Devoirs et comportement du maître secret en

Auteur:

N∴ F∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
Tr F Pui M


Tr Resp Qui décorez l’orient


Et vous v Fr En vos grades et qualité,



Devoirs et comportement
 du maître secret en loge symbolique



Avant de commencer cette planche, je voudrais vous faire partager l’état de liberté dans lequel je suis aujourd’hui. Je vais vous lire, à l’aise, un travail, qui, je l’espère, vous permettra quelques réflexions. Je suis à l’aise car je n’aurais pas à subir, pendant cette planche le stress intense de celui qui, comme il est de règle dans cet atelier, sollicitera la parole après de nombreux autres frères en se demandant si son prédécesseur immédiat ne travaillera pas son idée. C’est ainsi que va la vie.



La planche qui vous est présentée aujourd’hui est intitulée « devoirs et comportement d’unmaître secret en loge symbolique ». C’est un slalom entre



1) La morale, je ne me sens pas le droit d’imposer ma morale aux autres et à la fois, je n’ai pas le droit de les priver de ce qui peut les aider à se construire un peu plus.



2) L’exercice de justification d’un homme, qui n’a d’ailleurs pas à se justifier, mais sa formation judéo-chrétienne aidant, il serait en droit de se culpabiliser en faisant apparaître, dans les loges bleues, le secret d’autres niveaux, alors qu’il a pris l’engagement du secret.



3) La volonté de trouver les moyens d’être plus à la hauteur de la noble ambition de la maçonnerie, l’élévation de l’homme.



Aussi, je suis vraiment reconnaissant au trois fois puissant maître qui a bien voulu me confier ce sujet intitulé « devoirs (avec un s) et comportement du maître secret en loge symbolique ».


devoir : l’un des thèmes essentiels du 4èmegrade,


comportement : sujet délicat s’il en était puisqu’il porte mon image.



Ceci étant dit, je vais vous livrer bien humblement quelques réflexions sur ce sujet.



Au cours de ma vie maçonnique, j’ai constaté que chaque étape en cache une autre et que le cheminement à suivre permet de vivre intensément et précisément l’étape en cours.



Il faut passer d’un grade à l’autre pour découvrir tous les éléments qui constituent ce nouveau grade. Je remarque aussi que c’est en étant au grade suivant que l’on découvre beaucoup plus largement le grade précédent, qu’on levit plus intensément.



Le coureur cycliste reconnaît préalablement chacune des étapes qu’il aura à parcourir.



Le franc-maçon ne connaît pas le contenu du grade suivant.



Il me semble que la raison fondamentale de cette différence est que le coureur cycliste a un entraînement physique intense, un entraînement psychologique tout aussi important. Il est donc préparé, il peut gérer la situation nouvelle qu’est la nouvelle course.



Il n’en est pas de même pour le développement de ma vie maçonnique, il n’y a pas d’entraînement à l’élévation. L’élévation est le résultat d’un travail intense qui autorise les frères responsables à m’ouvrir une autre porte dès que je suis prêt.



Pour que cette porte me soit ouverte, j’ai lu, certes, j’ai écouté, j’ai entendu autant que de possible. J’ai surtout bénéficié du temps nécessaire pour adhérer de mon être entier au niveau que je vis.



Les symboles, les frères, les travaux, m’ont permis d’appréhender convenablement mon niveau.



Un proverbe dit : « Savoir faire est facile, le difficile est de faire ».



Le savoir faire s’acquiert de façon livresque ou orale.



Le faire est un autre exercice. Il faut ressentir, avoir la force de réaliser, connaître le thème, mais aussi la raison de l’action et les conséquences de celle-ci.



Toutes ces raisons m’amènent à penser que livrer en loge symbolique des informations provenant d’autres lieux, d’autres degrés, serait :


·Contraire au serment que j’ai prononcé devant vous tous, cette raison serait déjà suffisante en soi.


