Le passage du Prologue de l’Evangile de Saint Jean au Livre premier des Rois

Auteur:

R∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


La tradition solsticiale remonte bien au-delà de l’époque chrétienne et s’étend à des pays et des cultures qui ignoraient tout des évangiles. En effet le cycle solaire et les deux positions particulières de l’astre qui éclaire notre planète et lui donne vie sont connus et vénérés depuis des temps immémoriauxCarnac ou Stonehenge et d’autres sitesen témoignent.
La chrétienté quant elle adoptera la fête du Dieu romain JANUSen remplaçant les célébrations solsticiales par la commémoration d’un St Jean , St Jean-Baptiste le 24 juin lorsqu’au solstice d’été le soleil est à son apogée, témoignage du passé pour l’accomplissement d’une loi nouvelle et St Jean l’évangéliste, le 27 décembre juste après le solstice d’hiver, alors que le soleil est le plus bas dans le ciel; témoignage du futur pour un autre recommencement. L’un annonce la lumière l’autre la transmet.
A noter que la Franc-Maçonnerie française obtiendra son indépendance en 1735 à la St Jean d’hiver et deviendra la Grande Loge de France.
.En ce 26 juin c’était un petit clin d’œil à la « loge de St Jean » bien sûr ici brièvement résumé.
Nous serons présents lors de notre fête familiale organisée par nos loges et nous nous réjouirons d’une cérémonie loyalement accomplie. « Que nos fêtes de St Jean permettent de nous retrouver plus unis chaque année ». Comme dira le VM avant de rompre la chaîne..



AuREAA, la présence de la Bible comme VDLS sur l’autel des serments est un des critères de régularité et de spécificité du Rite. Sur cet autel le monde matériel est symbolisé par l’équerre;le compas lui,représente le monde spirituel. Ces deux mondes complémentaires pour l’homme se trouvent réunis sur un 3 ème élément,la Bible appelé « LE VOLUME DE LA LOI SACREE » et non « UN LIVRE DE LA LOI SACREE ». LE et non UN signifie qu’ à la GLDF nous nous référons à la valeur symbolique de notion de tolérance et d’amour. «  UN VOLUME » est symbole de dispersion, « LE VOLUME » représente l’unité principale, la règle de vie, le lien qui nous rassemble au-delàdes différences. « LE » est donc symbole unitaire. « VOLUME », et non « LIVRE » signifie que non dépassons l’expressiond’une religion révélée. Loi sacrée et non loi profane : loi par ce qu’elle prescritet sacrée parce que son contenu universel la rend intouchable aux hommes. LoiSacrée, le volume sur lequelles F.M prêtent leur serment , Loi à laquelle chaque frère se doit d’obéir il y trouvera trois dimensions «  la matière, la pensée etl’action » mais aussi sa verticalité et l’horizontalité

Le VDLS est défini comme la première des Trois Grandes Lumières de la Maçonnerie avant même les outils du métier, il est le symbole de la Tradition.
Sa place, capitale, est le socle spirituel sur lequel le métier repose. C’est ainsi que les outils obtiennent leurs valeurs symboliques. Le VDLS symbolise le chemin d’accès à la Vérité et à la Parole. Il est ouvert au prologue de l’Evangile de Jean(évangile du latinevangelium« bonne nouvelle »)qui fait parti du Nouveau Testament.Son contenu est au cœur de notre processus initiatique. Son esprit doit-être recherché en relation avec les éléments propres de nos rituels maçonniques; mais aussi avec ceux contenus dans l’Ancien Testament.Ensemble ils sont l’aboutissement éclairé d’une transformation des idées.Si selon notre Tradition en loge bleue le VDLS est ouvert au prologue de l’Evangile de Jean, dans le livret d’apprenti qui nous est remis il est noté que l’on peut ouvrir également au premier Livre des Chroniques 2/5 ainsi qu’au premier Livre des Rois 6 ou 7 .

