Le tablier de Maître secret

Auteur:

F∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Chevaliers de San Real - Orient de Cognac

A L G A D L U
Au nom et sous la juridiction du suprême conseil national de France,
Des souverains grands inspecteurs généraux du 33ème et dernier degré
Du rite Ecossais ancien et accepté

Ordo Ab Cao Deus meumque jus

Un travail au demeurant si simple qu’il en devient complexe, tellement le champ des possibles compréhensions et interprétations est vaste, voir infinie…à l’image d’un astronome j’essaie d’observer l’évolution de l’univers maçonnique tentant de ne pas être happé par le trou noir de l’incompréhension, de me rapprocher de l’espace symbolique du temps qu’il me reste à exister sous ma forme actuelle. Difficile ! Mais loin de moi l’idée de rendre mon tablier. Je dois surement gravir plus de marches, rectifier mes pas, vers toujours plus de lumière, reprendre confiance.

Mes passages et élévations pourraient encore me laisser à penser que, le maçon a besoin de se distinguer par le port d’un costume ou d’attributs de différentiation…comme tout homme qui appartient ou prête serment à un ordre religieux, initiatique, militaire ou judiciaire, pour autant, est-ce l’attribut qui fait le récipiendaire ou bien le contraire ?

Loin de moi l’idée d’avoir considéré un jour que les décors en rapport au degré dont j’ai été jugé digne, puissent seuls être une quelconque forme d’accessit au summum de l’art sublime de la connaissance que je me dois de parfaire et compléter sans cesse…si je peux me glorifier de pouvoir m’élever plus encore, la difficulté d’une incompréhension à peine masquée me gagne…il n’y a plus aucun doute, ainsi qu’à mes premiers pas en maçonnerie…je dois réapprendre, et me taire comme au premiers jours.

J’apprends que je suis un Lévite…gardien du temple…serais-je tenter d’enfreindre la règle pour aller plus vite ? Et, à la manière des trois mauvais compagnons rentrer dans le Saint des Saint sans y avoir été invité et surtout jugé digne…

Redoubler d’écoute et d’observation, développer un travail d’introspection supplémentaire ou devrais-je dire plutôt complémentaire …suis-je capable d’approfondir pour atteindre le Saint des Saints…quelle gageure, approfondir… pour gagner la lumière…en serais-je jugé digne par le divin…ou plutôt m’en donnera-t-il la capacité ?

Un pan de la réponse tient en partie à l’observation des « décors » propres à notre grade…chaque objet, chaque symbole chaque parole sont porteur de messages subliminaux qu’il nous faut décrypter et observer ! Une question me taraude qui donc est à l’origine de ces symboles, comment, pourquoi et par rapport à qui ont-ils choisis ?

Il me faudra encore du Temps et de la patience pour percer ce secret, pour accéder à une prochaine étape essentielle, au perfectionnement ! Cette étape a- t-elle une limite intelligible à l’homme oui certainement, il s’agit de notre propre capacité de réflexion et de notre intelligence…quel qu’en soit le degré !

Tolstoi écrit, les deux guerriers les plus puissants sont la patience et le temps.

Alors, ceint d’un tablier dont l’ornementation et les signes distinctifs valident mon appartenance à un certain degré d’élévation et de connaissances que je considère toujours pour l‘heure de trop mal comprises, ou males mises en concordance avec l’idée que je me fais de la « parole perdue » …une forme de plénitude ou le doute n’aurait plus sa place.

Ce secret ne serait-il en fait, rien d’autre qu’une somme d’informations, un algorithme enfouis au fond de notre conscience, de notre âme, et qui ne demanderait qu’à surgir à la faveur d’un choc émotionnel ou d’une forte révélation induite par la concordance des travaux qui nous guident sur la Voie parsemée de symboles.

Est-ce dès lors que le maitre se « Créé ! » Mais, rien ne se crée tout se transforme.

Ce tablier d’un blanc immaculé, (une immaculée construction) peut être symbole du travail ou la transcription d’une indicible candeur due à notre rang de simple « humain », « ou peut être un simple rappel à la nature même du tablier, la blancheur de l’agneau (Jean Baptiste évoque l’agneau de dieu qui ôte le péché du monde) …de quels péchés dois-je me repentir…en ais je conscience,suis-je capable de les avouer, de les corriger et de les bannir afin de laisser une image du travail parfait. Ce travail de recherche permet-il d’expier ! Alors une lueur d’espoir me gagne…

Ce tablier bordé d’un ruban noir qui évoque le deuil qui nous frappe…pour l’éternité ! (l’ignoble crime perpétré contre Hiram).

