Que vous ont apporté vos initiations succéssives
A∴ R∴
Très Vénérable Maître et
vous tous
Vénérables Maîtres mes
Frères, Si nous avons
un jour demandé à franchir la porte du temple,
c’est pour
certain, en tout cas pour moi-méme, grâce
à des
rencontres, et j’étais plus anime par un désir,
une
curiosité et une envie de vivre ce que d’autres hommes
vivaient en Franc-maçormerie, que par une
envie spontanée cïamélioration
personnelle ou de
compréhension du Monde.
Oui, je me suis
laissé entrainer chez nous mes frères. Cela ne
veut pas dire
qu’à l’epoquc mon existence remplissait toutes mes attentes
ou mes interrogations, mais ne
connaissant pas la franc-maçonnerie avant notre rencontre,
je ne pouvais pas savoir quel éclairage
différent elle pouvait m`apporter.
J’ai toujours eu le sentiment,
aujourd`hui encore, de ne «
pas être à
fond
» comme un pilote qui ménage sa
machine, et par une sorte de paresse, limite mes
actions.
Alors je ressentais peut-être à
l’époque, que la Franc-maçonnerie pouvait
m`aider à comprendre ou à accepter ce que
j’étais et comment je vivais.
Mais, si je suis resté depuis, si la lassitude ne me gagne
pas, si malgré un
emploi du temps complique, je suis impatient de decouvrir la prochaine
tenue, c’est bien qu’il
se passe quelque chose. Nous vivons dans nos loges quelque chose de
différent par rapport à ce
que nous pouvons vivre dans le monde profane, c’est la magie de notre
rituel et la
qualité du travail dans nos loges qui opèrent,
qui nous imprègnent, ct qui nous aimantent.
«
Que vous ont apporté vos initiations
successives ? ››
J’ai été un peu dérangé au départ par l`expression « initiations successives ››, car ma première pensée à été de me dire que je n’ai été initié qu’une seule fois, puis j ‘ai été admis au grade de compagnon, puis j’ai été élevé a la Maitrise. Mais, nous le savons au REAA, chaque outil, chaque geste, et chaque mot est à sa place. Alors qu’ai-je vécu lors de ces tenues initiatiques particulières, quelles conséquences sur ma perception ensuite et, pourquoi ont-elles été pour moi, chacune, une initiation ?
Il est difficile de
décrire aux autres notre
cheminement initiatique, en tout
cas pour moi, je ne suis peut-être pas assez habile avec les
mots. Comme nous le dit BOILEAU « Ce
qui se conçoit bien s’énonce clairement el
les mais pour le dire vous viennent
aisément
».
Alors si cela m’est difficile à transcrire, est-ce que cela
veut
obligatoirement dire que je ne comprends pas ce que je vis depuis dix
ans, non, je ne le pense pas.
Cela veut surtout dire, que ce
cheminement initiatique est intime et personnel,
fait de révélations plus évidentes que
d’autres et parfois de sensations seulement, de
perceptions difficiles à vulgariser par les mots ou la
parole.
Et bien, même si personnc ne le vit à l`identique,
je vous propose aujourd’hui,
de cheminer quelques minutes à mes cotés en
écoutant quelques unes de mes pensées et de mes
sentiments.
De gravir avec moi cet escalier tournant composé de trois,
de cinq et de sept
degrés, séparés par deux repos.
Tout au long de notre parcours
maçonnique et au fil des divers degrés, le
rituel met à notre disposition la puissance des symboles au
travers des objets et des mots, mais
en fonction de nos acquis antérieurs, de
l’intensité de notre travail, de notre environnement,
notre perception est variable selon les individus, et cette perception
est même variable dans le
temps.
Variable dans le temps, en particulier, parce que nous percevons
souvent la
subtilité des grades antérieurs en continuant au
delà dans des degrés supérieurs.
ll y a dans la
méthode maçonnique au, à la fois ce
qui peut ressembler à
un forme d’enseignement, mais au delà de ce canevas utile
voire obligatoire, il y
a l’incitation à ouvrir nos sens, notre être, afin
de percevoir, de se remplir de quelque chose,
de se rendre perméable aux idées, aux choses,
à l’univers.
Nous comprenons petit
à petit que l’essenticl est le travail sur
nous-mêmes, si
nous voulons être utiles, nous devons exercer sur nous notre
vigilance et notre esprit
critique.
