Le Symbolisme du Laurier et de l’Olivier
F∴ P∴ M∴ M∴ P∴
I – INTRODUCTION
Je ne ferais pas un exposé didactique ni exhaustif sur les diverses significations symboliques du Laurier et de l’olivier, de nombreux auteurs l’ont fait mieux que je ne pourrais le faire.
Non, je vais vous exposer simplement les quelques réflexions personnelles que m’ont inspiré et le geste et les paroles de notre TF PM lorsqu’il m’a présenté la couronne de laurier et d’olivier et qu’il m’a exhorté à remporter la victoire sur mes passions et à œuvrer pour que règnent la Paix et l’harmonie entre les FF.
Ainsi dans une première partie je parlerai du Laurier : mes victoires acquises et espérées.
Dans une deuxième partie Olivier : l’union entre les FF.
Enfin dans une troisième partie je reviendrai à un symbolisme plus formel pour essayer de dégager les idées fortes suggérées par le laurier et l’olivier
I – LAURIER : SYMBOLE DE VICTOIRE.
Je vais vous parler des victoires ou du moins à ce qu’elles me paraissent, que la FM m’a déjà permis de remporter puis des victoires que j’entrevois ou que j’espère remporter lors de mon cheminement initiatique. Lorsque je suis entré en maçonnerie j’avais derrière moi une carrière militaire et étais ainsi habitué à des opinions tranchées : oui ou non, blanc ou noir, bref je raisonnais principalement en termes de dualité. Je ne faisais preuve que d’une toute relative tolérance envers ceux qui ne pensaient pas comme moi, et d’ailleurs je ne les écoutais guère, les interrompant rapidement pour exposer mes propres convictions.
Je suis entré en FM en Janvier 1981, au Gabon et là tout a changé. Je me suis retrouvé pendant un an assis sur la colonne du nord, obligé d’écouter et de me taire.
Moi qui avait l’habitude de m’exprimer d’une manière assez abrupte j’ai du écouter les autres et me contenir lorsque j’avais une très forte envie d’intervenir…
Quelle leçon, quelle école ! De plus, n’intervenant pas sur tel ou tel sujet, j’étais amené à réfléchir sur les propos tenus, à les étudier et à chercher, bien que ne les approuvant pas toujours, en quoi ils pouvaient contenir aussi une part de vérité. Je faisais d’ailleurs cet effort consciemment, connaissant mes imperfections, et petit à petit cette gymnastique intellectuelle est devenue quasi naturelle.
J’ai donc appris à écouter et à tolérer, qui plus est, avec plaisir et fraternité car il s’agissait de FF qui étaient pour moi des êtres chers, comme une deuxième famille.
Mais qu’en était-il par rapport aux profanes ? Là j’ai du lutter longtemps contre mes penchants naturels mais cette longue année d’apprenti à fini par porter ses fruits et j’ai vraiment réussi, du moins je le crois, à devenir plus tolérant dans la vie profane. Cette notion de tolérance était constamment présente à mon esprit. J’ai été ainsi amené à faire la différence entre tolérance et laxisme, entre tolérer, excuser ou pardonner.
Le pardon est un acte de générosité d’une victime qui décide d’effacer la faute reconnue de celui qui l’a fait souffrir tandis qu’excuser, à l’inverse, consiste à reconnaître que celui qui a mal agit est hors de cause, qu’il n’y est pour rien, que précisément ce n’est pas de sa faute s’il a mal agit.
Dans les deux cas il y a faute, or dans la tolérance il n’y a pas de faute, il s’agit d’accepter des opinions, des attitudes, coutumes, différentes des nôtres mais pas forcément fautives.
Puis j’ai réfléchi également sur les limites de la tolérance. Devait-on tout tolérer ? si non quelles étaient les limites ?
A mon sens le fondement de l’attitude de tolérance doit être le sens de la dignité, du respect de l’homme, tant des autres que soi-même. » Agis toujours de telle façon qu’en toi-même et dans les autres tu considères la personne humaine comme une fin et non comme un moyen » est un des impératifs catégoriques de KANT et doit nous guider dans notre attitude de tolérance.
