Les Droits et Les Devoirs
H∴ L∴
A peine sorti du cabinet de réflexion, quand pour la première fois l’impétrant frappe à la porte du temple pour y être initié, le symbole des métaux figure parmi les tout premiers symboles auxquels il se trouve confronté. Là, on le « dépouille » de ses métaux. A ce stade il ne s’agit que de menue monnaie, titres de paiements et bijoux divers. L’impétrant ressent confusément la signification de ce rite, comme étant une forme de purification.
Plus tard, il comprendra que le symbole des métaux recouvre une idée bien plus large. Dorénavant, à chaque tenue, il lui sera demandé de déposer d’autres métaux à la porte du temple. Avant de franchir les colonnes il devra s’être débarrassé de ses idées préconçues, de ses préjugés, de ses raisonnements convenus qui prennent l’apparence de la raison parce que mille fois répétés, mais qui ne résistent pas toujours à un juste examen de leur bien fondé. Tel est une partie du travail maçonnique : ne jamais prendre une opinion pour « métal » comptant. Il devra mettre à distance le brouhaha du monde profane et travailler sereinement avec ses frères à la recherche de la vérité.
Les portes du temple n’étant pas toujours d’une parfaite étanchéité, il peut arriver que des parcelles métalliques parviennent à les franchir. Le risque est plus grand quand sur le parvis s’agitent les bateleurs de la politique. Alors le couvreur n’y peut rien, si certains slogans, tics de langage, idées clés en main, s’insinuent dans l’Atelier. Il faut s’en préserver. Passons sur la « Mal gouvernance », sur le « curseur qui doit être constamment déplacé », sur la « France d’en bas » et sur le déjà ancien « Beurre et argent du beurre » !
Or, mon détecteur de métaux, toujours en veille, a été alerté depuis peu par la répétition d’une sentence modulée sur tous les tons et provenant à égalité, signe révélateur, d’espaces philosophiques totalement opposés. Cette antienne affirme, je cite : « Il faut que les gens comprennent que s’ils ont des droits ils ont également des devoirs ». Fort bien. Et pourquoi pas ? Les Droits, les Devoirs, sont des termes assez nobles pour pouvoir, semble-t-il supporter la conjugaison. Cependant, le consensus autour de cette affirmation m’a très vite paru suspect. Sa répétition à l’envi, étant par trop « tendance », je me suis alors posé la question de la pertinence de cette soudaine irruption des devoirs, qui d’un coup risquaient de mettre sous condition l’application des droits. Quel contenu concret cette nouvelle association sémantique sous-tendait-elle ? Sa redondance ne justifiait-elle pas de la considérer comme faisant partie des métaux ? Aussi, ai-je voulu en avoir le cœur net, et tenter de comprendre avec vous cette dialectique des Droits et des Devoirs en recherchant : Primo, ce que recouvre l’idée des droits. Secundo, ce que furent les devoirs et ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. Tertio, pourquoi cette nouvelle juxtaposition ?
A quoi pense-t-on quand on parle des droits ? Qu’évoquent-ils ? Quels sont ces fameux droits qui soudainement induisent des devoirs ? Quels en sont les référents ? S’agit-il des droits issus de lois votées, promulguées et appliquées, comme le sont les droits sociaux, ou les droits économiques ? Si tel est le cas, ceux-ci doivent s’appliquer sans restriction, au motif que la loi c’est la loi, que nul n’est sensé l’ignorer, et qu’elle est réputée incontournable. Seul le législateur peut défaire ce qu’il a fait, voilà sa seule relativité. Seule la sanction, en cas de transgression, varie selon les circonstances, mais ceci est une autre affaire, c’est l’affaire de la justice. Pour nous maçons, cela renvoie au symbole de la Règle et de ses degrés qui nous indique la mesure en toutes choses. Si bien que nous ne devrions plus discourir sur les Droits, mais sur le Droit, vaste sujet, lequel en l’occurrence, est hors sujet.