L’initiation au 1° degré
J’ai vécu ma
première initiation, celle d`apprenti, l’initiation tout
simplement, au sens de commencement (comme son étymologie
latine initium), comme une réelle
découverte, parce que tout ce que j’ai vécu par
la suite était nouveau pour moi.
J’ai été bousculé par cette ouverture
vers une voie nouvelle de questionnement,
et tout ce que j`ai pu vivre depuis est source d’interrogation,
d’ouverture à la réflexion.
Cela a été pour moi en articulier, la prise dc
conscience de l’effet que
peuvent apporter à la réflexion les
symboles.
Ils nous incitent à cette recherche permanente de ce que
nous pouvons percevoir
au delà de la signification première des mots ct
des objets. Notre second surveillant à
l’époque avait pour habitude de dire qu’en
Franc-maçonnerie tout est au second degré, au
sens de
symbolique.
Ma mort symbolique, celle de
l’être rempli des
préjugés du vulgaire, et ma
renaissance en un être différent
représente un
symbole fort, en plus des transformations qui
s’opèrent el1 moi, dont je suis àla foi
l’acteur par ce que je mets en oeuvre, et l’objet ou le
sujet, je dois vivre dès cet instant d’une
manière
entremêlée deux vies, une vie
maçonnique et une vie
profane, qui doit être au fil de mon travail auprès
de
vous, pardon auprès de moi, plus riche
pour moi-même, et pour tout ceux qui m’entourent.
Cette notion de ne pas occulter
ma «
vie civile
» et même de renforcer
son importance par les actions que nous devons mener au dehors, a
apaise mes craintes sur notre ordre
et renforcé mon engagement.
Je suis heureux de savoir que nous «
devons œuvrer sans
relâche au
bonheur de l’Humaniré et poursuivre son
émancipation
progressive et pacifique ››. Mon chemin
maçormique
fait des lacets, mais doit croiser en permanence mon chemin du dehors.
Nous sommes Franc Maçons par nos actes et pas seulement par
nos
présences à nos
tenues.
Et puis par le
déroulement de la cérémonie, j’ai
compris que nous devions être
à la foi dans un état de dénuement et
de
conscience, pour ressentir et travailler sur notre
propre personne afin de ressentir et comprendre le monde qui nous
entoure. l’essentiel à découvrir
se trouve surtout à l’inte’rieur de nous, La
réception au
grade de Compagnon Je pense avoir compris lors de cette
cérémonie, qu’il nous faut, dès lors
que
notre avancement sm’ notre chemin d’apprentis Franc-maçon
est
réel, et que nous avons mieux
connaissance de nous-mêmes, maintenant nous toumcr vers les
autres et vers le monde, et aller
puiser auprès d`eux et notamment des anciens, de nouvelles
pistes de connaissances et de
reflexions.
Cette cérémonie nous indique d’autres moyens avec
lesquels le franc-maçon, par
tm travail permanent doit continuer sa quête.
Le REAA met en avant l’importance de la transmission du savoir au
travers du temps.
Avec le symbolisme des cinq voyages du compagnon où le
savoir des anciens et la
realite du monde nous est proposé, je comprends que le
Franc-maçon, s’il veut être utile à
lui-même et aux autres, doit maintenant s`ouvrir encore, et
rechercher et comprendre les
lois qui régissent
l`univers (architecture, arts libéraux,
philosophie.Îl.¿Le Compagnon doit
savoir montrer et trouver cette harmonie, cet amour pun pour et
auprès des autres.
L’élévation à la Maîtrise
Cette
cérémonie commence par un rappel, puisque nous
sommes suspectes, à notre
entrée dams le temple, de pouvoir être l’un des
mauvais compagnons qui ont tué HIRAM,
celui de notre condition d°êtres humains, faillibles,
envieux, impatient, fanatiques,
lorsque nous nous laissons conduire par les sentiments les plus vils.
En rentrant à reculons dans
le temple nous représentons la conmunaute entière
des humains, nous sommes la loge, alors
nous prenons conscience une fois de plus que notre travail personnel
d’amélioration est
d°autant plus important.
Nous représcntons symboliquement tellement, notre importance
est tellement
grande, que nous nous devons de n`irradier que l°a.rnour et la
vérité.
