La réalisation spirituelle du Maître Secret

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Non communiqué

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Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS


ORDO AB CHAO


DEUS MEUMQUE JUS


Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil


des Souverains Grands Inspecteur Généraux


du 33éme et dernier degré du Rite Écossais Ancien et Accepté pour la France


Trois fois Puissant Maître et vous tous mes Frères Maîtres Secrets





Si réaliser c’est rendre réel (1), la réalisation est l’action qui produit un résultat réel, vrai, sans fiction ni figure. Au sens philosophique réaliser c’est aussi: considérer comme réels les êtres abstraits. La réalisation spirituelle consisterait dans cette mesureà donner une réalité à ce qui n’a pas de corps car étant du domaine de l’esprit. Pour nous, qui sommes devenus Maîtres Secrets, la réalisation spirituelle ne serait elle pas de donner corps à notre Temple intérieur, fruit de notretravail de bâtisseur depuis le jour de notre initiation. Elle sera enfin le but de notre cheminement à la recherche du secret dont nous sommes aujourd’hui, en notre qualité de Lévites, les propres gardiens.


Cette quête débuta pour nous tous, dans le cabinet de réflexion, lorsque nous fûmesmis en présence de l’être spirituel intérieur qui nous habitait depuis toujours, mais qu’il nous était alors impossible de voir car nous étions encore aveuglé par les illusions et les préjugés. Ce n’est, qu’après avoir étés éprouvés par les voyages de l’initiation et que le bandeau, qui couvrait nos yeux, nous fut retiré, qu’il nous fut possible d’accéder à un nouvel état mental propice à la prise de conscience de la réalité de cet être intérieur.


Cet état de conscience mous ouvrait les portes,grâce au regard neuf de l’initié, d’un monde de symboles qui nous mettait en état de dépasser le monde des apparences. En faisant nos premiers pas d’apprentis dans ce langage emblématique, nous avons appris à lire et à écrire en épelant des signes qui, agissant sur notre être intérieur, devaient donner à la pierre brute que nous travaillions une forme appropriée à notre progression spirituelle. La découverte progressive du sens des symboles comme ceux qui figuraientsur la planche à tracer participa sûrement auxfondations de notre Temple intérieur.


Laréférence de ces symboles au métier de bâtisseur devait nous conduireplus tard , devenus compagnons à rechercher dans les Arts, et en particulier dans l’architecture, les fragments de l’intelligence humaine qui se rapportent à celle du grand Géomètre de l’Univers ainsi que leur influence sur la recherche des principes supérieurs dont nous devions nous inspirer pour l’élaboration de notre Etre spirituel et moral.(2)


Ces principes devaient nous guiderdans l’exercice de devoirs librement acceptés et qui avaient vocation às’illustrer par un comportement en harmonie avec les belles proportions de l’art. Utilisant les instruments indispensables pour les constructions durables, comme l’équerre pour la rectitude ou leniveau et la perpendiculaire pour la justice envers nos semblables, nous nous sommes exercés à manier le levier, sous le contrôle de la règle, avant de devenir la règle nous- même et de tracer en nous les plans que doivent suivre les ouvriers du Temple qui sont aujourd’hui sous notre surveillance.


Mais les travaux deconstruction de cet édifice spirituel n’auraientpu avancer sans la stricte obéissance au devoir d’une autorité supérieure qui transcende la conscience et qui peut même conduire jusqu’au sacrifice ultime. Ce sacrifice (3) mis en scène dans la légende Hiramique, peut être considéréune sorte de mort volontaire de l’ego, elle constituerait alors, une phase nécessaire à la progression de l’initié, dans le sens où l’accomplissement du Devoir, porté jusqu’au sacrifice, exige de la volonté d’être suffisamment forte pour renoncer, à l’exemple de Maître Hiram, à tous les sursauts individuels de manifestations irraisonnées de l’ego.


En considérant ainsi l’ego comme une personnalité erronée, fondée sur l’expérience et les souvenirs, celui-ci ne peut en effet que recouvrir d’un voile la personnalité originelle. Il se réduirait à un« je » qui perçoit des informations, les traite ou les exprime, et qui ferait écran à la vérité spirituelle de tout homme. En le privant de sa vraie nature, et en le retenant prisonnier des illusions, il imposerait une perception artificielle du monde. A l’inverse, l’éveil de la connaissance libérée, qui chemine progressivement de l’inconscient au conscient, ne marquerait-t-il pas, dans les mystères de l’élévation au grade de Maître, l‘entrée dans la Lumière par la révélation de notre véritable personnalité.


