Caractère de la méthode symbolique
Non communiqué
La méthode de travail symbolique
pâtit d’un préjugé
défavorable dans les ateliers qui se décrivent
comme en prise directe sur la vie de la Cité.
Je crois qu’il s’agît d’un
vaste malentendu sémantique.
Il suffit d’écouter les différentes
approches du symbole lors de différents travaux en loge.
Elles sont issues directement d’un inventaire livresque
dépendant d’une approche figée par
l’écrit, donc par le signe conventionnel de la
langue, un code de la route en quelque sorte pour se persuader que
chacun roule du même côté afin
d’éviter les accidents.
Tout le monde est content et on a entendu ce
qu’on attendait, les conventions ont
été respectées comme dans le monde
profane avec les bonnes manières.
Le langage et l’écrit font partie de ces outils de
communication dont l’unité primordiale est le
signe. Les mots représentent l’entité
immédiatement supérieure. Ils sont
censés représenter le même concept pour
tout le monde afin de faciliter les contacts entre personnes et les
rapports sociaux.
Or sous le couvert du même sens pour tous, la
perception est très différente d’un
individu à l’autre. Tout dépend du
vécu, de l’éducation ou de la culture.
Ce qui à l’origine a été
constitué pour rapprocher les hommes, les divise sur le sens
différent qu’ils donnent au même objet.
Sans rejeter la tradition écrite qui sert de
référence historique, il convient de se pencher
sur la tradition orale dont beaucoup se méfient car elle est
fluctuante dans le temps or c’est justement ce qui fait sa
richesse, cette adaptabilité qui lui permet de traverser les
bouleversements.
Nous pouvons tracer une ligne directrice pour notre
recherche en examinant le rapport de l’homme au
sacré à travers l’écrit :
– Quand on fait une lecture littérale des textes
sacrés on peut dire aussi intégrale ou
intégriste, il n’y a aucune souplesse et aucune
interprétation individuelle. On sait à quels
fanatismes cela mène.
– A un niveau supérieur la lecture des textes se fait au
moyen de paraboles et c’est la méthode
préférée des clercs de
l’église.
– A un niveau d’éloignement ou de hauteur relative
par rapport aux textes se trouve la lecture symbolique qui nous est
chère.
– Il est un niveau encore supérieur où la
distance entre la lecture et le texte est telle qu’on peut
dire que le texte n’existe plus et qu’il ne reste
plus que la lecture, là se trouve
l’accès immédiat à
l’essence, à l’essentiel.
Quand on parle d’immédiat cela veut
bien dire sans médium, sans intermédiaire, sans
mots et sans paroles qui travestissent si bien la pensée.
Dans ce contexte comment alors communiquer ?
Tout simplement par le vécu.
Le vécu est à la fois
phylogénétique c’est-à-dire
qu’il vient des racines de l’espèce
humaine, et ontogénétique
c’est-à-dire qu’il se rapporte au
vécu propre de l’individu, au surplus
apporté par sa propre expérience.
Le vécu collectif est de type archétypal,
c’est-à-dire qu’il a un sens commun pour
tous quelque soit l’origine ethnique, le lieu
géographique ou la période historique de son
existence.
C’est par exemple le sens universel que nous donnons aux
quatre éléments :
La Terre, l’Air, l’Eau et le Feu.
Le vécu personnel pour qu’il puisse
être perçu par un autre individu sans
l’aide des mots n’est accessible que par ce que
l’autre est imprégné dans sa chair de
la même expérience.
C’est le sens profond de l’initiation et
c’est aussi pourquoi celle-ci n’est pas
descriptible par des mots. Même si l’on trouve dans
toutes les bonnes librairies, des ouvrages décrivant avec
précision le déroulement de la
cérémonie, jamais la
réalité ne sera perçue autrement que
par un reçu commun.
C’est donc là que se trouve la méthode symbolique, au-delà des mots trompeurs, plus près de soi donc des autres par une conscience collective affranchie des liens sociaux, donc plus efficace, plus humaine en tous cas.
La tradition orale de la Franc-Maçonnerie est
à la fois garante de sa durée et de sa force.
A l’intérieur d’un espace
décrit et déterminé par le rituel,
règne un espace de liberté symbolique ce qui
étymologiquement veut dire celui qui rassemble.
Frat
G