Le Devoir au grade de Maître Secret
W∴ L∴
Groupement Maçonnique de Loges Mixtes et Indépendantes
Le Devoir au grade de Maître Secret
La notion de devoir ou des devoirs dans le monde profane est parfois floue, ces limites et ces motivations différent en fonction des personnes, des critères moraux, religieux, sociétal, ethnique etc.
En Franc Maçonnerie, si ils ne différent guère du monde profane quant à ces critères, ils ont par contre un but, des outils et des symboles bien définies pour y arriver.
L’interprétation de ces symboles relève d’un travail personnel en fonction des capacités quant à la compréhension et du niveau de la sensibilité spirituel de chacun. Chaque symbole sert de clé et trouve sa place dans l’enseignement initiatique reçu grâce aux rituels et chaque rituel renferme un enseignement spécifique ainsi qu’un ensemble de symboles au grade auquel il est rattaché. Tous ce la doit interpeler le Maçon face aux interrogations de sa propre vie. Il y a plusieurs sortes de symbole, les premiers sont matériels et relativement simple à comprendre, les seconds sont intellectuels et proviennent de l’étude de soi, les troisièmes sont spirituelles et sont du domaine de l’incommunicable. Un symbole peut rentrer dans plusieurs catégories et c’est le cas du DEVOIR.
Depuis mon entré en Franc Maçonnerie le mot Devoir est omniprésent dans le Rituel ainsi dans le comportement que l’on se doit d’avoir. Rien que dans le Rituel d’initiation au grade de Maitre Secret, il apparait 18 fois avec un D majuscule.
Je pensais en avoir compris le sens dans les degrés précédant. Celui de l’Apprentie qui ne sait ni lire ni écrire mais qui à le devoir d’écouter, de commencer à dégrossir sa pierre brute et sans oublier le devoir d’assiduité qui le suivra pendant toute sa vie maçonnique. Dès son introduction dans le cabinet de réflexion, le profane médite sur les devoirs de l’homme envers lui-même, sa famille, sa patrie, l’humanité.
La première épreuve, l’épreuve de la Terre, accompagné de la sentence « VITRIOL », lui enseigne que le premier devoir est de descendre au plus profond de lui-même pour parvenir à la connaissance, la pierre cachée. Purifiée par la terre, il devra dominer ses passions pour trouver la vérité enfouie au plus profond de sa personnalité. Puis celui du Compagnon, qui a le Devoir de mettre en application les premiers enseignements reçus et de suivre l’étoile flamboyante qui le guidera vers se qu’il devra devenir. Ensuite le compagnon à le devoir de connaître le monde et de se connaître dans un monde où il ne s’est même pas ce qu’il est venu faire. Son devoir est de surpasser les autres hommes par le développement de ses qualités tout en se mettant au service des causes liées au salut du genre humain.
Dans la vision du monde et de ses lois, l’esprit du compagnon n’a pas emmagasiné des idées mais il a usé de son expérience pour affirmer une découverte et conforter une connaissance.
Ces deux premiers grades donnent des devoirs sur
soi-même et ils doivent nous amener à prendre
conscience de ce que nous sommes et de modifier en profondeur notre
être intérieur.
Au grade de Maître nous devons rassembler ce qui est
épars et répandre la Lumière. Le
changement s’opère dans la notion de Devoir
à partir de ce grade et se confirme au 4ème
degré. Ce n’est plus des devoirs à
accomplir mais un Devoir avec un D majuscule. Nous sommes
désormais sur le chemin du Devoir celui qui mène
à la vrai Lumière.
On ne parle plus de faire son devoir mais de connaitre le Devoir. La
connaissance du Devoir complet pour retrouver la parole perdu. Le
Maitre Secret œuvre dans et à l’Ordre
Universel. Cette connaissance est liée à
l’illumination intérieure de
l’œil du cœur. Le G A D L U nous
demande de chercher et de prendre notre place et de respecter nos
engagements jusqu’au sacrifice comme notre Maitre Hiram la fait en
perdant la vie pour le respecter.
Le rituel du grade est clair il démontre l’idéal Maçonnique comme l’accomplissement du Devoir porté jusqu’au sacrifice. Devoir et sacrifice sont impératifs et indissociables. Ce sacrifice correspond à une mort volontaire, un suicide du soi et de l’égo. Il nous demande une parfaite sincérité, de na pas tricher, ni enfreindre la règle établie. Les sentences du grade son clair.
