Vérité et Justice pour le Maître Secret
J∴ A∴
A LA GLOIRE
DU GRANDARCHITECTE
DE L’UNIVERS
ORDO AB CHAO, DEUS MEUMQUE JUS
AU NOM ET SOUS LA JURIDICTION DES SOUVERAINS GRANDS INSPECTEURS GENERAUX DU 33EME
ET DERNIER DEGRE DU RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE POUR LA FRANCE
Trois fois Puissant Maître et vous tous mes Frères Maîtres Secrets
Vérité et Justice pour le Maître Secret
ORDO AB CHAO, DEUS MEUMQUE JUS
AU NOM ET SOUS LA JURIDICTION DES SOUVERAINS GRANDS INSPECTEURS GENERAUX DU 33EME
ET DERNIER DEGRE DU RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE POUR LA FRANCE
Trois fois Puissant Maître et vous tous mes Frères Maîtres Secrets
Vérité et Justice pour le Maître Secret
Lors de la cérémonie d’élévation au 4eme degré du REAA. deux mots ressortent avec force pour le Néophyte.
Le premier « Vérité » qui est prononcé dans le deuxième voyage, le second « Justice » qui lui est prononcé dans la sentence du quatrième voyage.
Je vais maintenant vous parler de :
« Vérité et Justice pour le Maître Secret »
Après avoir entendu lors du premier Voyage que La Maçonnerie a tiré l’initié de la servitude et de l’erreur, le Trois Fois Puissant Maître ordonne :
Ne profane pas le nom de « Vérité » en le donnant aux conceptions humaines!
Dans ce voyage, le Trois Fois Puissant nous met en garde contre le risque de ne pas comprendre que nous sommes trop souvent abusés par nos sens et notre interprétation humaine de notre environnement.
Dans la Loge nous n’avons plus de repère.
La disposition de l’atelier est totalement différente de celle qui nous était familière dans nos ateliers symboliques
Nous avons basculé dans une autre dimension.
Dans cette déambulation autour de l’axis mundi, nous quittons un endroit qui était confortable, le notre, le monde de la materia prima, le monde de la Terre.
Autour de cette axe qui unit la terre au ciel nous sommes dans un cheminement Vérité, Justice Amour.
Accepter la Lumière est lucidité et non observer des illusions, les reflets, la maya.
C’est un choix de » la Voie de la Vérité et de la Vie « .
Le nom de « Vérité » représente la source et le but de toute chose, attention de ne pas le profaner.
La Vérité n’obéit pas et c’est par quoi elle est libre. Elle ne commande pas non plus.
La Vérité rend libre.
Ce chemin vers la Lumière, la Vérité et la Justice libère.
Le Maître Secret prend conscience de cette liberté retrouvée.
Mais attention il ne s’agit en aucun cas de penser détenir la vérité.
Nous savons comment, à partir d’un discours idéologique sur la recherche de la vérité, on prétend la faire, la détenir, la justifier et la dogmatiser.
Nous avons alors la plus grosse dérive : au nom d’une vérité détenue par nous même, on risque d’arriver au totalitarisme.
Aimer la vérité, consiste à reconnaître qu’on ne la connaît jamais complètement.
La progression vers le vrai, la vérité, ne peut se faire que dans une remise en question permanente de toutes nos certitudes et ceci à travers un échange régulier avec les autres Initiés.
C’est là un des nombreux paradoxes devant lequel se trouve le Maître Secret.
Pour sortir de cette contradiction apparente, il s’agit, pour nous, avant tout de s’exprimer. Chacun alors est convaincu d’avoir raison, mais comme il ne peut en aucun cas le prouver, il est alors à égalité avec l’autre qui ne peut pas non plus le convaincre avec preuve et certitude de détenir la vérité,
D‘ou les grands débats philosophiques permanents avec des auteurs comme Montesquieu ou Voltaire,
Voltaire ne disait-il pas ?
