Le Sacré dans la croyance malgache
H∴ A∴
Deus meumque jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab Chao
Aunom et sous les auspices du Suprême Conseil de France
Liberté – Egalité – Fraternité
Trois fois Puissant Maître et vous tous mes Frères Maîtres Secrets,
Au moment ou l’éclat du jour a chassé les ténèbres, et la Grande lumière commence à paraître, je vous présente ma deuxième colonne gravée intitulé« le Sacré dans la croyance malgache ».
Partant de la définition de l’écrivain et sociologueRoger Caillois, le sacré est un phénomène à la fois existentiel et surnaturel, il justifie d’une expérience liée au quotidien comme il est lieu de la mystique la plus élevée.
Le sacré est pour l’initiéune expérience, d’ordre affectif, émotionnel. Celle-ci tendà se prolonger au Rite Ecossais Ancien et Accepté, en images, en symbole, en mythe que l’initié interprètera au grès de son élévation. « Cherchez la vérité et la parole perdu »représente laquête du Maitre secret auIVème degré. Lié cette quête au thème du « Sacré dans la Croyance malgache » nous semble complémentaire pour nous rapprocher de la vérité. Au Rite EcossaisAncien et Accepté, la croyance en un principe supérieur ordonnateur de l’univers rejoint celle de l’homme malgache inséré dans une nature organisée sous l’égide de Zanahary (le Créateur). L’essence précède l’existence : en cela, cette croyance « inné » malgacheest intimement liée au Sacré. Lecheminement éphémère de sa vie terrestre, le place dans une société hiérarchiséqui l’insère d’emblée dans un univers ordonné.Le devoir de l’homme consiste à respecter et às’insérerdans un univers dans lequel on vit, littéralement traduit en« tontoloiainana ».
La place de l’homme semble spécifique dans ce monde cosmique ,ordonné , en s’y insérant du mieux qu’il peut ,dans une continuité qui l’a précédé et qui se poursuit après lui. La frontière entre le profane et le sacré nedevient-il pasmince, dans la mesure ou chaque homme va s’insérer dans un monde ou l’invisible et le visible ne font qu’un ?« Ce qui en haut est en bas ». Le passage du profane au sacré se définit alors dansson intégration à un monde vertical, lui permettant d’accéder à l’invisible par l’intermédiaire de ses ancêtres L’ambanilanitra (sous le ciel) accède au lanitra (ciel) et vis versa en ne formant plus qu’un. Le Roi Andrianampoinimerina avant de quitter le monde visible a dit en s’adressant à un membre de sa famille « je ne serais pas loin, et t’adresserais parfois de mes nouvelles »
Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, l’initiation du latin initiatio (admission aux mystères), nous fait aussi penser au mot latin initium lequel a donné initialis c’est-à-dire commencement. Nous rencontrons là l’idée d’unétat originel : le cabinet de réflexion, un endroit sombre, lui permettant d’accéder à cette verticalité dans le silence. Il est symptomatique de retrouver un parallèle avec un autre site sombre : le tombeau familiale qui permet justement au mortel de « retrouver » ses ancêtres : des maillons primordiaux qui relie le profane terrestre aux hauts degrés de la connaissance céleste, permettant le passage temporel du présent au passé et vis versa. Ce lien sacré entre deux mondes s’explique parune préoccupationliée au mode de relation entre le visible et l’invisible. La relation de l’homme au Principe Créateur est perçue comme lointaine et existe de manière plus virtuelle que réelle, car le Principe Créateur n’est atteint qu’au terme de la chaine des maillonsintermédiaires (les ancêtres) qui nous séparent de lui et sont eux-mêmes mieux connus (verticalité ascendante). De même chacun de ses maillons permet la descente de la bénédiction ou fanambinana destiné à l’homme (verticalité descendante).J’oserais prudemment insérer Hiram, puis Adon Hiram comme étant les ancêtres communs de l’initié au Rite Ecossais Ancien et Accepté du moins jusqu’au quatrième degré.
Dans cette Ordre naturel, ou chaque homme reste à sa place puisque le monde visible est hiérarchisé, l’homme tient avant tout à respecter et à préserver l’harmonie de son environnement, s’il ne tient pas à attirer l’attention sur lui.Sa place s’inscrit dans l’organisation commune générale, le rang ou lahatralui permettant justement de remplir son rôle dans un monde hiérarchisé, afin d’éviter toute transgressions de l’ordre social lui-même sacré. Ce sentiment profond de la hiérarchie voit son poids atténué par des images empruntées au végétal : on dit « Manao saonjo mihaotra akondro » (imiter les taros qui voudraient dépasser en hauteur les bananiers)
D’un coté, les jeunes, de par leur inexpérience, n’ont pas droit à la parole, mais à des obligations les situant par rapport aux ainés, on dit « Ankizy lasa sakaiza ka milalao vovoka irery » Des enfants qui ont perdu leurs amis jouent tout seul dans la poussière, accentuantcette dépendance vis-à vis des ainés.
