En vert et rouge : Les couleurs au 4èe grade

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Etudier la symbolique des couleurs au Rite Ecossais Rectifié peut paraître ici inopportun quand « les symboles cessent », et même « les symboles ont disparu » comme le souligne à deux reprises notre rituel, après que le Frère préparateur ait prévenu chaque candidat « que le pas qu’il va faire sera le dernier dans la carrière maçonnique symbolique ; qu’après celui là on pourra en ouvrir une nouvelle pour lui, dans laquelle les symboles disparaîtront entièrement ». Néanmoins il nous avait prévenu aussi que nos « progrès pour arriver au terme final dépendront toujours de [notre] application et de [notre] aptitude à saisir les rapports des divers symboles qui [nous] ont été présentés avec les choses qu’ils expriment » puisque « si l’homme s’était conservé dans la pureté de sa première origine, l’initiation n’aurait jamais eu lieu pour lui et la vérité s’offrirait encore sans voile à ses regards (1) »



Ce grade récapitulatif est donc bien l’occasion de faire le point sur les nombreux éléments éparpillés précédemment, selon la méthode typique du Rite Ecossais Rectifié et, tel un archéologue, rassembler quelques morceaux épars du « temple démoli » « pour coopérer avec vous à la réédification du Temple (2) ».



Que dit notre rituel ?


« Les trois parties de l’appartement qui correspondent au Nord, au Midi et à l’Occident, seront tapissées en étoffe de couleur (3) vert clair, avec franges ou galons d’or. La partie qui correspond à l’Orient sera tapissée en étoffe rouge, couleur de feu, avec franges ou galons d’or.


Ces quatre tableaux peuvent se réduire à trois, parce que le premier peut être partagé en deux parties distinctes, dont la supérieure sera voilée aux yeux du candidat et couverte d’une toile verte légère ou d’une étoffe de soie très mince.


Un tablier de peau blanche, dans la forme ordinaire symbolique, doublé entièrement en taffetas d’un vert clair ; tout autour, au-dessus de la bavette, il est bordé, dans la largeur d’un pouce, de la même étoffe et même couleur; la bavette, rabaissée et doublée aussi de taffetas vert, est rebordée d’un petit ruban couleur de feu dit ponceau (4) ; il est attaché par-dessus la bavette par un ruban vert assorti ; il est orné de trois rosettes saillantes, en taffetas couleur de feu, placées triangulairement, l’une au milieu de la bavette, les deux autres au bas du tablier.


Le bijou [ …] est placé sur la poitrine, suspendu au col par un ruban moiré d’un vert très clair, liséré sur chaque bord en couleur de feu, de la largeur en tout de trois pouces. Au bas de ce cordon est un nœud en ruban gros grain, couleur de feu, auquel est suspendu le bijou.


Les Frères admis au premier grade de l’Ordre Intérieur ont pour marque distinctive une petite rosette de taffetas blanc fixée au milieu de celle couleur de feu qui est au bas du cordon et une semblable rosette blanche fixée au milieu de la grande rosette ponceau, sur la bavette du tablier. »



Notre rouge est donc ponceau. « Ce mot signifie : une espèce de pavot rouge, que les herboristes appellent coquelicot & une certaine couleur rouge. On dit, du ruban de couleur de ponceau (5) ». « Il se dit aussi d’Un rouge très vif & très foncé. Un ruban couleur de ponceau. Un fort beau ponceau. Un ruban ponceau (6) ».


Notre « vert clair » est aussi appelé vert d’eau, ce qui eut son importance maçonnique, comme nous allons le voir.



Qu’en disent les autres rituels du XVIIIè siècle ?


Notre décorum est très semblable à celui du grade de Maître Ecossais de la Stricte Observance où « la Chambre est tendue de vert. La Chaire, les chaises et les tables sont couvertes de tapis de la même couleur.


Les Maîtres Ecossais seront revêtus d’un tablier de forme arrondie avec la bavette rabattue. Le tablier et la bavette seront verts et bordés de rouge. Les revers du tablier et de la bavette seront du même vert. Ils porteront un cordon de couleur vert uni (décoré d’une rosette rouge (7) pour les Chevaliers Capitulaires) ». « Quelle couleur assigne-t-on au Maître des Ecossais ? La couleur de feu, c’est-à-dire ponceau (8). »



On trouvait aussi ces couleurs dans plusieurs grades de l’écossisme naissant (9), comme le montre l’Ecossais Trinitaire d’Edimbourg (Lyon) et l’Ecossais de Prusse (Metz) dont Meunier de Précourt écrit aux Frères de Lyon que « ceux de Prusse se nomment chevalier de Saint-André et portent le cordon vert avec l’attribut de ce saint Apôtre (10) ».


Dans le grade de Maître Ecossais, Ecossais vrai d’Ecosse, de la loge mère de Marseille (1751), « la loge des Maîtres Ecossais doit être tendue de rouge. Les Maîtres Ecossais portent un tablier blanc, doublé de couleur de feu. Ils portent de plus un ruban ou cordon couleur de feu (ruban ponceau en camail), mis en sautoir ».


Dans celui de Chevalier de l’Orient, en « 2 appartements, le 1er doit être tendu de vert couleur d’eau ». Sa version de 1785 (11) précise même, qu’il faut une : « petite muraille de carton, peint en carreaux blancs, verts et rouges pour marquer les murailles de Babylone ».


« Cordon vert moiré couleur d’eau. Tablier blanc, doublé de taffetas vert couleur d’eau, bordé d’un petit ruban de la même couleur. Cet appartement [le second] représente l’enceinte dans laquelle était le temple : la tenture doit être rouge ».


Il en va de même dans le 3ème Ordre du Rite Français (Chevalier d’Orient) où la chambre d’Orient (Babylone où les juifs sont captifs) est en vert, la chambre d’Occident (Jérusalem en ruine) est en rouge.



