La Quête du Sens au 4°

Auteur:

D∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

L’homme a été conçu pour comprendre, et cette faculté que lui a donné la nature, lui a permis de dépasser la compréhension du simple niveau des expériences vécues pour atteindre ensuite une dimension plus conceptuelle afin de rechercher des symptômes de sens sur l’existant.

L’homme voulut donc se comprendre et comprendre ce qui l’entourait. Deux besoins profonds ressentis suite à des interrogations qui ne pouvaient que susciter d’une part un éveil engendrant une volonté de recherche intérieure, et d’autre part la reconnaissance d’une dépendance et d’un attachement au céleste.

Notre monde peutparaitre complexe et parfois difficile à comprendre. Pourtant il semble qu’il ne soit pas aussi chaotique qu’il le parait. D’ailleurs certaines cultures anciennes prétendaient qu’un Ordre existait au sein de la nature et qu’il pouvait être compris.

Dans le passé, nous avons appris à voir autour de nous bien d’avantage que des choses et des phénomènes. Et en nous rapprochant des hommes et des choses à travers nos voyages, nous avons su percevoir des dévoilements intellectuels et intuitifs.

Aujourd’hui, au-delà de nos désirs terrestres et de nos aspirations, il convient de savoir sur ce que peut être notre comportement pour marquer notre quête sur les vastes questions telles que « Est-ce que l’Univers est aléatoire et dépourvu de signification ? », « est ce que l’existence s’inscrit dans un processus, voire un projet ? » ou tout simplement « est ce que l’homme peut vivre sans moral et sans amour ? ».

De telles interrogations ne peuvent que nous laisser perplexes. En effet depuis toujours il y eu les tenants d’une vision trop scientifique et réductrice du monde contribuant à son désenchantement, et de l’autre les tenants d’une conception que les différentes traditions de l’humanité avaient élaborées tant sur le monde que sur l’homme.

La réponse n’est certes pas facile. Pourtant nous nous orientons aujourd’hui vers l’idée que l’origine de l’univers, la nature de la matière, de la vie et de la conscience ont des implications aussi bien scientifiques, philosophiques que spirituelles.

Rappelons que durant la période comprise entre le siècle des lumières et le 20ème siècle, la science s’est d’abord trouvée associée à une progression de non-sens pour des raisons essentiellement objectives. Ce n’est que quelque temps plus tard qu’une autre image du monde émergea dans les esprits, entrainant un retournement complet de tendance par des implications métaphysiques dans l’infiniment grand et de l’infiniment petit ainsi que dans l’étude de la vie et de la conscience.

Tout ceci démontrait que la contingence ne pouvait régner en maître dans la science du Vrai. Que tout était interdépendant et que rien ne pouvait exister en étant sa propre cause. Ainsi s’ouvraient de nouveau les portes d’un savoir que la science classique avait fermées. Mais n’était ce pas tout simplement un retour vers les connaissances de nos Anciens qui tenaient déjà compte que les concepts issus des sciences fondamentales avaient un impact sur la conscience ?

Alors germa l’idée qu’un autre niveau de réalité pouvait exister au-delà du monde perceptible, offrant une certaine crédibilité à l’hypothèse d’un sens qui se traduisait pour certains comme un processus ou même une intention. Une vision permettant d’échapper à une pensée unique pour s’orienter vers des approches diverses.

Tout cela ne pouvait qu’inciter à rechercher l’existence d’une cohérence globale derrière l’analyse des évolutions scientifiques, des propos philosophiques et des certitudes religieuses.

Une telle recherche aussi complexe ne pouvait être menée qu’avec méthode parce qu’elle concernait nos interrogations les plus intimes face aux mystères du monde.

Et c’est pour répondre à cet appel que le REAA dans sa forme traditionnelle, nous propose de développer d’abord avec justesse notre condition intérieure et notre discernement des choses, avant de nous ouvrir les portes sur l’infiniment céleste.

L’Homme est donc mis au centre de tout. Un homme qui va chercher à faire valoir non seulement l’intelligibilité du monde mais aussi toutes les valeurs occultes de la nature afin qu’il puisse s’intégrer dans une évolution qui lui donne l’intuition d’appartenir à un grand ensemble, et peut être à une grande conscience.

C’est ainsi que le quatrième degré met l’accent sur l’intégration de l’homme dans le monde en lui proposant un panorama de devoirs à mettre en pratique. Ce sont des fondements moraux et éthiques qui tendent à le tirer vers un niveau plus noble de droiture, de compassion, d’humilité et d’amour. Si les vertus de la droiture, de la compassion et de l’amour englobent « les autres » dans les réalités quotidiennes, la valeur de l’humilité prend une dimension plus conséquente lorsque son regard se porte vers le ciel étoilé. Ainsi l’homme obtient à travers l’attention qu’il porte autour de lui, des dévoilements intellectuels et spirituels tant sur sa propre nature que sur l’infiniment céleste.

