Que vous apporte la connaissance de la légende d’Hiram ?

Auteur:

D∴ R∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Préambule :

La connaissance de la légende d’Hiram a déclenché en moi un besoin intense de recherche avec l’aide de mes FF, d’un peu plus de savoir qui me manque, mais sans l’ambition du « tout savoir » pour briller et donner des leçons.
Cette connaissance que vous m’avez dévoilée, ne m’a certainement pas tout révélé, et si aujourd’hui je ressens une infinie exigence de dépassement dans la construction de moi-même, c’est dans le but de transmettre la faible lumière qu’il me semble briller en moi. Je ressens ce besoin, ce Devoir de partager ce bonheur, qui, de temps en temps, me rend heureux.

Pourquoi avoir été tué symboliquement ?

J’ai reçu une instruction technique et mon raisonnement est toujours influencé par cette logique.
En conséquence, c’est avec un certain déterminisme que j’ai ressenti la légende d’Hiram, ce besoin, ce devoir de transmettre la connaissance.
Y a-t-il nécessité de tuer le père, le Maître pour prendre sa place en s’identifiant à lui ?
Le soleil ne dit-il pas mourir le soir pour renaître à l’aube où « il reparaît aussi radieux que jamais » ?

Le grain de blé doit mourir pour perpétuer le cycle de la vie, le cycle éternel et universel. La germination se produit dans la terre, premier élément.
Le jeune germe sort de la terre dans l’air pour entrer dans le monde des vivants, deuxième élément.
La plante qu’il est devenu, se nourrit grâce à l’eau qui est le support des oligo-éléments nécessaires à sa croissance, troisième élément.

Devenue adulte la plante recherche la lumière et le feu du Soleil nécessaire à sa maturité afin d’engendrer d’autres grains, quatrième élément.
Elle est prête à mourir et elle doit mourir pour continuer la pérennité de la vie de l’Œuvre à accomplir.

Il est donc nécessaire que le M Maçon, après être mort au profane dans le cabinet de réflexion, subisse une deuxième épreuve de la Terre au 3ème degré et meurt enfin à lui-même.
Ce qui doit arriver à Hiram est écrit.
Les trois mauvais compagnons qui pensaient obtenir des droits et des prérogatives en connaissant le mot des MM sont aussi appelés l’ignorance, le fanatisme et l’ambition déréglée. Ils représentent nos propres défauts.

Quoi qu’Hiram puisse envisager pour son salut, il sait pertinemment qu’il ne pourra pas échapper à son destin, et il l’accepte, et aujourd’hui je dois l’accepter. Et pourtant Hiram devrait ressentir en son cœur, à quel point la perversité de l’homme peut se glisser insidieusement dans le cœur humain, en dépit des efforts d’instruction qu’il avait réalisés en faisant son Devoir de transmission de la connaissance.
L’Apprenti a donc pour vocation d’être instruit par les Maîtres, puis de les dépasser.

Pourquoi m’avoir tué pour me faire renaître ?

Le rite sacrificiel du Maître implique la mort du passant, du vivant afin que le cycle se perpétue. Le sacrifice de l’innocent engendre la construction. Cette affirmation est largement démontrée dans l’Ancien Testament (Caïn et Abel).
Hiram représente l’homme idéal, juste, prêt à mourir plutôt que de violer le Secret qui lui a été confié, tant il était attaché à son Devoir de secret. Le Devoir, dans la légende d’Hiram, n’est pas la conservation de secrets de métier. C’est le Devoir du Maître, l’obligation sous serment, que l’homme de volonté doit s’imposer afin de se parfaire pour une plus ample transmission.
Hiram était un vrai Maître, un initié qui continuait son chemin initiatique et en même temps initiait. Hiram était un Maître de l’Art Royal qui tomba sous les coups de l’Ignorance, du Fanatisme et l’Ambition. Il emporta avec lui les Secrets Véritables, la Parole était perdue.