Si l’on a pris la peine de s’attarder sur ce grade de Chevalier d’orient, pratiqué à Lyon au temps de Willermoz, c’est que tant au Rite Français qu’au Rite Ecossais Ancien et Accepté il repose sur la même histoire tiré des livres d’Esdras et de Néhémie et qu’illustrent nos deux premiers tableaux : le temple détruit et puis reconstruit, l’épée dans une main et la truelle dans l’autre. Une différence doit être notée cependant : chez eux les couleurs se succèdent 12 (celles des tentures, comme celles de l’habillement) là où chez nous elles se juxtaposent, ce qui n’a certainement pas la même portée symbolique.



Quelles explications symboliques en donnent-ils ?


« La couleur blanche de ce tablier est le symbole de la candeur (13) et de la pureté de mœurs qui doivent caractériser le Maçon dans toutes les actions de sa vie ; c’est la même qui vous a accompagné depuis votre entrée dans l’Ordre jusqu’à ce jour. » Cela figure d’ailleurs dans la Règle Maçonnique : « Que ton âme soit pure [ … ] un Maçon qui se dépouillerait de la candeur, pour prendre le masque de l’hypocrisie et de l’artifice serait indigne d’habiter avec nous (14)»



On notera que dès 1751 on trouvait dans Le maçon démasqué de Thomas Wolson cette indication : « Les gants blancs, la pureté de leurs mœurs (15) ».


Le blanc comme symbole de candeur, de « pureté d’âme (16) » donc, semble être un universel maçonnique, que peuvent illustrer ces extraits de la Stricte Observance où il est dit : « Recevez cette protection comme étant le signe que vous êtes un maçon. Il est blanc et représente la pureté de nos actes ainsi que l’innocence vers laquelle nous tendons (17). Ne venez jamais à nos réunions sans ce tablier. » En donnant la paire de gants blancs le Maître dit : « Cela doit vous rappeler que vos actes doivent être sans souillures », ce à quoi fait écho le grade de maître où le « tapis blanc dénote l’innocence de notre Ordre et de nos Frères (18) ».


Des textes rectifiés on retient que le blanc est la première couleur dont on revêt l’apprenti et qu’elle sera aussi la dernière :


« Le VM revêt l’Apprenti du tablier de peau blanche, en lui disant [:] sa blancheur vous indique la pureté qui est le but de nos travaux, et que nous cherchons à recouvrer ; l’on ne peut y parvenir que par la droiture19 du cœur et l’innocencé0 des mœurs, ne paraissez donc jamais en Loge sans être décoré de ce tablier blanc. »



Dès 1740 un apprenti pouvait entendre : « je vous revêts d’un tablier dont la blancheur marque l’innocence des mœurs dont un Maçon doit être revêtu (21) », ou en 1763 : « Pourquoi vous a-t-on donné un tablier blanc ? Pour marquer la candeur de nos mœurs (22) ». Ce pouvait être dit aussi des gants, qui : « par leur blancheur, vous avertissent de la candeur qui doit toujours régner dans l’âme d’un honnête homme, et la pureté de nos actions (23) », en effet « leur blancheur est allégorique à la candeur et pureté de tout bon maçon (24) », « leur blancheur doit nous faire ressouvenir que vos mœurs doivent être toujours pures (25) »


C’est même là toute la vocation du maçon spéculatif selon plusieurs divulgations (26) : « Qu’apprenez-vous étant maçon de théorie ? A épurer nos mœurs » c’est-à-dire à les rectifier (27), puisque, comme nous le savons tous « l’homme est dégradé, mais qu’il lui reste des moyens suffisants four revenir dans son état originel, et que le Maçon doit apprendre à les employer2 ». La « lumière est le premier (29) vêtement de l’âme, l’habit qu’on vous a donné n’en est que la figure et sa blancheur en désigne la pureté. »



On retrouve ici un thème cher à Martinez de Pasqually : « Moïse […] se prépara de son côté pour faire la grande opération divine et fait prendre pour cet effet un agneau blanc d’un an sans tache extérieure ni intérieure, ce qui fait allusion à la pureté d’âme et de corps des enfants d’Israël ; et l’agneau blanc fait allusion à la victime spirituelle divine qui serait immolée par la suite, pour la plus grande gloire et justice du Créateur (30). » On a là une convergence avec la Stricte Observance pour qui « l’agneau est le symbole de la douceur et de la candeur (31) », et du tablier de peau on remonte à la source, à l’agneau qui l’a fourni et que nous découvrons sur notre quatrième tableau. Le blanc marque donc, dès le grade d’apprenti, la vocation des fils de la lumière, avec ce parcours symbolique du tablier d’apprenti au blanc-manteau du chevalier, écho du parcours spirituel de la tunique de lumière du premier Adam à celle du nouvel Adam, ainsi que Paul l’explique aux Corinthiens (32).



Dès 1710, les questions concernant le Temple du manuscrit opératif Dumfries annonçaient déjà la couleur : « Quel est le mystère du marbre blanc ? Le Christ est le marbre blanc sans tâche, la pierre que les bâtisseurs ont rejeté mais choisie par Dieu pour construire le temple », ce qui est possible si le compagnon, « Expert tailleur de Pierre (33)» a bien « travaillé pour dégrossir les matériaux destinés à la construction du Temple (34)». La couleur blanche, encore elle, symbolise donc la nature de notre travail manuel et nos outils, « la droiture de notre cœur, la pureté de nos actions (35) ». « La Loge vous donne ces gants blancs ; leur couleur vous annonce que vos mains ne doivent jamais se prostituer à des actes contraires à vos devoirs et à la dignité de votre âme ». « Que tes mains soient pures » ajoute la règle abrégée (36).