Quels sont donc ces droits auxquels pensent toutes celles et tous ceux qui semblent les mettre sous condition de devoirs ? Ne s’agirait-il pas plutôt, explicitement ou non, des droits de l’homme, ceux qui fondent notre qualité de citoyen, tels qu’ils ont été conquis en 1789, 93, 95 et réitérés en 1848, restaurés en 1946 et définitivement, du moins on l’espère, transcrits dans la déclaration universelle adoptée par l’assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948 ? Si tel est le cas, ce jalon majeur de l’histoire de l’humanité, ne mérite-t-il pas le respect par l’application intransigeante de ses considérants, et cela sans réserve ? Ces droits ont vocation à l’universalité, pour nous maçons c’est le niveau, symbole horizontal qui nous pousse à aller vers les autres.
Conquête de l’homme sur l’homme, repoussant les bornes de l’assujettissement, fondement de notre liberté, ces droits sont dits fondamentaux et inaliénables, pour nous maçons c’est aussi l’équerre, outil symbole de la matière et qui résume à lui seul toutes les lois. Alors s’agissant de ces droits de l’homme « à l’équerre », ceux-ci méritent-ils un amendement pour être validés ? On ne manquera pas d’objecter, que la liberté a des limites et qu’en particulier elle s’arrête où commence celle des autres. Principe intangible du Droit. Mais en l’espèce, la lecture des 30 articles des droits de l’homme atteste qu’aucun d’entre eux, ne peut nuire du fait de son plein exercice. Aucun ne peut intrinsèquement être liberticide, aucun ne porte en lui le germe de l’abus de droit.
Et pourtant leur existence est périodiquement remise en cause, la précarité leur est consubstantielle. Bafoués ouvertement par les régimes totalitaires, ils sont aussi régulièrement désappris dans nombre de sociétés dites démocratiques. On entend aujourd’hui certains responsables politiques railler cette pierre angulaire sans laquelle ils ne seraient pas là, en faisant passer ses défenseurs pour de plaisants maniaques qu’ils nomment « droit-de-l’hommistes ». Méprisable néologisme qui tourne en dérision l’humanisme, fondement philosophique de ce progrès. Humanisme qui affirme l’exigence de la défense de l’humanité comme valeur, et qui en l’espèce tire sa légitimité d’une éthique purement laïque. Ce n’est pas un concept, ce n’est pas un objet de connaissance, mais c’est un idéal, et donc l’objet d’une volonté. Il ne s’agit pas de ce que nous savons sur l’homme, mais de ce que nous voulons pour lui. L’humanisme ne se théorise pas, il se pratique.
Quant à ces fameux droits, par qui ou par quoi devraient-ils être limités ? S’il est un devoir n’est ce pas au contraire de les défendre jour après jour, avec force et pugnacité comme autant de sauvegardes de l’homme contre lui-même. Cette exigence serait-elle négociable en raison de notre tolérance ? Pensons aux sacrifices de nos aînés qui, pour les avoirs portés puis défendus, ont souvent payé lourdement cet engagement. Houppe dentelée et chaîne d’union sont là pour nous le rappeler. En l’occurrence, la triple batterie Liberté, Egalité, Fraternité, que nous scandons rituellement est un précieux aide-mémoire.
Ces droits ne se réduisent pas à une éthique pure, encore que cela les justifie suffisamment, mais ils fondent la civilisation démocratique moderne en reconnaissant la souveraineté individuelle et l’égalité civile. Les devoirs ne devenant que corrélatifs à ce principe central. L’intitulé de cette planche est : « les droits et les devoirs ». Pluriel impératif. En conséquence, nous ne parlerons pas du Devoir, qui lui, est un absolu et ne peut donc se penser qu’en terme de dépassement. L’absolu implique la transcendance ou pour le moins le sacré. Nous effleurons là le fil à plomb.
Le Devoir ne doit rien aux conventions, non plus qu’au regard de l’autre, puisque aussi bien il inclut le devoir envers soi-même. Devoir intériorisé, ce face à face intime, se prolonge très au delà de la taille de la pierre brute. Il est le produit d’une quête, qui pour nous maçons sera nécessairement initiatique. C’est un absolu en perpétuel devenir. Pour atteindre cet impérieux devoir d’être un homme, pour ce : « Deviens ce que tu es ! » notre cheminement sera éclairé par le delta lumineux. Qui pour certains représente un éclairage spirituel, et pour d’autres l’expression d’une philosophie de la raison.
