Le Voile, la Corde et le Flambeau

Auteur:

F∴ K∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
Trois Fois Puissant Maître


Très Illustres Frères


Et vous tous mes frères Maître secrets en grades et qualités


Lors de l’initiation au 4e degré et plus précisément avant le début des voyages symboliques, le TFPM donne l’ordre suivantau frère M.°. des C.°. :



« Maître des cérémonies, faites abandonner le signe du secret aux Vénérables Maîtres, unissez-les à vous par la corde symbolique ».



En exécutant l’ordre, le maître des cérémonies passa autour du cou de chacun des récipiendaires la corde à nœud coulant et les plaça en file indienne, chacun tenant de la main droite l’extrémité de la corde du frère qui le suit. 



Ainsi, le visage recouvert d’un voile noir transparent avec une petite équerre d’argent centrée sur le front, une corde à nœud coulant autour du cou, nous avions poursuivi nos voyages symboliques.



Pourquoi la corde qui nous enserre le cou comme les anciensesclaves qu’on entraîne de force vers le bateau qui devait les amener ?



Pourquoi un flambeau à la main et un voile comme si on me cachait quelque chose, une chose que je ne devais pas voir clairement ?



J’étais perplexe et me posais de multiples questions en débutant ces voyages symboliques, car je me sentais parfois humilié et en même temps soulagé par la présence des frères dans le temple.



Ils avaient tous subi par cette épreuve, ce qui me réconfortait. Alors continuons me disais je.



C’est avec ces trois objets que j’ai effectué les voyages symboliques, l’esprit submergé de foules de questions.



Ces trois objets constituent le sujet de ma planche intitulée :


«Symbolisme de la corde, du flambeau et du voile portés par le récipiendaire au 4e degré », que j’ai l’honneur de vous présenter ce midi.



Je conduirai mon développement en deux points ;



1-Les Trois Objets


2-La portéesymbolique de ces objets.



1 –Les trois Objets


1.1 La Corde



La corde est un lien qui entrave ou unit selon le cas. Au premierdegré, le frère expert nous passa la corde au cou après notre méditation dans le cabinet de réflexion, avant notre entrée dans le temple, et le bout de cette dernière retombait librement sur notrepoitrine.



Cette corde nous fut enlevée avant le début de l’épreuve de l’air.


Lors de nos trois voyages symboliques de l’initiation au premier degré, le frère expert nous tenait parfois par les mains, symbole de corde.


Au cours des Voyages symboliques au quatrième degré, la corde nous enserre le cou comme des bêtes qu’on amène à l’abattoir.


J’effectuais les voyages dans une cécité partielle ponctuée de coup de maillets et de mise en garde. J’étais obligé de suivre celui qui est devant moi. Je n’ai pas la liberté de faire ce que je voulais.



Je suis uni à l’autre. Cette corde pouvait m’étrangler puisque à un moment donné des voyages symboliques j’ai entendu le Trois Fois Puissant Maître, mettre en garde le frère expert de ne pas trop presser les pas des récipiendaires au risque de les étrangler. Ma liberté de maçon est entravée par cette corde à nœud coulant.


Je ne suis plus maître de mes mouvements. Si je ne suis pas les autres, alors l’étranglement me fera subir une contrainte.



Ceci me fait penser également à l’esclavagisme, l’homme captif incapable de se défaire de ce lien(la corde) immérité. C’est la corde de l’animal qui ne peut choisir sa voie et doit subir celle que l’homme a décidée pour lui.



Et ce nœud, comme ceux des alpinistes m’irritaient le cou, est un nœud coulant qui me rappelle certaines traditions où l’homme vit une corde au cou avec nœud coulant, qui à sa mort le libère s’il est juste, et l’entraîne en enfer s’il ne l’est point.



1.2Le flambeau.



Selon l’encyclopédie, le flambeau désigne une torche de résine ou de cire, une chandelle à une ou plusieurs branches. Dans certains villages reculés ou l’électricité n’est pas implantée, les gens continuent de se déplacer la nuit avec une bougie ou une torche à la main. D’autres chassent le gibier munis de torches.