« Malheur à qui
assume une charge qu’il ne peut porter ! »
« Malheur à qui accepte
légèrement des devoirs et ensuite les
néglige ! »
« Le Devoir est pour nous aussi
inéluctable que la fatalité, aussi exigeant que
la nécessité, aussi impératif que la
destiné ! »
On ne nous demande plus quelle est notre place, mais son origine, son sens et sa nature. Le Devoir par le dépassement de soi jusqu’au sacrifice. Le dépassement des apparences et des idées, je site « découvrir l’idée sous le symbole » ou encore « de ne pas prendre les mots pour des idées ».
Le Devoir de rechercher la Vérité qui s’éloigne de nous plus on s’en approche. C’est une quête sans fin et sans espoir de récompense sinon celle de sa Conscience. Mais il ne faut pas tomber dans le piège d’un Devoir qui deviendrait dogmatique, nous devons toujours garder à l’esprit notre liberté de penser et d’agir. Nous ne devons pas y perdre notre Ame mais au contraire la fortifier. D’avoir pris un engagement solennel ne dois pas nous faire perdre notre humanité. Nous devons rester en accord avec nous même dans une démarche cohérente. La quatrième sentence le dit « Sachez que le meilleurs de la Maçonnerie sont ceux qui le mieux travaillent et le mieux s’entendent avec les hommes ».
Nous devons trouver l’équilibre
entre notre liberté et la notion de Devoir
impératif et catégorique qui sont :
– La prise conscience de soi et des autres.
– La nécessitée d’apprendre et de se
défaire de tous préjugés et jugements.
– De suivre la voie de la lumière sans nuire à
autrui.
– D’être persévérant.
– D’être réfléchie dans ses
actions.
– D’être fidèle à ses
engagements.
– D’être responsable.
– D’être fidèle et fraternel envers ses
frères et son prochain.
– De transmettre toutes ces valeurs aux nouveaux maillons de la Franc
Maçonnerie.
De pratiquer son devoir au quotidien est difficile et demande beaucoup d’abnégation, et le Maitre Secret y arrivera si il écoute la voie de sa conscience. Mais tous ses petits devoirs ne doivent pas faire oublier le Devoir essentiel qui est de retrouver la Parole perdu, de la Vérité et de la Lumière. Cette notion implique et insinue l’existence d’une force supérieure. Mais comment retrouver la Parole perdu quand on en ignore la nature sinon qu’en théorie. Cela explique certainement la phrase du rituel « il est plus facile de faire son devoir que de le connaitre ».
Alors suivons l’exemple que nous a
donné notre maitre à tous Hiram. Qui selon la
légende. Soit il donne aux mauvais compagnons les mots et
signe qu’ils exigent de lui, et en ce cas il n’est pas digne
d’être maître puisque incapable de garder le secret
fut-ce au péril de sa vie. Cette
lâcheté personnelle le rendrait traître
à sa vocation et Il lui serait impossible de diriger les
maçons qui travaillent dans le chantier à la
construction du temple universel. Soit il garde inviolablement le
silence et meurt avec dignité en parfaite harmonie avec ce
que la qualité de Maître et la notion de don total
de soi qui en découle comporte.
La maîtrise implique l’entrée dans la voie du
sacrifice. Tout a un prix dans l’existence : ce qui est capital
coûte cher, il faut en payer le juste prix par la souffrance,
la renonciation, la solitude, l’abandon de quelque chose d’important,
en l’un de ces aspects parfois mais parfois avec tous ces
éléments-là conjugués.
Le maître n’a pas peur de mourir puisqu’il est immortel.
Ayant vaincu la mort, il est au-delà dans l’universel
permanent : la lumière, l’énergie, la vibration.
Porteur de lumière dans le monde des hommes, il sera
lumière dans le monde du sans forme.
Hiram, symbole de l’homme parvenu à la domination de lui-même et à l’esprit de fidélité à son Devoir et qui renaît à une vie nouvelle, supérieure par le savoir, la moralité et le dévouement aux grandes causes. Purifiée par la mort de ses passions, transfiguré par la lumière de l’initiation complète, il se régénère par la véritable vertu, ne redoutant plus la mort. Hiram représente l’homme juste et courageux, que la menace et la violence pas plus que la séduction, ne font dévier de la ligne du Devoir.