« Pourquoi vous a-t-on donné des gants blancs ? » demande-t-on dans le catéchisme d’apprenti de la Maçonnerie Adonhiramite. « Pour m’apprendre qu’un maçon ne doit jamais tremper ses mains dans l’iniquité (37) ». Proche est le discours du Très Vénérable au candidat : « vous porterez aussi ces gants blancs, pour marquer que nos Travaux sont purs, que la candeur en est le symbole & que vous ne devez jamais tremper vos mains dans l’iniquité (38) », notamment celle du meurtre, ce que prouvent les maîtres « décorés des marques de leur grade, avec des gants blancs, afin de témoigner qu’ils étaient innocents du sang d’Hiram (39) ». Il en allait de même en 1763 dans le rituel du marquis de Gages, au grade de Maître : « je vous donne ces gants qui par leur blancheur dénotent la candeur des maîtres et que vous n’êtes du nombre de ceux qui ont trempé les mains dans le sang de l’innocent (40) ». Ce thème est repris dans le grade, pratiqué à Lyon, de Maître parfait irlandais ou Prévôt et juge, où sur le tablier blanc bordé de rouge, « le rouge représente le sang d’Hiram, le [blanc] la candeur à l’égard de cette mort (41) » et dans le catéchisme du grade d’élu des neufs (42) : « D. Que signifient les banderoles blanches ? R. La candeur des M:. ». La candeur est donc bien une constante de la carrière maçonnique.



Innocence des mœurs et pureté des mains rendent donc visible à l’extérieur ce qui a été fait au- dedans, mais ce n’est pas tout, car il ne suffit pas d’avoir tracé les plans, réuni et préparé les bons matériaux (43) et les bons outils, il faut encore que le terrain à bâtir soit constructible : « Le cœur d’un maçon doit être assez pur pour être un temple (44) agréable à Dieu (45) ». « La blancheur doit vous rappeler toujours la candeur et la constance et la pureté du cœur de votre respectable fraternité » disait-on à Lyon à l’apprentit souffrant (46) qui annonce si bien l’apprenti rectifié. « Où avez-vous été reçu Grand Maître Architecte ? Dans un lieu tendu de blanc. […]Le blanc signifie la pureté du cœur (47) ». Dès 1710, on pouvait trouver cette indication dans l’exhortation du Manuscrit Dumfries : « Dieu vous jugera d’après la pureté de votre cœur et la netteté de vos mains », ce que nous rappelle également notre rituel.


« Lorsque vous reçûtes le grade d’Apprenti, la couleur blanche du tablier vous annonça ce que vous deviez faire. Elle vous indiqua que pour devenir vraiment Maçon, il fallait acquérir cette candeur, cette droiture d’intention, sans lesquelles la vertu ne saurait exister. Mais dans le grade que vous venez de recevoir, cette même couleur est le témoignage de ce que vous devez avoir fait, puisqu’elle présente le symbole de la perfection, et de cette constance inébranlable dans le bien qui caractérise en effet un véritable Maître. »


Dans ce grade pivot du Maître Ecossais, on annonce la couleur : on va être jugé sur pièces et non plus seulement en conscience. Au terme de cet apprentissage dans notre « école de vertu et de sagesse (48) », il n’est que temps d’aller « porter parmi les autres hommes les vertus dont nous avons juré de donner l’exemple (49) »



« La couleur verte dont [le tablier] est doublé et la couleur rouge dont il est mêlé, vous seront bientôt expliquées. Recevez de mes mains, mon Cher Frère, le bijou caractéristique de votre grade, suspendu au bas de ce cordon vert liséré rouge. »



« La couleur verte du cordon, symbole de l’Espérance, vous indique que vous pouvez espérer de nouveaux secours (50) de l’Ordre, si vous êtes fidèle à ses lois et à vos promesses. »



Cette symbolique figurait déjà chez le Maître Ecossais ou Grand Ecossais (51) de la Réforme de Dresde (52) où « le Maître lui ôte l’habit bleu et lui met le vert en disant : « Voilà la couleur de l’espérance. Vous pouvez tout espérer, votre zèle hâtera l’accomplissement ». Il lui passe le cordon en disant : « Voici l’emblème de l’espérance, je vous confirme ce que je vous ai dit tantôt. Quelle couleur assigne-t-on aux loges écossaises ? Le gros vert, couleur de l’espérance.» Un passage des œuvres posthumes de LCSM la remet dans la perspective de notre dernier tableau : « Seigneur, comment nous serait-il possible ici bas de chanter les cantiques de la Cité Sainte ? Cependant, Seigneur, puisque tu es la source universelle de tout ce qui existe, tu es aussi la source de l’espérance, et si ce rayon de feu ne s’est point encore éteint dans mon cœur, je tiens encore à toi, je suis encore lié à ta vie divine par cette immortelle espérance qui découle continuellement de ton trône ». N’est-il pas l’« Architecte Suprême de l’Univers, Source unique de tout bien et de toute perfection (53) » ? Mais pas facile de chanter la Cité Sainte si le Temple est détruit. Il y a donc urgence à déblayer l’esplanade pour entamer la reconstruction.


« D. De quoi vous a-t-on décoré après vous avoir confié les secrets ? R. D’un cordon vert […] pour me démonter l’espérance que je devais avoir à devenir parfait, en pratiquant toutes les vertus que l’on m’enseignait. (54) » N’est-ce pas « le motif qui nous rassemble » que ce « désir de travailler à l’ouvrage commencé et de le conduire à sa perfection par la pratique des vertus (55) ».


En revanche, la symbolique martiale du vert selon le grade de chevalier d’Orient, dont nous partageons la légende, est totalement délaissée :



Chevalier de l’Orient (1751)


2 appartements. « Le 1er doit être tendu de vert couleur d’eau, en mémoire des événements qui arrivèrent au fleuve Euphrate appelé Starbuzanaï56. En lui remettant l’écharpe verte couleur d’eau : cette écharpe sera pour vous une marque de la vraie Chevalerie que vous avez acquise au fleuve Starbuzanaï. »



Chevalier d’Orient ou de l’épée (6ème de la SO
(57))


« Le cordon couleur d’eau [ … ] pour nous rappeler le combat de nos prédécesseurs au passage du fleuve58 Starbuzanaï où ils défirent leurs ennemis ».