Qu’est-ce qui est admissible, respectable, tolérable même si ce n’est pas de notre culture ? est-ce que la personne humaine est considérée dans cette décision, cette attitude, cette coutume comme une fin ? » Comprendre c’est commencer à approuver » disait SPINOZA. Il faut donc d’abord chercher à comprendre avant de rejeter ou d’approuver. Mais ce Laurier, symbole de victoire sur mes passions, m’entraîne encore plus loin…..
Si j’avais réussi à vaincre un tant soit peu mon intolérance avais-je réussi à vaincre ou atténuer mon orgueil, mon envie de considération, d’être apprécié, aimé ? et d’ailleurs ces sentiments ne peuvent-ils pas être un moteur dans des actions bénéfiques ?
Pour ma part ai-je réussi à vaincre mon orgueil ? J’éprouve toujours une grande satisfaction à me sentir apprécié, à être considéré. A l’inverse je me tourmente lorsque je me rends compte que j’ai fait une bourde ou que ma prestation a été insuffisante, ce qui veut dire que j’ai de moi une image valorisante et que lorsque cette image qui m’est renvoyée est mauvaise, je suis atteint dans mon orgueil.
Toutefois cette motivation ne me semble pas être forcément mauvaise si elle n’est pas exacerbée, le tout est de ne pas avoir un EGO surdimensionné !
Lorsqu’il est dit que les FF » doivent laisser leurs métaux à la porte du Temple » cela veut dire que l’on ne rentre pas dans le temple en tant que PDG, dentiste réputé, professeur admiré, etc… mais en tant que FF tous égaux en fraternité et dans la recherche de la Lumière.
Voilà pour mon cheminement passé et ce que m’inspire cette couronne qui me dit également que rien n’est acquis, que de durs combats m’attendent encore pour espérer entrevoir un peu cette lumière que nous cherchons tous.
II – OLIVIER : SYMBOLE DE PAIX ET D’UNION
S’il est difficile de combattre ses propres passions combien est-il plus difficile encore de parvenir à la Paix et à l’union entre FF !
Pour que la Paix et l’harmonie règnent entre les FF au sein de la Loge il faut nécessairement que les FF soient en Paix avec eux-mêmes, qu’ils aient trouvé une harmonie, une certaine sérénité, car sinon ils transmettrons leurs problèmes, leurs discordances intérieures au sein de la Loge qui n’est faite que de l’assemblage des FF qui la composent.
Qu’un maillon soit faible et c’est l’ensemble qui est affaibli.
C’est pourquoi nous devons d’abord œuvrer à nous renforcer nous-mêmes c’est à dire à nous améliorer, à mieux nous connaître.
Il ne s’agit donc pas d’assister à une ou deux tenues par mois puis d’oublier la FM tout le reste du mois. Je pense que nous devons avoir constamment présent à l’esprit les valeurs de notre Ordre, et nous interroger à chaque fois que nous devons prendre une décision importante : « Est-ce que j’agis en FM ? Ai-je été fraternel envers lui ? « Combien d’entre nous mettent véritablement en pratique les valeurs de la maçonnerie ?
Regardons autour de nous, dans nos Loges, au sein de notre Obédience, pour se rendre compte que nous sommes loin de la parole à l’acte !
On se gargarise de fraternité mais on s’entre-déchire pour des problèmes de préséance ou de cordonite…. certains parlent de carrière maçonnique….Tout cela est dérisoire et bien loin de la recherche de la lumière. Nous devons retrouver la paix en nous-mêmes, revenir à des valeurs exclusivement humanistes, rejeter les motivations personnelles basées sur l’orgueil, la soif des honneurs.
Nous sommes inégaux dans la société, certains sont pourvus de biens matériels, d’autres sont plus intelligents, d’autres encore souffrent dans leur chair, mais devant le GADLU nous sommes tous égaux ainsi qu’au sein de la Loge. Il faudrait que ceci soit toujours présent dans nos esprits : nous sommes tous égaux en Fraternité.
Que faisons nous pour qu’il en soit ainsi ?
On s’appelle FF et on se réunit deux à trois fois par mois dans nos Loges mais après avoir quitté le Temple que se passe-t-il ? Combien de FF ont des relations en dehors des tenues ? une infime partie, la majorité ne se rencontre qu’à cette occasion. D’ailleurs qu’ai-je fait moi-même pour améliorer cela ? très peu de chose si ce n’est d’initier un repas par an chez moi pour tous les FF qui voulaient bien venir.
