La Clé d’Ivoire

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Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A la Gloire Du Grand Architecte de l’Univers
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo ab Chao
Au Nom et sous les Auspices du Suprême Conseil Féminin de France
Liberté-Egalité-Fraternité


Trois Fois Puissant Maître et vous toutes mes Sœurs Maîtres Secrets




Lorsque l’on pense, écrit, parle clef, la symbolique évidente qui tout de suite vient à l’esprit, c’est son double rôle d’ouverture et de fermeture. Son pouvoir est d’ouvrir et de fermer.


Dans les contes et légendes, trois clefs sont souvent mentionnées. Elles introduisent successivement dans trois chambres secrètes qui au fur et à mesure des ouvertures, marquent les étapes de la purification et de l’initiation. Elles représentent le symbole du mystère à percer, de l’énigme à résoudre, en un mot les étapes qui conduisent au chemin de la Connaissance, de la Vérité.


Sur un plan ésotérique, «  détenir la clef » signifie être initié. La clef se retrouve donc tout naturellement dans les rites maçonniques les plus élevés.


Au 4 degré du REAA, (grade de Maître Secret) la clef d’ivoire revêt une importance considérable,posée sur le Volume de la Loi Sacrée, ellereprésente le moyen, l’instrument, l’outil, le « Sésame, ouvre-toi ! »qui, par étapes prudentes et successives, ouvre les portes menant à la Connaissance, à la Lumière Infinie, à la Vérité.


Cette clef restetout particulièrement soumise à l’entendement du Maître Secret. Bijou de ce degré elle est en même tempsemblème de la Discrétion.



La discrétion maçonnique à laquelle nous nous sommes engagés par Serment lors notre première initiation et lors de chacune de nos augmentations de salaire, est encore plus stricte au 4ème degré.


Celui qui sait ne parle pas et la clef d’ivoire, pendue en sautoir entre la gorge et la poitrine du Maître Secret, tout en rendant compte du degré d’avancement de l’Initié, estun rappel de la nécessité d’un silence modeste et respectueux puisqu’elle ouvre ou ferme le chemin d’accès à la Parole.


Cette entrée dans la discrétion va se traduire dans la loge des Maîtres Secrets tout naturellement par l’exercice de la fraternité la plus accomplie et la plus chaleureuse, non pas par des démonstrations affectives bruyantes et ostentatoires, mais par une compréhension, un soutien direct, car tout ce que chacun réalise pour son prochain a pour vocation de s’exercer dans la discrétion et, mieux encore, dans le secret total.



Cependant, la clef d’ivoire, n’est pas seulement l’emblème de la discrétion. Elle recouvre tout autre chose de bien plus important.



Cette clef a une fonction symboliqued’ordre spirituel.


Elle est la conscience des funestes effets des dogmes religieux, des préjugés vulgaires et fanatiques.


Elle est aussi l’intelligence, l’amour, le devoir qui, en éclairant la conscience, permettent à l’initié, au Fils de la Lumière, d’approcher la Vérité.



Le nouveau Maître Secret reçoit du trois fois puissant Maître l’instruction suivante :


Je vous présente également cette clef d’ivoire


La lettre Z sur le panneton est l’initiale du mot de passe des Maîtres Secrets.



L’Orient de cette loge représente le Saint des Saints du premier Temple de Jérusalem et les plus Secrets Mystères de la Franc- Maçonnerie, dont vous êtes séparées par une barrière pour le moment infranchissable.



Mais vous avez la Clef, et quelque jour il vous sera permis d’ouvrir et de passer.



La clef d’ivoire comme son nom l’indique,n’est pas de métal, mais d’ivoire.Matière noble, l’ivoire est incassable, comme la volonté inflexible de l’initié désireux de toujours s’améliorer, toujours s’élever, cette matière dure, réputée incorruptible est symbole de pureté par sa blancheur. Elle est blanche comme le cœur, l’esprit et les mains duMaçon ; la candeur de cette clef illustre ainsi la pureté des intentions et la probité de l’initié, symbolisées aussi, dès le premier degré, par la blancheur immaculée de ses gants et de son tablier. L’ivoire se retrouve aussi dans la composition des dents, ou défenses d’éléphant.A ce titre, la clef d’ivoire est assimilable au squelette de l’homme. La clef est donc faite de ce qui nous permet d’avoir une forme et de fonctionner.


La compréhension de cette clef passe aussi par sa forme. Elle comporte trois parties : l’anneau, la tige et le panneton. Toutes trois sont riches d’enseignement.



L’intérieur de son anneau a laforme d’un cœur, peut être pour nous indiquer que le seul chemin qui puisse nous conduire vers la lumière est celui du cœur.


Sur un plan spirituel on peut penser que cette clef est celle de l’ouverture du cœur à la Vérité et à la vraie Lumière, si l’on considère que dans la tradition chrétienne, le cœur est dit contenir le royaume de Dieu.: «  Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous », nous révèle Luc, ce que confirme un texte védique : « Oui, cette Lumière d’au-delà du firmament, qui brille par- delà les mondes les plus hauts, oui, cette Lumière, c’est celle-là même qui brille dans le cœur de l’homme. »



Sa tige quant à elle, est droite, pour nous rappeler me semble-t-ilque nous devons marcher droit devant nous et ne pas nous laisser entraîner dans les sentiers fleuris de l’Erreur.


Enfin, sur son panneton, figure la lettre Z.


En tant qu’Apprentie, l’Ordre cherchait déjà à nous guider vers la compréhension des lettres, en nous proposant de recevoir notre salaire à la lettre initiale de la colonne correspondant à notre grade. Le quatrième degré nous propose à nouveau une lettre : la lettre Z.