·Ce serait surtout, me semble-t-il, rendre un très mauvais service à mon frère interlocuteur qui n’est pas prêt à recevoir ce message.



Les pâtissiers et les cuisiniers savent qu’il faut respecter un ordre dans le versement des ingrédients pour faire un met délicieux, ils savent laisser agir le temps convenablement, selon les sujets et les circonstances.



Le sujet est beaucoup plus délicat quand il s’agit de l’homme. Les symboles et le temps doivent être utilisés à bon escient, au moment opportun, avec la progressivité adaptée.



Toutefois, il est indispensable de créer l’ambition, moteur de la vie. Il ne faut pas que mon frère soit convaincu que l’apogée se situe au 3ème degré. Il faut qu’il sente la lumière au-delà, qu’il ait envie, au moment opportun, de découvrir un plus.



Avec tout cela, nous voilà dans une situation qui appelle tous nos talents. Comment faire plus, donner envie, sans se dévoiler ?



Je n’ai pas de réponse toute faite. C’est pourquoi, je me suis interrogé encore sur le comportement du TFPM : Pourquoi n’a-t-il pas donné ce sujet à un frère plus compétent, plus aguerri ? Plutôt qu’à moi qui ne suis que dans le stade de la découverte !



J’ai lu, j’ai cherché et j’ai vu que l’article 1 du règlement particulier du grand collège du REAA qui porte sur les obligations indique : Les membres des ateliers dépendant du suprême conseil du grand collège du rite écossais ancien accepté doivent donner l’exemple d’une haute valeur maçonnique. Etc.



Que l’’article 20 stipule que nul ne peut être proposé au grade de maître secret s’il ne possède le grade de maître depuis au moins trois ans, etc.



Enfin, j’ai relevé que la planche d’invitation à la tenue du 4ème grade commence de la façon suivante : « nous avons le plaisir de t’inviter à partager avec nous l’amour fraternel en participant à la réflexion sereine de notre atelier de perfection…, etc. » 



Ces trois éléments me permettent de souligner que dans les loges symboliques, qui sont indépendantes des hauts grades, sans relation directe, le frère maître secret qui a normalement un peu d’expérience doit être exemplaire et doté d’une expérience suffisante, assidu et ma volontaire dans sa recherche personnelle.



Enfin la planche d’invitation convieà une nouvelle forme de travail qui porte plus sur l’approfondissement que sur la découverte.



Donc, soucieux de cette exemplarité, j’ai relu le titre de ma planche et j’ai remarqué le S de devoirs : Quels sont les devoirs et comportement du maître secret en loge symbolique.



Les devoirs ? Quels devoirs ?


. Ce devoir de réserve ?


. Le devoir d’attention ?


. Le devoir d’information ?


. Le devoir de discrétion ?


. Le devoir d’ouverture ?


 . Le devoir de réserve qui ne perturbera pas le cheminement de mon frère et ne trahira pas mon serment ?,
           .Le devoir de réserve de celui qui entre dans la loge de perfection et qui de la porte, entrevoit, mais ne connaît pas encore suffisamment ?.


. Le devoir d’attention de celui qui connaît un peu plus et qui doit, de ce fait, être beaucoup plus exigeant de lui-même sur tous les éléments qui ponctuent la vie du maçon, son élévation humaine, notamment, mais aussi son assiduité et sa disponibilité ?.


. Le devoir d’information que chacun doit envers son frère ?
          . Le devoir d’information qui doit mettre les frères en éveil sans trahir mon secret ? Donner la réponse aux questions et aux sollicitations plutôt qued’orienter ou plaquer des informations brutes et inaudibles pour le profane.


. Le devoir de discrétion qui m’interdit de me dévoiler aux frères de grades différents du mien ?
          . Le devoir de discrétion qui m’oblige à laisser mes métaux à l’extérieur ?
          . Le devoir de discrétion qui m’interdit de dévoiler sur le forum ce que j’ai entendu en loge. ? ou encore le devoir de discrétion qui doit mettre à l’aise mon environnement.