Par ailleurs sommes nous assez attentifs à la formation de nos FF apprentis ? certains se fatiguent d’être laissés à eux-mêmes et de constater que leurs interrogations n’obtiennent que bien peu de réponses… Enfin un autre point me semble très important pour renforcer la cohésion de la Loge, c’est le rôle de l’hospitalier. Il doit être à l’écoute des FF afin de déceler immédiatement celui qui a un problème, qu’il soit familial, spirituel, financier et intervenir le plus rapidement possible.
Un F en difficulté ne se confie pas facilement, par pudeur, retenue, toutefois si l’hospitalier vient à lui en toute fraternité, il pourra alors plus facilement lui parler et par là même obtenir déjà un certain soulagement. Un F ainsi secouru peut être sauvé aussi pour notre Ordre et cela concours à renforcer la chaîne d’union.
Heureusement il existe des FF toujours disponibles pour les autres, employant un langage simple et accessible à tous, nous en connaissons tous. Ils sont des modèles pour nous et me donne à espérer qu’un jour je serai à leur égal aussi fraternel et aussi modeste et que j’aurai apporté ma pierre à la construction de cette paix et de cette union qui doivent régner entre les FF ainsi que le symbolise le rameau d’olivier.
III – REVENONS AU SYMBOLISME
Cette symbolique du laurier et de l’olivier n’est elle pas la continuation naturelle de la cérémonie d’exaltation à la maîtrise ?
HIRAM assassiné est retrouvé. Sur sa tombe est planté une branche d’acacia qui symbolise la renaissance, l’immortalité.
Nous, MM plongés dans la douleur nous avons maintenant l’espoir de la renaissance d’HIRAM et nous sommes invités déjà à entamer la quête de la parole perdue.
Nous voyons qu’au grade de M nous changeons de niveau de recherche par rapport aux deux premiers grades. Nous entrons dans le domaine de la transcendance, de la spiritualité.
Le dos tourné à HIRAM gisant, nous regardons vers l’orient, vers la Lumière et entrevoyons une future renaissance.
Lorsque nous sommes initiés MS et que nous recevons la couronne de laurier et d’olivier il y a une confirmation de cette direction, de cette dimension spirituelle.
En effet, la couronne est en forme de cercle qui est un symbole déjà très fort au grade de M et qui se renforce chez le MS car il contient le triangle qui lui est circonscrit.
Le cercle est le symbole de la spiritualité, du monde invisible, transcendantal. Il suggère l’homogénéité, la perfection, la non-distinction, la non-discrimination, la non-division. Alors que le carré est lié à tout ce qui est terrestre, humain, corporel, réel, le cercle est lié à tout ce qui est céleste, divin, spirituel, idéal.
Le fait de recevoir cette couronne nous place donc sous le signe de la spiritualité et de la transcendance qui se confirme lorsque le TFPM précise que notre Devoir est la quête de la Vérité et de la Parole perdue.
Cette » Parole perdue » est à rapprocher du verset 1 du prologue de Jean » Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu » Selon Bertheaux ceci » exprime sous une forme symbolique et extrêmement condensée le fondement épistémologique de la pensée humaine, la certitude fondamentale à laquelle aboutit nécessairement la pensée lorsqu’elle pousse jusqu’au bout son interrogation sur l’existence et son origine « .
Un poète inconnu en 1692 disait : » Vous êtes un enfant de l’Univers, pas moins que les arbres et les étoiles. Vous avez le droit d’être ici et qu’il vous soit clair ou non l’Univers se déroule sans doute comme il le devrait ».
Nous sommes donc bien dans une recherche fondamentalement spirituelle et personnelle sur la réalité de notre nature, sur le fondement de nos motivations et en l’élargissant sur l’origine de l’homme, sa place dans l’univers et son devenir après sa mort physique. Il y a donc bien une poursuite de la recherche entreprise au 3ème degré, mais cette recherche va se faire en pleine lumière ; il est dit en effet, à plusieurs reprises » en grande Lumière « .
Il n’y a plus d’échappatoire, plus de faux-fuyants, cette quête est impérative.
Par ailleurs le laurier symbolise l’immortalité. N’est-ce pas là une piste fort importante ?