Chevalier d’Orient ou Chevalier de l’épée (1785)


« On les porte en ce jour, en mémoire de ce que ce prince [Cyrus] et sa cour accordèrent à Jérobabel59 [i.e. le candidat] la permission de réédifier le Temple. »



Chevalier d’Orient (3è ordre RF)


D. Quelle fut la principale cause qui fit souhaiter la liberté aux hébreux captifs ? R. Le désir de rebâtir le temple60.



Le vert d’eau ou vert clair, symbolise ici la liberté de passer sur le fleuve au moyen d’un pont, ou peut-être d’un ponceau pour faire un jeu de mot. C’est la preuve, mais faut-il encore y revenir en fin de classe symbolique, c’est l’illustration, une fois encore, de la relativité des symboles. Tous les grades, et la symbolique du blanc dont nous avons vu toute l’importance est claire sur ce point, nous indiquent assez que seul le combat spirituel où nous serons « exposé à bien des attaques et à beaucoup de dangers (61) » semble avoir sa place au RER. Pénalités, meurtres, vengeances et batailles n’ont en effet guère leur place dans les plans de notre temple mystique, « séjour de paix et [ … ] rempart impénétrable au vice », justement peut-être parce que cette violence a détruit le premier Temple, non construit de mains d’hommes, et dont il ne reste qu’une « une colonne brisée et tronquée par le haut mais ferme sur sa base (62) ».



« La couleur rouge dont il est rebordé vous désigne la condition essentielle qui vous est imposée d’un amour (63) sincère pour vos Frères et d’une bienfaisance éclairée, active et universelle pour tous les hommes. »


N’est-ce pas une suite naturelle à la conclusion de l’Instruction Morale du grade de maître, reprise d’ailleurs dans notre cérémonie (64) : « Ces explications doivent vous suffire, mon Cher Frère, pour vous faire connaître que la Franc-Maçonnerie n’a d’autre but que de rendre les hommes meilleurs et plus utiles à leurs semblables », ce que nous demandons dans la prière de clôture de tous nos Travaux : « Puissent nos assemblées être toujours affermies dans leur union par le désir [ …] de nous rendre utile à nos semblables », « viens dans nos Temples : vois le faisceau sacré de bienfaits qui nous unit (65) ». « La maçonnerie [ … ] son principal motif est l’exercice continu d’une charité tendre & généreuse. Nous ne devons pas borner à nos frères seuls, ce précieux sentiment (66) » pouvait-on entendre en 1760 à Saint-Pétersbourg.


Comme pour les couleurs blanche et vertes, on insiste encore sur la mise en pratique de la vertu « car nos Loges sont partout des écoles de morale religieuse, sociale et patriotique, où l’on apprend à exercer la bienfaisance dans toute son étendue (67) ».



On trouvait déjà cette symbolique à Lyon, dans le grade d’Ecossais des 3 J (68), la Loge étant tendue de rouge, le tablier blanc doublé et bordé de rouge « pour prouver que c’est sur une charité ardente que nous sommes essentiellement fondés (69) »


« D. Quels sont les devoirs particuliers des Maçons, les uns envers les autres ? R. Ils doivent s’aimer sincèrement, se secourir de tout leur pouvoir (70). »


Ce n’est en revanche pas du tout la symbolique adoptée à la même époque dans les grades dit de vengeance qui prolongeaient le grade de maître et où le rouge est omniprésent :


Elu de neufs (1785)


« D. Pourquoi votre L:. est-elle tendue de rouge ? R. Pour marquer le sang qui fut répandu ce jour là. [i.e. vengeance de la mort d’Hiram] »


Elu secret (1er ordre RF)


« Le rouge dénote qu’elle [la vengeance] ne peut être éteinte que par le sang des coupables » Chevalier d’Orient (3è ordre RF)


« D. De quelle couleur était la chambre ? R. Rouge (71) qui signifie le sang des victimes. »


Notre couleur est ponceau, rouge « couleur de feu », qui « désigne un amour sincère », comme nous le dit le rituel, ce qui évoque par ricochet le « delta orné d’un cœur enflammé » de l’éléémosynaire, renvoyant ainsi au « feu sacré qui avait brillé dans le Temple [et qui] avait été caché, mais non pas éteint. (72) »


Le grade de Maître de la Stricte Observance évoquait ainsi ce thème : « Les flammes vous démontrent les deux qualités du feu de notre Ordre. Une force invincible met tout en poussière. [ … ] Dans les ruines désolées nous pouvons encore apercevoir le temple. Seule sa puissance divine qui est la puissance de l’amour pur enflamme le cœur de nos Frères afin de conserver une noble et discrète postérité digne de nos secrets, d’assurer la reconstruction du temple et la restauration de l’ancien Ordre. »


LCSM, chantre de la voie cardiaque, en parle d’une manière encore différente dans L’homme de désir : « Vérité sainte, tu es encore comme ensevelie dans les sépulcres ; mais tu y as été enterrée vive. C’est le seigneur lui-même qui te relèvera, et qui fera flotter tes enseignes aux yeux des nations. Ne vous restât-il qu’une étincelle de la vivifiante espérance, conservez-la précieusement (§13). Homme, le sentiment de tes besoins spirituels t’amène l’espérance et le désir, qui est une foi commençante, le sentiment de l’esprit et de la vraie nature, t’amène la foi, qui est une espérance complète ; le sentiment du Dieu homme et réparateur, t’amène l’amour et la charité, qui sont l’action vivante et visible de l’espérance et de la foi (§ 121) ».



En résumé


Blanc (du tablier et des gants d’apprenti), bleu (du cordon de tablier de compagnon aux bordures de celui de maître), noir (de la loge de maître), vert et rouge enfin, telle est la progression chromatique du Rite Ecossais Rectifiée qui nous dit le passé (pureté et candeur), le présent (vertu soutenue par la religion (73)) et l’avenir (mort et fin des choses élémentaires (74)), nous faisant ainsi espérer de retourner à notre condition initiale si nous sommes capable de suffisamment d’amour et de bienfaisance.



Peut-on en donner aussi une explication ésotérique ?


