Devoir et Volonté

Auteur:

B∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Le comportement de l’homme pourrait s’organiser en 3 niveaux d’agissements.

Le premier est l’acte instinctif, inné qui répond à une nécessité, qui a été, génération après génération, rendu atavique. L’homme comme tout animal y est contraint. Le sommeil, la faim en sont des exemples. Cet aspect primaire n’est pas notre propos aujourd’hui.

Ensuite vient le Devoir

L’homme doit agir sous le contrôle du devoir. Pour que toute société soit viable, il lui faut établir des règles. L’application de ces règles est le « Devoir ». L’obligation de s’y soumettre est la même pour tous. L’objectif étant le maintien de l’ordre librement consenti ou par la force. Le résultat est que nous devons évoluer à l’intérieur d’un cadre structuré et défini composé de lois applicables par tous. Le devoir engendre aussi une idée de contrainte, de soumission, d’obligation, de limite de liberté.

C’est le versant passif et concret de l’Homme.

L’autorité précise que nul n’est censé ignorer la Loi [Ses Devoirs], pourtant à aucun moment, la Loi n’est enseignée durant le cursus scolaire. Ambiguïté de la transmission du savoir !

Mais il y a dans ce cadre des écarts qui entraînent des dérives dans l’application des règles, parfois heureuses, parfois malheureuses.

Un exemple. Un F a quelques difficultés à payer sa capitation. Le tronc de la Veuve pourra prendre en charge discrètement cette dette. Le résultat sera que pour le trésor, ce F sera en règle ; il aura appliqué la loi.

Autre exemple. L’Etat Français a demandé à son peuple de dénoncer d’autres Français. Cas de conscience difficile, car est-ce un devoir que de refuser de faire son devoir ?

Le Pape BENOIT XV, béatificateur de Jeanne d’Arc a dit durant la 1ère guerre mondiale :
« L’héroïsme consiste dans le seul fidèle et constant accomplissement des devoirs de son propre état ».
Ce pape voit de l’héroïsme dans certaines applications du devoir, tout en n’ignorant pas le 6ème commandement : « Tu ne tueras pas…»
Mais le Devoir patriotique, professionnel ou encore religieux doit-il aller jusqu’à la soumission aux dirigeants et jusqu’à la subordination aux règles ?
Ce serait certainement une erreur que de concevoir le Devoir comme unique obligation. Il permet à une entité d’agir, de se comprendre et d’évoluer vers les mêmes valeurs.
Kant l’a bien dit : « Le devoir est la nécessité d’accomplir une action par respect de la Loi morale ».
Le troisième est le Vouloir.
Pour ceux qui en ont fait le choix. Démarche intime, personnelle. Prise de conscience de la nécessité de ce Vouloir. C’est une analyse de l’esprit.
La volonté vient amplifier la valeur du devoir. C’est l’individu face à lui-même qui décide de cette volonté.
La volonté donne une image positive avec une prise de conscience, une image de force, une liberté de choix.
C’est le versant actif et abstrait de l’Homme.
On peut faire son devoir sans aimer, simplement en appliquant la règle.

Le devoir dicté par la conscience est l’acte volontaire. Il permet d’introduire en soi un comportement délibérément choisi ; mais cela suppose la mise en œuvre d’une connaissance et d’une liberté capable de concevoir un objectif précis, s’appuyant sur des principes éprouvés pour atteindre cet objectif. Cette volonté nous porte à accomplir nos devoirs maçonniques, librement consenti et avec un minimum de contraintes.

Le Maçon se doit de connaître les Lois Maçonniques. Il doit les maîtriser et les appliquer. Il fait ainsi son devoir. De par sa volonté, il accepte les raisons pour lesquelles il le fait. Le devoir devient partie intégrante de lui-même, que ce soit en loge ou dans le monde profane et ceci en toutes circonstances.

La volonté complétant le Devoir Maçonnique devient le désir délibéré et réfléchi de vivre sa propre Maçonnerie.

Nous avons le devoir d’accomplir notre chemin Maçonnique. Nous avons choisi et désiré devenir Maître Secret. Ceci est notre engagement.

Engagement qui nous a été réclamé à chaque degré d’initiation.

Rituel du 4ème :

« Reconnaissez-vous sans réticence que le devoir est la grande Loi de la F M, inflexible comme la fatalité, exigeant comme la nécessité, impératif comme la destinée ? »

Le serment du 4ème degré en est plus que précis.
« Je promets et je jure de rester fidèle jusqu’à la mort à tous les devoirs que je suis requis d’accomplir…»
Ce qui est fait, l’est pour nous même, sans attendre de reconnaissance en retour.
« Vos travaux peuvent n’être pas récompensés, car celui qui sème ne récolte pas toujours ».
Ajoute le 1er Inspecteur.

Nous avons donc le devoir moral, contracté par serment, d’avoir la volonté d’agir dans une exigence purement désintéressée. Cette volonté repose sur le respect que nous devons à la Loi Maçonnique, à nos FF Maçons, et bien sûr à nous même.