Ceci étant, ces devoirs qui génèrent la nécessité de phénomènes, représentent un Art de vivre à travers un besoin d’être, de devenir et de partager. Par l’acquisition d’une culture, ils appellent le Maitre Secret à marquer sa présence terrestre par la recherche d’un ordre caché.Etce sentiment inné de sens que lui procure la vie courante, va s’extrapoler du relatif vers l’absolu. Un sentiment qui va le renvoyer à un raisonnement plus conceptuel et universel dévoilant une certaine corrélation entre le structurel et le spirituel.

Un sens qui va donner une crédibilité nouvelle à ce qui constitue l’affirmation centrale de toutes les grandes traditions : l’idée qu’un autre niveau de réalité existe et que l’espritde l’homme est d’une certaine façon relié à ce niveau.

Mais à un niveau qui inspire un sens de l’illimité et du mystère et qui déconcerte bien des philosophes et des théologiens. Un niveau qui donne l’impression d’être immergé dans un englobant qui nous domine. Mais un niveau porteur de sens qui permet d’adopter une autre conception du Vrai.

C’est au prix de ces réflexions que le Maitre Secret va chercher à acquérir une connaissance métaphysique pour éprouver le caractère sublime et merveilleux d’un Ordre qui se révèle tant dans son environnement que dans le monde de la pensée.

Connaissance des causes premières, spéculation sur l’existence, science de l’être en tant qu’Etre ; des sujets qui suscitent depuis le fond des temps beaucoup d’interrogations mais qui laissent apparaître aussi bien des contradictions, démontrant toute l’ignorance humaine sur le fondement ultime des choses.

Ainsi quand l’homme prononce le mot « Etre », il pense spontanément à l’Univers qui apparemment ne pense ni n’éprouve rien. Alors certains ont du mal à construire une notion de sens sur la base de l’idée d’un Etre dénué de toute intention. Mais nous, F…M… refusons d’admettre tout caractère arbitraire des lois de la nature ayant engendré des formations célestes aléatoires. Parce nous avons confiance à l’Ordre en soi. Nous devons par-dessus tout privilégier comme étant notre principale idée motrice, l’image de « l’immense majesté du Monde » que nous offre le cosmos. Une image certes voilée qui dépasse nos possibilités de conceptualisation, mais qui discerne le sacré, le fondamental et quinous incite à rechercher un certain « Réel » enfoui au sein de l’existence.

Comprendre donner et chercher du sens à ce qui Est, voilà le Devoir du Maitre Secret qui après avoir été à la quête de soi et intégrer les devoirs, se tourne vers une dimension plus vaste située hors d’atteinte de la pensée humaine.

Ce Devoir c’est bien évidemment la recherche de la Parole perdue, dont il est dit qu’elle doit nous mener sur la voie de la Vérité. La Vérité qui pourrait être de l’ordre de l’origine, comme d’une grande conscience de l’au-delà. Mais une Vérité bien loin de notre entendement, humiliant en quelque sorte notre désir de connaissance totale.

« Ce n’est point seulement de l’espace que je dois chercher ma dignité, mais c’est aussi du règlement de ma pensée » écrivait Pascal. En effet, si la quête du sens n’était pas parue aussi essentielle à ce roseau pensant mais fragile qu’est l’homme, ce dernier aurait été incapable d’entrer en harmonie avec la nature pour être à même de diriger son futur de façon lucide, délibérée et responsable.

Alors que devons nous retenir de ce travail ?

D’abord que l’homme, fils de la terre et du ciel qui a été conçu pour comprendre, a su extrapoler son besoin de compréhension affective qu’il portait à son environnement à celui de la totalité de l’existant.

Pour cela il a du agir dans le respect des devoirs pour affirmerson existence structurelle et pour donner du sens à sa vie.

Et ce vécu ordonné du quotidien l’a mené vers une autre dimension lui révélant un besoin de rechercher la raison profonde et sous-jacentede l’Etre.

Une quête qui lui ouvrira une infinité de conjectures sans que sa volonté de comprendre faiblisse. Un désir de comprendre qui porte le mot de « Devoir » parce qu’il est la plus belle marque de reconnaissance que l’Homme puisse faire à la Nature pour la vie qui lui a été donnée.


J’ai dit.

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