Les 5 couleurs du RER, le blanc de l’apprenti, le bleu du compagnon comme du maître, le noir du maître et pour finir le blanc, le vert et le rouge du maître écossais de Saint-André, qui sont aussi des couleurs maçonniques répandus au XVIIIè siècle comme nous l’avons déjà vu, se retrouvent intégralement chez les élus Coëns de Martinez de Pasqually, comme l’indique ce courrier à Willermoz :


« Vous aurez une longue robe blanche autour de laquelle il y aura une grande bordure couleur de feu d’environ un pied de large et autour des manches qui seront faite à façon d’aube il y aura pareillement une bordure couleur de feu d’environ un demi pied il y aura pareillement autour du collet de la dite robe une doublure de la même couleur en dehors du dit collet d’environ cinq travers de doigt vous aurez de plus sur vous toutes les couleurs de l’ordre savoir le cordon bleu céleste en sautoir au col sans aucun attribut ensuite, le cordon noir passé de droite à gauche, après le Grand cordon rouge passé de gauche à droite, ensuite l’écharpe rouge de droite à gauche autour de la ceinture, en bas au dessous du ventre, ensuite vous passerez l’écharpe vert d’eau de gauche à droite ceinte sur la poitrine.


L’emplacement de ces deux écharpes sur votre corps fait allusion aux séparations matérielles animale et spirituelle (75) », ce qu’il faut rapprocher de cette instruction aux Grand Profès sur le bijou du 4ème grade : « La couleur rouge sur laquelle réside au centre cette lettre mystérieuse, désigne la vie animale (76), qui les unit (77) [les deux natures] pour un temps. »


Maîtres Coëns


D. Puisque le Temple de Salomon est une exacte répétition de notre temple particulier, sans doute que la division en est égale ?


R. Oui T.R.M., mon temple particulier se divise également en trois parties, savoir l’inférieure depuis la ceinture en bas marquée par une écharpe de couleur rouge désignant le Porche ; la seconde celle de la poitrine découpée par une ceinture couleur vert d’eau qui marque le temple particulier, la troisième est la tête ceinte autour du chef d’un ruban bleu qui désigne le sanctuaire.



L’Article 9 des Statuts secrets des R+ en atteste également :


Les chefs opérants observeront et feront observer aux Maîtres et Apprentis R+ qui assisteront audit travail d’être décorés de leurs quatre couleurs régionnaires bleu, noir, rouge et vert d’eau.


La couleur blanche qu’ils doivent aussi avoir n’est point confondue parmi ces quatre couleurs parce qu’elle est la couleur supérieure désignant la partie spirituelle divine ; les autres couleurs, ne désignent que les quatre majeurs spirituels temporels ainsi qu’il suit : le bleu, l’orient céleste, le noir, le midi terrestre, le rouge, l’axe feu central et le vert d’eau, les êtres inférieurs aériens.


Et Louis-Claude de Saint-Martin le confirme dans Le Livre Rouge, Carnet d’un jeune élu coën : « Il n’y a que trois sortes de corporel (78) : le noir, le rouge et le bleu. Mais il y a quatre sortes de spirituel : le rouge, le bleu, le vert et le blanc; encore le blanc n’est-il pas temporel. (§707) La couleur blanche est le s[pirituel] d[ivin], le rouge est le s[pirituel] t[emporel], et le noir est la destruction (§323) ».



Apprenti Coën
D. Combien avez-vous de devises dans l’Ordre ?


R. Quatre. Le bleu, le noir, le blanc et le rouge.


D. Que désigne la couleur bleue ?


R. La première couleur que l’homme vit au moment qu’il eut les yeux dessillés par ordre du Grand Architecte


D. Que représente le noir ?


R. L’obscurité du lieu d’où est sorti le corps du premier homme par permission du Maître.


D. Que représente le blanc ?


R. L’état de pauvreté et de candeur dans lequel le Grand Architecte créa le premier homme.


D. Que représente le rouge ?


R. L’astre radieux du feu qui se fit sentir à lui lorsqu’il fut en la présence du Maître.



Manuscrit d’Alger
Rapporté du livre de parchemin


Nous portons le cordon bleu en mémoire de la recommandation que nous a faite notre premier père, avant de se séparer de nous, de conserver l’innocence, la chasteté et la paix.


La couleur bleue nous représente le séjour que fit Adam dans le paradis terrestre. La couleur verte nous représente la faute qu’il fit en se livrant au travail défendu. La couleur rouge nous représente les dissensions qui s’élevèrent parmi les siens.


Le cordon bleu est donc en mémoire de ce que fut elle qui s’offrit à lui, dès qu’il eut les yeux ouverts.


Le cordon vert est en mémoire de sa faute et de la perte des ses connaissances.


Le cordon rouge est en mémoire de son expulsion du paradis terrestre, qui fut faite par le feu vengeur.


« L’esprit ne se considère que par ses opérations et les couleurs qui lui servent de signe.


Le blanc est dénaire, le bleu est septénaire, le vert est quaternaire, le rouge est ternaire, le noir est neuvaire, le bronze est quinaire. L’unité est sans couleur.


L’esprit dans son nombre radical est 7 parce qu’il opère sur 4 et sur 3, ou sur l’âme et le corps (79). »


Les « sages ont perpétué parmi leur postérité spirituelle la connaissance de ce fameux nombre dénaire, dans lequel toute espèce de nombre de création était contenu. […] Tout existe par le fameux nombre divin, qui est le nombre dénaire. (80) »



C’est précisément le but de la réintégration que d’y revenir : symbolique et ésotérisme du blanc convergent et coïncident. Tout commence là pour y revenir un jour.



Que peut-on en conclure ?
Nous voilà donc au terme de ce cheminement dans la symbolique des couleurs qui laisse ouverts encore de nombreux champs de travail, dont celui du blason (81). L’héraldique, de nature chevaleresque, n’est pas l’apanage des maçons et le blasonnement permet de dessiner par ses couleurs (métaux ou émaux) et motifs (meubles et partitions) le projet spirituel de qui portera ensuite le blason quand nos couleurs maçonniques rectifiées ou coëns nous donnent un cadre moral ou nous racontent une histoire, une histoire haute en couleur.


Enfin, last but not least, je souhaite que nous nous souvenions que sans lumière, il n’y a pas de couleurs…


X B

Notes


1 Instruction Secrète des Grands Profès


2 Début de la cérémonie de réception du maître écossais


3 COULEUR, « suivant les Physiciens est une propriété de la lumière. […] La couleur peut être encore définie une sensation de l’âme excitée par l’action de la lumière ». Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.


