Le Volume de la Loi Sacrée
J∴ P∴ M∴
Lors de notre entrée en maçonnerie, lors de notre initiation nous devons prêter serment sur les 3 grandes lumières, à savoir le VLS, le compas et l’équerre.
Ce soir Vénérables maîtres, je ne travaillerai que sur le symbole du VLS.
Ce symbole, assez vaste pour contenir l’intégralité de notre démarche initiatique
A savoir d’aller du monde profane au monde universelle et éternel, symbolise notre quête de la Lumière pour trouver un juste équilibre entre la matière et l’esprit.
Mon travail s’articulera autour de 4 axes : à savoir
Pourquoi un livre ?
Pourquoi ce livre ?
Comment le lire ?
Que nous dit-il ?
Pourquoi un Livre ?
Le livre est le symbole de l’univers, fermé il conserve son secret, alors qu’ouvert il permet à celui qui le scrute de découvrir la lumière. Le livre est un objet éternel, et sa permanence à travers le temps ne peut que renforcer son poids.
Il devient le levier de notre spiritualité.
Le Rite Écossais Ancien et Accepté reconnaît et proclame l’existence d’un Principe créateur sous la dénomination du Grand Architecte de l’Univers à la gloire duquel travaillent toutes les loges qui adhèrent au Rite. Cette formulation s’inscrit dans une perspective universaliste ; elle ne privilégie ni ne rejette a priori les autres doctrines et systèmes. Conformément à la tradition de l’Ordre et par référence aux enseignements des rituels, le Volume de la Loi Sacrée, ouvert sur l’autel des serments, est la Bible.
Le Rite Écossais Ancien et Accepté constate que nous sommes toujours dans une certaine ignorance des commencements et de la fin de l’Univers, de la nature, de la vie, des êtres.
Mais il postule que tout ceci a un sens, même si l’homme ne le comprend pas depuis les commencements, et même s’il en ignore les fins. Sans nier l’importance de la Matière, il fait une place primordiale à l’ESPRIT en tant que créateur et dispensateur de sens.
Notre spiritualisme n’est donc pas à confondre avec les philosophies, théologies et religions dispensatrices de « vérités », même s’il a toujours puisé ses sources principalement dans les cultures hébraïques, hellénique (grecs et juifs) et chrétienne.
Ces références n’imposent aucune contrainte dogmatique.
Elles constituent la substance de recherches et de méditations spécifiques au Rite, se distinguant à la fois des sciences rationnelles et des sciences sacrées.
D’ailleurs, les Frères dont la religion se réfère à un autre Livre Sacré ont toute licence de prêter serment sur cet autre Livre.
Le VLS qui est la 1er des 3 grandes Lumières n’est pas la matérialisation d’un Dieu révélé mais le symbole de notre spiritualité.
La vie spirituelle est une expérience et comme toute expérience difficile à évoquer ou en tout cas à expliquer, car même si la foi n’est pas absurde, elle dépasse la seule intelligence et investit le cœur et la volonté.
Permettez-moi avant d’aller plus loin dans mon propos de vous préciser que quand je parle de Dieu, je fais une même identification en ce qui concerne les autres religions, juive, musulmane, hindouiste, protestante, etc… en un mot, toutes les religions qui croient en un être suprême.
Car celui qui croit en Dieu doit, d’une certaine manière, où qu’il soit, croire dans le symbole de l’Un, de l’universel.
La manifestation d’un Dieu universelle permettant l’Homme de se trouver, de tendre vers la vérité.
Pourquoi ce livre ?
Au REAA il est de coutume d’utilises à des fins strictement maçonniques et dans un sens absolument fondateur, la bible en tant que VLS
La bible est en effet, un grand livre, le premier imprimé en masse, qui comprends tout ce qui est propre à éveiller l’esprit maçonnique, à symboliser le fini et l’infini, le contingent et le permanent, la matérialité la plus profonde comme la plus haute spiritualité.
La bible offre ainsi aux FM spéculatifs, la synthèse la plus parfaite de tout ce qui existe entre les pôles qui équilibres leur initiation dont l’un est symbolise par l’équerre et l’autre le compas.