Il semblerait que l’on nous indique une direction de recherche, nous conduisant à nous interroger sur cette » Parole perdue « , on nous suggère d’approfondir le domaine de la spiritualité et de la transcendance en nous présentant une couronne qui symbolise l’immortalité. Nous sommes invités à plonger au dedans de nous même pour y retrouver nos origines, les véritables valeurs qui font qu’un homme est un Homme.
On nous invite à retrouver en nous la dimension du sacré et notre place dans l’Univers, ce qui nous apportera l’harmonie et la Paix.
Ce laurier symbole d’immortalité nous rappelle que notre mort ne sera peut-être pas définitive et que d’une manière ou d’une autre, si nous avons atteint un certain seuil de clairvoyance ou d’éveil, nous pourrions renaître à une autre vie, quelque forme qu’elle prenne…
Le chemin semble donc tracé : une constante recherche de la connaissance, non d’un savoir livresque illusoire mais d’une connaissance intuitive, d’une compréhension globale de l’Univers et de la place que nous y tenons, ceci par une réflexion personnelle, un effort constant de compréhension, d’assimilation, tant des symboles qui nous entourent que des conduites conformes aux valeurs de notre Ordre.
Lorsque nous aurons cheminé longuement sur ce chemin difficile nous pourrons peut-être alors atteindre cette sagesse et cette paix symbolisée par le rameau d’olivier.
CONCLUSION
Par la couronne de laurier et d’olivier j’ai été fait MS dans » l’espérance de mes succès futurs et de mon ultime victoire « . Cette cérémonie aura déjà eu pour effet d’accroître la conscience que j’avais de l’importance de lutter contre mes passions mauvaises, de chercher à me mieux connaître et à devenir meilleur.
Elle m’aura fait réfléchir sur certaines insuffisances de notre Ordre qui demeure malgré tout une magnifique école des valeurs humaines.
Elle m’aura enfin montré l’importance de cette quête personnelle qui en tant que MS me fait un devoir de rechercher » la parole perdue « . Cette parole perdue peut avoir pour chacun d’entre nous une signification différente mais en vérité ne se résumerait-elle pas à être tout simplement la recherche de soi-même ?
Je ne ferais pas un exposé didactique ni exhaustif sur les diverses significations symboliques du Laurier et de l’olivier, de nombreux auteurs l’ont fait mieux que je ne pourrais le faire.
Non, je vais vous exposer simplement les quelques réflexions personnelles que m’ont inspiré et le geste et les paroles de notre TF PM lorsqu’il m’a présenté la couronne de laurier et d’olivier et qu’il m’a exhorté à remporter la victoire sur mes passions et à œuvrer pour que règnent la Paix et l’harmonie entre les FF.
Ainsi dans une première partie je parlerai du Laurier : mes victoires acquises et espérées.
Dans une deuxième partie Olivier : l’union entre les FF.
Enfin dans une troisième partie je reviendrai à un symbolisme plus formel pour essayer de dégager les idées fortes suggérées par le laurier et l’olivier
I – LAURIER : SYMBOLE DE VICTOIRE.
Je vais vous parler des victoires ou du moins à ce qu’elles me paraissent, que la FM m’a déjà permis de remporter puis des victoires que j’entrevois ou que j’espère remporter lors de mon cheminement initiatique. Lorsque je suis entré en maçonnerie j’avais derrière moi une carrière militaire et étais ainsi habitué à des opinions tranchées : oui ou non, blanc ou noir, bref je raisonnais principalement en termes de dualité. Je ne faisais preuve que d’une toute relative tolérance envers ceux qui ne pensaient pas comme moi, et d’ailleurs je ne les écoutais guère, les interrompant rapidement pour exposer mes propres convictions.
Je suis entré en FM en Janvier 1981, au Gabon et là tout a changé. Je me suis retrouvé pendant un an assis sur la colonne du nord, obligé d’écouter et de me taire.
Moi qui avait l’habitude de m’exprimer d’une manière assez abrupte j’ai du écouter les autres et me contenir lorsque j’avais une très forte envie d’intervenir…
Quelle leçon, quelle école ! De plus, n’intervenant pas sur tel ou tel sujet, j’étais amené à réfléchir sur les propos tenus, à les étudier et à chercher, bien que ne les approuvant pas toujours, en quoi ils pouvaient contenir aussi une part de vérité. Je faisais d’ailleurs cet effort consciemment, connaissant mes imperfections, et petit à petit cette gymnastique intellectuelle est devenue quasi naturelle.
