Le maître secret decide de lui-meme de ses opinions et de ses actions
S∴ O∴ A∴
A L G D
G A D L U
Francs-maçons de Rite Ecossais Ancien et Accepte
Ordo Ab Chao
Au Nom et Sous les Auspices du Suprême Conseil de
L’afrique de L’ouest
Liberté – Egalité –
Fraternité
Avant de disserter sur le fond de la question, commençons d’abord par disséquer le sujet en définissant certains de ses termes ou concepts clés.
Décide, décider : verbe transitif d’origine latine : du latin decidere qui signifie trancher. Décider, c’est déterminer, fixer, décreter. C’est prendre une décision, une résolution.
Opinion : nom féminin, du latin opinio : signifie un jugement, un avis émis sur un sujet. L’opinion c’est aussi la manière de penser d’une personne ou d’un groupe de personnes ; une conviction.
Action : nom féminin : traduit la faculté d’agir, de manifester sa volonté en accomplissant quelque chose, en posant un acte. L’action s’oppose à la pensée ou à la réflexion dont elle est pourtant très souvent la résultante ou la réalisation. L’action c’est ce que l’on fait, c’est la manifestation concrète de la volonté de quelqu’un.
Mais alors, comment et pourquoi le M S décide de lui-même de ses opinions et ses actions ? C’est à cette interrogation que je vais tenter de répondre à travers les lignes qui suivent.
Le sujet : « Le M S décide de lui-même de ses opinions et de ses actions » ne peut manquer de nous renvoyer à la cérémonie de réception au 4ème à l’occasion de laquelle le TFPM s’adresse au nouveau M S en ces termes :
« Vous ne vous forgerez point d’idoles humaines pour agir aveuglement sous leur impulsion, mais vous déciderez par vous-même de vos opinions et de vos actions. Vous ne prendrez pas les mots pour des idées et vous efforcerez toujours de découvrir l’Idée sous le symbole. Vous n’accepterez aucune idée que vous ne compreniez pas et jugiez vraie ».
Ces phrases qui résonnent ce jour là à la fois, comme des sentences et des conseils, le M S les retrouvera dans le mémento de son grade.
Le M S décide de lui-même de ses opinions.
Ce membre de phrase tiré de la sentence du TFPM qui vient d’être rappelée plus haut renvoie à la notion d’indépendance d’opinion, de liberté de pensée du M S ; ou au libre arbitre de celui-ci. Mais au fait qu’est- ce la liberté en F M ? Que signifie être libre pour un F M ?
Selon la déclaration de principe du Convent de LAUSANNE (Septembre 1875), la F M n’impose aucune limite à la recherche de la Vérité et c’est pour garantir à tous cette liberté qu’elle exige de tous la tolérance. Le mémento du grade d’Apprenti définit quant à lui le F M comme un homme libre et de bonnes mœurs, également ami du riche et du pauvre, s’ils sont vertueux.
Il apparait évident que la liberté dont il s’agit ici n’est pas celle qui nous est offerte ou donnée gracieusement par autrui en nous sortant des fers ou en nous affranchissant. Ici, il s’agit d’une liberté de pensée qui s’acquiert et se conquiert par nous même tous les instants et sans relâche, car seule la liberté d’esprit, la liberté d’opinion, la liberté de pensée peut conduire le M S avec succès dans ses voyages à la recherche de la Vérité et de la Parole Perdue. Comme l’indique le rituel d’instruction au 4ème, la Vérité est la lumière placée à la portée de tout homme qui peut ouvrir les yeux et regarder la grande route du Devoir qui y conduit surement.
La Parole Perdue est la connaissance du Devoir complet connu des anciens Initiés. Pour le M S qui aspire à atteindre ces deux objectifs, la liberté de pensée doit transcender et aller au-delà de la simple liberté de réflexion. La liberté de pensée conduit à une pensée qui libère. Une pensée ou une manière de penser qui nous libère des chaines de nos idoles humaines et qui devient elle-même créatrice de quelque chose de nouveau, de différent et d’original.