La légende d’Hiram m’a révélé que le Maître doit être au-dessus de toute ambition personnelle et ne doit songer qu’à remplir sa tâche en tant que collaborateur du Grand Œuvre.
Collaborateur, car c’est avec nos FF et les Lumières du Passé que nous continuerons la construction de l’Œuvre inachevée.
Notre Devoir n’est pas seulement de transmettre notre savoir mais c’est aussi de montrer l’exemple afin de ne pas tomber dans l’expression trop souvent employée dans le monde profane. « Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais ».

La légende d’Hiram nous apporte un peu de Vérité, à savoir : notre Devoir n’est pas que le Respect de la Parole donnée, mais il doit être suivi de l’exemple de l’Homme juste, fidèle au Devoir jusqu’au Sacrifice si cela s’avérait nécessaire.
Cet exemple doit permettre au M SEC de comprendre et de vivre la phrase du rituel qui nous dit que « l’accomplissement du Devoir exige souvent un sacrifice ».
Il m’a paru intéressant d’essayer de démontrer la richesse de la légende d’Hiram, légende qui résume les mythes primordiaux de nos origines.

Nous sommes en présence d’un trésor incommensurable de Connaissance où la Lumière se cache. Ce trésor est à la disposition de tout M qui voudra bien l’expliciter afin que se révèle la finalité de l’enseignement « vaincre la mort ».
Je sais maintenant que je dois construire mon identité humaine afin d’obtenir suffisamment de lucidité pour ne pas me laisser séduire par les belles Paroles.
« Tout ce qui brille n’est pas or ».
Peut-être qu’alors, muni de cette Honnêteté intellectuelle je pourrai mettre de l’ordre dans le chaos de mes connaissances et accéder à la Vraie connaissance sans espoir de connaître la Vérité totale.

L’étude de la légende d’Hiram, nous fait saisir une nécessité de transcendance.
Il faut mourir en soi, mais renaître en esprit.
Notre Temple intérieur doit être reconstruit.
Au 3ème degré, par le passage de l’horizontale à la verticale du relèvement précédé du franchissement du cadavre, qui se reproduit dans la marche par équerre et compas, l’initié opère une élévation spirituelle.
Dans notre rituel du 4ème degré cette élévation est exprimée « Vous commencez maintenant à pénétrer dans les hautes régions de la Connaissance spirituelle ».

Pourquoi m’avoir tué pour faire renaître en moi la personne de notre Maître Hiram ?

En conclusion, je vous dirai :
Cette connaissance m’apporte l’obligation fondamentale de la transmission de savoir, pour perpétuer l’Art Royal, du savoir oral suivant la Tradition et par l’exemple donné aux Apprentis et Compagnons.

Mon Devoir est désormais d’instruire et de commander aux Apprentis et Compagnons, non pas comme une fonction militaire au sens du terme, mais dans celui d’initiateur par la Parole et par la voie de l’exemple.
Je sais maintenant que pour accomplir mon Devoir je dois inlassablement me perfectionner au contact de mes FF tout en restant d’une extrême prudence et « n’accorder à qui que ce soit une confiance aveugle », car :
« la Vérité est inaccessible à l’esprit Humain » comme il est enseigné dans notre rituel du 4ème degré.

Je sais aujourd’hui que mon destin est de mourir comme Hiram ; car je suis Hiram. Mais je ne crains plus la mort car je sais qu’après mon passage à l’Orient Eternel, mes FF continueront l’œuvre.
Je pense avoir compris comment je peux être détruit par des mauvais compagnons, qui sont en réalité la concrétisation de mes propres défauts (l’ignorance, le fanatisme et l’ambition n’étant que trois exemples parmi tant d’autres).

J’ai dit T F P M

Documentation :
Rituels du 3ème et 4ème degrés,
Le maître de Oswald Wirth,
La légende d’Hiram de Daniel Beresniak,
La Bible, AT et NT.

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