Et je retrouve souvent ce flambeau dans certaines cérémonies telles quela messe, célébrations de mariage, dîners etc…. Ici je me rappelle de la statue de la liberté à New York, main levée, portant un flambeau.



Le Vénérable Maître entre dans la loge précédé du frère Maître


des cérémonies munis d’un chandelier à trois branches.



Nos travaux sont ouverts avec l’allumage des étoiles posées sur le plateau du Vénérable maître.


Les trois colonnes, qui entourent le tableau de la loge, sur les lesquelles sont posées les étoiles sont allumées à l’ouverture des travaux.


A ce grade, la différence que j’ai constatée, c’est que les bougies sont de couleur noire, alors que dans les grades précédents elles sont de couleur blanche.



A la fin des voyages symboliques, j’ai prêté le serment avec une bougie (flambeau) dans la main gauche et la main droite posée sur le volume de la loi sacrée ouvert à la première page du livre des Rois sur laquelle est posée une clé d’ivoire dans le panneton porte la lettre Z.



Ce flambeau éclaire une page spécifique de l’ancien testament, la première page du Livre des Rois qui intronise Salomon en tant qu’édificateur du Temple dédié au Grand Architecte de L’Univers.



Tout est symbole dit-on en maçonnerie.



1.3Le Voile



Au premier degré je fus introduit dans le temple les yeux bandés et je ne voyais rien.


Au quatrième degré, je distinguais à travers un bandeau qui me voilait la vue.


Je titubais puisque je ne voyais pas bien et comme le déclare le trois Fois Puissant Maître.



« Nous savons qu’en obtenant les degrés de Compagnon et de Maître, vous avez acquis deux degrés d’instruction. Mais cette instruction n’est pas complète, pas plus que n’est complète la perception de la lumière à travers le bandeau symbolique posé sur vos eux. De même que vous ne voyez pas bien, vous ne comprenez pas bien».



Au premier grade, j’ai prêté le serment sur les Trois Grandes Lumières de la franc-maçonnerie dont l’équerre, le compas et le volume de la loi sacrée.



L’équerre représente la rectitude nous a-t-on appris en tant que néophyte.



Au deuxième grade nous la retrouvons (équerre) au cours du quatrième voyage d’instruction portée dans la main gauche. Elle sert à éprouver la pierre cubique afin que celle-ci puisse s’ajuster aux autres pierres avec exactitude.



Pour le MS, elle se trouveau milieu du voile, centrée sur notre front.


C’est est un outil de vérification des angles à 90 degrés. Elle inspire la droiture dans nos pensées et dans nos actions.



Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes Frères Maîtres secrets, je vais vous relater mes sentiments (les aspects négatifs,mon ignorance, mes incompréhensions,) tels que je les ai vécuslors de mon initiation au quatrième degré.



Permettez-moi après recul, et grâce aux instructions reçues du catéchisme, de vous présenter ce midi ma compréhension du Symbolisme de ces trois objets à savoir : la corde, le flambeau et le voile.



2 La portée symbolique des trois Objets


2.1La corde



Comme je le disais tantôt, la corde qui entrave, unit également selon les cas. Dans ce cas d’espèce, cette dernière est un lien qui nous unit aux autres frères. 


Question : « Quel est le lien qui nous unit ? Réponse : La franc-Maçonnerie » fin de citation.


Ici cette corde me fait penser au cordon ombilical qui nourrit et distille les éléments vitaux avant que sa section ne provoque la libération et l’autonomie c’est-à-dire une nouvelle naissance. Début d’une nouvelle vie. Mais attention noué autour du cou du nourrisson ce dernier peut être fatal.


Après tout, ne serait-ce pas ce cordon qui nous lie au frère Maître de Cérémonie, avant le passage à un nouveau stade.


Je tenais cette corde par le bout donc je suis le décideur, c’est moi qui dirige celui qui me suit. Je ne dois pas le lâcher au risque de trébucher moi-même, entraînant ainsi dans ma chute les autres.



