Vous ne prendrez pas les mots pour des idees…
Non communiqué
A la Gloire
du Grand Architecte deL
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo ab Chao
Au Nom et sous les Auspices du Suprême Conseil du Gabon
Deus Meumque Jus
Des le 1er voyage, lors de notre Initiation au 4ème degré, la voix du T F P M profère :
« Vous ne prendrez pas les mots pour des idées et vous vous efforcerez toujours de découvrir l’idée sous le symbole ».
Les mots que l’on utilise au quotidien, vecteurs théoriques de notre pensée, promoteurs de nos idées, ces mots peuvent semer d’autres maux…ils peuvent faire mal, ils peuvent blesser, ou au contraire encenser sans discernement, par opportunisme et intérêt ; dans tous les cas et dès lors qu’ils ne sont pas médités et en adéquation avec son sens du vrai, avec le respect dû à l’autre par une démarche empathique, les mots sonnent creux. On accède plus facilement au mot qu’à l’idée qui est un enclos très précis de la pensée. Il y a souvent un abus des mots au point que l’on constate que beaucoup parlent pour s’écouter parler, ce qui est diamétralement opposé, me semble t il, à la démarche de l’initié. La logorrhée verbale est un verbiage creux qui envahit l’espace sans discernement, ni prudence et objectivité.
Les mots s’associent pour donner naissance au langage, véhicule des idées.
L’idée est une représentation de quelque chose en esprit, si l’on se réfère à l’origine grecque du mot qui signifie image. La parole véhicule les mots qui expriment des idées à la connaissance extérieure. Ces mots sont des signes, des clés vectrices de la pensée qu’ils expriment par la concrétisation et la cristallisation de la parole. Le langage a une fonction médiatrice entre le monde des idées et le monde concret.
Par la parole ou l’écriture, la pensée se concrétise en actes, elle prend forme et se structure à partir de l’idée qui en est le moteur. Mais les mots ne sont pas forcément les bons interprètes de la pensée. Ils portent et articulent cette pensée et la fixent.
Or nous sommes à la recherche de la parole perdue après le meurtre d’Hiram ; les mots substitués ne suffisent plus et il nous faut rechercher jusqu’au tréfonds de notre Être pour que nous soit révélée l’idée suprême. Ne pas prendre les mots pour les idées, c’est ainsi vouloir d’autres rapports humains avec le monde, c’est le désir d’accéder à un autre niveau de l’intelligence des hommes et des choses. Ce discernement est essentiel car il permet de découvrir l’idée vraie sous le mot juste, de réfléchir, de méditer, de sélectionner et de choisir.
L’idée est une conception qui s’exprime via plusieurs modes d’expression tels le geste, le regard, la musique, la peinture et le symbolisme qui est un langage universel. L’idée dépasse donc le langage.
Les mots signes et clés de la pensée sont souvent imparfaits. Il faut chercher ce que ces mots signifient et quelles idées ils véhiculent, les questions qu’ils posent et les réponses à leur apporter.
3 termes sont articulés selon 2 couples : mots/idées et idée/symbole, et en deux parties bien distinctes :
vous ne prendrez pas les mots pour les idées : sensation de quelque chose d’arrêté, d’établi, de facile dans son application vous vous efforcerez toujours de découvrir l’idée sous le symbole : sentiment de mouvement, de recherche, d’effort, d’implication personnelle.
La connaissance est possible, selon PLATON, car notre âme a jadis, avant de s’incarner dans notre corps, contemplé les idées. L’âme lors de l’incarnation a oublié les idées, et la connaissance, la recherche inlassable de la Connaissance, consiste donc à se souvenir, puis à achever de se construire.
Au Quatrième, comme au premier degré, le silence est de mise et de rigueur sur les colonnes ; pour autant il ne nous est pas interdit de penser, au contraire, et la structuration de cette pensée, à l’écoute de nos aînés, doit nous permettre, grâce à l’introspection, la rencontre avec son être enfin révélé, l’embellissement de son Temple intérieur, la connaissance de soi pour mériter sa place au milieu des autres.
Il apparait que si les mots mènent aux idées, le symbole, clé du royaume de la Connaissance et langage secret, éveille à l’Idée. Avec cet outil universel qu’est le symbole, notre devoir est de chercher, chercher encore, revenir toujours au centre du cercle, et aspirer atteindre le cœur sacré de l’inaccessible étoile. En nous limitant au sens apparent du mot (phonème ou graphème), nous prenons le risque de rester prisonniers d’un carcan mental, figé et réduit à une idée précise et souvent rationnelle. Le symbole, quant à lui, est la représentation figurée, imagée, concrète, d’une idée abstraite. Les mots génèrent un langage de l’individu, les symboles génèrent un langage de l’Etre… Mais ce sujet pourrait être développé dans une autre planche…
TFPM et V T mes F F M S en vos grades et qualités,
J’ai dit.
Ph J