Les premières phrases du prologue:

Au commencement était le Verbe (la Parole) et le Verbe était tourné vers Dieu et le Verbe était Dieu

Ces 3 premiers versets questionnent l’homme sur son existence en ce monde, en évoquant le mystère de sa double origine: l’une physique, crée, apparente, matérielle. Cette nature de l’homme fait partie du monde composé, qui sera forcément décomposé, elle fait de lui un passant.
L’autre spirituelle, non-crée, non-apparente, recouvrant le vaste domaine de la pensée et de l’action, ayant pour siège le cœur et l’intuition, cette essence de l’homme, le fait appartenir à l’éternité, leitmotiv cher à Jean celui de la vie éternelle. Dans le mythe, la perspective de l’éternité ne s’oppose pas au temps mais elle est indépendante et ne se limite pas au temps passé.
Cette notion est l’une des clés initiatiques de Jean qui a, probablement, voulu montrer, en employant dans son récitce terme « au commencement » ; ayant pour trame la source du Salut que l’homme doit trouver en lui-même par la voie de la transcendance. Par ce terme « au commencement » ilest directement relié au récit de la Genèse qui a pour thème la création du monde visible.
Puisque la Parole appartient au monde de l’incréé et de l’intemporel, elle était au commencement, et n’a jamais cessé d’être là. Elle est une présence permanente, au commencement de chacune de nos transformations intérieures, de chacun de nos passages à des niveaux de conscience supérieure.
Cette idées que nous sommes constamment en voie de création, c’est le sens du « connais-toi, toi-même, et tudécouvrira l’univers et les Dieux. ».

« En Lui était la vie et la vie était la Lumière des hommes
Et la Lumière luit dans les ténèbres
Et les ténèbres ne l’ont point comprise »

Ces versets seraient incompréhensibles si nous ne les abordions autrement que par la symbolique. La Lumière dont parle Jean (Lumière dont il est témoin et non la source) est en nous, tout comme les ténèbres sont également en nous. Notre premier travail aconsisté à laisser pénétrer cette Lumière en nous pour qu’elle déchire nos ténèbres qui sont l’image de notre égo (l’ignorance, le fanatisme, l’ambition, l’amour de tout ce qui brille d’un éclat trompeur). C’est la vie de l’esprit qui fait sortir l’homme de ses ténèbres. Dans ce monde de la consommation nous nesommes pas toujours disponibles pour la Lumière. Pour cela « Gloire au Travail »ce qui permettra par une succession d’épreuves, d’étapes de nous conduire de l’inconscience à la conscience, de l’ombre à la lumière, de la souffrance à la joie d’être , et qui fera que notre vie à un sens.

L’instruction du 1erdegré dit :
« La lumière n’éclaire l’esprit humain que lorsque rien ne s’oppose à son rayonnement »
et Jean 16/33
« Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. »
L’évangile de Jean est évangile de la connaissance.Il est celui de l’amour initiatique
« aimer-vous les uns les autres 3/11 » AIMER qui ne doit pas être pris comme un commandement, une obligation mais comme une clé initiatique pour atteindre la connaissance. Voulez-vous « connaître » ? Apprenez d’abord à aimer, à « co-naître » dans les autres et avec les autres. Dans la fraternité de Jean, ces mots veulent dire : « construisez-vous les uns par les autres et réjouissez-vous de la réalisation de l’autre, parce que c’est votre propre réalisation qui s’accomplit dans l’autre »
Et Jean ajoute : « marchez dans la lumière »« celui qui dit être dans la Lumière et qui hait son frère est encore dans les ténèbres, celui qui aime son frère demeure dans la Lumière, mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres , marche dans les ténèbres et ne sait où il va car les ténèbres ont aveuglés ses yeux » 2/7.9
Aimer son prochain et une loi naturelle, universelle.
Aimer son prochain, aimer ses frères de toute race, nationalité, croyance
avec l’exigence de la tolérance
avec la recherche sereine mais obstinée de la vérité
avec pour mission de travailler sans relâche au bonheur de l’humanité
avec l’observation de l’honneur
avec le soucis constant de la Justice
avec l’acceptation naturelle de l’obéissance à la Loi
avec l’intention de poursuivre son émancipation progressive et pacifique
Voilà la loge de St Jean en parfaite concordance
avec les écrits de l’Evangéliste
avec la déclarationde principes du convent de Lausanne du REAA
et du serment prêté au 4ème degré au SCDF.

Le mythe de Jean fait partie de notre vie. C’est celui que nous rencontrons un jour ou l’autre au cours de notre parcours, Jean le baptiste imprime son temps sur les rives du Jourdain à l’horizontale du sable et de l’eau, c’est l’homme de l’horizontalité,l’homme du niveau le premier surveillant .



Jeanl’Évangéliste, le précurseur droit debout sur le Mont des Oliviers, imprime le sien à la verticale du jardin de Gethsémani,ce disciple queJesus aimait d’où son surnom « le préferé » , c’est l’homme de la verticalité, l’homme du fil à plomb,le second surveillant

İl y a du Baptiste et de l’Évangéliste en chacun de nous, aussi vrai qu’en chacun de nous, il y a de l’horizontale et de la verticale, du niveau et du fil à plomb, de la terre et du ciel, de la matière et de l’esprit, de l’immanent et du transcendant.
L’action que nous menons pour assumer, au mieux, notre condition d’être humain, c’est notre dimension horizontale, c’est notre JeanBaptiste.
L’action que nous menons pour la dépasser, pour lui donner sens, c’est notre dimension verticale, c’est notre Jean l’Évangéliste.