« Nous sommes tous pétris d’erreurs et de faiblesses ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c’est la première loi de la nature. »
Nous sommes bien là au coeur du problème.
L’homme ne peut pas vivre en dehors du concept de vérité.
C‘est pour cela qu’il erre toujours entre deux risques extrêmes
Soit le totalitarisme matérialiste, soit les intégrismes religieux.
Un Maître Secret reconnaît les limites.
il sait qu’il ne sait rien, mais il s’en glorifie.
Il sait simplement dans le secret de son coeur qu’il est en chemin.
C’est par ce processus permanent de dévoilement revoilement qu’il sait qu’il progresse sur le chemin vers la Vérité qu’il ne peut jamais connaître ni définir complètement.
Il sait qu’il ne peut définir et transmettre que ce que l’autre sera apte à comprendre dans sa recherche et son cheminement personnel.
Nous entrevoyons l’importance de tous les degrés nécessaires à notre progression à l’aide du REAA.
Mais revenons à ce nom de « Vérité » il est écrit avec une majuscule, il fait penser à la Transcendance, au Principe Suprême,
Le Maître Secret revint sur terre. Il devra toujours apporter la Lumière à ses Frères.Spinozanous dit :
« De même que la lumière faitparaître elle-même et les ténèbres, de même la vérité est sa propre norme et celle du faux. »
« Notre esprit, en tant qu’il perçoit les choses dans la vérité, est une partie de l’entendement de Dieu ».
La notion de Vérité, est donc liée à la notion d’éthique et à la notion de tolérance.
Le Maître Secret est dans une démarche ésotérique, une connaissance de soi-même afin de comprendre l’Univers,
« Nous connaissons la vérité, non seulement par la raison, mais encore par le coeur; c’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes, et c’est en vain que le raisonnement qui n’apoint sa part essaye de les combattre. » (Blaise Pascal)
« Le vrai et le ;aux sont des attributs de la parole, non des choses. Et là où il n’y a pas de parole, iln’est ni vérité ni fausseté, «
La Parole est perdue, le mot est substitué, mais c’est par la parole que le Maître Secret nomme et
transmet erreur ou vérité.
Nous voyons combien le Silence est important.
Nous voyons que le Sceau du Secret est nécessaire avant d’avancer sur le chemin de la Perfection.
Citons Saint-Exupéry :
« Dans le silence seul, la vérité de chacun se noue et prend ses racines »
C’est donc très important d’entendre :
« N’accorde à qui que ce soit une confiance aveugle mais écoute tous les hommes avec attention et déférence ; aie la ferme résolution de les comprendre ; accueille toutes les opinions, mais ne les déclare justes que si elles apparaissent telles à ton examen propre,
Ne profane pas le nom de « Vérité » en le donnant aux conceptions humaines. »
La Justice
La Justice fait partie des quatre vertus cardinales que sont la Justice, le Courage, la prudence et la tempérance. Ces vertus ne peuvent être d’ailleurs dissociées, à mon avis, des trois vertus théologales que sont la Foi, l’Espérance et la Charité.
Si l’on peut facilement comprendre ce que sont les 3 autres vertus cardinales, la Justice, elle, pose la question de son contenu et de sa définition.
En effet le nom de « Justice » s’applique à la fois à une vertu morale et à une institution de l’homme pour l’homme.
L’homme fait tout d’abord l’expérience de l’injustice et c’est cette impression d’injustice qui lui donne la notion de justice. Ce sentiment d’injustice sert de révélateur et oblige l’homme à chercher à progresser et à se remettre en cause.
Cette prise de conscience de notre imperfection nous entraîne à rechercher une amélioration permanente pour nous-mêmes ainsi que pour notre environnement.
Cette impression de l’injuste vient très vite chez l’enfant.
Freud et à sa suite de nombreux philosophes tel Serge Lebovici ont très bien décrit le processus,
Cela se traduit par un double transfert, d’abord de l’injustice vers la culpabilité puis de la culpabilité vers le besoin et la nécessité de jugement pour rétablir l’équilibre,
Il y a prise de conscience.
