Le Devoir

Auteur:

C∴ C∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

C’est de la Palisse que de dire que le devoir, les devoirs apparaissent à l’homme dès sa naissance.

Recherchons la notion du devoir parmi son propre vécu me semble intéressant. Car cette voie commence par les devoirs en général de l’homme vivant en société, pour nous mener à l’exigence du Devoir du Maître Secret.

En frappant à la porte de la loge de perfection j’ai été surpris de trouver autre chose un éclairage différent, un développement sous une autre forme, qui oblige a repartir de zéro en révisant complètement les acquis.


Mais l’essentiel demeure.

Le devoir paraît donc avoir une importance privilégié puisqu’il est dit faire la base de l’initiation .

Ce devoir faisait également l’objet du «  grand serment » des Pythagoriciens. Le maçon ne peut s’y soustraire, il doit l’accomplir à la place qu’il occupe dans l’édifice, sur tous les plans : Social, familial et humain. Ce doit être sa raison d’être. C’est notre contribution à la réalisation du grand œuvre.

Dans un monde où ne résonnent que les clameurs des soi-disant droits tandis que les parties prenantes s’efforcent de réduire au minimum la contre –partie des services rendus , notre loi, à nous francs maçons c’est comme le dit le rituel «  la recherche du devoir et la ferme volonté de l’accomplir quelqu’il soit sans songer à une récompense, pour la seule satisfaction de la conscience »

La conscience que l’on peut aussi nommer connaissance est la faculté de connaître , elle s’assorti de lucidité plus ou moins intense .

Conscience veut dire que l’on est apte à connaître sa propre réalité mentale, intellectuelle, physique, affective.

Elle est le réel par rapport à la fabulation, l’exactitude par rapport au rêve, l’ordre par rapport au désordre. Elle est également la maîtrise de ses propres pulsions dans l’activité psychique.

En fait «  toute conscience est conscience de quelque chose »

Par déduction on peut avancer que la conscience est la faculté de porter des jugements sur la valeur des actes.

Cette faculté de porter des jugements sur les actes a débouché sur l’estimation du Bien et du Mal, puis par la codification de la vie basée sur cette estimation. Cela est devenu une habitude que l’on appelle Mœurs du Latin « Mores » qui est la racine du mot Morale.

D’abord peut-on fonder l’exigence morale du devoir dans le « raisonnable » comme a suggéré Kant ? Sachant que l’exigence morale, éclairée par notre sentiment intérieur du bien ou du mal, fait appel à notre raison et à notre conscience intime.

L’ensemble des devoirs qui s’impose à nous comme des obligations, doit correspondre à la morale, à des principes objectifs reconnus universellement. L’acte moral consiste à rechercher le bien général. L’action dictée par devoir ne tient pas compte des intérêts personnels, mais elle s’accomplit sur le plan universel. Le devoir s’impose comme un impératif catégorique : « TU DOIS ». Il s’adresse à notre volonté morale, au courage, à l’intelligence, à la perspicacité. Le devoir est la nécessité d’accomplir l’action par respect pour des règles, pour la loi.

Il me semble alors que la morale débouche sur la notion d’obligation, de conformité, de dette envers l’engagement éthique choisi, donc du devoir.

Le devoir peut être considéré commeune obligation morale en elle même et indépendante d’applications particulières, tout naturellement il devient une obligation dans le morale que l’on a choisie.

Il est intéressant de distinguer agir conformément au devoir et agirpar devoir. Quand on éprouve du plaisir à faire du bien, cela relève de l’acte conforme au devoir. Car agir par devoir ne fait pas entrer en compte l’influence de la sensibilité. Les sentiments succombent souvent à l’attrait des avantages personnels.

Il y a aussi une dualité cruelle entre l’intérêt et le devoir. Sous cet angle le devoir semble être un idéal inaccessible à l’homme. Mais la présence de la conscience morale de l’homme le délivre de l’égoïsme vital en le dirigeant vers l’altruisme. Le sens du devoir le hausse vers la dimension de l’humanité.

En tant que Maître Secret, « le devoir est pour nous, aussi inéluctable que la fatalité, aussi exigeant que la nécessité, aussi impératif que la destinée ». Avec une telle sentence, la notion du devoir va prendre une autre dimension.

Si pour Kant l’homme trouve en la raison l’idée du devoir, notre frère Fichte évoque le concept du devoir « élargi », le devoir maçonnique spécifique. Notre rituel se fonde sur l’obligation qui s’impose à la conscience et au libre arbitre.

Ce devoir fondamental d’écoute, d’obéissance, d’effort, de persévérance, de recherche, d’approfondissement, de perfection, de transmission, de discrétion, de tolérance, va au-delà de la simple rationalitéKantienne. Il transcende l’homme et lui permet d’aller au-delà du devoir de l’ordre social, vers la quintessence à la recherche de « la parole perdue ».

Ont peut dire que la priorité du devoir c’est celles que l’ont trouvent dans toutes les souffrances, et tous les débats, de toutes les contradictions ressenties par l’esprit, l’obligation morale, qui est d’ailleurs la base de l’initiation au grade de Maître Secret.

Irène Maingy a dit : « la route du devoir et jalonnée de nombreux devoirs que la voie impose aux maçons. Elle développe en lui une éthique de vie et de comportement qui est une préparation intérieure au grand Devoir, objectif final de l’initié. Il demande à chacun de trouver la place ou la mission spécifique qui s’inscrit dans son plan existentiel » (fermer les guillemets).

Pour que le devoir soit fécond il convient de ne point attendre une obligation qu’il sera possible au demeurant, de refuser si elle n’apparaît pas nécessaires, mais de le créer soi-même. C’est ainsi que naîtra la personnalité du devoir.

Nous voyons que ce qui est attendu de chacun n’est il pas qu’il fasse le devoir, mais son Devoir.

La symbolique du compas ouvre notre esprit vers les autres par l’éthique du comportement, la mesure du verbe, la justesse et la concordance des actes. Celle de l’équerre dicte la conduite morale et la droiture de la conscience intime.

La route du devoir pour un Maître Secret impose une ascèse intérieure qui contribue à progresser vers la Lumière. Cette progression est personnelle, intime et secrète sur le sentier de l’enseignement symbolique reçu de nos aînés. Il s’agit entre autres de fuir le caractère néfaste

des slogans et des dogmes, de penser et d’agir avec le sens du devoir et de la responsabilité.

Nous savons aussi qu’il existe une autre voie, entre la codification rigoureuse du devoir et le laxisme , elle conduit les hommes à prendre conscience de la fécondité du devoir accompli afin d’être nourricier de l’idéal, source de générosité par la tolérance moyen de l’élévation de l’esprit par l’éducation à l’amour des autres.

Culte du Beau, du Vrai et du Bien.

Je dirais pour conclure que l’accomplissement du Devoir se fait avec persévérance dans l’espérance, avec humilité mais sans faiblesse et avec une ténacité discrète qui sied au Maître Secret..

J’ai dit T.F.P.M.

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