Mais revenons donc aux devoirs (au pluriel) qui sont au devoir, ce que les amours sont à l’amour. (L’amour étant lui-même absolu). Que recouvre l’idée des devoirs ? Les devoirs procèdent de la morale. Les mots « morale » et « éthique » se ressemblent, l’un étant la traduction de l’autre. Mais l’usage actuel leur fait recouvrir des concepts sensiblement différents. La morale, contrairement à l’éthique, a une totale exigence d’universalité. De la morale procèdent des devoirs, des commandements ou des interdits, auxquels l’homme est obligé de se soumettre. C’est elle qui fait se poser à l’homme la question : « Que dois-je faire? », la bonne réponse devant valoir ensuite pour tous les hommes.
Au nom d’une transcendance, d’un impensé (l’idée de Dieu, de nature ou pour nous d’humanité), elle fixe une fois pour toute les valeurs du bien et du mal. Tandis que l’éthique, elle, renvoie à la notion du bon et du mauvais. Bon ou mauvais. En soi, c’est à dire de façon immanente. Plusieurs éthiques pouvant se côtoyer, selon les milieux ou les époques, elles relativisent ainsi l’idée d’universalité et d’intemporalité. Avec le relatif, nous touchons au compas seul.
La question que l’éthique fait se poser à l’homme est : « Comment vivre ? ». Est-ce que ceci ou cela sera bon ou mauvais pour l’homme ? Et pour quel homme ? Une éthique peut s’opposer à une morale transcendantale et la critiquer. (Par exemple, dans le cas du droit à la contraception ou à l’avortement, ou encore au sujet de l’euthanasie). La finalité de la morale est la vertu, celle de l’éthique est le bonheur. (Sous-entendu de l’humanité). Ces deux définitions, tout comme les symboles, n’ont pas de signification univoque. Telles que je viens de les définir elles peuvent nous aider à comprendre comment les devoirs qui, eux, commandent ont glissé petit à petit vers une éthique qui, elle, recommande. Ce qui va, entre autre, expliquer pourquoi elle a davantage les faveurs des nouvelles générations, adeptes d’une morale mieux consentie. Mais d’abord faisons un petit retour historique.
Le mot devoir vient du latin « debere » la dette qui a donne entré autres « redevable » et « débiteur ». On peut estimer que la morale occidentale est née avec le monothéisme. Certes avant le Dieu unique, l’humanité n’était ni immorale ou amorale, (éthique vient du grec ethos) mais avec le monothéisme émerge la toute puissance de la loi et la menace imparable du châtiment. Dans cette affaire l’homme au service de l’homme n’existe pas, l’homme est exclusivement le débiteur d’un Dieu omnipotent, qui lui a fixé la liste de ses devoirs. Leur respect est contrôlé par des clercs associés à une « puissance tutélaire » pour un profit mutuel. Cette morale verticale exigeante, imposa des devoirs impératifs servant à maintenir l’ordre dans les sociétés théocratiques et féodales.
La faute originelle interdisait à l’homme de pouvoir trouver seul les lumières qui lui auraient fait accomplir ce qui est juste. Pas d’idéal humain, priorité au service de Dieu, et tant mieux si, à la marge, les devoirs à l’égard des hommes y trouvaient parfois leur compte. Cette morale judéo-chrétienne, qui dit : « Tu dois ». A prévalu jusqu’au 17eme siècle. Cependant, des le XVI° siècle la pensée humaniste entreprit de soulever le couvercle de la marmite « connaissance » qui était jusqu’alors à usage exclusif de l’église.