« Je pense, donc je suis » a dit le philosophe-écrivain français René DESCARTES.Pour le M.S, décider de lui-même de ses opinions, c’est PENSER, c’est ETRE, c’est VOULOIR, c’est OSER, c’est CHOISIR sa Voie et renoncer à celle des autres, mais c’est surtout COMPRENDRE, ANALYSER, JUGER, CONCEVOIR ET CREER en toute conscience et en toute responsabilité, de lui-même et par lui-même. Ne possède-t-il pas désormais la clé qui lui permet d’ouvrir le Saint des Saints pour accéder aux secrets de la connaissance ?
Nous n’ignorons pas que nous sommes que des êtres humains et à ce titre exposés à l’influence des autres, l’influence de notre entourage. Celle-ci peut altérer notre capacité de jugement et partant notre liberté de pensée. Par la suite, la capacité ou la liberté d’agir s’en trouverait inévitablement affectée.
Certes, le M S ne peut poursuivre sa quête inlassable de la Vérité et de la Parole Perdue sans l’assistance indispensable et les précieuses lumières de ses autres F F ; mais il doit toujours se rappeler que le chemin initiatique est comme le salut en matière de religion : il est individuel et personnel. Et la F M, école de l’éveil de la conscience et de l’esprit, met à la portée de chaque initié les outils nécessaires pour tailler sa pierre et bâtir son temple intérieur.
Le développement spirituel ne peut se réaliser que dans une totale indépendance d’esprit, et la voie spirituelle est aussi celle de la liberté de conscience qui, seule peut permettre à celui qui aspire à la vraie initiation d’explorer son MOI, de se découvrir et espérer découvrir une étincelle, aussi petite soit-elle, du divin. « Connais-toi toi-même et tu connaitras l’univers et les dieux… » dis le vieux dicton des sages qui était inscrit sur le fronton du Temple de DELPHES.
Ce n’est donc pas par autrui, ni dans les opinions, ni dans les idées de l’autre, aussi vénéré, aussi adoré et aussi magnifié soit-il que nous trouverons ce que nous cherchons en nous-mêmes et que nous devons découvrir par nous-mêmes, afin de nous forger nos propres opinions, nos propres convictions. Nous devons plutôt faire confiance à notre conscience, à notre raison, à notre intuition, en la foi en nous-mêmes.
C’est le chemin me semble-t-il pour le M S pour retrouver la Vérité et la Parole Perdue qu’il cherche. Et la F M, en favorisant la liberté de conscience et de penser, permet à l’adepte de se défaire de toute inféodation, de toute aliénation de SOI et de tout dogme idéologique.
Le M S décide de lui-même de ses actions.
Ne dit-on pas que tout ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ? J’ajouterai que tout ce qui se conçoit bien, s’exécute clairement et aisément.
Le M S, libre penseur dans sa démarche initiative pour la quête de la Vérité et de la Parole Perdue, doit être également un libre acteur.
En effet, à quoi servirait donc le travail de l’esprit et de l’intellect, aussi séduisant soit-il, s’il ne débouchait pas sur des actions concrètes ? Les opinions et les idées s’expriment essentiellement par des paroles, des mots et des actes, même si les unes ne sont pas toujours exactement reflétées par les autres.
L’on pourrait résumer l’action du M S par cette phrase laconique : « je dis et je fais ». Le Dire renvoie à la parole tandis que le Faire induit un acte.
1- Le M S, la parole et les mots
La parole est une action inspirée et commandée en principe par la pensée. En général, l’on dit à travers les mots ce que l’on pense ou ce que l’on a préalablement pensé et conçu en esprit. A cet égard, la parole constitue la manifestation matérielle et audible d’un phénomène invisible mais dont l’on ne peut nier l’existence, c’est-à-dire la pensée, l’opinion ou l’idée. Il y a donc un monde des idées, comme le disait Platon, dont la parole et les mots ne sont que les vecteurs. Ces vecteurs véhiculent et extériorisent la pensée d’où l’importance que le M S doit toujours accorder à ce qu’il dit. Il doit s’assurer que sa parole est le reflet de sa pensée, c’est-à-dire de ce qu’il a décidé et conçu en esprit avant de l’exprimer, car la parole est dotée d’un immense pouvoir : elle peut bénir, guérir ou sauver, tout comme elle peut maudire ou tuer.