Le coupable mérite punition.
On ne peut être juste seul; on est juste à l’égard d’autrui. Dés lors, la justice ne peut se trouver que dans le lien à autrui. La justice est donc une obligation puisqu’elle constitue un lien entre les individus. Ne devient juste que ce qui est juste aux yeux de sot et de l’autre,
La justice n’est donc pas donnée, immanente, naturelle. Elle est réaction humaine, constituant un ordre humain des choses. La justice est une victoire de l’homme sur lui-même.
Elle est ce qui fait qu’une société persiste et s’améliore.
Un ordre social qu est ressenti par la majorité comme injuste ne peut se maintenir que par la force et le despotisme,
Car seul la justice garantie la légitimité du lien social et justifie les privations que l’individu consent à l’ordre social.
Cela ne peut durer et ce besoin de justice immanente crée les éléments nécessaires à la modification et à l’amélioration de la société. L’homme est caractérisé par le désordre de ses passions. Elles doivent être ordonnées et vaincues. C’est seulement l’impression de justice qui pourra le permettre.
La justice n’est jamais parfaite puisqu’elle est compromis entre deux personnes qui n’ont pas le même ressenti,
Vaut-il mieux subir l’injustice que de la commettre? Pour Socrate la justice est connaissance en ce qu’elle n’est pas seulement une forme de justice envers autrui ou même envers soi-même, mais plus fondamentalement une forme de justice établie en soi-même, qui détermine la nature même du caractère moral.
Apparaît alors la notion de remords et donc de châtiment intérieur par prise de conscience et atteinte de l’âme,
C’est dans l’expérience quotidienne de la justice que la question et la réponse proposées trouvent leur plus grande vitalité.
Mais l’homme juste existe-t-il ?
A-t-il le visage d’Abraham, ou bien celui d’Antigone ? Lorsque l’homme juste prend la figure du vengeur et pousse les méchants dans le précipice, il perd son innocence par son acte de justice même. Il n’est donc plus un homme juste.
«
L ‘oeuvre du, juste conduit
à la vie
mais ce que produit le méchant conduit au
péché. »
« Le juste est supérieur à ses voisins, car la voie des méchants les égare. »
« Quand les justes triomphent, c’est une grande gloire,
mais quand les méchants se lèvent, chacun se cache. »
« Le juste est supérieur à ses voisins, car la voie des méchants les égare. »
« Quand les justes triomphent, c’est une grande gloire,
mais quand les méchants se lèvent, chacun se cache. »
Le juste est éprouvé mais dans l’épreuve il doit comme Abraham continuer d’obéir à la loi.
Ce n’est pas dans l’au-delà que seront distribués des peines et des plaisirs; ce n’est pas dans l’au-delà que seront distribuées les récompenses c’est sur cette terre.
Le juste n’est pas dogmatique. Il ne peut être celui qui est persuadé de détenir la vérité et qui veut l’imposer à autrui.
Il est celui qui est sur le chemin de la Connaissance. Il est celui qui fait acte d’intelligence et qui cherche la Vérité.
« Ce que la Maçonnerie demande au Maître Secret c’est de promouvoir la Justice «
Le Maître Secret est tiré par le Maître de Cérémonie.
La Maçonnerie ordonne le Maître Secret, elle dirige ses pas,
Cette sentence est prononcée lors du quatrième et dernier voyage.
Cette sentence devient donc source et but de notre vie.
Voyons maintenant l’expression « DEUS MEUMQUE JUS »
Dieu et mon droit
MEUMQUE signifie« Et mon ». Cela prend ici toute son importance.
Ce mot latin marque le lien à Dieu et à la Loi Divine,
De plus le mot : « Justice », a pour racine latine justement le mot « Jus »,
La Justice que le Maître Secret doit promouvoir est en rapport direct avec son Devoir et son Droit d’enfant de la Lumière.