La bible proclame en outre le devoir de fraternité, d’amour, de paix et d’harmonie entre les hommes, en rappelant à l’humanité qu’elle n’est qu’une seule famille ou chaque membre est l’égale de l’autre.
Il est donc logique que le vls soit le socle qui reçoit le compas et l’équerre et sur lequel est prêter le serment maçonnique.
La permanence de cet écrit à travers les siècles à permis de considérer la Bible non comme la description d’un Dieu révélé, mais comme un Livre de Loi Sacré symbole de haute spiritualité. Cette Loi sacrée donne un sens à notre vie de chercheur, permet grâce à l’ordre de s’approcher de la Lumière et d’atteindre une harmonie entre les hommes grâce à son message d’amour.
Ce livre a porté universel, proclamant l’amour du prochain, le travail sur soit, la recherche de la vérité, réponds donc parfaitement à l’attente du franc-maçon constamment à la recherche de la Lumière.
Comment le lire ?
Mais la porté du vls va encore plus loin, évitant de prendre les écrits comme pure réalité, rejetant tout dogme, le FM s’efforcera de raisonner que sur la porté symbolique des multiples allégories reprises dans le vls pour permettre d’atteindre la vérité, la Lumière.
Le vls première des grandes lumières repose sur l’autel ouvert et surmonté de l’équerre et du compas, les deux autres lumières qui le complètent idéalement.
Car s’il semble facile, à tort , de maîtriser le symbolisme de l’équerre et du compas, l’étude symbolique du vls demande une démarche plus difficile car bcq plus personnelle et surtout bcq plus abstraite.
Laissons, la bible en tant qu’évangile à l’église, en tant que documents historiques à l’historien, l’usage qu’en fait le FM ne vise qu’un objectif symbolique et rituel permettant d’entrer dans nos voies initiatiques.
Nous ne travaillons qu’a la gloire du GADLU.
Le vls devient alors un outil, un symbole permettant d’accomplir ce travail. La Franc Maçonnerie propose de mettre l’initié sur le chemin de la Lumière afin que celui-ci puisse grâce à son amélioration progressive atteindre un niveau de conscience supérieur qui lui permette de découvrir la Vérité ou tout au moins sa Vérité, pour aller vers la Lumière.
Car selon les grades la recherche de la Lumière, de la vérité, de la connaissance du logos, s’effectue à l’aide de différents symboles.
En loge d’apprentis la recherche de la lumière se concentre dans le symbole de l’œil inscrit dans un triangle ; des rayons de lumière s’en échappent dans toutes les directions.
Au grade de compagnon, la notion de lumière se complique et s’élève : l’étoile flamboyante remplace le triangle, la lettre G l’effigie de l’œil.
Cette Ascension est brusquement interrompue au 3eme degré mais en apparence seulement : car les ténèbres recouvrant le mystère de l’alternance de la vie et la mort physique s’estompent devant la Lumiére appelée à jaillir de la parole perdue : le spirituel entreprend de l’emporter sur le matériel.
Que nous dit-il ?
Face à cette nouvelle étape, un outil, que nous avions pourtant depuis le début sous les yeux, devient indispensable, à savoir le VLS et plus particulièrement L’Evangile (littéralement heureuse nouvelle) de Jean.
C’est l’écrit majeur du Volume de la loi sacrée pour les logés bleus du 1er au 3éme degré, puisque dans la loge nous le plaçons sur l’autel de la Vérité et l’ouvrons au premier chapitre. (Associé au compas et à l’équerre), il est au cœur du processus initiatique.
Cette démarche vers la Lumière est au cœur de notre vie de FM.
Le premier verset «Au commencement était le verbe, et le verbe était tourné vers Dieu et le verbe était Dieu» est fondamental quant à un éclaircissement sur le fondement de la pensée humaine. En effet, le mot Verbe qui se dit en latin verbum est la traduction du mot grec Logos signifiant la parole. Le Verbe est donc la Parole du GADLU.
Il symbolise le fait évident pour l’esprit de l’homme que le monde, ne peut pas être conçue comme un effet sans cause, ni comme l’effet d’une cause connaissable. Il est donc créé comme l’effet d’une cause inconnaissable.
