De quoi peut se glorifier le MS

Auteur:

F∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Le Maître Secret pourrait se glorifier d’être le premier grade des hauts grades dans un univers maçonnique ou il est admis que les hauts grades sont le complément et le prolongement naturel du grade de Maître.

Dès son origine, le grade de Maître semble avoir été considéré comme le premier des « hauts » grades, achevant un cursus qui allait de l’apprentissage au compagnonnage du métier.

La cause : le récit incomplet de la mort d’Hiram : que sont devenus ses meurtriers ? Par qui remplacer l’architecte disparu ? Quand et comment le temple pourra-t-il être achevé ? Ces nombreuses interrogations restées en suspens suscitent dès les années 1745 le développement d’échelles de grades qui vont avoir pour fonction de répondre à ces questions. C’est ainsi que sont apparus, dans les années qui suivent, une multitude de systèmes de hauts grades.

Après avoir approfondi une maçonnerie reposant sur des symboles constructifs, le compagnon en étant élevé à la maîtrise aborde un autre domaine qui repose sur un récit mythique. Au grade de Maître, l’initié franchit un seuil et se trouve au cœur d’une dramaturgie à épisodes dont la suite n’est accessible qu’en accédant au cycle des grades de perfection, dont les éléments philosophiques et symboliques s’emboîtent les uns dans les autres.

Le Maître Secret continue à cheminer et à travailler en secret. Il cherche à acquérir les éléments qui manquent à la plénitude de sa maîtrise pour devenir Maître, « autrement » et accéder ainsi à une autre dimension d’intériorité et d’affinement de sa conscience.

Le Maître Secret vit dans le deuil de la mort d’Hiram. Après l’avoir pleuré, il faut lui faire des funérailles, puis comme personne n’est irremplaçable, il faut songer à lui trouver un successeur qui poursuivra les travaux interrompus, ce qui me semble impossible tant que l’on n’aura pas retrouvé et condamné ses trois assassins.

Alors le Maitre Secret peut il se glorifier et de quoi ? Oui le Maitre Secret peut se glorifier du travail réalisé et à réaliser dans son cheminement initiatique qui appelle à une marche en avant, un mouvement, une action qui rejette tout statisme. Mais de quoi pourrait-il se glorifier ? D’un cheminement balisé dans une succession de grades maçonniques qui marquent des étapes, des seuils à franchir, où des clefs sont et seront données…des clefs qui ne pourront servir que si l’on se donne la peine d’en ouvrir les accès et d’en franchir les seuils.

Glorifier la recherche de la vérité, se poser de nombreuses questions philosophiques, spirituelles voire métaphysiques complexes. Ces étapes du voyage initiatique enrichissent et développent ce qui était contenu en germe dans les trois premiers degrés et donnent les moyens au Maître Secret d’acquérir les éléments qui manquent à la plénitude de sa maîtrise.

Approfondir le contenu initiatique des loges bleues par une exploration des valeurs initialement proposées voilà un début de glorification non seulement aux Maitres Secrets mais au travail maçonnique en général.

Maître de lui avant toute chose, le Maître Secret a une vocation de constructeur. On ne lui demande plus de construire des cathédrales ou des temples, mais de faire œuvre de bâtisseur d’abord en se construisant lui-même, après quoi, en rassemblant ce qui est épars, dans la recherche du beau, du bien, du vrai et de la vérité, il pourra commencer à transmettre des repères et des valeurs à un monde et à une société qui en ont perdus beaucoup tant en gloire qu’en glorification.

J’ai dit.

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