Ce Droit est conditionné au respect de la Loi Suprême, émanation du Principe Suprême.
Citons Armand Abécassis : » La Jérusalem messianique de paix et de justice, bien que modèle de la Jérusalem terrestre, actuelle, humaine, n’est que la condition de la Jérusalem divine où Dieu habitera, dans un Temple reconstruit de lumière et d’esprit »,
» La loi est l’expression du Principe_ Toute chose s’ordonne par lui. Il est Législateur Suprême. Toute législation existentielle qui est une émanation du Principe Suprême participe à l’ordre et à l’organisation du monde ».
« En contrepartie, toute corruption et toute altération du droit divin émanation du Principe entraîne la chute dans le chaos et la confusion »,
« Le monde contemporain succombe sous le poids des lois de toutes natures et avec elles disparaît la Loi divine ou tout au moins la relation de l’homme à la Loi divine ».
Ici et maintenant, nous devrions oublier toutes les approches humaines et procédurières qui font parties de la vie actuelle alors que les médias et l’actualité ne nous abreuvent que de cela.
L’ordre vient d’en haut et non pas d’en bas d’où la devise du Rite Ecossais Ancien et Accepté : « Ordo ab Chao ».
Ce qui est en bas est comme ce qui en haut dans l’ordre divin.
L’homme doit respecter la Loi Divine sinon il génère le chaos.
Le projet divin ne s’arrête donc pas à une société de violence.
Dieu cherche à utiliser des hommes de bonne volonté, justes et paisibles pour bâtir une communauté d’amour.
C’est alors que la loi sera accomplie véritablement. La société n’est pas le but ultime, c’est la communauté,
« Les processus de la justice ne sont que les voles empruntées par l’amour pour s’accomplir ».
L’homme est confronté dès sa naissance à l’injustice et c’est cette impression d’injustice qui lui donne le besoin et l’envie de justice
« Dans toute vie sociale organisée, l’établissement de la Loi ordonnant les rapports entre les éléments constitutifs d’un corps considéré doit être envisagé comme un acte essentiel dont l’aspect n’exprime, en fait, que la permanence des Lois universelles de la manifestation ».
La Justice devrait établir des rapports d’équilibre entre les Hommes. On n’est ni juste, ni injuste envers soi-même, mais si nous n’acceptons pas l’injustice faite à autrui, pouvons nous accepter celle qui nous frappe ?
Le besoin de justice divine, de l’existence d’un Dieu Grand Architecte de l’Univers, et de la plénitude de l’Un, n’est ressenti qu’à partir de ce sentiment contraire, c’est-à-dire qu’a partir de l’impression de subir injustice sur injustice depuis notre naissance physique jusqu’à la mort de ce corps qui contient tout le mystère.
C’est cette prise de conscience de notre imperfection qui nous entraîne à rechercher une amélioration permanente pour nous-mêmes ainsi que pour notre environnement.
Chercher Dieu et sa Justice, c’est d’abord entreprendre cette démarche vers la Connaissance et la liberté.
C’est se mettre soi-même en mouvement par les différents apports des autres Initiés, et lorsque nous serons à l’unisson, en vibration avec la Lumière divine promouvoir la Justice en accord avec la Loi divine.
L’Initié vit sa vie d’homme et il est donc obligé de faire des choix, d’avoir des pensées, de réaliser des actions et donc d’en assumer pleinement la responsabilité.
Le sentiment de Justice lié au devoir et au droit de chacun est alors relié inconsciemment à la notion de liberté.
Tout choix implique abandon de choix, toute décision implique prise de responsabilité et possibilité de jugement sur l’acte. Cette responsabilité de la prise de décision par des actes de volonté, est alors soumise au jugement de l’autre.