J’ai donc appris à écouter et à tolérer, qui plus est, avec plaisir et fraternité car il s’agissait de FF qui étaient pour moi des êtres chers, comme une deuxième famille.
Mais qu’en était-il par rapport aux profanes ? Là j’ai du lutter longtemps contre mes penchants naturels mais cette longue année d’apprenti à fini par porter ses fruits et j’ai vraiment réussi, du moins je le crois, à devenir plus tolérant dans la vie profane. Cette notion de tolérance était constamment présente à mon esprit. J’ai été ainsi amené à faire la différence entre tolérance et laxisme, entre tolérer, excuser ou pardonner.
Le pardon est un acte de générosité d’une victime qui décide d’effacer la faute reconnue de celui qui l’a fait souffrir tandis qu’excuser, à l’inverse, consiste à reconnaître que celui qui a mal agit est hors de cause, qu’il n’y est pour rien, que précisément ce n’est pas de sa faute s’il a mal agit.
Dans les deux cas il y a faute, or dans la tolérance il n’y a pas de faute, il s’agit d’accepter des opinions, des attitudes, coutumes, différentes des nôtres mais pas forcément fautives.
Puis j’ai réfléchi également sur les limites de la tolérance. Devait-on tout tolérer ? si non quelles étaient les limites ?
A mon sens le fondement de l’attitude de tolérance doit être le sens de la dignité, du respect de l’homme, tant des autres que soi-même. » Agis toujours de telle façon qu’en toi-même et dans les autres tu considères la personne humaine comme une fin et non comme un moyen » est un des impératifs catégoriques de KANT et doit nous guider dans notre attitude de tolérance.
Qu’est-ce qui est admissible, respectable, tolérable même si ce n’est pas de notre culture ? est-ce que la personne humaine est considérée dans cette décision, cette attitude, cette coutume comme une fin ? » Comprendre c’est commencer à approuver » disait SPINOZA. Il faut donc d’abord chercher à comprendre avant de rejeter ou d’approuver. Mais ce Laurier, symbole de victoire sur mes passions, m’entraîne encore plus loin…..
Si j’avais réussi à vaincre un tant soit peu mon intolérance avais-je réussi à vaincre ou atténuer mon orgueil, mon envie de considération, d’être apprécié, aimé ? et d’ailleurs ces sentiments ne peuvent-ils pas être un moteur dans des actions bénéfiques ?
Pour ma part ai-je réussi à vaincre mon orgueil ? J’éprouve toujours une grande satisfaction à me sentir apprécié, à être considéré. A l’inverse je me tourmente lorsque je me rends compte que j’ai fait une bourde ou que ma prestation a été insuffisante, ce qui veut dire que j’ai de moi une image valorisante et que lorsque cette image qui m’est renvoyée est mauvaise, je suis atteint dans mon orgueil.
Toutefois cette motivation ne me semble pas être forcément mauvaise si elle n’est pas exacerbée, le tout est de ne pas avoir un EGO surdimensionné !
Lorsqu’il est dit que les FF » doivent laisser leurs métaux à la porte du Temple » cela veut dire que l’on ne rentre pas dans le temple en tant que PDG, dentiste réputé, professeur admiré, etc… mais en tant que FF tous égaux en fraternité et dans la recherche de la Lumière.
Voilà pour mon cheminement passé et ce que m’inspire cette couronne qui me dit également que rien n’est acquis, que de durs combats m’attendent encore pour espérer entrevoir un peu cette lumière que nous cherchons tous.
II – OLIVIER : SYMBOLE DE PAIX ET D’UNION
S’il est difficile de combattre ses propres passions combien est-il plus difficile encore de parvenir à la Paix et à l’union entre FF !
Pour que la Paix et l’harmonie règnent entre les FF au sein de la Loge il faut nécessairement que les FF soient en Paix avec eux-mêmes, qu’ils aient trouvé une harmonie, une certaine sérénité, car sinon ils transmettrons leurs problèmes, leurs discordances intérieures au sein de la Loge qui n’est faite que de l’assemblage des FF qui la composent.
