Le Devoir et la Liberté personnelle

Auteur:

F∴ P∴ M∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A LG DGAD LU


FM de Rite Ecossais Ancien et Accepté


Au nom et sous les auspices du S C de France


ORDO AB CHAO




Le mot « Devoir »avec un D majuscule est prononcé 12 fois pendant l’initiation du Maître Secret plus une fois au moment de son serment.



Mes Frères j’ai longtemps hésité, mais il m’a paru important d’extraire du Rituel la liste des phrases dans lesquelles nous retrouvons le mot « Devoir »

:


«  L’idéal de la Franc- Maçonnerie est l’accomplissement du Devoir porté jusqu’au sacrifice »


«  Etes-vous prêts à accomplir votre devoir parce qu’il est le Devoir, sans songer à la récompense, et à être satisfait de l’approbation de votre seul conscience ? »


« Le Devoir est pour nous aussi inflexible que la fatalité ! »


« En santé ou en maladie, en prospérité ou en adversité, le Devoir est pour nous aussi exigeant que la Nécessité ! »


« Le Devoir s’impose à nous, le jour comme la nuit. Dans le tumulte de la cité, dans la solitude du désert, le Devoir est avec nous, toujours impératif comme la Destinée ! »


« Reconnaissez-vous sans réticence que le Devoir est la grande loi de la Franc -Maçonnerie, inflexible comme la Fatalité, exigeant comme la Nécessité, impératif comme la Destinée ? »


« La route du Devoir mène sûrement à la Vérité »


« Nous vous mettons sur la route du Devoir qui conduit à la vrai Lumière »


« Vous venez de contracter l’obligation de suivre imperturbablement la route du Devoir »


« Chaque société a sa conception morale du Devoir »


« Notre Devoir, c’est la quête de la parole perdue »



Tout est dicté, tracé que pourrais-je ajouter si ce n’est que je me pose la question de ma liberté personnelle.



Maintenant faisons l’analyse de la liberté :



LA LIBERTE et L’ETHIQUE



LA LIBERTE : il s’agit de la liberté intérieure qui est la capacité de se déterminer soi-même, de choisir d’une manière consciente et délibérée. Pouvoir intérieur sur soi, ses intentions et ses actes.


La liberté intérieure ne peut être démontrée logiquement, ni prouvée expérimentalement d’une manière objectif (concept métaphysique) or il semble qu’il faille considérer que l’homme est intérieurement libre pour le considérer comme responsable de ses actes et digne de respect.



L’ETHIQUE : c’est la réflexion sur les normes régulatrices de l’action humaine en vue du bien- vivre avec les autres et avec soi.


Existe-t-il ou peut-on définir des normes universelles valant pour tous les hommes sans contradictions ?



A quelles conditions les hommes peuvent-ils dépasser (se libérer) leurs désirs égoïstes pour s’imposer des normes et éthiques universalisables?



PAR LA RATIONALITE DE L’IDEE DE LIBRE–ARBITRE (liberté intérieure)



Pour DESCARTES nous sentons en nous que nous sommes à chaque instant capable de choisir entre deux jugements contraires et que cela ne dépend que de nous.



Pour SPINOZA le sentiment du libre-arbitre est le résultat de la méconnaissance des causes qui déterminent nos désirs et de l’amour de soi qui nous pousse à croire dans notre pouvoir surnaturel et irrationnel, quasi divin, sur nos pensées et sur nos actes, sinon sur nos désirs.



Pour KANT le libre-arbitre est le postulat nécessaire de la moralité, de la liberté raisonnable ou liberté morale : il faut croire à la liberté pour croire à la possibilité d’agir par devoir et donc pour tendre à mettre en œuvre la loi morale universelle que la raison nous impose absolument et nous efforcer, si nécessaire, de lui sacrifier nos inclinaisons sensibles.



Si l’idée de libre arbitre est un postulat de la moralité elle exige que l’on s’interroge sur ses implications rationnelles et ses conséquences dans la philosophie morale qui implique une distinction stricte entre la moralité et la recherche du bonheur, entre bien intelligible et le bien sensible ?