L’Image donnée par nous dans ce rapport à la vie et à la justice sera la résultante de la pensée de l’autre et ensuite de la pensée collective. « Au commencement était la Parole » nous dit Saint Jean, le mot grec Logos signifiant aussi intelligence, raison, c’est-à-dire lumière divine. A nous de la chercher et de retrouver la Parole Perdue.
Dieu n’est en rien semblable
à l’idée qu’on
s’en fait.
Nicolas Berdiaev
Nicolas Berdiaev
Chaque homme est créateur de sa vie. En même temps chaque Homme est créateur du monde.
Si l’homme veut un monde juste, il doit lui-même être juste et respecter la Loi qui régit l’Univers.
Promouvoir la Justice c’est tout d’abord se mettre en harmonie avec la Loi unique et multiple qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail. Il faut d’abord rejoindre le Grand Soi, le Un.
Par contre, si l’on s’enferme dans la facilité et que l’on revient vers le « petit moi Ego », l’on s’enfonce alors dans une attitude qui nous semble naturelle, de routine et d’ignorance, d’orgueil et de vanité, et peut-être de fanatisme. On perd alors le sens de notre origine divine, la parole est perdue, c’est alors babillements, Babel.
Par réaction la Justice est devenue la première des quatre vertus cardinales.
C’est le seul principe abstrait que l’Homme a voulu matérialiser et rendre concret.
Toutes les organisations progressives des sociétés ont nécessité ce besoin fondamental et organisationnel de la Justice, d’abord à travers l’Ancien et le Nouveau Testament « Œil pour Œil, Dent pour Dent », « Les dix commandements » Le monde grec, Le monde Romain, « Aime ton prochain comme toi-même ».
Nous pouvons constater les mêmes préoccupations dans l’ensemble des autres traditions : Orientales, Africaines (Dogon), etc.
La Justice est la seule notion subjective qui nécessite une organisation profane par un Ministère, un code, des lois, et une évolution par jurisprudence en des Lieux et temps avec des débats contradictoires. Elle doit suivre en permanence l’évolution de l’homme.
Elle doit essayer de s’inspirer de l’inconscient collectif.
Elle nécessite un rituelle et un décorum qui l’éloigne ainsi de sa dimension humaine de manière à donner l’impression d’impartialité et de justesse.
Nous sommes dans un système binaire avec l’obligation d’un être extérieure qui rend la justice afin de lui donner une valeur de référence et d’ordre. Cela devient alors un ternaire pour un retour à l’équilibre.
On voit, par là, combien le concept de justice est important pour l’Homme, l’inconscient collectif et le maintien des bonnes relations entre les personnes.
Déjà Moïse s’est trouvé devant ce paradoxe, à travers l’épisode du buisson ardent, sa redescente du Mont Sinaï et la nécessité de transformer une Justice Divine intraduisible en une justice humaine imparfaite, mais plus compréhensible par son peuple car devant être appliquée par des hommes pour des hommes.
La vertu de justice est comme la Lumière, elle ne peut s’exprimer, se ressentir, se dévoiler qu’à travers un chemin personnel et de lien à Dieu.
Un chemin est direct, c’est la Mystique, il est rapport direct à Dieu et ceci sans travail préalable.
Un autre chemin est le notre, c’est l’Initiation. II est chemin, modification intérieure, et sublimation par degré, palier successif. Mais il faut intégrer, comprendre, toujours avancer et ne jamais avoir peur ni redescendre.
C’est à ce titre que nous pouvons être libérés de l’ignorance et des idoles humaines.
II nous faut découvrir l’Idée sous le Symbole, à l’aide de notre intelligence naturelle.
Cette importance du besoin de Justice se retrouve dans la symbolique même reliée à cette vertu ainsi que dans la notion de « Juste ».
L’aigle porte en ses serres l’épée de Justice, autre symbole typique qui délie du monde profane.
La Justice est aussi souvent symbolisée par une femme et une balance.
Dans les lames du Tarot, la Justice, (VIII) maintient l’équilibre entre le Pape (V) et la Force (XI) l’équilibre rigoureux représente la loi même de l’organisation du chaos dans le monde et en nous-mêmes.