Ce qui est important c’est donc le mystère de la création et non la création en elle-même Ainsi, le Logos, ou la Parole ou la Connaissance est un chemin de vie qui donne accès aux mystères du GADLU.
Aimer ses Frères est la première manifestation tangible de cette reconnaissance
Transmettre aux hommes l’Evangile de l’Amour nécessite au préalable d’avoir confiance dans un processus initiatique franc-maçonnique qui est évolutif et qui exclu, rappelons-le encore une fois, tout dogmatisme littéral et religieux.
Cette confiance est magistralement confirmée par Jean, considéré dans le rituel du REAA comme un initié parfait, car en baptisant Jésus et tous ceux qui frappent à la porte du Temple il a tout simplement montré l’importance que l’on doit accorder à une symbolique de la renaissance intérieure par l’élimination du vieil homme, en fait, à renoncer à l’attachement des désirs matériels
Il engage le récipiendaire à réfléchir et à comprendre les vertus d’une renaissance spirituelle qui débouche, non pas dans un endroit fermé et austère mais, dans une dimension infinie symbolisée par L’Evangile de l’Amour. La confiance qui a été donnée à un ami sera alors récompensée puisqu’elle ouvrira les portes d’un état où règne plus de Lumière et plus de Justice.
Les francs-maçons sont les fils de la Lumière. Ils ont choisi d’être seuls face à cette complicité et de la vivre dans l’amour d’une communauté de FF pour finalement trouver un chemin personnel qui mène vers l’harmonisation des désirs et la félicité.
Le nouvel état qui résulte d’une telle démarche personnelle(solitude) se traduit dans la réalité par une réflexion qui transmute les doutes sur le sens de l’évolution.
C’est accorder encore plus de force au silence qui règne dans l’infinitude de la pensée, car il est vraiment le puit sans fond de la créativité. Boire à ce puit, c’est savoir parler vrai.
Cette démarche initiatique place le maçon face à sa capacité d’écoute et d’entendement.
Cette attitude est nécessaire afin d’affermir la volonté car rien ne peut se créer sans une profonde analyse de sa Vérité en relation avec la vie symboliquement représentée par les rituels maçonniques du REAA.
De même, le pavé mosaïque symbolisant la dualité est donc présent tout au long de la vie. Son action agit sur les plans matériels, psychiques et spirituels. Le doute qui en résulte est permanent dans la conscience, c’est pourquoi le maçon au fond de lui-même sait que la quête de la recherche de la Lumière et plus importante que la Lumière en soi car il lui est demander de tailler sa pierre. Il cultivera donc toutes les vertus propres au travail, c’est à dire la ténacité, la persévérance, la confiance en ses FF et ses convictions et combattra avec force, dans son for intérieur, les tendances contraires. Ainsi, il pourra cheminer heureux et traverser les vicissitudes de l’existence sans jamais perdre sa foi, symbolisée par la recherche de la Lumière.
Conclusion
Aime ton prochain comme toi-même est l’aboutissement naturel de cet effort de vérité. C’est du reste la condition nécessaire qui assure une cohésion créatrice d’une communauté d’homme que nous symbolisons en maçonnerie par la Loge. Cette aventure de soi-même dans la conscience des autres, mais surtout dans l’esprit de l’éternel Sagesse, place la franc-maçonnerie comme la société qui témoigne de la Lumière hors de tout dogmatisme et d’autoritarisme culturel.
La Vérité pour le franc-maçon est la loi de l’harmonie car rien n’est plus équilibré que la création humaine puisqu’elle est la source principale de l’entendement. La difficulté bien sûr consiste en fait à vivre une loi d’amour dans une dynamique comportementale toujours changeante.
En effet, seul compte le combat intérieur et le respect qui lui est du ; une sorte de grande aventure de la lutte du genre humain pour retrouver de la clarté intérieure et le sens de la vie. Cette lutte entre le bien et le mal, entre les intentions perverses et sublimes qui s’affrontent dans l’esprit humaine est la réalité de la condition humaine.