, de l’inconscient au conscient.

L’équerre, outil De la Maîtresse maçonne nous a fait travailler dans l’espace terrestre, dans la rationalité et l’immanence.

Le compas, évoque l’intemporel, la spiritualité, la transcendance. Nous allons comme le suggère les pas de la maîtresse maçonne nous élever en progressant dans la compréhension de nous-même, nous éveiller dans la quête du perfectionnement en étant libérées de nos passions. C’est une voie difficile, pleine de remise en question, très troublante pour l’esprit.

Lors de notre introduction dans le temple, le voile posé sur notre front tamise la lumière, nous sommes partiellement aveuglées. Mais l’équerre d’argent capte la lumière. Posée au centre de notre front elle nous ouvre le 3ème œil, celui de la connaissance. Cependant, le Trois fois puissant Maître nous rappelle que nous devons « marcher droit devant nous et ne pas nous laisser entraîner dans les sentiers fleuris de l’erreur ».
Tout ce que nous avons appris jusqu’à ce jour, n’est rien en comparaison de ce qui nous reste à apprendre.

Décidément, l’ignorance semble être notre lot. Nous Allons être comme des apprenties dit le rituel. Nous sommes au 4ème degré, Maître secret, 2 doigts sur la bouche sous le signe du silence. Le signe du silence empêche le Verbe de se répandre sans discernement.

Mais tout n’est pas à recommencer, nos acquis antérieurs ne sont pas réduits à néant. La Franc-maçonnerie nous a fait sortir du monde de l’ignorance et tirées de la servitude de l’erreur.

Cela est un fait indéniable et cette libération de nos passions est la révélation de notre devenir : nous élever au-dessus de la condition humaine, nous ouvrir à la réalité du pôle spirituel, dans la quête de perfectionnement qui nous fera peut-être découvrir notre Etre essentiel et par la suite tenter d’avoir accès à la connaissance des lois cosmiques : découvrir l’idée sous le symbole.

Le compas représente tout à la fois la délivrance, la liberté, l’élévation de l’esprit, la compréhension des autres et par là de l’univers. La possibilité de régner sur soi et sur le matériel symbolisé par l’équerre.

C’est une voie ardue ou la remise en question est de rigueur à chaque instant, ou l’esprit se heurte à l’inconnu parfois à l’incompréhensible pour le moment présent c’est une voie cruelle pour la sérénité de l’âme en quête de réponse.

L’ego est là, toujours présent et trop tourné vers lui-même et pas assez vers les autres. Il doit effectuer ce retournement qui nous ouvrira au tout spirituel.

Nous apprenons lors de notre réception au 4ème degré que nous recherchons la parole perdue, perdue par la mort de maître Hiram. Nous portons le deuil de cette parole.

Cette recherche est une épreuve dont nous ne savons pas si elle aura une fin Nous n’accédons pas au 4ème degré comme une récompense. Au contraire nous allons y apprendre au cours des 4 voyages symboliques la somme des devoirs que nous n’avions qu’entrevus.

Le travail sur l’idée doit être avant tout une compréhension et il nous faut la juger pour vraie avant de l’accepter : c’est avec notre jugement équitable et raisonné que la vérité nous apparaîtra comme telle.

Accorder sa confiance doit se faire en toute connaissance de cause après réflexion et sans a priori. Nous devons servir la justice, l’aimer et marcher dans ses voies.

Et surtout nous apprenons que nous sommes peu de chose devant l’Univers : « souvenez-vous que vous ne l’admirez qu’en proportion de votre faiblesse en présence de son immensité ». La loi universelle, seule est admirable et le Devoir est la grande loi de la franc-maçonnerie. Il est inflexible, exigeant et impératif. Il doit pouvoir nous mener loin, « nous élever au-dessus de la terre et nous faire pénétrer dans les hautes sphères de la connaissance ».

Il nous faut donc chercher l’ordre dans le chaos du monde et dans notre cœur, essayer de se dépasser afin de nous intégrer dans la sagesse, se dépasser en abandonnant nos certitudes, marcher vers un seul but avec l’espoir incertain d’y accéder, mais avec le seul et unique objectif d’accomplir le devoir parce qu’il est le seul cheminement digne d’être servi Notre Devoir est de nous extraire du coté matériel de notre être symbolisé par l’équerre et pour ce faire adhérer sans équivoque à un principe supérieur qui est représenté par la bible sur l’autel des serments ouverte à la 1er page de la construction du temple de Salomon.

Ce temple est symboliquement notre temple intérieur. Notre devoir de Maître secret est tout entier tourné vers la découverte et la progression dans l’acquisition de la dimension spirituelle et métaphysique de notre quête symbolisée par le compas ouvert, l’ouverture de l’esprit.

Nous allons prendre conscience de l’immensité de la connaissance à acquérir et en même temps nous rendre compte de l’étroitesse de notre esprit encore relié à l’équerre terrestre et rigide, alors que le compas nous servira à apprendre que la dimension de la vérité est infinie et inaccessible à l’esprit humain qui ne peut que chercher le plus possible à s’en approcher.

La perte de la Vraie Parole ne doit pas nous empêcher de la rechercher. Et même si la barrière qui nous sépare du Saint des Saints nous est pour l’instant infranchissable, sachons chercher quelques embryons de vérité dans toutes les dimensions de l’Univers.

Nous ne sommes pas prêtes à comprendre les plus secrets mystères de la Franc-maçonnerie. Mais la clef d’ivoire qui nous est donnée est un espoir pour accéder à une première porte, une première étape sur le chemin escarpé de la montagne qui nous reste à gravir.

Cette marche ascendante que nous commençons fera de nous « les ministres et les apôtres de la Vérité », la recherche de la parole perdue est le Devoir complet qui peut nous demander d’aller jusqu’à payer le prix du sacrifice. L’initié ne doit-il pas tuer l’initiateur ? Le disciple tuer le Maître ? Comme Caïn tua Abel ?

Voilà l’un de mes devoirs tuer le matériel et l’œil de la connaissance apparaîtra : celui qui se trouve sur la bavette de mon tablier, « symbole du soleil, œil de l’Univers qui était pour les anciens l’image de la divinité, le grand archétype de la Lumière ». L’omniprésence de l’œil n’es-il pas la surveillance constante et le rappel permanent du Devoir ?

Serait-ce cela passer de l’équerre au compas, tenter se transformer en Grand Initié ?

Mais restons humbles et réalistes, nos grands initiés existent, essayons modestement de nous rapprocher d’eux, cela sera une grande victoire sur nous-même. Nous sommes toutes passées de l’équerre au compas…

J’ai dit.

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