Sciences, commerce, voyages, imprimerie vont desserrer le carcan et donner naissance à une morale moins rigide, plus en phase avec les progrès d’une classe nouvelle : la bourgeoisie marchande. Ce parrainage de la morale est toujours d’actualité. Des lors se manifeste un appel à la raison face au dogme. Montaigne, Machiavel, Spinoza montrent la voie pour élargir la place de l’homme face au pouvoir religieux hégémonique. « Que sais-je ? » « Connais-toi toi-même », ajoute VITRIOL au fil à plomb. La brèche ouverte par cette reconnaissance du sujet ne va cesser de s’élargir, et faire que les devoirs vont changer de nature. Même si au cours de cette marche il y eut des régressions, cette revendication dorénavant ne connaîtra plus de limites.
La grande affaire, la grande accélération vers cette exigence d’émancipation viendra avec la révolution française et l’énonciation des droits de l’homme et du citoyen. Au passage, cette déclaration a tenté de mentionner, dès 1789, les devoirs du citoyen sans jamais pouvoir les énoncer. Une seconde tentative en 1793 fut tout aussi infructueuse, les conventionnels jugeant que les devoirs étaient « tout entiers contenus dans les droits ».
De la révolution jusqu’au milieu du 20eme siècle, dans l’ère dite « moderne », la morale laïque s’est peu à peu substituée à la morale religieuse. Désormais cette morale ne dira plus : « Tu dois ». Mais : « Il faut que ». Moins de vérité révélée, la morale se sécularise, et l’apparition de la maçonnerie spéculative est un marqueur incontestable de cette évolution. Des lumières jusqu’au milieu du 20eme siècle, nos sociétés ont édité de façon compulsive des listes de devoirs formant le corpus d’une morale laïque. Le devoir principal consistant, depuis Montesquieu et Rousseau, à placer le bien commun devant l’intérêt particulier. Clé de voûte du civisme fondé sur le partage de valeurs communes qui font accepter la loi.
Pendant trois siècles littérature, peinture, musique, tous les arts ont exalté les devoirs, les ont idéalisés, leur ôtant leur caractère religieux, au profit d’une représentation mythologique puis symboliste. Normal puisque l’art est une transcendance. Désintéressement, codification et purification des mœurs, élévation morale, héroïsme, oubli de soi-même, sacrifice. Impossible de couper à l’obéissance inconditionnelle à ces devoirs sous peine d’indignité et de bannissement de la société.
Au nom de la raison, et avec son cortège de romantisme et de beaucoup de cynisme, la morale Républicaine et laïque ne s’est pas aperçue qu’au fond elle se superposait à la morale religieuse, sans la faire disparaître, et que ses fondements étant identiques, les causes de son déclin seraient les mêmes. Depuis la seconde moitié du 20eme siècle notre période que sociologues et historiens appellent l’ère postmoderne sera celle du crépuscule des devoirs, plusieurs raisons l’expliquent.
1. Après la dernière guerre un idéal a pris le pas sur tous les autres, il s’appelle LE BONHEUR. Le bonheur comme étant la satisfaction de désirs. On a vu que le bonheur était la finalité de l’éthique, rien d’étonnant à ce que celle-ci tende à se substituer à la morale traditionnelle. Ces temps nouveaux sont porteurs d’une morale née d’un désir d’individuation et d’affranchissement encore plus poussé. Il nous conduit de la volonté d’individuation à l’individualisme. Nous sommes passés du « moi et lui (dieu) » au « moi et nous » puis au « moi je ». De là, une mutation de la morale et des devoirs, marqués profondément par cet individualisme qui se propage et dont l’égoïsme du « moi d’abord » n’en est que l’avatar.
2. Au XIXeme siècle est né un enfant perdu de la morale qui a grandi jusqu’à nos jours et qui s’appelle le moralisme. Véritable sergent de ville de sociétés profondément inégalitaires, le moralisme remplace le : « Que dois-je faire ? » par le « Que doivent faire les autres ? ». Cette dénaturation de la morale n’est pas pour rien dans l’actuelle défaveur des devoirs. L’individualisme s’accommode mal du moralisateur.