La Justice représente la Vie éternelle. Elle concerne l’âme, placée entre le corps et l’Esprit.
Notre Devoir de Maître Secret c’est de retrouver Binah et hokmah c’est-à-dire l’Intelligence divine et la Sagesse divine directement reliées à Kéther pour pouvoir Promouvoir la Justice de Dieu. Simone Weil précise : » Concernant les choses divines, la croyance ne convient pas. La certitude seule convient, Tout ce qui est au-dessous de la certitude est indigne de Dieu ».
C’est le rêve de Jacob, troisième Patriarche, à travers son échelle « dont le sommet atteignait le ciel et qui était fixée à la terre, parcourue par des anges qui montaient et descendaient » (Genèse 28, 12). Je noterai maintenant que cette révélation à Jacob n’a pu se faire que lors de son sommeil, c’est-à-dire dans un moment où il n’était plus en relation avec le monde profane, trompeur et illusoire. Il avait lâché prise et était inconsciemment relié à la Transcendance,
Ce lien au divin est hors du temps et de l’espace. Il se traduit par un besoin de justice divine, d’une reconnaissance de Dieu Grand Architecte de l’Univers, et de la plénitude de l’Un.
Cela ne peut-être ressenti qu’à partir d’une prise de conscience en face d’un sentiment contraire.
Il y a nécessairement révolte, incompréhension, retournement, prise de conscience, lâcher prise, et alors seulement évolution et percée de l’être.
Kalfried Graf Dûrckheim nous dit :
« L’être de l’homme rte s’éveille pas de lui-même,
mais échelon après échelon, par des réponses a des appels »
« La percée de l’être est une grâce; on ne peut pas la provoquer,
mais on peut préparer le terrain qui la rendra possible«
La transformation est parfois une catalyse foudroyante,
Dans le chemin initiatique elle est longue car elle est le résultat du rayonnement de la lumière émanant du Maître.
« L’être d’un homme est le mode par lequel il participe au grand ETRE dans sa Trinité, Plénitude, Ordre ou Unité ».
« Cette dimension de l’Expérience du Transcendant dépasse tout ordre existentiel ».
Cette Transcendance dans l’Immanence devient alors Amour puisqu’il y a fusion entre Dieu et l’homme et que Dieu est Amour.
On est alors dans un ordre divin le long de l’axis mundi.
On a ouvert la porte du ciel.
L’union du moi et de l’esprit devient alors non seulement possible mais elle est inévitable.
Dieu a créé l’Homme à son image donc l’Homme peut redevenir image de Dieu.
Dieu est amour. Le Plan de l’Univers est expression de l’harmonie et de l’Amour de Dieu pour sa création. La Loi originelle est une loi d’Amour et promouvoir la Justice devient alors à promouvoir l’amour.
C’est disparaître en temps qu’homme ignorant, afin de laisser la place à cette Amour qui ne cherche qu’a résonner en nous.
En esprit nous échappons aux limites spatiaux temporelles, en esprit nous sommes pur amour
Aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu.
Cet abandon ii Dieu est la porte que nous devons arriver à ouvrir pour trouver la passion et le bonheur.
Que cherchons-nous ? La Vérité, la Justice et l’Amour.
L’expérience de l’Amour équivaut à se laisser emporter par la rivière de la vie, une rivière éternelle dont le flot ne tarit jamais car notre recherche initiatique nous rapproche toujours de la Source. La Vie est amour et l‘Amour est vie.
Aussi je terminerai sur les paroles de Saint Paul : » Finalement, mes frères, que toutes les choses vrais, toutes les choses honnêtes, toutes les choses justes, toutes les choses pures, toutes les choses belles, toutes celles qui sont de bon aloi, vertueuses et dignes de louanges soient l’objet de vos pensées, (phi, 4:8)
J’ai dit Trois fois puissant maître.