Jean l’évangéliste est au pied de la croix et assiste à la mort de Jésus, un matin il découvre le sépulcre vide il dit « il vit et il crut »Jean fût le premier à reconnaître le maître ressuscité prés des rives du lac de Tibériade « le maître est retrouvé plus radieux que jamais. » cet épisode ferme le cycle deJean,comme Jean le baptiste alui ouvert le cycle en baptisant.
Le prologue de l’Evangile de Jean relie le mythe d’Hiram symbolisant les efforts que doit entreprendre tout initié qui désire s’affranchir de la souffrance primordiale. Ces deux mythes sont inclus dans le cycle évolutif de la condition humaine et ne sont actifs qu’à partir du moment où le profane devenu initié, les fait vivre en lui.Etre opératif dans cette construction c’est donner à la fois du sens à sa vie et aux mystères de l’origine mais c’est aussi ne pas douter de la qualité du travail accompli, car il est effectué dans un lieu où les outils sont connus de tous et où les actes maladroits sont toujours repris par celui qui observe et œuvre dans l’esprit de l’Eternelle Sagesse.
Le premier a énoncé la valeur de la vertu, de la rigueur, du respect des autres et de soi-même; et le second a mis dans la bouche de Jésus avec plus de force qu’elle n’en avait dans l’Ancien Testament( lévitique 19/20 « tu aimeras ton prochain comme toi-même ») principe d’harmonie entre les hommes,l’ouverture à l’Autre (avec un A majuscule) pour lui-même. Respect et Amour de l’Autre, mais aussi de soi-même, sont, faut-il le rappeler, les fondements de notre engagement maçonnique.
C’est le 3ème degré avec l’assassinat et la découverte du cadavre de Maître Hiram puis sa re-naissance sous les traits du nouveau Maître quimarque une transition dans cette symbolique des anciennes confréries de Bâtisseurs ouvrant sur des éléments majeurs qui caractérisent la démarche du 4ème degré. Le 3ème degré est un degré charnière car certes LVLS est toujours ouvert au prologue de Jean mais nous sommes presque,je dirai déjà dans le livre des Rois.

Reçu Maître Secret «  sous l’Olivier et le Laurier en passant de l’équerre au compas »,dans une loge en deuil je m’entends dire que je me trouve devant le Saint des Saints, où repose la dépouille de Maître Hiram, que c’est devant le Roi Salomon en personne que débute pour moi , la quête de la Vérité et de la Parole perdue. La construction du Temple est inachevée, le Roi Salomon va décider de la poursuivre.Pour continuer l’œuvre,le Roi Salomon désignera un nouveau maîtreAdoniram, fils d’Abda, préposé sur les impôts également préposé sur les hommes de corvée. (1 roi 4:6 et 5:14) assisté de six autres maîtres « admis au rang de Lévites ». Selon la Bible les Lévites sont ceux « qui appartiennent à Dieu » et qui officient dans le sanctuaire servant de médiateur entre le peuple et Dieu (entre le monde profane et la sainteté de Dieu). Selon le rituel ce sont ceux à qui on a remis une clé qui leur permettra d’ouvrir (dans quelque jour nous dit le rituel ) le Saint des Saints et d’en pénétrer les secrets ultimes, et à qui il a été révélé quelques uns des noms secrets de l’Ineffable.

La symbolique et les enseignements du grade du 4ème degré,s’inscrivent dans la continuité des grades précédents, excepté qu’il n’existe plus d’outils et ne s’organisent plus uniquement autour de la symbolique de la Lumière,mais de manière spécifique autour de la symbolique de la construction du Temple de Salomon,en lui donnant une dimension nouvelle. Très clairement le Temple, à la construction duquel le MS devra désormais se consacrer de toutes ses forces, n’est plus matériel, mais spirituel.
Sur l’autel des serments, le VLS est désormais ouvert par le Frère Expert au premier Livre des Rois qui relate la construction du Temple deSalomon, symbole de Paix, de Sagesse, de Justice etde Tolérance, il est avant tout symbole de l’Alliance que l’homme est invité à conclure avec le Divin. Ilnous rappelle que nous œuvrons à l’édification de notre Temple intérieur. Il nous appartient de réfléchir aux recommandations faites au Roi Salomon afin que notre quête spirituelle ne soit pas désordonnée nivaine.
Un vrai Roi est celui qui garde toutes les observances du Seigneur, marche dans ses chemins, garde ses lois , ses commandements , ses coutumes et ses exigences comme cela est écrit dans la Loi de Moïse(1Roi2:3)
Nous,Maîtres Secrets récemmentadmis, cettelégende et ses développements vont constituer la toile de fond de notre « nouvel apprentissage » qui doit progressivement nous amener à pénétrer
«  les hautes régions de la connaissance spirituelle »

