Ce que la Maçonnerie te demande c’est de promouvoir la Justice

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Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Fabre d’olivet - Orient de

A L G D G A D L’U
Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil
de Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier degré
du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France
Ordo ab chao
Deus meumque jus

Premièrement que veut dire ce mot ? Son étymologie vient du latin « justicia » nom féminin provenant de « Justus » qui signifie « conforme au droit », ayant lui-même pour racine « jus, juris » « le droit » au sens de permission dans le domaine religieux. N’a-t-on pas comme devise « DEUS MEUMQUE JUS » « Dieu et mon droit » ? Elle est souvent représentée par une femme tenant dans sa main droite un glaive, pour protéger ou punir et de l’autre une balance qui représente l’équilibre, la prudence et l’ordre. Elle est donc un savant mélange de notions permettant un raisonnement logique et sage sur une action donnée afin d’en déterminer sa véracité et son bien fondé eut égards aux lois civiles, morales ou religieuses.

Cette vertu, puisque c’en est une, fait partie des sept vertus dites « catholiques » composées des quatre vertus cardinales ou « humaines » : prudence, tempérance, force et justice complétées par les trois vertus théologales : foi, espérance et charité, censées rendre les premières plus parfaites.

Ce nom de vertus cardinales vient du latin « cardo » qui veut dire charnière ou pivot et effectivement elles jouent ce rôle au sein de l’action humaine mais aussi parmi les autres vertus. Ces quatre vertus cardinales sont d’ailleurs bien connu des initiés et ce, dés leur entrée en Maç. En effet dans les trois premiers degrés, n’y a-t-il pas sur le pilier de gauche du temple la lette B de Boaz qui dont la signification est « en force », mais aussi n’enseigne-t-on pas à l’apprenti la prudence et la tempérance tant « dans l’utilisation des biens de ce monde » qu’à l’égard de ses passions qu’il lui faudra contrôler. Enfin la justice est évoquée par le fait que le FM est un homme juste, ce qui pourra dés lors le faire réfléchir à la question. A bien regarder l’on constate que ces sept vertus résultent une fois de plus, au niveau symbolique, de la conjonction du « 4 » nombre de la terre, représentant les vertus « humaines » et du « 3 » nombre du ciel représentant celles relevant de Dieu. On retrouve déjà cette association au 2ème degré lors de la cérémonie de passage quand on présente les sept arts libéraux aux futurs compagnons et l’on pourrait associer alors le quadrivium aux vertus cardinales et le trivium aux vertus théologales.

Mais qu’est donc cette vertu de justice ? « La justice consiste dans la constante et ferme volonté de donner moralement à chacun ce qui lui est universellement dû ». Cela reprend, en termes légèrement différent mais de portée égale, la description de ce qu’est une vertu lors de l’initiation au 1er degré : « la vertu est une force de l’âme qui nous porte à faire ce qui est bien, même au détriment de notre propre intérêt ». Ne dit-on pas que l’homme vertueux est celui qui pratique librement le bien ? Mais aussi que le F M « …est également ami du riche et du pauvre s’ils sont vertueux ». Cela touche aussi à la notion d’équité, tant dans le jugement de la chose que dans son châtiment. En effet que serait la justice si elle n’était pas équitable, donc juste, pour tout un chacun ? Comment obéir à une justice qui ne le serait pas ?

Comme il est indiqué dans le Deutéronome 16,20 : « c’est la justice, la justice que tu poursuivras afin de vivre » reprenant en cela ce que l’on nous dit dans la cérémonie du 4ème degré : « ce que la Maç te demande c’est de promouvoir la justice ». Cela nous amène à définir de quelle justice l’on parle au 4ème degré du REAA?

Dans notre préambule, nous disions que plusieurs types de justice coexistaient tout en sachant que, de quelque angle que nous puissions les aborder, justice et religion sont, chacune, au fondement de l’autre.

Qu’est donc la religion au prime abord, si ce n’est un recueil de préceptes permettant à l’homme de vivre « harmonieusement » en communauté par le fait de respecter certaines règles : tu ne tueras point, tu ne voleras pas ton prochain, etc. Quand on regarde bien, les trois religions du livre corroborent cela et notamment encore aujourd’hui pour les religions hébraïque et musulmane. Que nous prenions la Torah ou le Coran ces deux livres sacrés sont non seulement des livres religieux mais aussi et peut-être surtout de lois. Ils sont tot à la fois des codes civils, commerciaux et autres, qui régissent l’individu et la société dans la vie et les actes de tous les jours et ce dans les moindres détails (relations avec les autres, avec la société, relations commerciales, bancaires, etc.). Il en est de même pour le code pénal. Cette justice dite religieuse ou en tous cas au nom de Dieu peut malheureusement aboutir à l’inverse de ce pour quoi elle été prévue au départ et aboutir à de l’intolérance et de l’extrémisme par une application stricto sensu des lois ou de ce que l’homme en a fait sans aucune possibilité de discussion. Ces adeptes de la justice religieuse ont simplement pour explication que comme c’est Dieu qui l’a dit, alors la sentence est juste ! C’est peut-être en cela que la religion chrétienne est différente, elle à fait une exégèse des écrits sacrés en en tirant la possibilité d’une critique objective. De plus le livre de référence qui est la bible, même s’il relate des faits devenus sacrés, a été écrit par des hommes rendant en cela l’analyse plus facile et de ce fait critiquable.