4 Définition de l’Encyclopédie : PONCEAU, (Teinture) c’est un rouge foncé qui fait un beau couleur de feu. Les étoffes & les rubans de soie teints en ponceau, sont d’un prix considérable.


Cette couleur a pris son nom de la fleur du ponceau, qui n’est autre chose que le petit pavot simple, appelé vulgairement coquelicot, qui croît naturellement dans les blés, & dont la couleur est d’un parfaitement beau rouge.


5 In Observations de Monsieur Ménage (1613-1692) sur la langue française. 1675-1676


6 Tiré de la définition du Dictionnaire de l’Académie Française. De 1694 à 1798, on a aussi : PONCEAU. Espèce de pavot sauvage d’un rouge fort vif, qui croît parmi les blés, & qu’on appelle Coquelicot.


7 « L’usage de l’écarlate affecté aux plus éminents personnages, tant dans la guerre que dans les lettres ; le privilège de porter la couleur rouge, réservé aux chevaliers & aux docteurs ». Article rouge de l’Encyclopédie.


8 Catéchisme de Maître Ecossais ou Grand Ecossais, 4ème grade de la Stricte Observance.


9 Dans le Maître Parfait (Ms 2098, MB de Bordeaux) : « Quelle est la couleur de la Loge ? Le vert. ». Dans le Grand élu de la voute sacré (14ème REAA) : « tablier blanc doublé et bordé ponceau »


10 In Archives secrètes de la franc-maçonnerie par Steel-Maret. Slatkine, 1991.


11 Rituel du duc de Chartres (1785)


12 De même que notre grade est un composé des 2ème et 3ème Ordre du Rite Français, nos décors se composent aussi des leurs : rouge ponceau du Grand Elu et vert du Chevalier d’Orient.


13 Lyon en 1772 : « pour nous marquer l’innocence et la candeur des mœurs des maçons » cité par Steel-Maret.


14 Article VII Perfection morale de soi-même.


15 Idem dans le Corps complet de Maçonnerie (1765) : « la blancheur de ces gants désigne la pureté de nos mœurs ».


16 CANDEUR. s.f. Pureté d’âme. La candeur de son âme. La candeur de ses mœurs. Agir avec candeur. Un procédé plein de candeur. Dictionnaire de l’Académie Française, 1762 et 1798


17 « Q. Pourquoi reparaît-il vêtu de blanc ? R. [… ] signifiant de plus par cette couleur quelle doit être la pureté de nos intentions » in catéchisme de Chevalier de l’Orient, autrement dit de l’épée, 6èe grade de la Stricte Observance.


18 Sous entendu : dans ces conditions le rétablissement de l’Ordre du Temple est légitime.


19 « peu de cœurs sont assez droits, [ … ] peu d’âmes assez épurées, pour goûter le prix de nos mystères, & s’accoutumer à nos travaux » discours (1760) rapporté par Tschoudy dans le Tome II de son Etoile Flamboyante, p44.


20 DROITURE. s. f. Équité, justice, rectitude. Grande droiture. Agir avec droiture. Droiture de cœur. Droiture d’intention. INNOCENCE. s. f. État de celui qui est innocent [& exempt de crime (1762)]. Il a conservé son innocence dans les occasions les plus dangereuses. Dans la vie chrétienne, il nÿ a que deux états; l’état d’innocence, et l’état de pénitence. Adam a été créé dans l’état d’innocence. Dictionnaire de l’Académie Française, 1798. On peut noter ici la référence à Adam, personnage central dans la doctrine de Martinez et de l’ésotérisme du RER.


21 Rituel de Berne (1740), dans le catéchisme duquel on lit : « Sa blancheur représente l’innocence des mœurs dont un maçon doit être revêtu »


22 Conversations allégoriques organisées par la sagesse (1763) et rituel du duc de Chartres (1785).


23 Régulateur du maçon (1801)


24 Marquis de gages (1763)


25 Duc de Chartres (1785)


26 Le sceau rompu (1745), Nouveau catéchisme des francs-maçons (1780) et Maçonnerie Adonhiramite (1787) 27 EPURER. Rendre pur, rendre plus pur.


On dit, Épurer son cœur, ses sentiments, ses intentions, pour dire, Chasser de son esprit et de son cœur, les pensées, les sentiments contraires à la Religion, aux bonnes moeurs, et à la droiture. L’infortune a épuré son coeur de tous sentiments d’orgueil et de vanité.


RECTIFIER. Redresser une chose, la remettre dans l’état, dans l’ordre où elle doit être.


Il se dit aussi en parlant des mœurs. Rectifier ses intentions. Rectifier sa conduite.


On dit en termes de Chimie, Rectifier des liqueurs, pour dire, les distiller une seconde fois pour les exalter, et les purifier par la distillation. Dictionnaire de l’Académie Française, 1798.


28 Catéchisme d’Apprenti, 3ème section


29 Cf. « L’initiation […] se réduisait à instruire les disciples sur l’éclat glorieux de pureté spirituelle divine, qui


avait été l’apanage de l’homme » Instruction secrète pour la réception des Profès. Ms 5475, BML. « l’homme


primitif […]la splendeur de cette forme glorieuse, dont nous aurions tous été revêtus, si nous eussions suivi le plan


de notre origine » Louis-Claude de Saint-Martin in L’homme de désir, §156. C’est le thème bien connu de


l’« adhuc stat » du grade d’apprenti.


30 §193 Traité de la réintégration


31 Chevalier de l’Orient, autrement dit de l’épée, 6ème grade de la Stricte Observance.


32 Cf. 1 Cor. 15,42-49 & 53-55


33 Catéchisme de compagnon


34 Engagement des compagnons


35 C’est ainsi que le Catéchisme de compagnon qualifie les « instruments symboliques des maçons » , ces « quatre


principaux » « emblèmes » ou « instruments maçonniques » omniprésents dans la Loge Ecossaise : « aux quatre


angles du tableau » du deuxième tableau, au centre du bijou de MX, tant celui qui est suspendu au cordon de


chacun des Maîtres Ecossais que celui qui figure sur le transparent situé au dessus du Député Maître. (Cf.