Si cette règle est relativement facile à mettre en pratique dans les limites du temple, il en est autrement au dehors. La volonté que nous avons d’appliquer ce devoir moral dans le monde profane et dans notre cercle familial se heurte aux turbulences de la vie, aux problèmes sociaux, aux contextes professionnels qui nous mettent souvent en conflit avec nos intentions premières, si forte soit notre volonté maçonnique.

Ces situations nous mettent chaque jour en face de nos responsabilités et de nos faiblesses ayant pourtant tous, n’est ce pas, la ferme volonté d’accomplir nos devoirs maçonniques dans l’anonymat du monde profane.

« Pour être satisfait, il faut que nous ayons l’approbation de notre seule conscience ».

Explique toujours le 1er inspecteur.
La véritable récompense est d’être en total accord avec soi-même. Notre volonté intime et puissante nous permettra-t-elle d’y parvenir ?
Et ceci en tout lieu.
La volonté est la source de la conviction maçonnique perpétuellement en quête d’un idéal de perfection.

Mais la recherche de ce maçon idéal est un combat intérieur sans cesse dévié par les turbulences de notre vieil homme, de notre ego profane qui est resté immature, impétueux, égoïste : Chacun pourra ici mettre les termes qu’il jugera le plus réaliste selon les circonstances.

La volonté qui subit en permanence ces pressions extérieures, doit lutter, se muscler, se renforcer pour retrouver sa raison d’être, fidèle à son devoir. Elle doit se concentrer. Le maçon doit travailler contre l’extérieur pour aller vers le centre.

La volonté, comme le Maçon, est en perpétuelle évolution pour une meilleure élévation.

Il nous faut agir pour aller plus loin, pour progresser dans les étages de la recherche de la connaissance. Le 4ème degré étant en cela la confirmation du 3ème.

Le chemin proposé par le 4ème est, nous l’avons compris celui du devoir avec une notion d’allégeance et d’obéissance vers ceux qui dirigent l’ordre.

Rappelons les paroles du 3 fois Puissant M juste avant le serment :

« La route du devoir mène sûrement à la vérité, mais cette route est longue et difficile et parce qu’il tente de l’abroger en prenant des raccourcis, l’homme s’égare dans le labyrinthe de l’erreur ».

Nous sommes redevenus des apprentis, on tolère que nous prenions la parole. Notre devoir est de respecter l’étude des différents niveaux afin de suivre un cheminement initiatique d’évolution.

La volonté devra donc être éduquée pour nous conduire progressivement vers le Grand Architecte. Cette volonté d’accomplir son devoir, de suivre cette route que tant d’autres ont tracée et parcourue est une faculté simple et indivisible et pourtant illimitée dans son achèvement.

Notre volonté, elle, est en gestation Nous pouvons déjà penser que notre devoir sera de s’approcher sans cesse de la vérité avec dans cette quête la volonté de décider le pour et de comprendre le contre.

Confucius ne disait-il pas : « L’important n’est pas le but, mais le chemin pour y parvenir ».

Pour nous maçons :

Le voyage que nous avons à accomplir est notre destination elle-même.

Ce maçon devra puiser en lui, avec l’aide de ses FF et du travail en L la force nécessaire pour sa reconstruction. Il faut sans cesse se ressourcer grâce à l’accomplissement du travail collectif.

– c’est le devoir d’assiduité.

Travail collectif qui lui-même redonne l’élan nécessaire pour ne pas risquer de retomber dans le découragement et la faiblesse du profane.

Le rituel encore :
« La F M vous a fait sortir du monde de l’ignorance. Elle vous a tirés de la servitude et de l’erreur…
Vous n’accepterez aucune idée que vous ne compreniez et ne jugiez vraie ».
Nous devenons capables de pratiquer un jugement nous permettant de distinguer le vrai du faux, de comprendre la vérité et d’admettre l’erreur.
Voilà certainement une clef permettant l’explication de l’acceptation qu’a notre volonté de souscrire à ses devoirs qui sont parfois exigeants.

La F M nous donne le temps de comprendre et le pouvoir de juger.

La volonté en mouvement perpétuelle et le devoir se sentent protégés par cette force commune. Mais la volonté individuelle n’est rien si elle n’est pas reprise par un ensemble d’hommes qui regarde dans la même direction.

Que deviendrait la Franc Maçonnerie si la Loi et les Devoirs n’étaient plus appliqués volontairement par les Hommes qui composent son entité ?
Pour ma part, fort de la nécessité du Devoir et de la Volonté au sein de la F M, j’affirme ici, encore, mon engagement.
Qu’être un Frère Maçon au sein d’une Loge Libre.
Je réponds : je le suis.
Qu’accomplir mon devoir maçonnique parce qu’il est Le Devoir.
Je réponds : Je le dois.
Et qu’accéder à la connaissance par ma seule Volonté,
Je réponds : je le veux.

J’ai dit

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