. Le devoir d’ouverture qui permet à chacun de cheminer correctement, qui donne de l’ambition, qui est le fruit du travail interne permanent ?



Il faute certainement compléter l’énumération des devoirs. Arrétons nous là, un instant au mot et à son sens.



Le devoir, ou plutôt, le sens du devoir fait de nous des hommes, l’animal n’a pas de devoirs, il répond à ses instincts, il assouvit ses besoins.



Le devoir est une contrainte librement consentie qui m’identifie dans la société.



Les devoirs que je m’impose, de plus en plus librement au fur et à mesure de la connaissance de ma personne, me conduisent à un comportement qui évolue.



Ce comportement appliqué en loge symbolique, doit être empreint d’exemplarité Je suis maître, qui plus est maître secret, je dois être attentif, discret, à l’écoute, au service de mes frères. J’ai une tâche d’harmonisation et d’équilibre dans la loge, d’exemplarité. J’ai taillé la pierre brute, j’ai vécu le compagnonnage et puis la mort d’Hiram. Je suis à la recherche de la parole perdue, je suis passé de l’équerre au compas. Je dispose d’un bijou exceptionnel : La clé, la clé qui ouvre et qui ferme, qui ouvre un vaste champ d’investigation mais qui impose une parfaite discrétion.



Je suis entré librement en maçonnerie, sans contraintes, pour me permettre de profiter de mes frères pour évoluer. De la pierre brute de jeune apprenti, je suis devenu maître secret : quel chemin parcouru. Je suis content et je pourrais arrêter ici mon analyse. Or ce serait peut-être un peu égoïste, contraire à mon sens du devoir. Je sais que ma construction individuelle s’accompagne de l’augmentation progressive de la responsabilité que j’ai envers mes frères et la société, parce que je me connais mieux.



L’initiation au grade de maître secret m’a fait passer du « faire » au « dire », de la maîtrise de l’outil à la maîtrise du verbe. L’objet de ma quête est maintenant la parole, la parole perdue, c’est-à-dire oubliée ; or, ce qui est oublié réside dans les profondeurs de ma conscience, là où sont enfouies les impressions reçues depuis le fond des âges, la recherche du mot est une invitation à sonder nos profondeurs, à pratiquer l’introspection.



Je doit être bon, si ce n’est excellent en loge symbolique, en matière de discrétion et aussi en matière d’ouverture de la volonté à me chercher plus et plus encore, par moi-même et à travers les autres.



Le trois fois puissant maître a questionné, à mon entrée dans ce grade, surma capacité à recevoir l’enseignement du grade : le maître des cérémonies a répondu : des maîtres secrets l’ont observé au sein de la loge symbolique. Son assiduité, sa sollicitude fraternelle envers les frères apprentis et compagnons, l’esprit de tolérance avec lequel il participe aux débats, la qualité de ses morceaux d’architecture, etc. , donc le maître secret que je suis doit aussi travailler pour la maçonnerie, observer les frères susceptibles de rejoindre maintenant la loge de perfection.



Le maître secret que je suis doit encore être surtout attentif. Je dois mesurer que le chemin est encore long et je dois utiliser la clé, cette clé d’ivoire, symbole de mon grade, avec intensité pour me découvrir, et pour permettre à mes frères, en loge symbolique, de cheminer avec moi, en toute quiétude..



En conclusion, je pense que les devoirs que je porte en loge symbolique et le comportement qui doit me guider sont essentiellement des devoirs d’attention et de stimulation de la recherche intérieure de mes frères afin de les accompagner dans leur recherche individuelle. C’est peu si cela est fait sans attention, c’est beaucoup si je veux y mettre tout l’humain que doit engendrer le comportement que je voudrais vous exprimer ce midi.



J’ai dit, TFPM.



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