Le Tableau de Loge
Non communiqué
À
la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,
ORDO AB CHAO – DEUS MEUMQUE JUS
Au nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil
Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
Du 33e degré et dernier du Rite Écossais Ancien et Accepté, pour la France
ORDO AB CHAO – DEUS MEUMQUE JUS
Au nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil
Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
Du 33e degré et dernier du Rite Écossais Ancien et Accepté, pour la France
En préambule je tiens à préciser que pour ce travail, je me suis fondé sur le Tableau de Loge du nouveau rituel, page 4, et sa description, page 7. Ce Tableau de Loge, que je qualifierai de synthème géométrique, diffère quelque peu de celui que nous avons ce soir.
Tout d’abord c’est la première fois que je vois, un tableau de loge à la verticale, dans les trois premiers degrés, il est à l’horizontale au centre de l’atelier. Cette verticalité me fait penser à la cérémonie d’élévation quand j’ai été relevé par les cinq points parfaits de la maîtrise par le Vénérable Maître assisté des deux Surveillants ; mais aussi au synthème dans son intégralité. J’expliquerai ce propos, un peu plus loin en fonction des différentes figures géométriques.
Le Tableau de Loge est situé à l’Orient, derrière le trône du Trois Fois Puissant Maître, et en face de l’emblème de l’ordre, L’aigle bicéphale couronné du Saint-Empire. Pour l’instant je n’arrive pas à faire un lien entre eux, même si je suis certain qu’il existe une corrélation.
Ce que je peux dire de l’aigle bicéphale couronné du Saint-Empire, c’est qu’il est, également,présent sur la première et la quatrième de couverture du rituel de Maître Secret. Au Moyen Âge il symbolisait l’assomption de saint Jean. Cet animal porte dans ses serres l’épée de justice, symbole de lumière (la lame brille) ; elle est disait les Croisés, un fragment de la Croix de Lumière. Il est l’un des seuls oiseaux capables de regarder le soleil, donc la lumière sans détourner les yeux et c’est, aussi, l’un de ceux qui s’élève le plus haut. Ce dernier point explique peut-être que l’aigle soit devenu le symbole de Jean, l’évangéliste le plus proche du monde spirituel. Peut-être est-ce pour cela que le Tableau de Loge et l’emblème de l’ordre sont l’un en face de l’autre.
Ce synthème est formé d’un cercle dans lequel est inscrit un triangle équilatéral ; un pentagone étoilé est placé en son centre.
Les trois figures géométriques ont un centre commun. Il s’agit donc d’un « mandala » caractérisé par deux figures polygonales, à nombres impairs de côtés (3 et 5) associées au cercle.
Je perçois le triangle sacré au centre duquel est l’Étoile Flamboyante comme une superposition du Delta Lumineux au grade d’apprenti, et de l’Étoile Flamboyante au deuxième degré. Les deux premiers symboles étant inscrit dans un grand cercle. Cette dernière figure géométrique me rappelle la sphère et la description du monde par Platon dans Le Timée.
Le philosophe grec, propose dans ce dialogue une vision du monde que je pourrai qualifier de synthétique ; à savoir que le Monde a été créé par un ouvrier divin, un Démiurge (créateur du monde – Dieu créateur), qui avait les yeux fixés sur un modèle éternel. Il a fait du Monde un vivant unique composé de quatre éléments : le feu, la terre, l’air, l’eau et de forme sphérique. La sphère étant de toutes les formes géométriques, celle qui est la plus parfaite. De plus ce corps du Monde se suffisant à lui-même, il n’a nul besoin de sens, d’organes respiratoires ou de membres : c’est une totalité sphérique polie, animée d’un mouvement circulaire autour d’un axe passant par son centre.
Pour Platon, la mise en ordre des éléments par le Dieu Créateur a engendré un univers « aussi bon et aussi beau que possible » car pendant qu’il créait, « il a eu les yeux sur le modèle éternel, la forme immuable qui n’est jamais née et ne périra jamais » et surtout n’est perceptible que par l’intelligence du cœur.Le caractère dynamique du cercle, caractère « appuyé » par la lettre « G » que je décrirai un peu plus tard, avec son mouvement continu relève de la divinité puisque cette dernière échappe au temps et par conséquent à la mort.
