Symbolisme
J∴ P∴
L’intéressante enfilade récente,
partie d’un des « Carmina Burana »,
nous donne, me semble-t-il, une intéressante
leçon de *relativisme symbolique*.
Nous sommes évidemment retombés sur la
traditionnelle dichotomie Soleil-Lune, masculin-féminin,
or-argent, esprit de géométrie et de finesse,
raison et intuition, force et beauté, culture et nature,
cerveau et coeur, actif et passif, … (la liste est longue),
censée renvoyer aux deux Colonnes.
Et puis nous nous sommes vu rappeler que cette
symbolique, que certains croyaient universelle, était fort
peu univoque, et en fait culturelle.
De même que, d’un Rite à l’autre, les colonnes
peuvent être inversées, et que les auteurs peuvent
défendre, avec autant de bons arguments
« s’appuyant » sur la Bible, que
J est la colonne des Appr ou celle des Comp…
Dans toute la symbolique maç, rares sont les
symboles qui ne disent à la fois tout et son contraire (les
outils peut-être; encore est-il possible d’en inverser
l’usage…) ; et, dans la mesure où la FM doit
être la rencontre des contradictions, c’est très
bien ainsi, me semble-t-il…
Si bien que l’intérêt d’un symbole n’est plus tant
dans ce qu’il montre que dans ce qu’il cache, dans sa signification que
dans la multiplicité de ses significations parfois
contradictoires, multiplicité qui est peut-être sa
signification ultime… Ce symbolisme du symbolisme – notre F Yvon
aurait peut-être dit ce méta-symbolisme – me
semble pour ma part une piste de réflexion très
riche.
Peut-être nous encourage-t-elle à
assumer nos contradictions pour nous construire, plutôt que
de prétendre les résoudre. Et à voir
notre dualité olaire-lunaire, non comme une dichotomie, mais
comme la base du triangle à construire.
Pour tenter d’y vivre – à l’intérieur, ou
même parfois à l’extérieur, de ce
triangle – en sachant que quel que soit le point où, hic et
nunc et au gré de nos humeurs et de notre
évolution personnelle, nous nous y situons, certaines
propriétés restent invariantes (comme dans le
triangle de notre F Guy sur fif-fm…).
Ce n’est pas en mélangeant au mixer le « noir » et le « blanc » – ce qui ne donnera qu’un gris terne – que nous avons à traiter nos contradictions (et cela me semble aussi vrai pour un individu ou un couple que pour une L ou une société) mais en les assumant également : le « centre de l’union » n’est pas « entre » les différences comme le « centre » est entre la gauche et la droite, il ne peut être qu’ « au-delà » – dans une dimension supplémentaire.
Il faut pour cela voir les contraires en termes de
« positif » et
« négatif », non comme
dans le langage courant qui les hiérarchise en tant que bien
et mal, mais comme en électricité : de quoi faire
tourner le moteur…ou mettre la lampe sous tension pour qu’elle donne
de la lumière.
« La lune ne fait que refléter
la lumière du soleil », disent
avec dédain ceux qui les hiérarchisent (avez-vous
remarqué que, dans les Rituels maç, une fois
posé le principe que ce sont deux des trois
Lumières, on parle tant de l’un et si peu de l’autre ?) :
tirons-en au moins une leçon d’humilité, c’est
que nous éclairerons peut-être plus nos FF et SS
en leur faisant part de la Sagesse des autres que de la
nôtre…
C’est pourquoi je terminerai en vous livrant quelques
extraits des articles « Lune »
et « Soleil »
du « dictionnaire des symboles »
de Chevalier et Gheerbrant :
« Au Japon, chez les montagnards du Sud-Vietnam
aussi, c’est le soleil qui est féminin, la lune masculine…
C’est que l’aspect féminin est
considéré comme actif, en ce qu’il est
fécond : c’est, chez les Radhé, la
Déesse soleil qui féconde, couve et donne vie…
Chez les Dogons du Mali – dont tout le
système cosmogonique est dominé par le symbolisme
lunaire – le soleil n’est point mâle, mais femelle…
Le soleil est femelle (mère-soleil) et la lune
mâle (père-lune) dans les civilisations pastorales
nomades. C’est le cas pour la plupart des tribus turco-mongoles d’Asie
Centrale…
Le nom du soleil était féminin en celtique, comme
dans toutes les langues indo-européennes anciennes…
La lune est un symbole de connaissance indirecte, discursive, progressive, froide…la lune est seulement le symbole de la connaissance par reflet, c’est-à-dire de la connaissance théorique, conceptuelle, rationnelle…
Le même symbolisme relie entre eux la Lune,
les Eaux, la Pluie, la fécondité des femmes,
celle des animaux, la végétation, le destin de
l’homme après la mort, et les CEREMONIES d’INITIATION
(Eliade, traité d’histoire des religions)…
A propos, qui donc avait prétendu que la FM était
masculine parce que son Rituel était
« solaire » ? Ne serait-ce pas
Wirth ?
Très frat