3. La part des facteurs socio-économiques dans le changement des mentalités. Une société au tout libéral où le challenge est magnifié, et où le culte de la concurrence et du champion règne en maître, n’engage pas à la valorisation des vertus de désintéressement et d’abnégation de soi. L’explosion de la spéculation financière qui génère d’immenses profits immédiats sans s’embarrasser des acteurs de la production, ne facilite pas le respect du travail, de la responsabilité, de l’effort ou du mérite. La mondialisation et son cortège de dérégulations, vide de leurs sens la solidarité nationale et internationale. Les guerres par procuration avec leurs objectifs zéro morts n’incitent plus aux élans patriotiques. Quant à leurs prétextes moraux qui légitimeraient des sacrifices, ils masquent de moins en moins leurs finalités essentiellement économiques.
4. Une meilleure connaissance de notre passé a décillé les yeux des jeunes générations qui ne croient plus guère aux lendemains qui chantent. L’épouvantable 20eme siècle a aboli pour longtemps les idéologies et les dogmes avec leurs cortèges de devoirs aux résultats mortifères. « Travail, Famille, Patrie », n’est pas près de revenir au top 50 des devises républicaines et « Le grand soir » comme dit Brassens est remis aux calendes grecques.
Mutation des devoirs il y a, mais pas disparition. Nos sociétés n’ont pas versé dans l’anarchie et l’immoralisme. Le consommateur a peut-être remplacé le citoyen, mais sur le fond, les mots éthiques, morale, valeurs, n’ont pas été vidés de leur contenu. Ce qui a changé, c’est la mise en action de ces termes qui se fait au nom de nouveaux principes. On n’agit plus selon la morale par conformisme avec l’idéologie dominante, et encore moins par la crainte de Dieu, mais plutôt par convenance personnelle. Convenance ayant à voir avec l’idée que l’on se fait de soi, de son appartenance ou de ses origines. Nous revenons là dans le domaine de l’éthique.
Depuis une dizaine d’années l’effet Ethique ne cesse de gagner en puissance : bioéthique, charité médiatique, action humanitaires, sauvegarde de l’environnement, moralisation des affaires, de la politique et des media, débat autour de l’avortement et du harcèlement sexuel, parité, croisade contre la drogue et lutte anti-tabagisme, commerce équitable, développement des associations, augmentation du bénévolat, manifestation pacifistes, anti-xénophobie et antiracistes.
Désormais de nouvelles régulations voient le jour, des interdits se recomposent des valeurs se réinscrivent qui n’ont rien à voir avec la permissivité généralisée. C’est ce à quoi nous devons être très attentifs plutôt que d’entonner hâtivement le refrain de décadence. Alors pourquoi ce brusque désir de restauration des devoirs ? Pourquoi ces soudaines interrogations sur la prétendue perte des valeurs ? Est-ce le symptôme d’un retour cyclique du trop connu « ordre moral » ? Ou s’agit-il de la difficulté à faire le deuil de préceptes devenus obsolètes ? Peut-être est-ce un peu tout cela à la fois.
Droits et devoirs. Méfions nous de cette fausse symétrie et de tous les dualismes, toujours néfastes à la manifestation de la vérité. Distinguons le carré noir du carré blanc sur le pavé mosaïque afin de nous tenir sur la ligne qui les tangente. Revenons au chiffre trois, spécificité de la pensée maçonnique. Si les devoirs sont une affaire de soi à soi, alors laissons-les aux bons soins de chacun de nous, comme nous le faisons pour les conceptions métaphysiques. Quant aux droits s’ils sont respectés, ils participeront au fonctionnement permanent d’institutions justes et efficaces, ils rendront possibles l’étude, le savoir, la connaissance qui seuls donnent du sens au devenir de l’homme.
En ayant reçu la lumière nous nous sommes engagés à dresser des temples à la vertu et des cachots pour les vices. Voilà pour notre morale. Mais nous nous sommes aussi engagés à travailler, en usant du principe ternaire qui seul élève, à l’amélioration matérielle et morale, et au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. En cela, l’attention grandissante que portent nos sociétés à l’éthique, nous ouvre un champ considérable de réflexion. A nous ensuite de répandre les vérités que nous aurons apprises dans nos ateliers, ateliers où l’on ne doit pas penser comme l’on pense ailleurs, ni entendre ce que l’on entend ailleurs.
J’ai dit !