Ce cercle me rappelle la circambulation des neufs Maîtres à la recherche du corps d’Hiram, lors de la cérémonie d’élévation.
Le Delta Lumineux est le support du premier mouvement vers le divin, il a pour motif central soit le tétragramme hébreux Yahvé, soit l’œil, qui était dans l’Antiquité réputée pour éclairer le visible. Œil présent sur le tablier du Maître Secret. D’ailleurs dans notre rituel, il est écrit « l’œil qui est placé sur la bavette de votre tablier doit vous rappeler, entre autres interprétations, que vous devez veiller continuellement à l’accomplissement de l’œuvre. » Sa couleur, bleu, symbolise la vérité, la fidélité, l’illusion, l’incertitude, la paix et l’introspection. Elle est associée au domaine spirituel et s’oppose au rouge qui est une couleur chaude.
Lors de la cérémonie d’élévation, trois Maîtres sont restés autour de la tombe d’Hiram : deux à la tête, le troisième aux pieds formant ainsi un triangle.
Les neuf rayons d’or partant du triangle me font penser aux neuf maîtres partis à la recherche de l’architecte. Sur chacun d’eux sont inscrits des caractères hébraïques correspondant à des noms de Dieu. Quels sont ces noms, je ne les connais pas. En revanche, nous avons trois lettres différentes écrites dans le grand cercle, ce qui veut dire que le ternaire est toujours présent pour « rejoindre » le un.
Durant ma réception au degré de compagnon, la lumière m’a été révélée sous un nouveau symbole après le troisième voyage (la découverte des sept arts libéraux, et notamment les arts du langage) : l’Étoile Flamboyante.
Dans le rituel d’instruction du deuxième degré, à la question du Vénérable Maître : “ À quel degré d’instruction êtes-vous parvenu ? ”, le Compagnon répond : “ J’ai la faveur d’être Compagnon, second degré de l’initiation. J’ai vu l’Étoile Flamboyante”.
Après ce voyage (le troisième), j’ai commencé à en découvrir le sens lors de l’allocution du Vénérable Maître en ce qui concerne la Géométrie. “ L’Étoile Flamboyant figure elle-même les proportions de la divine harmonie (ou nombre d’or) et nous rappelle que le nombre cinq est symbole de vie”.
En étudiant le Tableau de Loge du quatrième degré, je me suis posé la question suivante : « l’Étoile Flamboyante révélée au Compagnon, que j’étais et que je suis, est-elle différente de celle présente dans le Delta Lumineux ? »
Je répondrai par la négative, en ajoutant qu’il y a une progression dans ce symbole. Une progression numérique, au deuxième degré, j’avais cinq ans, au troisième sept ans et plus, et enfin au quatrième degré 3 x 27 ans soit en numérologie 9 ans (3 x 27 = 81 ; 8 + 1 = 9). Sans oublier les âges intermédiaires pour accéder aux différents grades.
En revanche, la lettre G inscrite dans le centre de l’Étoile Flamboyante de Compagnon a comme significations : Gravitation, Génération, Gnose, God, Géométrie et Gamma.
Mais le Maître Secret découvre dans le rituel qui lui est attribué, un nouveau sens à cette lettre. En effet celle-ci située au centre de l’Étoile en caractère hébraïque se traduit par Guîmel. Troisième lettre de l’alphabet hébraïque, de valeur numérique 3. Selon la cabale Ghîmel est « le mouvement organique de tous les Beith (valeur numérique 2) qu’anime le Aleph (valeur numérique 1). Ces trois lettres-nombres expriment un mouvement qui s’élargit progressivement, depuis le mouvement incontrôlé Ghîmel, en passant par le Lâmed (valeur numérique 30), mouvement organique contrôlé et agent de liaison allant jusqu’à la puissance cosmique de Shîn (valeur numérique 300) mythiquement identifié à l’esprit de Dieu. (La symbolique des nombres de Raoul Berteaux – Éd Maçonniques de France).
