La vé et la Parole perdue au Rite Ecossais

Auteur:

Y∴ S∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

La vérité et la Parole perdue au Rite Ecossais



La vérité et la parole perdue est un thème universel de la FM, en particulier au 4ème grade.


Ces deux notions sont liées et constituent la colonne vertébrale du grade, mais elles constituent également le pont entre les Loges dites « bleues » et les « Hauts grades ».



Je vais essayer, tout d’abord de déterminer l’importance de la vérité et de la parole perdue au 3ème degré, je tenterai d’articuler ces notions au 4ème grade de MAÎTRE SECRET.



La vérité est l’un des sujets de la quête du franc-maçon.


Le devoir essentiel de l’apprenti n’est-il pas de chercher la vérité ?


Au Rite français, l’instruction au 1er degré précise, je cite : « qu’au milieu de l’hypocrisie du monde, les Temples maçonniques sont des sanctuaires élevés à la Vérité ».



Tout au long du cheminement initiatique, la Vérité reste une quête. Cette quête s’organise et s’articule avec des outils propres à chaque grade. Le grade d’apprenti comporte ses outils, le grade de compagnon, les siens.



C’est à partir de la maîtrise que cette quête de la Vérité change de sens, car voilà que la transmission de la connaissance et des outils est perturbée, interrompue. Un morceau du puzzle semble faux, ou plutôt, un morceau du puzzle a été modifié, remplacé par le « mot substitué ».



Après son apprentissage et son compagnonnage , le FM est invité à revivre la passion d’HIRAM.


Cette légende est le centre de l’enseignement maçonnique.


Elle se résume ainsi :


HIRAM, architecte du roi SALOMON, est assassiné par trois mauvais compagnons qui voulaient posséder le mot de MAÎTRE. Leur forfait accompli, ces compagnons dissimulent le cadavre d’HIRAM. Consternés, les Maîtres décident de changer le mot de la Maîtrise, dans le cas où les mauvais compagnons seraient parvenus à l’arracher à HIRAM. Les Maîtres décident alors que le mot de la Maîtrise serait le premier mot prononcé par les Maîtres partis à la recherche du cadavre d’HIRAM.


C’est ainsi que les Maîtres disposent, pour se reconnaître, d’un « mot substitué ».



Je voudrais faire là une remarque : le mot de la Maîtrise n’est pas perdu. Les Maîtres initiés par HIRAM le connaissaient, mais pour se protéger des mauvais compagnons, ils ont décidé de le cacher et de le substituer.



Ce thème du mot disparu est fort ancien en FM.


De nos jours, il est lié à la légende d’HIRAM.


Au XVI° siècle, il était lié à la légende du déluge et faisait référence à NOË, qui était le Maître par excellence, car témoin de la Société antédiluvienne. Il était l’Elu épargné par la colère Divine.



La Tradition et certains versets nous apprennent :



Que les trois fils de NOË : CHEM, CHAM et JAFET, à la mort de leur père, s’approchèrent de sa tombe espérant y découvrir quelque chose qui puisse les amener à découvrir son secret.


Or, les trois hommes avaient décidé entre eux que s’ils ne parvenaient pas à découvrir le secret lui-même, ils adopteraient pour symbole secret la première chose qui tomberait sous leur regard. Ils se rendirent à la tombe et ne trouvèrent qu’un cadavre entièrement décomposé. Ils saisirent un doigt qui se détacha, phalange après phalange. Alors, ils soulevèrent le cadavre contre eux, pied contre pied, genou contre genou, sein contre sein, joue contre joue et ils se mirent à pleurer…


Ils reposèrent le cadavre ne sachant que faire d’autre. Le premier dit « il reste de la moelle dans cet os », le second dit «l’os est desséché », le troisième dit « ça pue ».


C’est alors qu’ils décidèrent de lui donner un nom. C’est ce nom que les FM connaissent aujourd’hui.


Ce texte, mes Frères est tiré du livre de DANIEL BERSNIACK « La parole perdue et l’Art Royal ».


D’autres légendes retrouvées dans les OLDS CHARGES du XVI° siècle, dont les héros sont différents (comme NIMROD et la TOUR DE BABEL ou BEZALEL, constructeur du tabernacle) font référence à un élément constant : une parole ou un enseignement particulier sur l’art de bâtir qui est perdu à cause de la mort de son dépositaire et qui est remplacé par un mot.