Je m’interroge sur une question essentielle dans mon effort de progression, comment peut-on pardonner. Est-ce une clef de l’évolution ?

Surement, mais quel degré de connaissance et de compréhension faut-il avoir acquis ou plutôt, à quel moment de notre existence détient-on les clefs de la compréhension de ce mystère de l’ignominie et de la cupidité, pour l’expliquer et le pardonner ?

Ne sommes-nous pas nous-mêmes parfois traitres à nos engagements. Devrais-je pour autant ne plus accorder ma confiance, ne plus faire montre d’altruisme me couper du monde et du travail difficile et non moins nécessaire à mon perfectionnement. Dieu n’a-t-il pas pardonné ! Il m’appartiendra de graver au fronton de ma Conscience cet enseignement.

Ces symboles valident sans aucun doute la nécessité impérieuse d’étudier, de mieux comprendre, de transfigurer la symbolique et de la mettre en concordance avec le travail et l’observation du passé pour mieux cheminer vers notre présent !

On nous dit souvent que tout est dans le rituel, ce dernier est certes un guide, une table des matières d’où il convient d’extraire la métaphore des symboles, leur quintessence…mais ce que je vois n’est pas nécessairement ce que vous mes frères observez. Ce que j’observe en 3D, grâce à mes yeux et qui reste tant perfectible, n’est pas toujours ce que je crois ! Un œil sur fond bleu !

C’est au travers de ce « Seul » œil bienveillant (il est seul il est un il est unique) que j’imagine être une forme d’emanessence, un prolongement de ces rayons qui dardent l’univers et dont je dois être l’un des prismes pourvu que mes facettes soient en concordance. Un scintillement constant dans une mon cœur, plus surement dans le Saint des Saints, si je fais montre de probité, de travail bien compris et bien construit…en m’éclairant des enseignements de sagesse et de connaissance que je dois à mon tour faire rejaillir au-delà de mon être, au travers de mes actes.

Matthieu 5 et 6, l’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé, mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres !… Ou bien encore on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.

Et je mettrais encore ce passage en concordance avec le précédent.

Corinthiens (3:16-17) Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si donc quelqu’un profane le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et vous êtes ce temple.

Une branche d’olivier entrecroisée d’une branche de laurier ! En son milieu la lettre Z. L’une comme l’autre couronnait les vainqueurs. Ce symbole du tablier pourrait-il un jour devenir mon couvre-chef.

L’olivier est souvent cité dans la Bible. L’épisode le plus connu concerne le rameau d’olivier que la colombe de Noé tient dans son bec, marquant la fin du déluge et symbolisant le pardon de Dieu et la paix. Dans la nuit qui précéda son arrestation, Jésus choisit le Mont des Oliviers pour se recueillir et prier. L’olivier porte ainsi une notion symbolique de sacrifice.

L’olivier est symbole par excellence de nombreux cultes religieux, à la représentation multiple. L’image d’un jeune enfant, son huile qui réchauffe et éclaire, soigne, nourrit et parfume les mets, symbole omniprésent d’une forme de vie, mais peut aussi sceller l’Extrême Onction…l’olivier qui peut parfois vivre centenaire torturé sous un soleil de plomb, souffre en silence et croit longtemps, figurant ainsi la longue quête de la connaissance et du travail du maçon.

Le laurier.

Dans l’antiquité, il couronnait les vainqueurs. En plus de cette couronne, on leur offrait aussi de l’huile d’olive qui leur servait d’onguent pour soigner les blessures du corps…les mots soigneraient donc celles de l’âme ?

Les empereurs, Jules César et Napoléon I et III les rois Allemands en arboraient une. Signe suprême de leur aptitude au commandement.

L’une nourrit l’autre parfume, l‘une ordonne l’autre commande cela me parait être une certaine forme d’alliance divine et humaine à la fois.

Notre pouvoir d’intelligibilité, d’appréciation sera différent d’un être à l’autre…notre carte d’identité génétique, notre disque dur de la compréhension et de notre intelligence n’est certes pas ordonné de la même manière au commencement de ce que l’on connaît comme étant notre naissance. Et pourtant nous aspirons tous à une meilleure connaissance de notre être intérieur… Dieux nous aurait il fait si différent pour mieux entrer en compétitions ou bien nous donnerait il plus certainement certaines clefs partageables (ancêtre de la clef USB), interchangeables et cumulables. Créant ainsi un édifice de plus en plus inébranlable. C’est bien ce que je veux croire et que je voudrais qualifier de propre ordonnancement, « d’Ordre moral ».

