Silence le Maître se crée ( en 2 mots)
C∴ L∴
Trois fois puissant
maître et vous tous mes FF
et
mes SS
MMSS
Silence le Maître se crée( en 2 mots)
Silence le Maître se crée( en 2 mots)
Ce petit jeu de mot pourrait n’être qu’un simple clin d’œil, mais ce serait en sous estimer sa puissance évocatrice.
Comment envisager la continuité du grade de Maître ? Quelles transformations ? Vers quelle évolution ?
« le MS reçu sous l’olivier et le laurier espère remporter la victoire sur lui même à la suite de ses efforts dans l’accomplissement du devoir ».
Cette phrase nous entraîne de plain pied dans la notion du devoir être, autrement dit d’exister par nous même.
La nature des sentences nous laissent clairement entendre que notre vocation est d’être le souverain de notre propre pensée.
La réflexion que je vous livre aujourd’hui repose sur 4 points :
1.Un nécessaire retour sur mes pas
2.La dynamique d’un nouvel élan
3.Quelques essais d’interprétations sur les éléments du rituel qui favorisent la création du MS
4.Un regard sur la démarche de créationet de connaissance de soi.
La FM par sa méthode progressive nous apprend à devenir ce que nous sommes réellement. L’initiation est une action permanente qui trouve son origine dans la force créatrice que nous avons à notre naissance. Le Franc Maçon est assigné à un devenir, une sorte de maïeutique, un perpétuel accouchement menant à une forme de délivrance. Traçant une épure originale, il se crée à chaque instant, au cours des vécus et des voyages qui s’accomplissent vers la lumière.
Mais tout d’abord, je me dois de vous soumettre ce que j’entend par se créer.
Se créer, c’est se rencontrer avec soi, c’est apprendre à élaborer ses idées. Se créer, c’est se faire, s’accomplir, c’est croître, c’est élever son niveau de conscience pour devenir son propre maître.
Se créer c’est se mettre sur la voie d’un continuel état de questionnement et de perfectionnement. Cette voie comporte une volonté d’autocritique qui débouche sur unecatharsis, une épuration.
Se créer est une expérience qui nécessite l’ouverture des portes vers la connaissance de soi, son être vrai. C’est la parole perdue, que le MS à le devoir de chercher.
Y a t’il un mode d’emploi ?dans quel but découvrir notre être essentiel? Se poser ces questions est déjà un début de réponse, et nous a amenés à frapper un jour à la porte du temple.
Il m’apparaît utile de reprendre le parcours du cabinet de réflexion jusqu’au tombeau d’Hiram.
Ayant médité sur les mises en gardes inscrites sur les murs, ayant subi les épreuves et prêté serment, l’impétrant est créé, constitué et reçu App FM par le VM. Il reçoit la lumière, on le met sur la voie. Dans un silence imposé par le rituel, il va procéder à une lente introspection sur sa pierre brute. Reçu compagnon, il va en outre se confronter au monde extérieur, acquérir des savoirs, saisir l’harmonie des rapports entre les choses, les lois et les personnes. Il va travailler sur la pierre cubique à pointe.Celle ci n’est pas le résultat d’une taille, mais de quelque chose en plus. Quelque chose de spirituel qui doit reposer et s’ajuster parfaitement au socle, c’est à dire à la matière. Sans ce support, l’esprit ne peut trouver sa place. Le compagnon transforme ses savoirs en connaissance. Son soufre s’est combiné aux apports mercuriels, le sel qui en est le fruit, compose maintenant son être. Sa quête devient plus subtile.
Le maître s’efforce de faire renaître en lui les qualités d’Hiram. Il tue le père, pour s’affranchir. Il prend conscience de sa finitude. L’esprit prend la pas sur le corps, la matière, voué à disparaître. Il vit alors une période active, tout en amorçant un changement de plan. Il se met au service de la Loge assumant des charges dont il ne se serait pas cru capable auparavant. Il peut en ressentir quelque satisfaction, voire quelque fierté. A cette phase de son évolution, le maître est cependant loin d’être abouti. Il est confronté à des questions auxquelles il n’est pas en mesure de répondre. Sa faiblesse est de croire qu’il a atteint quelque chose et peut s’y installer. Sa progression est compromise par le risque desédentarité de son esprit. Le souffle vital qui l’avait fait triompher de cette 2ème mort peut s’amenuiser.
Invité à aller plus loin, le MS bénéficie d’un regain d’intérêt par l’approfondissement des idées et l’ouverture de nouvelles pistes d’investigations. Même s’il prend conscience des barrières, il s’ouvre à une activité créatrice, il a le sentiment de sortir de l’impasse.
Quelque chose s’est transformé dans la quête du MS qui doit en réinventer totalement les modalités. Il est poussé à dévoiler en lui ce qu’il croyait ailleurs. Il sonde la qualité intérieure de sa pierre.