C’est le drame de la rupture dans la transmission d’un savoir. Cette rupture est-elle définitive ? Ce savoir est-il irrémédiablement perdu ? certains pensent que OUI ! mais alors, à quoi rime la quête ? le mot substitué n’a-t-il pour finalité que de maintenir la cohésion du groupe des héritiers du Maître disparu ?


Ce mot ne contient pas lui-même l’enseignement contenu dans la parole perdue. C’est un signe grâce auquel les héritiers se reconnaîtront comme frères issus d’un même père… mais, pourquoi faire ?



Revenons à la légende d’HIRAM et à ma remarque quelques lignes plus haut.


On sait qu’HIRAM avait transmis le mot de Maître à des frères Maîtres initiés par lui. Ce sont ces Maîtres qui ont substitué ce mot afin de le préserver. Cela est une interprétation tout à fait personnelle.



Quel sens peut-on donner à la quête de la vérité et de la parole, si cette parole est définitivement perdue ? que construirons-nous si la transmission est irrémédiablement coupée ? si le mot de substitution n’est qu’un signe de reconnaissance, il perd de sa valeur symbolique et devient sacré, donc DOGMATIQUE. Quelle leçon de désespoir !


Est-ce là l’aboutissement de notre recherche maçonnique ? le désespoiret l’inutilité de nos efforts ? Je ne le crois pas.


La mort de Maître HIRAM est une rupture en effet, un changement de cap. Le changement d’un cycle. Une vie et une mort… et un recommencement. Ceci doit nous interpeller !



Dans le Rituel d’initiation au 4ème grade, il est dit :


« pourquoi se présente-t-il à nous ?  Il suppose que les Maîtres Secrets possèdent le mot qui fût perdu à la mort d’HIRAM ».



La quête se justifie car la parole substituée est une parole de mort et d’horreur alors que la parole perdue est une parole d’espoir, d’amour et de vie.



Nous approchons là de la quête de la vérité, autrement dit : « la connaissance de la parole perdue nous permettra de continuer à chercher la vérité » !


BERSNIACK a su définir de façon astucieuse « la Vérité », je vous la livre:  « la Vérité, c’est le contact immédiat entre la matière vivante  qui perçoit et la vie qui est perçue. Elle se définit comme un idéal parce que l’Homme négocie très mal sa relation avec la réalité. Cette Vérité étant ainsi éloignée, on voit apparaître l’idéal de la recherche de la Vérité.


Dans le Rituel, il est dit « la vérité est une lumière dont la perception est toujours plus ou moins confuse mais qui pourrait se révéler avec éclat à celui qui veut ouvrir les yeux et qui veut regarder. »



La Vérité est une notion qui permet une adaptation aussi parfaite que possible au milieu. Elle est la mise en œuvredu contact avec toutes les situations de la vie. La manière de sentir, de connaître, d’influencer ce qui existe.



A partir de ces vérités, la pensée progresse et la civilisation s’organise, se développe et se complexifie.



Mais nous sommes au début du processus ! nous sommes à l’idéal de la recherche de la Vérité. Nous sommes en butte de notre réalité, la réalité primordiale et bifocale : naissance et mort – mort et naissance. Cette réalité est pour nous tellement effrayante parce que « inéluctable » que notre imaginaire tend à le cacher dans les légendes et les mythes.


Cela nous rassure et enseigne à la fois… Ainsi, nous pouvons progresser.



Le passage du 3ème au 4ème grade nous enseigne l’humilité, car la parole substituée n’est pas la parole perdue. Il nous enseigne aussi le devoir, car la recherche de la parole perdue, pour tout Maître Secret, va nous permettre, à notre tour, le moment venu, de transmettre le sens de la vie……Peut-être.



Enfin, mes frères, mes racines plus judéo que chrétiennes, m’obligent à poser une dernière question :



« Et si cette parole cachée était là, toute proche, qui relève plus de la croyance que de la philosophie ?, et si c’était « LE CHEMA », le credo de tout croyant juif mais qui peut s’appliquer à tous les croyants : « CHEMA ISRAEL ADONAÏ ELOHENOU ADONAÏ ACHAD ! »(ECOUTEISRAËL ADONAÏ NOTRE DIEU ADONAÏ EST UN !).



TFPM,j’ai dit.



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