LA RAISON contre LE DESIR ou LE DEVOIR contre LE BONHEUR



La raison morale selon Kant est cette faculté autonome par laquelle l’homme peut concevoir les lois universelles de l’action et s’y soumettre sans conditions. Ces lois reposent sur des impératifs catégoriques dont la valeur absolue est fondée sur le principe de non-contradiction : il serait logiquement contradictoire de mépriser autrui car cela reviendrait à ne pas se respecter soi-même et du même coup à nier la pertinence de son propre jugement ; il serait absurde de n’utiliser autrui que comme instrument de notre action, car cela nous mettrait dans la même position et nous interdirait de faire valoir nos propres fins ; il serait aberrant de mentir car cela détruirait, à terme, notre crédibilité, sur laquelle repose l’efficacité supposéede nos mensonges etc…



Or l’expression de nos tendances empiriques spontanées est toujours particulière et égoïste, même l’amour ; l’altruisme, au service de nos désirs, n’est qu’hypocrisie et faux-semblant vite démentis en cas de retournement d’intérêt.



Ainsi la raison est opposée à la sensibilité et si l’idéal du bonheur est la réalisation optimale de nos désirs, elle doit renoncer au bonheur comme but de l’action au profit du devoir. Agir moralement, c’est agir par devoir et dans le seul but de faire son devoir ; la seule conformité au devoir, socialement nécessaire, est soumise à la détermination de l’intérêt égoïste et est amorale sans être immorale et en cela elle n’est pas un bien mais n’est qu’un moindre mal. Dans ces conditions, la liberté, de métaphysique devient pratique : elle s’affirme comme le pouvoir de choisir, quant aux fins, entre les inclinations de la sensibilité et les exigences absolues de la moralité au profit exclusif de celles-ci.



Le bonheur ne peut, au plus, qu’être une conséquence espérée de notre action morale ou un moyen d’être plus enclins à faire notre devoir par devoir (dans ce dernier cas, il serait un devoir morale « indirect »). Ainsi le sujet ne peut s’affirmer libre qu’en s’arrachant à sa nature particulière sensible et en se soumettant à l’universel raisonnable ; c’est en cela qu’il s’affirme comme personne morale digne d’admiration et méritant le bonheur (dont on peut espérer la réalisation véritable qu’après la mort). Mais cette position ne condamne-t-elle pas, du même coup, le sujet à renoncer à ses fins propres en tant que fins personnelles ?



N’instaure-t-elle pas le déchirement, la possibilité de la souffrance comme une conséquence de la liberté morale ?


Ce faisant, ne prend-elle pas le risque de démoraliser le sujet, aboutissant au contraire de ce qu’elle recherche ?


En opposant le sujet transcendantal (absolument libre) au sujet empirique (entièrement déterminé) ne conduit-elle pas à interdire ou à rendre problématique une liberté empirique pourtant bien nécessaire à notre existence « ici-bas ».



J’en conclu mes Frères qu’après cette analyse sur la liberté et les Devoirs cités au début de ma planche. Il n’y a pas d’incompatibilité entre mes Devoirs et ma liberté personnelle car j’ai librement choisi d’être initié et depuis mon initiation je suis un Maçon affranchi.


Si je m’évertue à mettre en application d’une manière équilibrée l’enseignement du REAA


Ma liberté personnelle en sera renforcée, car il faut avoir la force en soi et la force de soi pour continuer la recherche de la Vérité et travailler sur l’amour de soi pour Aimer l’Autre.



J’ai dit T

Accès réservé aux abonnés

Cet article fait partie de l’espace privé de L’Édifice.
Abonnez-vous pour accéder immédiatement à la plus grande bibliothèque maçonnique sur internet

  • Plus de 5 000 planches véritables
  • Issues de plus de 100 obédiences
  • Du 1er au 33ème degré
Déjà abonné ? Se connecter