Qu’un maillon soit faible et c’est l’ensemble qui est affaibli.
C’est pourquoi nous devons d’abord œuvrer à nous renforcer nous-mêmes c’est à dire à nous améliorer, à mieux nous connaître.
Il ne s’agit donc pas d’assister à une ou deux tenues par mois puis d’oublier la FM tout le reste du mois. Je pense que nous devons avoir constamment présent à l’esprit les valeurs de notre Ordre, et nous interroger à chaque fois que nous devons prendre une décision importante : « Est-ce que j’agis en FM ? Ai-je été fraternel envers lui ? « Combien d’entre nous mettent véritablement en pratique les valeurs de la maçonnerie ?
Regardons autour de nous, dans nos Loges, au sein de notre Obédience, pour se rendre compte que nous sommes loin de la parole à l’acte !
On se gargarise de fraternité mais on s’entre-déchire pour des problèmes de préséance ou de cordonite…. certains parlent de carrière maçonnique….Tout cela est dérisoire et bien loin de la recherche de la lumière. Nous devons retrouver la paix en nous-mêmes, revenir à des valeurs exclusivement humanistes, rejeter les motivations personnelles basées sur l’orgueil, la soif des honneurs.
Nous sommes inégaux dans la société, certains sont pourvus de biens matériels, d’autres sont plus intelligents, d’autres encore souffrent dans leur chair, mais devant le GADLU nous sommes tous égaux ainsi qu’au sein de la Loge. Il faudrait que ceci soit toujours présent dans nos esprits : nous sommes tous égaux en Fraternité.
Que faisons nous pour qu’il en soit ainsi ?
On s’appelle FF et on se réunit deux à trois fois par mois dans nos Loges mais après avoir quitté le Temple que se passe-t-il ? Combien de FF ont des relations en dehors des tenues ? une infime partie, la majorité ne se rencontre qu’à cette occasion. D’ailleurs qu’ai-je fait moi-même pour améliorer cela ? très peu de chose si ce n’est d’initier un repas par an chez moi pour tous les FF qui voulaient bien venir.
Par ailleurs sommes nous assez attentifs à la formation de nos FF apprentis ? certains se fatiguent d’être laissés à eux-mêmes et de constater que leurs interrogations n’obtiennent que bien peu de réponses… Enfin un autre point me semble très important pour renforcer la cohésion de la Loge, c’est le rôle de l’hospitalier. Il doit être à l’écoute des FF afin de déceler immédiatement celui qui a un problème, qu’il soit familial, spirituel, financier et intervenir le plus rapidement possible.
Un F en difficulté ne se confie pas facilement, par pudeur, retenue, toutefois si l’hospitalier vient à lui en toute fraternité, il pourra alors plus facilement lui parler et par là même obtenir déjà un certain soulagement. Un F ainsi secouru peut être sauvé aussi pour notre Ordre et cela concours à renforcer la chaîne d’union.
Heureusement il existe des FF toujours disponibles pour les autres, employant un langage simple et accessible à tous, nous en connaissons tous. Ils sont des modèles pour nous et me donne à espérer qu’un jour je serai à leur égal aussi fraternel et aussi modeste et que j’aurai apporté ma pierre à la construction de cette paix et de cette union qui doivent régner entre les FF ainsi que le symbolise le rameau d’olivier.
III – REVENONS AU SYMBOLISME
Cette symbolique du laurier et de l’olivier n’est elle pas la continuation naturelle de la cérémonie d’exaltation à la maîtrise ?
HIRAM assassiné est retrouvé. Sur sa tombe est planté une branche d’acacia qui symbolise la renaissance, l’immortalité.
Nous, MM plongés dans la douleur nous avons maintenant l’espoir de la renaissance d’HIRAM et nous sommes invités déjà à entamer la quête de la parole perdue.
Nous voyons qu’au grade de M nous changeons de niveau de recherche par rapport aux deux premiers grades. Nous entrons dans le domaine de la transcendance, de la spiritualité.
Le dos tourné à HIRAM gisant, nous regardons vers l’orient, vers la Lumière et entrevoyons une future renaissance.