Décoration personnelle des Maîtres Ecossais, Décoration de la Loge Ecossaise et choses nécessaires pour une


réception, Tableaux nécessaires pour une réception )


36 Article VII Perfection morale de soi-même.


37 « Que désigne la couleur des gants d’homme ? Elle nous apprend que les maçons ne doivent jamais tremper leur


mains dans l’iniquité » in Rituel du Duc de Chartres (1785), conservé dans le Régulateur des Maçons (1801)


38 INIQUITÉ. subst. fémin. Injustice excessive, criante. L’iniquité des jugements.


On s’en sert aussi plus généralement pour signifier, Le péché, la corruption de la nature et des moeurs, le


débordement des vices. Notre Seigneur a porté nos iniquités, a lavé nos iniquités, s’est chargé de nos iniquités. Les


hommes, comme enfants d’Adam, portent l’iniquité de leur premier père. Dictionnaire de l’Académie Française,


39 Récit historique du grade.


40 « « Ils se revêtent de tabliers et de gants de peau blanche, pour preuve de leur innocence & qu’ils n’avaient point trempé leurs mains dans le sang innocent » Nouveau catéchisme des Francs-Maçons (1780). « Leur blancheur nous dénote la candeur des maîtres & qu’ils n’ont pas trempé leurs mains dans le sang innocent » Rite Français (1788). « Ils se revêtent de tabliers et de gants de peau blanche, pour témoigner qu’ils n’avaient point trempé leurs mains dans le sang innocent » Régulateur du Maçon (1801). Le compagnon, « ses vêtements sont blancs, ses mains sont pures, et ce tablier que je vous apporte est sans tâche [,] avec des gants blancs, comme le témoignage de leur innocence » Guide du Maçon (1810).


41 Ms 20 FM de la bibliothèque de Roettiers de Montaleau (1748-1807)


42 Rituel du duc de Chartres (1785)


43 Le « temple de Salomon [ … ] image du temple de la vertu que nous cherchons à élever dans nos cœurs, nous espérons trouver dans le vôtre, des matériaux propres à contruire ce sublime édifice » discours (1766) rapporté par Tschoudy dans le Tome II de son Etoile Flamboyante, pp 56-57


44 Cf. « Ce temple est le symbole de notre âme et de notre cœur ; il est fait pour servir d’asile à celui qui ne le créa que pour lui », Ecossais Vrai d’Ecosse de la Mère Loge Ecossaises de Marseille (1751) ou ce discours (1760) rapporté par Tschoudy : « nous sommes heureux d’être les ouvriers d’un temple spirituel que nos cœurs s’efforcent d’élever à la vertu, allégorie du chef-d’œuvre que le roi le plus sage fit ériger à l’Eternel », Tome II de son Etoile Flamboyante p46.


45 Catéchisme de Maître de la Maçonnerie Adonhiramite (1787). Voir aussi l’Instruction du grade de Chevalier d’Orient, de la Mère Loge Ecossaises de Marseille (1751) : « Quel édifice bâtissez-vous ? Des temples et des tabernacles. Où les construisez-vous ? Faute de terrain, nous les élevons dans nos cœurs » ou ses variantes « nous les construisons dans le cœur » – Travaux du Souverain Chapitre en ses 4 ordres (1786) et Tuileur de Grasse-Tilly – ou « nous les bâtissons dans nos cœurs » – Maçonnerie Adonhiramite (1787).


46 Ms 5938 de la BML, cité dans les Archives secrètes de la Franc-Maçonnerie de Steel-Maret


47 12ème grade du REAA. Cf. Rituel Bonseigneur, Ms XXX-15 du fonds Kloss, Thuileur de Grasse-Tilly.


48 Catéchisme d’apprenti, 1ère section.


49 Fin du Chapitre XVII Clôture de la Loge d’Apprentis


50 Notre couleur verte résume donc bien la devise du grade « meliora praesumo ».


51 Ecossais vert pour la Réforme de Lyon (autre nom du Régime Ecossais Rectifié)


52 L’autre nom de la Stricte Observance


53 In Prière de clôture des Loges Ecossaises et d’Apprenti


54 Maître Parfait. La maçonnerie adonhiramite (1787). Louis Guillemain de Saint-Victor. Reprint des éditions du Prieuré. 1993. Même texte dans Les archives de la franc-Maçonnerie. Dentu. 1821. Cf. Symbolique des grades de perfection et des Ordres de sagesse d’Irène Mainguy. Dervy, Paris, 2003.


55 Ouverture de la Loge Ecossaise


56 Vient du Starbuzannai de la Vulgate. On trouve plutôt Shetharboznai dans la King James (1611) et Sethar­Bosnai / Schetar-Bosnaï dans la traduction de Luther (1545) mais Scarbusannay dans la Wyclif (1395). On notera en passant, la confusion car le fleuve c’est l’Euphrate, Starbuzannaï étant un dignitaire perse.


57 Formulation très proche au 15èe degré du REAA : « Q. Pourquoi porte-t-on l’écharpe ou le cordon couleur d’eau ? R. Pour nous faire ressouvenir du fameux combat donné par nos prédécesseurs au passage du fleuve Starbuzanaï. La couleur d’eau représente le fleuve. » Tuileur de Grasse-Tilly : « La couleur vert d’eau est la seule qui soit propre aux chevaliers d’Orient parce qu’elle désigne la victoire qu’ils obtinrent, et la couleur d’eau, l’élément sur lequel ils triomphèrent »


58 De l’Encyclopédie : PONCEAU, s. m. (Archit. hydraul.) petit pont d’une arche pour passer un ruisseau ou petit canal. On compte à Venise jusqu’à 363 de ces petits ponts. (Cf. le Liberté De Passer des grades de chevaliers d’orient !)