Aussi, devons-nous avoir le mot juste, celui qui exprime une pensée ou une idée claire, pure, compréhensible, positive et utile à nous-mêmes et à nos semblables. Le M S doit se détourner de ces lieux communs où l’on parle pour ne rien dire, sinon s’entendre parler et en tirer un certain plaisir. Non, ne soyons pas de ceux qui, lorsqu’ils ont fini de parler l’on cherche toujours ce qu’ils ont dit ou ont voulu dire. Ayons à l’esprit le sens du signe du M S, signe du silence qui doit nous rappeler que si ce que l’on a à dire n’a pas plus d’importance que le silence, alors mieux vaut se taire.
Autant les paroles du M S doivent refléter sa pensée, autant le M S doit éviter que cette parole soit influencée par l’opinion d’autrui, quel que soit le degré de respect ou d’admiration que l’on voue à cette personne. La parole du M S doit rimer avec CONVICTION, RESPONSABILITE et LIBERTE. Toutefois, la liberté d’opinion ne prend tout son sens que si elle se caractérise par une liberté d’action.
2- Le M S et ses actes
Le dictionnaire LAROUSSE définit « l’acte » comme étant toute action humaine adaptée à une fin, de caractère volontaire ou involontaire, et considérée comme un fait objectif et accompli. Acter (qui est un néologisme), c’est donc poser un acte.
Pour le F M en général et plus particulièrement pour le M S, l’acte posé c’est-à-dire l’action, doit refléter son opinion et être conforme à celle-ci. Certes, ce n’est pas toujours un exercice aisé mais le M S s’efforcera de ne pas faire ce qu’il n’a pas au préalable pensé par lui-même et n’agira pas sous l’impulsion ni l’influence d’autrui. Ici, la notion de volonté et de responsabilité prend tout son relief. Autant il ne faut pas agir selon la volonté d’autrui, autant il importe de s’assurer que nos actes expriment vraiment notre volonté. Aussi les actes du M S doivent-ils, autant que possible, être volontaires et ne pas trahir la pensée de leur auteur. De même, la pensée qui devient opinion pour être traduite en action doit être positive et constructive.
La pensée positive et constructive ne nous renvoie-t-elle pas à la raison ? Celle-là même qui est l’un des éléments qui distinguent l’Homme de l’animal. Au-delà de la seule volonté, les actes du M S doivent être inspirés et guidés par la raison. Cette étincelle du divin, qui cachée en nous, nous permet de distinguer le Bien du Mal, d’isoler le Bon du Mauvais.
Conclusion
En décidant de lui-même de ses opinions et de ses actions, le M S s’affirme et s’assume. Par ses opinions et ses actions, il s’affirme à la fois comme un libre penseur, un libre acteur, en être responsable et ayant pleinement conscience de ce qu’il dit et de ce qu’il fait et de toutes les conséquences qui pourraient en découler.
Mais au-delà de l’expression de cette liberté de pensée et d’action, le M S doit surtout parvenir à réaliser cette alchimie qui consiste à transformer ses pensées, ses idées et ses opinions en actions et surtout en actions de Bien ; car comme nous le rappelle fort à propos Daniel BERESNIAK dans son ouvrage « Les clefs du M S », le M S est celui qui OSE, qui VEUT et qui PEUT. Il doit être aussi celui qui PENSE par lui-même, qui RAISONNE par lui-même, qui DIT et qui FAIT par lui-même.
En se comportant ainsi et en agissant ainsi, le M S ne fait qu’accomplir son devoir envers lui-même. Le Devoir, cette grande Loi de la F M :
Inflexible comme la FATALITE ; Exigeant comme la NECESSITE ; Impératif comme comme la DESTINEE.
C’est peut-être là, l’un des secrets sur le chemin initiatique de la conquête de la maitrise de SOI, de la connaissance de SOI et du perfectionnement perpétuel de SOI. Certes,la clé d’ivoire n’ouvre pas encore toutes les portes secrètes au M S, mais elle lui en montre le chemin.
J’ai dit.