Le frère Maître des Cérémonie nous tient aussi par cette corde et nous guide. N’est-ce pas un guide sans lequel nous pouvions nous égarer ?


N’est- ce pas aussi l’union qui doit régner entre les frères ?


A ce stade, je ne suis plus seul. La corde permet à l’initié que je suis de prendre conscience, que mon chemin de progression ne peut plus être strictement individuel.L’initié, que je suis, se dirige alors vers une libération tendant à réduire l’écart entre ce que je suiset ce que je peux doit être. Mais comment me débarrasser de ce lien qui me lie encore aux choses de la terre, les métaux. Comme il est parfois facile de faire son devoir que de le reconnaître.


Questions : « Que cherchiez- vous au cours de vos voyages ?


Réponse :La vérité et la parole perdue


Plus loin 


Question : L’avez-vous  retrouvée ?


Réponse : « Non, mais je viens me joindre à vous pour y travailler en suivant scrupuleusement la route du devoir ».


Permettez-moi ici de m’attarder un peu sur ces deux mots : scrupuleux et Devoir. Sans perdre de temps dans des explications de ces deux mots, je dirai tout simplement que je dois suivre impérativement les autres (ce lien qui est cette corde) en respectant les injonctions prescrites. La route de la vérité est longue, sans le secours des frères qui est symbolisé par ce lien qui nous unit, je risque de m’égarer.


« La route du Devoir mène sûrement à la vérité. Mais cette route est longue et difficile et, parce qu’il tente de l’abréger en prenant des raccourcis, l’homme s’égare dans le labyrinthe de l’erreur ».



Ainsi parla le Trois Fois Puissant Maître à notre endroit, détenteur de la clef, au moment de contracter le serment.


Est-ce, parce que cette route de la vérité est longue et seméed’embûches,qu’on nous a munis de flambeau pour nous éclairer un peu plus ?



2 .2Le Flambeau



L’encyclopédiedonne un second sens au mot flambeau celui de la lumière qui guide. L’expression « se passer le flambeau » signifie transmettre la tradition.


La Franc maçonnerie a sa propre méthode de nous transmettre le savoir.Rappelons-nous ici de cette réponse du catéchisme de l’apprenti : « Au langage symbolique employé par la franc-maçonnerie. Le sens ne s’en discerne que progressivement et l’initié, au début de sa carrière, épelle avec difficulté ce qui plus tard fera pour lui l’objet d’une lecture courante ».



Le flambeau représente ici la lumière qui est en nous et qui a besoin de rayonner de plus en plus fort. Comme le dit Irène MAINGUY : « Le récipiendaire porte en lui-même sa lumière, même s’il ne le distingue qu’imparfaitement ».



Le flambeau rappelle qu’il détient un fragment d’une étincelle de vraie lumière dont il est le gardien ».


M’unissons-nous de la persévérance pour faire rejaillir cette lumière qui est en nous pour triompher des trois mauvais compagnons.



Cette lumière doit être notre guide sur le sentier de la parole perdue. Ce flambeau est déjà en nous, il nous suffit de le réactiver sans attendre et que commence maintenant la marche ascendante qui fera de nous les adeptes et les apôtres de la vérité.



Faisons de cette fable de LA FONTAINE notre maxime « Creusez, Fouillez, Bêchez, ne laisser nulle place où la main ne passe et ne repasse, un trésor est caché ». Fin de citation.



Pourquoi nous complique-t-on encore la tâche en nous voilant la vue ? Disposant d’un guide qu’est la corde, et d’un flambeau, nous pouvons poursuivre le « voyage ». Alors que, encombré de voile nous risquons de trébucher.



2.3Le Voile



La catéchisme du premier degré nous en dévoile le sens.



« Telle la lumière que vous portez et que vous ne voyez qu’imparfaitement au travers du bandeau qui trouble votre vue, la Vérité est une lumière que l’homme perçoit plus ou moins confusément. Elle peut pourtant se révéler dans tout son éclat à celui qui veut ouvrir les yeux et regarder. ».