59 Zorobabel


60 Cf. « le désir de coopérer à sa reconstruction » dans le Premier discours du Député Maître au candidat.


61 Engagement du candidat, MX


62 Chapitre I Décoration de la Loge, meubles et bijoux nécessaires pour la réception des Apprentis


63 « Que signifie le cœur enflammé ? [ … ] la charité ardente que l’on doit avoir pour ses frères » Maître Elu, 8èe grade du rituel du duc de Chartres (1784)


64 « vous avez pris la ferme résolution de pratiquer tout ce qui peut vous rendre meilleur et plus utile à vos semblables » in Engagement du candidat


65 Art. 5, §6 de la Règle Maçonnique (Bienfaisance)


66 rapporté par Tschoudy dans le Tome II de son Etoile Flamboyante, p45 ou p58 : « la charité est notre apanage » tiré d’un discours de 1766. Egalement, p101, cet extrait d’un « discours d’instruction pour un comité écossais » : « La chose des maçons est l’amitié, […] les secours mutuels, […] la chose de la société générale, la bienveillance pour tous les hommes. »


67 Instruction finale (MX)


68 Les travaux y commencent d’ailleurs « au point du jour » et l’on y trouve « Arche d’Alliance », « table des pains de proposition », « mer d’airain », « chandelier à 7 branches » et « autel des parfums » (Ms. 5935 BM de Lyon). On retrouve les mêmes objets au Maître Ecossais, 10ème du rite de Perfection, ou dans le second appartement du Grand Architecte, 10ème du rituel du duc de Chartres. En outre, au 2ème Ordre du Rite Français, on « décore le récipre:. Du cordon rouge portant le bijou & de l’écharpe rouge ponceau » alors que le préparateur lui avait « ajust[é] autour du corps une corde verte ».


69 Ms. 3081-13, BM Avignon


70 Instruction Historique Du Grade (de Maître). Cf. les Devoirs des Chevaliers de l’Orient « 3. Se secourir mutuellement, soulager chacun dans ses besoins. 7. Aimer tos les hommes en général. » in L’étoile flamboyante ou La Société des francs-maçons, considérée sous tous les aspects. Tome I, pp191-192 par Tschoudy.


71 « La couleur rouge est le symbole du sang qui fut répandu dans différents combats qui furent livrés aux Chevaliers premiers Maçons » Prince de Jérusalem (16ème REAA), Tuileur Grasse-Tilly.


72 II Macchabées 1,18-22


73 « La couleur bleue qui entoure le tablier blanc vous démontre qu’il n’y a pas de vertu solide et durable, si elle n’est soutenue par la religion, qui seule peut attirer sur nous les faveurs célestes. » Dans le même esprit, on trouve au Rite Français (1788, idem dans le Régulateur en 1801) : « la couleur bleue dont il est bordé doit vous rappeler sans cesse qu’un bon maçon doit tout attendre d’en haut ».


74 « Le lugubre appareil qui a frappé vos regards [ …] vous rappelle, la mort et la fin de toutes les choses élémentaires, après leur durée passagère. Ce tombeau est l’emblème de la matière universelle, qui doit finir dans son tout comme dans ses parties, et à laquelle un nouveau règne, plus lumineux, doit succéder. »


A comparer à cet extrait des rituels de la stricte Observance : « Les tissus de drap bleu seront remplacés par des tissus noirs ornés de larmes blanches. [ … ] Ce que vous voyez ici est le cercueil d’Hiram, notre Maître assassiné. Vous le voyez entouré de flammes. Remarquez que ce cercueil noir qui se trouve devant vous est à rapporter au deuil et à la tristesse. »


75 Lettre de MdP à Willermoz du 11-09-1768


76 « Le signe qu’on vous a donné séparant la tête d’avec le buste, vous rappelle la supériorité originelle de l’homme sur les animaux ; gardez-vous donc d’assimiler sa nature à la leur ». Instruction Morale du grade d’apprenti


77 « l’union presque inconcevable qui est en vous de l’esprit, de l’âme et du corps, qui est le mystère de l’homme et du Maçon figuré par le Temple de Salomon. » in Instruction Morale du grade d’apprenti. « D. Quelle est la connaissance que l’homme a perdue ? R. Celle du corps, de l’âme, de l’esprit » in Extrait de ce qui est contenu dans les grades des E. C.


78 590. Tant que subsistera le corporel, il y aura un surcéleste, ou un spirituel temporel quoique non corporel.


79 Des nombres, XXIX – Aspect sous lequel il faut considérer l’esprit. LCSM


80 Traité de la réintégration


81 On consultera avec profit sur ce thème Figures de l’héraldique (Gallimard, 1996) et Traité d’héraldique (Picard 2000) de Michel Pastoureau et ses nombreux travaux sur la couleur, notamment : Dictionnaire historique de la couleur, Flammarion 1997 ; Dictionnaire des couleurs de notre temps, C. Bonneton 1999 ; Cahiers du léopard d’or n°4 : la couleur regards croisés sur la couleur du Moyen-Age au XXe siècle, Léopard d’or 1999 ; Bleu : histoire d’une couleur, Seuil 2000 ; Jésus chez le teinturier : couleurs et teintures dans l’occident mediéval, Léopard d’or 2003 ; Une histoire symbolique du moyen age occidental, Seuil 2004.


Sous l’Ancien Régime, de nombreux ouvrages parurent sur le sujet qui tentèrent de lui donner un cadre. On pensera notamment à Jérôme de Bara et Le Blason des armoiries dès 1579, à Marc Vulson de la Colombière avec La Science héroïque de 1644 ou la Carte méthodique et Introduction succincte à la coignoissance des premières règles du blason de 1647, au le père Menestrier s j. dans le Véritable Art du blason ou les règles des armoiries de 1659, l’Abrégé méthodique des principes héraldiques, ou du véritable art du blason de 1661 ou sa Méthode du blason de 1688, tous réédités maintes fois, à Jacques Chevillard vers 1710 une Introduction à la science du blason, une Méthode facile pour apprendre le blason en 1728, un Dictionnaire héraldique en 1723, ou à Gastelier de la Tour et son Dictionnaire héraldique de 1774.


Pour une approche spirituelle on peut consulter aussi La voie du blason de Pascal Gambirasio d’Asseux, Télètes 1997.

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