De l’autre, des ainés « gardien de l’ordre social », propriétaire du verbe, utilisé à bon escient en visant dans les discussions collectives la conciliation, la recherche de l’unanimitéet pour cela cherche à sonder les intentions des interlocuteurs ,à entrer dans leur propre argumentation ,qualifié de bonne et de vraie, pour s’en éloigner et introduire un point de vue personnel. La voie choisie est « d’exorciser » la menace d’affrontement, par l’utilisation de verbe conciliateur. Le choix de l’orateur parait primordial, l’ainé possédant les mots emprunts de sagesse. Une expression malgache aide à mieux comprendre le concept. Pour caractériser les personnes distingués par une forme d’élévation, on emploie l’expression « vato nasondrotry ny tany » (pierre, rocher que la terre à rehausser) souligne l’action dynamique venant du milieu naturel -la terre-, qui a poussé les hommes méritants à devenir des pierres élevés.
Chacun va doncréaliser son destin selon son rang, qui peut évoluer au fil du temps. Néanmoins, il le fera avec prudence, au moment opportun.
Selon un proverbe « ataovy toy ny vary, tsy vitan’ny efa mijoro, fa miondrika indray hila saina » (Fais comme le plan de riz, non seulement, il s’est tenu droit (debout), mais ensuite, il courbe la tete, pour mieux réfléchir), c’est-à-dire, le jeune plan de riz se dresse droit tant qu’il n’est pas chargé de grains, ce n’est que dans sa maturité ,ployant sous le poids des épis lourd de promesse, qu’il se courbe dans une posture plein d’humilité.Hasina ?
Dans ce monde sacré, l’insertion dans l’ordre du monde, s’effectue en apprivoisant le temps et l’espace.
L’aménagement intérieur de l’habitat rectangulaire, délimité parquatre (4) façades muralesintérieures réparties autour du pilier centralreflète parfaitement ce besoin d’ordonner le monde visible, selon un schéma cosmologique bien précis. Les malgaches créent leur propre cosmos à l’intérieur de leur maison, dans laquelle chaque etre, chaque chose a sa place qu’il convient de respecter. Les outils sont entreposés au nord ou, les hôtes sont accueillis. Les portes et les fenêtres se situentà l’ouest, le sud reste le lieu des humbles, le Nord-est est considéré comme un espace Sacré tandis que le Sud-ouest estlié aux profanes.
L’habitat mesure aussi le temps. D’une part,la lumière représentée par le soleil, parcoure un itinéraire d’Est en Ouest englobant les différentes parties du foyer. De l’autre, le piquet central, dressé verticalementfonctionne comme un cadran solaire en mesurant la latitude du lieu, ainsi que solstices et durée de l’année.
Cet itinéraire et cefractionnement du temps se fait ainsi, en utilisant le mot andro et qui concernent les parties précises de l’architecture de la maison et le mitaotaovovonana, le moment central de la journée : le zénith.
Les premières lueurs du jour, vaky masoandroou encore l’œil du jour éclot : les premiers rayons du soleil touchent l’ouverture pratiquée au coin nord-est de la maison entre le toit et la charpente.
Au moment du grand jour, lorsque le soleil brille (moment se situant entre 9.00 et 10.00), atoandrobenanahary ouau moment du plein jour de soleil.Le soleil continue sa course et touchela panne faitière intermédiaire haute, puis survient Midi au moment ou le soleil est au zénith, juste au dessus du pilier central mitaotaovovonana, le soleil à l’aplomb de la panne faitière .Jusqu’à midi, la maison est donc protéger du soleil dont les rayons du soleil sont trop puissantes et parcourt la maison à l’extérieur. Symboliquement, c’est le moment ou l’homme « relie la terre au ciel » grâce au pilier central .IL représente le point d’équilibre au moment ou le foyer absorbe le maximum d’énergie grace au pilier central, qui la concentre et qui la distribue. Dans l’après midi , le soleil s’insère à l’intérieur du foyer mitsidikandro par la porte et les fenêtres -à l’ouest- , puis le sud-nous sommes à la moitié de l’après-midi (15.00) , puis le jour décline tolakandro ou folakandro ,le soleil continue sa progression dans la maison ,puis ce sont les derniers rayons avant le couché menamasoandro l’œil du jour rougeoie. Le maitre secret dira à la fin du jour.
En conclusion, on assiste à une personnification du foyer et à une assimilation de l’homme à son foyer, puisque le foyer relie le ciel à la terregrâce au pilier .Le foyer capte la lumière solaire et l’homme que l’on peut assimiler au pilier central reçoit la lumière à la verticale.
Ce pilier est aussi, l’interprétation symbolique de l’homme de Vitruve dessiné par Leonard De Vinci, avec les deux bras et les deux jambes écartés rejoignant les 4 angles du foyer.
L’immixtion du Sacré dans le monde visible semble naturel : croire en un au-delà, qui le dépasse favorise sans doute l’élévation spirituelle au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté du maçon travaillant en notre Orient.
Trois fois Puissant Maitre, j’ai dit