A ce stade je ne suis pas privé de la vue mais je dois écarter ou soulever le bandeau pour mieux voir. N’est-ce pas ce qui est déclaré dans ce propos du catéchisme à savoir au quatrième de degré où se poursuit le drame d’Hiram ? Le drame de l’esprit et de l’intelligence créatrice aux prises avec l’ignorance, le fanatisme et l’ambition démesurée. Un peu plus loin, le Maître Secret doit combattre en lui-même toute trace de ces trois défauts, dont la maîtrise peut ledébarrasser du bandeau qui voile sa vue, symbole de l’ignorance, des préjugés et des superstitions.



IRENE MAINGUY disait, dans « La symbolique maçonnique du troisième millénaire », ce qui suit :


« Le voile peut symboliser le voile de chair, celui de l’illusion qui couvre toute âme insuffisamment éveillé…Toute vie doit passer par l’obscurité de la mort pour renaître vers l’illumination progressive des couleurs que le blanc synthétise ».



Quant à l’équerre posée sur notre front, le catéchisme nous révèle « Quelle vous rappelle aussi que vous êtes passés de l’équerre au compas, des lignes et des angles par lesquels le géomètre mesure la surface de la terre, aux courbes et aux cercles, par lesquels l’astronome mesure le mouvement des astres. Vous commencez maintenant à pénétrer dans les hautes régions de la Connaissance spirituelle ».



L’équerre est un outil de vérification des angles à 90 degrés. C’est en formant cet angle que se pratique la marche de l’initié dans les loges bleues. Elle correspond à la quête de vérité du maçon qui va de l’occident à l’orient, allant d’un point à un autre, des ténèbres à la lumière.



Selon Irène Mainguy, dans un sens symbolique général, l’équerre d’argent correspond à la sagesse divine et à l’intuition dirigée vers


la connaissance de soi. « Connais-toi toi-même et tu connaîtras


L’univers et les dieux », disait SOCRATE.



Ceci me rappelle que l’esprit doit dominer la matière et surtout désormais que c’est notre esprit qui doit guider notre travail et cela avec la rectitude de l’équerre c’est-à-dire en passant de l’équerre au compas.


Ce passage du rituel me rafraichit encore la mémoire :


« Que cette équerre qui fut posée sur votre front vous rappelle toujours que vous devez marcher droit devant vous et ne pas vous laisser entraîner dans les sentiers de l’erreur ». Fin de citation.



CONCLUSION



Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes frères Maître Secrets en vos grades et qualités.


Aux aspects négatifs, je veux dire ici ce que je subissais au cours de l’initiation, sans comprendre le fond, se substituent alors les aspects positifs c’est-à-dire le symbolisme que j’en déduis.



Après tout, n’est-ce pas, le but recherché en nous réunissant pour travailler en commun.



Nous avons été, le cou enserré d’une corde, la vue voilée, munis d’un flambeau pour nous montrer le chemin.


Nous venons de renaître à une vie nouvelle.


A nous maîtres secrets de nous libérer des entraves et des illusions qui sont un obstacle au travail. Méfiance et prudence, mais aussi discernement sur nos choix à faire entre plusieurs opinions.



Nous sommes appelés dorénavant à chercher à rapprocher ce qui peut relier les innombrables conceptions humaines dans leur Unité originelle autrement dit rassembler ce qui est épars.



Ces voyages symboliques nous invitent également à avoir un nouveau regard sur l’univers comme le dit le rituel « Quelle admiration que vous inspire le spectacle de l’univers, du macrocosme au microcosme, souvenez-vous que vous l’admirez qu’en proportion de votre faiblesse en présence de son immensité. Il n’y a de réellement admirable que la loi universelle qui régit toutes choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail ».



Les voyages nous rappellent aussi que rien ne peut être entrepris sans l’amour de la justice.


Trois Fois Puissant, Très Illustres Frères, et vous tous Mes Frères Maîtres Secrets en vos Grades et Qualités.



J’ai dit !



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