Le Z formé de deux 7 accolés, tête en haut et tête en bas,nous renvoie àla formule célèbre de la Table d’Emeraude ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Autrement dit le monde terrestre a son modèle céleste ; Appliquée à l’univers humain la phrase définit les conditions d’une parfaite égalité. Ce qui est « en haut » ne peut se targuer d’aucune préséance sur ce qui est « en bas ».Ce précepte hermétique n’est-il pas celui qui régit la démocratie exemplaire et cependant ordonnée, hiérarchisée des Loges ? Ce qui est dit du haut et du bas, donc du zénith et du nadir, peut aisément être étendu au midi et au septentrion, à l’orient et à l’occident. La vie d’un atelier est en effet fondée sur l’échange et la circulation des rôles que, tour à tour, nous sommes amenées à y jouer.
Dans notre alphabet, la lettre Z vient en dernière position. C’est par l’avènement de la mort physique que se profile l’entrée dans l’immortalité. Ainsi la lettre Z devient le commencement dans un nouvel état d’être.
Septième lettre de l’alphabet hébreu le Zayin signifie le Glaive. Elle est le glaive de l’Eternel et nous offre son pouvoir de guérison.Zayin représente aussi, le discernement, le libre arbitre, la manière de s’assumer, de se prendre en charge, le but à atteindre, la forteresse à conquérir.


On peutalors se demander qu’elleforteressele Maître Secret doit-il conquérir ? Quelbut doit-il atteindre ?
Le nouveau maître secret possède l’initiation artisanale. Il sait donc « faire ». A présent, il est admis à s’approcher du Saint des Saints du temple de Salomon et de la lumière qui en émane. En détenant la clef, il en devient donc le gardien, et de ce fait,accède au rang de Lévite.L’initiation sacerdotaleva lui permettre de passer du « faire » au « dire », de la maîtrise de l’outil à la maîtrise du verbe.


L’objet de sa quête est maintenant de retrouverla« Parole perdue  », celle qui guide notre chemin obscur vers la vérité humaine.


Lourde tâche, car la vérité absolue est inaccessible à l’esprit humain ; il s’en approche sans cesse, mais ne l’atteint jamais, mais, pour l’aider dans sa quête, le Trois Fois Puissant Maîtrelui indique ceci : La route du devoir mène surement à la Vérité, cette route est longue et difficile (…).Mais il n’est point de difficultés que l’énergie, la persévérance et d’honnêtes intentions ne puissent surmonter.


C’est donc en suivant scrupuleusement la grande route du devoir que le Maître Secret devratravailler inlassablement. Pour la maçonne du rite écossais, le devoir demeure une vertu positive. Il est une joie et doit s’accomplir avec entrain, sans songer à une récompense, sans orgueil, ni ostentation, mais pour répondre aux exigences de sa conscience. Souvenons nous que :Nos travaux peuvent n’être pas récompensés, car celui qui sème ne récolte pas toujours.


Bien que le voile qui couvrait notre regard ait été soulevé puis retiré, n’oublions jamais mes Sœurs, que ce que nous savons n’est rien à côté de l’immensité des connaissances qu’il nous reste à découvrir, .la lumière est loin d’être acquise, mais nous avons la clef. Rappelons nous toujours, que le devoir du Maître Secret, notre devoir mes Sœurs, est de rechercher la Vérité, de rassembler ce qui est épars et de retrouver la Parole Perdue,en toute circonstance et quoi qu’il puisse nous en coûter.



Pour ce faire, plaçons- nous sur ce fil imaginaire qu’est le périmètre d’un cercle et observons la vérité placée en son centre. Immanquablement, elle prendra des formes différentes. En premier lieu, nos positions personnelles sur ce cercle nous la montrent sous un éclairage différent. En second lieu, même en se plaçant sur un même point, de par notre disposition d’esprit, de notre cheminement initiatique nous ne percevons pas les images de la même manière.



Pour accéder à la Vérité, il n’y a probablement donc pas de clef unique à tourner, car tous les êtres sont différents : chacun doit trouver sa propre voie vers son idéal le plus élevé.
Cela ne se peut que par un effort persévérant du cœur et de l’esprit, l’obéissance aux injonctions de sa conscience, la fidélité dans sa démarche et un travail prolongé en loge.Il nous faut comprendre la beauté des symboles et du rituel particulièrement explicite au REAAet savoir découvrir dans le monde humain les traces de la cohérence globale.



A un autre niveau de considération, détenir une clef,c’est avoir la jouissance d’un univers sacré, d’un hortusconclusus dont l’accès est gardé, c’est avoir un droit légitimesur la porte qu’elle ouvre et le lieu auquel elle donne accès.



Il convientalors de s’interroger : quelleporte ouvre la clef d’ivoire ?



Cette clefconfiée auMaître Secret, n’ouvreaucune porte matérielle, maisdonne accès à un état, un degré initiatique ou encore à une demeure spirituelle qui est déjà en nous et qu’il nous faut découvrir et révéler, car celui que l’on est appelé à découvrir derrière la porte n’est rien d’autre que soi même, c’est-à-dire l’être vrai, dépouillé de tout artifice social.


Nous devons prendre conscience que la construction du temple est révolue, que cette construction lapidaire n’est qu’une allégorie destinée à faire découvrir que le temple véritable c’est l’homme.



La connaissance de soi pouvant ne pas se satisfaire du temps qui nous est imparti dans cette vie, Je ne sais pas si je parviendrai un jour, à cette fabuleuse réalité ou à l’un de ces niveaux de conscience mais j’aspire de tout mon être à franchir un jour la balustrade et à entrer dans le cœur de Z, à pénétrer dans le saint des saints de mon temple intérieur.



Suzon MAS

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