Je reconnais que le Devoir est la grande loi de la maçonnerie. L’approfondissement de la notion de devoir, à chaque stade de la vie maçonnique est l’essence même de la recherche de la vérité. La récompense ne se trouve pas dans un quelconque résultat espéré mais dans la démarche, c’est-à-dire la découverte d’un sens à l’existence.
En devenant Maître secret nous sommes devenus des Lévites, c’est-à-dire des serviteurs qui se consacrent au service du Divin et plus particulièrement à la recherche des noms de Dieu. Nous sommes les gardiens du Saint des Saint. Nous avons appris les mots Y.H.V.H. et Adonaï qui doit nous conduire à mieux nous connaitre et donc à mieux approcher la réalité de la divinité, ces mots sont les supports de la Vérité.
Ce n’est pas dans le temple que se situe la
divinité mais dans la Nature et la Création tout
entière qui constituent Son temple universel. C’est la
mission du lévite-maçon, prêtre moderne
dans l’universel, d’abandonner l’horizontalité pour
privilégier la verticalité et la relation directe
avec le Créateur pour apporter la lumière
religieuse au Cherchant.
Nous sommes conscient de notre imperfections nous savons que
c’est notre devoir de nous améliorer, mais ce
n’est pas parce que l’on se trouve animé
des meilleurs intentions du monde, ce n’est pas parce que
l’on souhaite progresser dans la Science secrète,
que l’on y parvient. Il y a malheureusement un
fossé entre l’intention et la
réalisation. Sur cette Voie du Devoir il n’y a pas
de place le pour Moi ou le Je en tant égo, seule
l’action entreprise avec son cœur à de
la valeur.
Notre devoir, mon devoir, c’est d’agir en porteur de lumière, c’est de servir mes Frères et le G A D L U, c’est à quoi je me suis engagé en devenant Maitre Secret et Lévite. Comme le dit la parole de l’Eternel « je ne veux pas de temples de pierres car en passant ton ciseau sur la pierre, tu la profanerais » et « je n’ai que faire de vos temples de pierres, ce sont des temples de chair que je veux ».
Pour travailler à la gloire du grand
Architecte de l’univers, il ne s’agit pas de
chanter ses louanges, mais de remplir fidèlement le
rôle qui nous est assigné par la
destinée. Alors, que chacun accomplisse
fidèlement sa tâche et son Devoir.
Pour conclure et synthétiser.
Le Maître Maçon doit continuer à
cheminer, il cherche à acquérir les
éléments qui manquent à la
réalisation de la plénitude de sa maitrise et
l’accès au grade de Maître secret a pour
objectif de rappeler au Maître que la Lumière est
loin d’être acquise, que le chemin de la perfection
a pour seule fin le passage à l’Orient
éternel et que le chemin du perfectionnement
individuel est long et rempli d’épreuves.
Ce grade de Maître secret tend à faire ressortir le sens de l’œuvre du Maître Hiram et à la quintessence de son enseignement et plus particulièrement par la connaissance et la mise en pratique du Devoir, lequel doit pouvoir aller jusqu’au sacrifice, sans espoir de récompense au sens profane du mot.
Le Maître secret se trouve dans
l’équilibre réalisé,
à égale distance de la terre et du ciel, de la
manifestation et du manifesté, entre
l’équerre et le compas. Nous devons nous inscrire
toujours dans cette harmonie que nous devons perpétuer et
maintenir jusqu’à à la mort.
Même si on peut considérer que la perfection n’est
pas humaine mais divine, et donc que le perfectionnement de l’homme est
une illusion en soi.
Dans la réalité, l’homme diminue son
imperfection. L’homme va chercher à atteindre cette
perfection, mais essayer d’atteindre, ce n’est pas réussir
à y parvenir. Il y a un tout un monde d’écart
entre ces deux choses. Mais si dans le fond, l’important n’est pas la
réussite totale, mais plutôt la constance, la
sincérité, la foi réelle et
consciente, que l’amour pour la divinité devienne fort et
réel en soi, alors le reste importe peu.
L’idéal consiste même à vivre son Devoir sans penser à rien.
C’est notre Devoir.
J’ai dit T F P M