Cette Étoile Flamboyante, sur le mandala, peut être, également, le Compagnon, jouant le rôle d’Hiram, allongéau centre de la Loge, au moment dela cérémonie d’élévation.
Ces trois formes géométriques me rappellent l’une des figures de l’Homme vitruvien de Léonard de Vinci (celle ou l’homme est dessiné dans un cercle) c’est l’homme qui se substitue à l’étoile.
La figure de ce scientifique de génie, avec la tête de l’homme situé en haut, symbolise pour moi l’esprit qui se dirige vers le Divin, l’éloignement du monde terrestre, de la matière.
Je ne peux me contenter de décrire le Tableau de Loge sans évoquer l’idée qui est derrière le symbole. Le Maître Secret que je suis effectue un nouveau travail intérieur qui va au plus profond de mon Être, je suis rentré dans un ordre, donc il s’agit bien d’un noviciat, avec cette humilité de s’ouvrir sur moi, par conséquent c’est un travail de l’Esprit.
Lévite, je suis le gardien d’un temple qui doit-être détruit, puisque dépassant le plan humain j’ai le devoir, par l’alliance que j’ai contracté de respecter le plan divin. Un devoir qui n’est pas des moindre, contempler une construction humaine pour en mesurer sa véritable raison d’être : ne plus être, tel que je pouvais le concevoir avant ma réception au degré de Maître Secret.
Pour un Maître Secret, en loge de perfection, seul l’Orient représente le Saint des Saints du premier temple de Jérusalem dont nous sommes séparés par une balustrade symbolique. Celle-ci est d’une part une protection du « sanctuaire », et d’autre part une protection de moi-même afin de ne pas brûler les étapes. Au travers je vois comme avec le voile, filtre nécessaire qui sépare la dualité de l’humain et l’unité du divin me montrant ainsi le chemin à parcourir. Ce voile qui est à l’image d’Hermès, un intermédiaire entre Dieu et le Maître Secret que je suis, que nous sommes.
Mais nous sommes en possession d’une clef, ladite clef me permet d’ouvrir et fermer des portes, permet la renaissance en permanence. Cependant assimiler la clef avec la porte seule serait réducteur. Elle ouvre, également, les sens et ma volonté donc je suis dans une mise en place de la dynamique vers le divin en soi, le Saint des Saints, le moi profond.
Avec le mandala présent à l’Orient, je vois des marques évidentes de la présence de Dieu, le cercle pour son immensité (de Dieu) et l’Étoile Flamboyante qui est, également, à mes yeux l’étoile du matin. La Grande Lumière apparaît, celle de l’Esprit qui me permettra, peut-être, l’accès au Divin.
En regardant le Tableau de Loge je suis en présence d’une notion élémentaire, le nom du Divin ne se prononce pas, il me faut désapprendre ce que je crois savoir et comprendre ce que je dois découvrir. Reçu Maître Secret, il est temps de révéler la nature divine qui est en moi et la faire communier avec la nature, la création toute entière : rayonner. À ce degré, je fais une sorte de bilan de mon évolution en me posant certaines questions comme : Que suis-je devenu ? Suis-je bien en phase avec ce que je viens chercher ?… Je n’ai aucune certitude et je suis dans le flou, mais avec la conviction de la présence d’un Divin personnel. Je suis bien entre l’équerre et le compas avec un voile. Je perçoit ce qui est en moi, cette immanence comme l’a défini Spinoza, cette part de Divin qu’il me faut aller chercher, cette aspiration vers la quête qui sera longue. Afin de retrouver la Parole Perdue, mais avant je connaîtrai sûrement d’autres mots substitués.
J’ai dit !
F H
Bibliographie :
Rituels d’Apprenti, de Compagnon, de Maître et de Maître Secret.
Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Éd. Robert Laffont / Jupiter
Dictionnaire du Moyen Âgesous la direction de Claude Gauvard…- Éd. PUF
La symbolique des nombres de Raoul Berteaux – Éd Maçonniques de France