Il se rencontre lui même en sa réalité profonde et la réserve insoupçonnée dont il est porteur.
Cette étape suggère le mythe de Sisyphe. Ayant poussé sa pierre pour se rapprocher du sommet, de son être supérieur, sa vision s’était élargie.
Mais la force de gravitation a entraîné le rocher vers le bas, le monde inférieur. Revenant vers son rocher il contemple ses actions, les revit, les évalue.
Camus s’est inscrit dans la sagesse du mythe et l’indispensable poussée de l’ascension. Je cite « Mais la lutte elle même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »
Surmontant son découragement, il reprend son ascension, il est maintenant plus fort. Il porte un autre regard sur ce qu’il croyait connaître, il possède une nouvelle clef.
Le MS ne possède pas d’outils matériels. La clef qui lui est remise l’affranchit de la matière.
Sur cette clef est inscrit la lettre Z. Si le compagnon connaît la lettre G qui peut représenter le départ d’une spirale, première approche de la spiritualité, le MS doit s’interroger sur la lettre Z.En passant du G au Z de l’étoile au sceau, on change d’état. On passe du bâtisseur au spirituel, de la formation de l’homme à la recherche de la parole perdue.
En regardant le Z, on peut y voir deux 7 accolés, un à l’endroit et l’autre renversé.Ceci n’est pas sans nous évoquer la formule de la table d’émeraude, « tout est en haut comme ce qui est en bas ». Le 7 ans et + du maître trouve alors sa continuité et lui donne du sens.
Le 7 se rapporte également à la batterie : 6 coups réguliers, nombre représentant les étapes successives de la création selon la description biblique. Le 7ème coup est séparé des autres par un silence. Un espace de non agir.
Le signe du secret marque un état d’intériorité. Il transcende le silence mis en pratique dès le 1er degré. C’est par là que le MS commence à s’élever au dessus de la terre. Ce retour au silence n’est pas imposé, il est plutôt une retenue de la parole. Une fois comprise la métaphysique du silence, le MScommence à se libérer de son ego et à sortir du monde formel des apparences.
Les mots, sont des supports comparables aux barreaux d’une échelle. On y prend provisoirement appui, mais il fait les quitter pour s’élever.
Le synthème par ses différentes mutations géométriques nous montre en partie le chemin de nos propres transformations.
Le chemin vers la lumière ne peut se poursuivre qu’en maîtrisant les mauvais compagnons qui sont en nous.L’équerre placée sur notre front à l’emplacement de l’œil de la connaissance nous aide à prendre la juste mesure des choses.
Elle éveille le chakra frontal indiquant la connaissance de soi et la mise en œuvre de nos potentialités.
Les sentencesnous provoquent pour répondre à leur appel et s’y conformer. Exprimées en phrases lapidaires elles frappent comme l’éclair. C’est une rencontre avec nous même qui nous oblige à saisir les lignes de forces dont elles sont porteuses. Il faut les utiliser et en capter l’énergie. Elles nous aide à franchir les épreuves au quotidien.
C’est aussi par le devoir qu’on se réalise et qu’on se découvre. Aller vers la connaissance de soi c’est devenir son propre créateur.
La recherche de la vérité est dynamique. Elle estplus un art de vivre qu’une étude austère. Elle concerne la vie dans sa totalité et se pratique à tous les instants. N’ayant pas la prétention d’atteindre un jour cette ultime sagesse, je ne saurai en parler davantage. Mais j’ai le sentiment que malgré tout il y a là un sésame, qui en écartant les voiles de l’ignorance, ouvre l’intelligence du cœur et participe à l’harmonie du monde en créant l’humanitédont nous avons besoin.
Je terminerai par un extrait du poème de Kenneth White, « Le territoire de l’être » :
« Combien
de formes abandonnées
Combien de moi détruits
Combien d’aurores et de nuits
Avant que je n’atteigne
Ce lieu de lumière et de vide
Ou des oiseaux blancs
Crient ….une présence….
Où …n’est encore qu’un signe ? »….
Tant de vie vécue
Pour cette seule flamme
Tant de chemin parcouru
Pour cet unique point
L’intelligence tremble
Al’approche d’être nue
Les durs chemins de l’esprit
Mènent à de tels lieux
Toute sensation puissante mène à ces déserts
Le destin des mots
A ces silences mouvants…….
Combien de moi détruits
Combien d’aurores et de nuits
Avant que je n’atteigne
Ce lieu de lumière et de vide
Ou des oiseaux blancs
Crient ….une présence….
Où …n’est encore qu’un signe ? »….
Tant de vie vécue
Pour cette seule flamme
Tant de chemin parcouru
Pour cet unique point
L’intelligence tremble
Al’approche d’être nue
Les durs chemins de l’esprit
Mènent à de tels lieux
Toute sensation puissante mène à ces déserts
Le destin des mots
A ces silences mouvants…….
Le voyage au bout de moi même continue.
J’ai dit.