Le roi Salomon fît un rêve dans lequel le tout puissant s’adressa à lui : « Demandemoi ce que tu désires et je te l’accorderai. » Roi 1/3,9.
Salomon ne demanda ni richesse, qu’ontles autres rois, ni un long règne ; il demanda, ce qui inclut tous les vœux possibles et en regard de laquelle rien d’autre n’a de valeur,« LA SAGESSE  »,le pouvoir de distinguer le bien du mal, pour permettre de juger avec équité. Ceci plut à YHWH car par cette demande Salomon aspirait à ce que son cœur s’ouvrît à la compréhension du cœur de chaque homme.
Le TFPM , dit avant de présenter la couronne au récipiendaire je cite « conformons-nous en toute circonstance au bien sans complaisance pour nos préjugés et nos intérêts. Souvenons-nous que les nobles pensées viennent du cœur et que l’accomplissement du Devoir exige souvent un sacrifice ».
Ainsi l’homme sage est celui qui discerne le bien du mal et qui consent à la Loi Morale.
L’ alliancecontractée par le M.S sur l’autel des serments et le Volume de la Loi Sacrée ouvert au livre premier des Rois vis-à-vis de ses Frères, de sa loge et du S C D Fpuis au cours des quatre voyages qu’il effectuera dans la loge , ou il découvrira la réalité dessentences, recommandations, obligations, constituant les fondements de sa nouvelle démarche spirituelle. Du travail opératif, que traduisait la devise « Gloire au Travail » le Maître Secret entre résolument dans le champ du spéculatif avec cet hymne au Devoir « toujours impératif comme la destinée…….aussi exigeant que la nécessité »cette alliancepeut-être comparée sur le plan symbolique, à celle de YHWH avec le roi Salomon impliquant ses droits et devoirs
Voici TFPM ma réflexion sur le passage le l’évangile de Jean au livre premier des Rois mes lectures m’ont amené sur ces trois livres que le roi Salomon auraient écrits et qui sont à mon sens en parfaite correspondance avec notre démarche peut-être même un mode d’emploi
(les proverbes, l’ecclésiaste,le cantique des cantiques, )

Les proverbes enseignentquelles sont les qualités qu’il faut développer en particulier l’amour de la sagesse et la recherche en toute circonstance du juste milieu.
L’ecclésiaste dit Qohèlethvanité des vanités tout n’est que vanité! Il dresse un constat tout est fumée, le bonheur, le travail,la sagesse, la vie, l’humanité, la famille, l’argent, la jeunesse, les jours de l’hommeoui dit-il tout est fumée. Salomon tente de décrire la condition humaine sous l’angle de ce qui se passe. Etat de fait indéniable et qui porte à conséquence pour la pensée et la conduite de l’hommeIl a compris que la Lumière est loin d’être acquise que le chemin de la perfection est individuel, long et semé d’embûches.
Les quatre motifs qui forment la trame du poèmeLe cantique des cantiques se retrouvent dans toute la Bible« la création, la chute, l’exil et le salut » ainsi le sens spirituel du Cantique est dans son sens littéral, décrivant l’amour humain dans le langage de l’amour divin pour demythifier l’amour païen.( Selon la bible TOB)

En conclusion
Nous pouvons dire que leNouveau Testament s’attache aux possibilités pour l’homme de trouver une issue vers la félicité (bonheur) .Enfin le prologue indique que cette démarche vers la joie est conforme au sensévolutif de la vie terrestre dans son intégralité. Sa signification ésotérique est donc claire, il donne les clés pour affronter le mystère de la mort et du sens de la vie.
Et que l’Ancien Testament parle de la souffrance liée à la chute et de l’avènement de la conscience. Il insiste surtout sur les efforts que doit entreprendre l’homme pour s’affranchir de cette dite souffrance.
Pour terminer Jean 1/17 «  la loi a été donnée par Moïse, mais la grâce et la vérité nous sont venues par Jésus »

J’ai dit TFPM

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