Cette personnalité, qui se situe au delà de notre personnage: ce «masque» dont nous avons, trop souvent été affublé, n’est elle pascelle d’un Maître intérieur caché qui nous habite depuis toujours et dont nous avons eu la révélation dés je jour de notre initiation. Comme il ne suffit pas à l’homme d’être mis en présence de la vérité pour qu’elle lui soit intelligible (4) , ne fallut-il pas qu’il fûtrelevé, du tombeau où il était enterré, par les « Cinq points parfaits de la Maîtrise » et le « Mot Sacré substitué ».


Ce Maître intérieur n’est il pas encore l’initié lui-même qui, par la connaissance vécue, élargit progressivement le champ de sa conscience, comme l’évoque l’écartement des branches du compas et acquiert ainsi une maîtrise plus étendue sur les forces de son inconscient. Il deviendrait alors, en tant que centre de l’être, totalement émancipéà l’égard de la société humaine et de ses codes intellectuels et moraux temporels, par la conscience nouvelle qu’il acquiert de son lien avec l’unité de l’Univers.


Pour lapleine réalisation et le développement futur de ce Maître intérieur, reçu Maître Secret, nous avons étéjugés dignes de remplacer un jour Maître Hiram pour achever les travauxde notre Temple intérieur. Il nous appartientdésormais, par la méditation, dans notre quête de la vérité et de la lumière, de découvrir ce Maître caché et de le considérer comme il se doit. N’est ce pas à cela que nous avons été invités lorsqu’on nous aretiré le voile qui nous qui nous couvrait encore les yeux lors de notreréception au 4ème degré.


La clé d’ivoire que nous portons, autour du cou, n’est elle pas l’emblème de notre intention d’ouvrir le Saint des Saints, dont les rayons nous parviennent et nous illuminent de leur splendeur, et dont la lettre Z,qui figure sur le paneton, nous inspire à les recevoir. Cette clé qui n’ouvre aucune porte, sauf une porte intérieur et dont elle estpeut être elle-même l’ouverture, n’est elle pas enfin celle qui ouvrirale Saint des Saints qui est en chacun de nous et dont le Temple est le symbole.


Alors, nous cheminonsen silence sur la route de nos sentiers intérieurs, afin d’achever, peut être un jour prochain, la réalisation de la devise hermétique «Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem».Il nous a été rendu possible d’apercevoirla Grande Lumière qui commence à paraître, car l’éclat du jour a chassé les ténèbres.
Cette grande Lumière qui resplendit dans le Saint des Saints, n’est elle pas cettelumière intérieure, qui nous amènera à pénétrer la connaissance ou la Vérité vers le trône du Grand Architecte lui-même (5).


Mais la réalisation del’être spirituel, celle duMaître Secret caché ennousreste encore inachevée, le Devoir nous conduira sûrement à la terminer. Cette œuvre, celle desMaîtres Secrets, n’est elle pas celle pourlaquelle nous avons tous étés couronnés en prémisses de nos succès futurs, du laurier et de l’olivier.


Enfin, le Maître Secret qui est en marche en nous, depuis qu’il a été relevé au cours de la cérémonie d’élévation au grade de Maître, n’est en fait qu’au commencement de sa progression. Passé de la dimension horizontale à celle de la verticalité, entre le monde de la manifestation et le monde du principe qui figure sur le tableau de loge des Maîtres Secrets, notre Maître intérieur ne pourra s’épanouir que si notre conscience demeure guidée par les sentences que nous avons entendues lors des voyages denotre réception au 4eme degré. Elles nous mettenten garde contre l’illusion, qui sommeille peut être encore en nous, et qui nous porterait à rêver de pouvoirtriompher dans notre réalisation spirituelle, sans que notre conscience n’ait été pleinement inspirée par ces sentences : 


« La maçonnerie t’a libéré de l’ignorance, des préjugés et des superstitions, elle t’a tiré de la servitude et de l’erreur. Tu ne te forgeras point des idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion, mais tu répondras toi-même de tes actes et tu ne prendras point les mots pour la réalité. Tu t’efforceras toujours de découvrir l’idée sous le symbole ».



« N’accorde à qui que ce soit une confiance aveugle, mais écoute tous les hommes avec attention et déférence; aie la ferme résolution de les comprendre; accueille toutes les opinions, mais ne les déclare justes que si elles apparaissent telles à ton examen propre. Ne profane pas le nom de «vérité» en le donnant aux conceptions humaines ! »



« Quelque admiration que t’inspire le spectacle de l’univers, seule est réellement admirable la loi unique et multiple qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail. »




J’ai dit trois fois Puissant Maitre

B
L

[1] Dictionnaire Littré
[2] Rituel 2éme degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté
[3] Symbolique des grades de perfection des Ordres de Sagesse
[4] Rituel 1er Degré
[5] Rituel 2ème Degré

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