N’oublions pas mes FF MS que de toute façon, la seule justice réelle, c’est la justice divine, ce sera celle à laquelle nous serons soumis lorsque nous subirons « l’ultime initiation que le profane appelle la mort ». Elle est représentée dans la symbolique égyptienne par la déesse Mâat pesant les âmes avec une balance. A nouveau c’est une question d’équilibre. Tout le reste n’est et ne peut être que de l’interprétation humaine, donc faillible. N’oublions pas le précepte de St augustin qui nous dit : « une chose n’est pas juste parce que Dieu le veut, c’est parce qu’elle est juste que Dieu le veut ».

La Justice religieuse ou civile pourrait donc être en opposition avec la justice divine. Théoriquement non, car la justice devrait être un chemin de compassion, ample, altruiste et généreux empreint de droiture et de vérité, permettant de juger les autres sans avoir honte d’usurper une prérogative divine. Par contre qu’en est il de la condamnation et de la notion de châtiment civil ou religieux par rapport au châtiment divin car « Du jugement dont vous jugez on vous jugera » Matthieu 7,2. La justice terrestre, civile ou religieuse est bien obligée de prononcer une peine qui ne relève ni de la vengeance ni de la loi du talion, c’est d’ailleurs pour cela qu’elle existe. Elle permet ainsi une « rétribution », mesure pour mesure, de l’acte jugé afin de ne pas céder à la haine ni à la vengeance, prémices de l’injustice et du désordre social.

En même temps la justice divine ne se rend pas à la même échelle. Autant l’homme juge et ne peut juger que l’homme, Dieu, lui, juge l’homme mais aussi l’humanité dans son ensemble. Prenons les exemples de la tour de Babel, du déluge ou de Sodome et Gomorrhe et nous aurons une idée de ce que peut être le niveau de châtiment issu de la justice divine.

Nous avons d’ailleurs, dans nos rituels un parfait exemple de ce que peut être la justice divine. Lors de la cérémonie d’élévation au 3ème degré, le compagnon doit passer au dessus du corps d’Hiram afin de voir si ses plaies se rouvrent déterminant alors sa culpabilité ou son innocence. Il s’agit d’une véritable ordalie ou jugement de dieu, qui se pratiquait au moyen âge, du temps ou la justice civile était encore intimement liée à la justice dite divine. Par ce jugement divin, concluant, le postulant est admis pour la suite de la cérémonie en étant déclaré innocent.

Qu’en est il alors pour le MS ? Il a été nommé « lévite » et en tant que tel, il a la charge du Temple. Il doit donc respecter les lois du Seigneur. C’est donc encore une fois par son exemple que le Maç pourra essayer de changer les choses. Se changer soi-même pour changer les autres et peut-être la société, voila le but. Mais sans le premier pas, c’est-à-dire appliquer à soi-même, les lois et préceptes que l’on veut que les autres fassent, rien ne se pourra. Le MS a en plus sur son tablier un œil, correspondant à l’œil qui voit tout, permettant à Dieu de juger notre comportement mais aussi et peut être plus simplement à notre œil intérieur, le troisième œil qui nous permet de juger nous même des motifs et de la conséquence de nos actes. C’est par cette introspection, cette contemplation intérieure (la prière du Lévite) que le MS arrivera à se connaitre lui-même, et arrivera petit à petit à « soumettre ses passions et ainsi faire de nouveaux progrés en Maç » (rituel du 1er degré du REAA).

Les rituels nous le rappellent d’ailleurs et ce dés le 1er degré : « ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fit » et a fortiori « fait à autrui ce que tu voudrais qu’il te fût fait ». Au 2ème degré on nous rappelle que « Dieu est la source de l’amour de nos semblables qui conduit à la justice et à la vérité » et que c’est « aux rayons duquel nous devons discerner, aimer et pratiquer le vrai, le juste et l’équitable » puis plus loin dans l’instruction : « Que signifient ces signes ? …en décrivant une équerre avec la main droite, je montre que je veux que la justice et l’équité soient toujours les seuls guides de ma conduite » Puis enfin au 3ème degré : « C’est que l’équerre et le compas sont les symboles de la Sagesse et de la Justice : un bon Maç ne doit jamais s’en écarter ». Le Maître Maç est d’ailleurs censé se trouver ente l’équerre et le compas. La sentence énoncée pendant la cérémonie de réception au 4er degré n’est donc, en fait, qu’un rappel de ce que l’on nous a dit tout au long de trois premiers degrés mais qui, comme pour beaucoup de choses, est passé inaperçu. Le message est donc clair et impérieux cette fois-ci, non entre les lignes, il fait partie sans ambiguité des devoirs du M S.

Cela me rappelle un geste simple que les chrétiens font : le signe de croix. Ce signe, pourrait être un condensé de la pensée chrétienne mais aussi Màç. En effet, non seulement il évoque les principes de dualité et de trinité par le pliage des doigts, mais par le sens du signe il donne accès au sens profond de ce que doit être la conduite humaine. En partant du front le verbe par la pensée se révèle, mais cette pensée si elle n’est pas vécue par le cœur dans notre poitrine ne pourra pas se faire nôtre. Dés que cette pensée est assimilée par le cœur, l’action pressentie est en danger, la main touche alors les deux épaules qui représentent la justice et la rectitude à droite, la miséricorde, la condescendance et le pardon à gauche. En fonction du rite auquel on appartient et du sens dans lequel on fait le signe l’on portera l’espoir et le salut sur l’une ou l’autre de ces vertus. N’est-il pas dit dans les évangiles les justes seront placés à droite et les pécheurs à gauche En tant que MS nous nous devions donc de finir par la droite.

A vous de juger mes FF

T F P M, j’ai dit.

J-J S

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