Bienveillance, amour, connaissance et partage, doivent nous animer dans chacun de nos actes en loge et tout au long de notre vie certes.

Nos efforts doivent aussi servir à autrui et réciproquement. Servir à approfondir des connaissances essentielles à notre perfectionnement. Cette perception et ces connaissances souvent nous sont offertes par nos frères bien plus à même de rendre intelligible et de mieux expliquer l’ordre cosmique, l’ordonnancement des mots qui peut être conduisent plus rapidement à la parole perdue ! Peu importe que l’on aille vite ou pas, notre temps est ordonné par le grand architecte…il choisira !

Ces frères partageant leur travail de mois de semaines ou d’années, de parfois toute une vie, sont à même d’expliquer, de comprendre et d’interpréter des signes et des paroles qui semblent parfois tant abstraites et difficiles à transcrire par le plus grand nombre…à commencer par moi ! Loués soient mes frères qui m’épaulent et m’aident à comprendre sans peut être vraiment s’en douter.

Je dois donc suivre et ordonner ma conscience en tenant aussi compte des perceptions d’autrui…si non le simple fait de dire « je suis en accord avec ma conscience ne suffirait pas ! » Apaiser ma conscience, pour l’apaiser…il suffit de la faire croitre en beauté, tolérance et altruisme. C’est peut-être ainsi que l’on resplendit le mieux !

Aux yeux du profane les ornements pourraient à eux seuls laisser à penser que le maitre ceint du tablier propre à son degré de connaissance, est un parfait érudit dans son art ou, en passe de le devenir.

Ce tablier ne me semble rien d’autre qu’une passerelle entre notre degré antérieur et celui à venir ! Tout ce qui brille n’est pas d’or, l’habit ne fait pas le moine…ne jugeons pas un livre à sa couverture…c’est en ces termes que je me pose la question sur les fondements de la symbolique que j’arbore et qui m’entoure. Pourrais-je un jour les porter toutes en moi.

Au gré de l’enrichissement de ces connaissances, il me semble que parvenu à ce que j’aurais pu penser être le Pinacle de chaque degrés acquis, il me restera indéfiniment, dans cet univers de la connaissance, à découvrir et à comprendre bien d’autres planètes inconnues ou les découvertes s’annoncent encore plus fortes et nombreuses. Quels autres secrets le GADLU me réserve-t-il.

Me laissant aller à cette digression, j’imagine qu’il existe une autre transcription de ma connaissance. J’ose faire le « parallèle » avec tant de planètes encore inconnues et à peines âgées de quelques centaines de milliers d’années.

Le scientifique ne sait que les nommer mais toujours pas expliquer leur nature exacte, ni même leur origine. C’est ce que je ressens en tant que maitre secret, j’ai acquis un degré, on m’a remis des clefs, je détiens des mots de passe, je commence à gagner en Age, j’amasse dans ma bibliothèque intérieure encore désordonnée, mais ne peux toujours pas canaliser le fil d’Ariane qui lie mon âme au divin.

Pourtant, les galaxies, les planètes et les étoiles étaient déjà connues observées et étudiés depuis l’antiquité et bien avant…guidant les uns et honorant les autres. Mais comment en avaient ils acquit la connaissance ? Ces mêmes observations ne nous sont aujourd’hui possible que grâce à une étude scientifique et technologique avancée… à quels autres secours que la transmission, l’observation, le travail et la curiosité faisaient-ils donc appel si non à l’intelligence aidée du secours divin. Alors en quoi notre recherche personnelle à – t – elle évoluée, …en tentant de repousser plus loin les frontières connues de l’Univers ne sommes-nous pas en train de rechercher différemment une forme de la parole déjà perdue.

La F M ne serait-elle pas une forme de Big Bang de l’humanité sachant sublimer le sens du Divin à la conscience de l’homme !

Je ne veux pas acquérir pour mieux comprendre mais comprendre pour mieux acquérir. Et être plus érudit pour mieux percer le sens du Devoir. Ainsi que j’ai appris à tailler ma pierre et la polir, je crois qu’il convient aussi de la lier aux engagements communs pris successivement au fil de ma vie maçonnique, afin de laisser dans le temple de la connaissance une œuvre plus aboutie.

Alors cet emblème du maçon, accompagné d’un talisman, cette clef qui nous permet « d’y voir » et de transcender le maitre secret me rendra peut être apte à transformer le gardien des abords en celui du Saint des Saints.

J’ai dit T F P M

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