Le REAA nous informe, là aussi, que les
désordres viennent en
général de l’être humain, de nous tous,
puisque nos surveillants et notre Vénérable
Maître
sont
lors de cette cérémonie les bourreaux du
Maître
Hiram.
Cette cérémonie, comme pour notre initiation au
ler degré, fait appel au
symbolisme de la mort, d’une façon plus importante, puisque
tout ce déroule autour de la mort de
Maitre HIRAM.
Cela me suggère que
le Frère Compagnon après avoir pris conscience
à partir du
grade d’apprenti, d’avoir travaillé assidument comme
compagnon, doit maintenant,
puisque son perfeetiomiement est à maturité,
abandonner dans ce tombeau son être ignorant,
fanatique et rempli d`une anibition malsaine; afin de ne laisser vivre
que l’être vertueux en pleine possession de
lui-même, car débarrassé de ce qui
pourrait altérer ses actions.
Cette cérémonie est surtout pour moi un grand
message
d`espoir, malgré tout,
l’amour et la vie qui nous sont symbolisés par la branche
d`acacia auprès de la tombe de
Maître Hiram, nous galvanisé dans notre
volonté de
maîtrise et de réappropriation de nous
même, afin que, grâce à l’aide de nos
frereä remplis d’une volonté de justice et d’amour,
nous
puissions surmonter les épreuves et mener une action bien
laitrice pour l’humanité et que
Maître Hiram, vous, moi,
aujourd’hui et demain, puissent « reparaîrre
plus radieux que jamais
».
Si je devais résumer
en quelques lignes ce que m’ont appoité mes initiations
successives, je dirais aujourd’hui un état de conscience du
lien, de l’interaetion entre nos
individualités et ce temps présent qui est le
notre, avec tout le reste de l’univers et ceci sans
notion de temporalité ; aussi bien dans le passé,
le présent que le futur.
Conscience d’appartenir, avec
cette quête, non seulement au monde des vivants,
mais également par tout ce qu’ils nous ont transmis,
à celui des anciens qui ont
disparu, et par ce que je vais transmettre à ceux
à venir; car cette envie de comprendre comment
les choses fonctionnent, d°essayer de comprendre le grand
ordomianccment de tout, est
universelle, intemporelle.
J’ai compris aussi, que ce
parcours initiatique nous ramene à nous-mêmes
puisque
le travail à accomplir est intérieur.
Par notre travail nous devons
nous mettre dans un état à la fois de conscience
et de liberté intellectuelle, afin que,
dépollué des mauvais acquis
extérieurs, nous soyons
capables, au sens de curiosité
libérée, de percevoir de nouveaux
détails offerts par les
divers éclairages successifs mais différents, que
sont nos initiations successives.
C’est toujours nous qui sommes
sur notre chemin mais ces initiations
successives nous offrent des éclairages différent
sur ce cheminement, en nous permettant de sentir ou de
comprendre de nouveaux détails sur nous même et
sur le monde.
Nous comprenons la qualité de la méthode
maçonnique avec le REAA où, à la fois,
il faut assimiler le grade
antérieur pour pouvoir comprendre les subtilités
du
grade supérieur, avec cependant le
phénomène
d’amplification de compréhension des grades
précédents lors de notre progression.
Mes initiations m’ont apporté également la conscience que la franc-maçonnerie met tout son enseignement à notre portée, rien ne nous est caché, mais que nous ne sommes capable de voir et de comprendre qu’a partir du moment où notre travail et notre progression sur notre chemin de la vérité et de l’amour est suffisant : « il ne suffit pas d’être mis en présence de la vérité pour qu ‘elle nous soit intelligible. La lumière n’éclaire l’esprit humain que lorsque rien ne s’oppose à son rayonnement. Tant que l’illusion et les préjugés nous aveuglent, l’obscurité règne et nous rend insensible à la splendeur du vrai ». Mais est-ce différent dans le monde profane ?
C’cst en travaillant
à faire sien les enseignements
dévoilés par ses
initiations successives, que le franc-maçon prendra peut
être réellement possession de lui-même,
et alors,
au travers de ce nouvel état de conscience, il pourra
ressentir
et diffuser l’amour et la
vérité.
Telle la doctrine de SOCRATE «
Connait toi toi-même et tu connaitras
l’univers et les dieux
».
Tres Vénérable Maître et vous tous mes frères Vénérables Maîtres, j’ai dit.