Lorsque nous sommes initiés MS et que nous recevons la couronne de laurier et d’olivier il y a une confirmation de cette direction, de cette dimension spirituelle.
En effet, la couronne est en forme de cercle qui est un symbole déjà très fort au grade de M et qui se renforce chez le MS car il contient le triangle qui lui est circonscrit.
Le cercle est le symbole de la spiritualité, du monde invisible, transcendantal. Il suggère l’homogénéité, la perfection, la non-distinction, la non-discrimination, la non-division. Alors que le carré est lié à tout ce qui est terrestre, humain, corporel, réel, le cercle est lié à tout ce qui est céleste, divin, spirituel, idéal.
Le fait de recevoir cette couronne nous place donc sous le signe de la spiritualité et de la transcendance qui se confirme lorsque le TFPM précise que notre Devoir est la quête de la Vérité et de la Parole perdue.
Cette » Parole perdue » est à rapprocher du verset 1 du prologue de Jean » Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu » Selon Bertheaux ceci » exprime sous une forme symbolique et extrêmement condensée le fondement épistémologique de la pensée humaine, la certitude fondamentale à laquelle aboutit nécessairement la pensée lorsqu’elle pousse jusqu’au bout son interrogation sur l’existence et son origine « .
Un poète inconnu en 1692 disait : » Vous êtes un enfant de l’Univers, pas moins que les arbres et les étoiles. Vous avez le droit d’être ici et qu’il vous soit clair ou non l’Univers se déroule sans doute comme il le devrait ».
Nous sommes donc bien dans une recherche fondamentalement spirituelle et personnelle sur la réalité de notre nature, sur le fondement de nos motivations et en l’élargissant sur l’origine de l’homme, sa place dans l’univers et son devenir après sa mort physique. Il y a donc bien une poursuite de la recherche entreprise au 3ème degré, mais cette recherche va se faire en pleine lumière ; il est dit en effet, à plusieurs reprises » en grande Lumière « .
Il n’y a plus d’échappatoire, plus de faux-fuyants, cette quête est impérative.
Par ailleurs le laurier symbolise l’immortalité. N’est-ce pas là une piste fort importante ?
Il semblerait que l’on nous indique une direction de recherche, nous conduisant à nous interroger sur cette » Parole perdue « , on nous suggère d’approfondir le domaine de la spiritualité et de la transcendance en nous présentant une couronne qui symbolise l’immortalité. Nous sommes invités à plonger au dedans de nous même pour y retrouver nos origines, les véritables valeurs qui font qu’un homme est un Homme.
On nous invite à retrouver en nous la dimension du sacré et notre place dans l’Univers, ce qui nous apportera l’harmonie et la Paix.
Ce laurier symbole d’immortalité nous rappelle que notre mort ne sera peut-être pas définitive et que d’une manière ou d’une autre, si nous avons atteint un certain seuil de clairvoyance ou d’éveil, nous pourrions renaître à une autre vie, quelque forme qu’elle prenne…
Le chemin semble donc tracé : une constante recherche de la connaissance, non d’un savoir livresque illusoire mais d’une connaissance intuitive, d’une compréhension globale de l’Univers et de la place que nous y tenons, ceci par une réflexion personnelle, un effort constant de compréhension, d’assimilation, tant des symboles qui nous entourent que des conduites conformes aux valeurs de notre Ordre.
Lorsque nous aurons cheminé longuement sur ce chemin difficile nous pourrons peut-être alors atteindre cette sagesse et cette paix symbolisée par le rameau d’olivier.
CONCLUSION
Par la couronne de laurier et d’olivier j’ai été fait MS dans » l’espérance de mes succès futurs et de mon ultime victoire « . Cette cérémonie aura déjà eu pour effet d’accroître la conscience que j’avais de l’importance de lutter contre mes passions mauvaises, de chercher à me mieux connaître et à devenir meilleur.
Elle m’aura fait réfléchir sur certaines insuffisances de notre Ordre qui demeure malgré tout une magnifique école des valeurs humaines.
Elle m’aura enfin montré l’importance de cette quête personnelle qui en tant que MS me fait un devoir de rechercher » la parole perdue « . Cette parole perdue peut avoir pour chacun d’entre nous une signification différente mais en vérité ne se résumerait-elle pas à être tout simplement la recherche de soi-même ?
J’ai dit T