L’Obligation et les Devoirs du Maçon

Auteur:

V∴ M∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Le travail de ce jour participe de ma recherche de compréhension de mon engagement maçonnique. Il a commencé par la descente en terre, ou j’ai été invité à réfléchir sur mes devoirs envers l’humanité, la patrie, la famille envers moi-même et à les noter sur un testament comme si j’étais à l’heure de ma mort et ce, avant de re-naître par l’initiation. Début de travail de retournement, de révolution, de Réflexion, et aujourd’hui, où suis-je de ma rupture entre l’avoir et l’être ? N’ai-je pas pris les moyens pour la fin ? Le signe pour l’esprit. Ma quête est-elle toujours recherche d’Harmonie et de Vérité ? Enfin ne me suis-je pas perdu dans le labyrinthe de la lettre ?

Ce que l’on appelle l’OBLIGATION est le serment prêté par le récipiendaire au moment de son initiation, ces gestes et démarches impliquent un contrat d’incorporation qui lie ainsi le candidat au corps dont il veut faire partie. L’Obligation est le lien moral qui oblige (de ligare- lier). Et, cette Obligation est unique. Elle est prêtée par le candidat juste avant qu’il ne reçoive la Lumière (Il ne sera donc pas question ici du serment, prêté par l’officier avant de prendre sa charge). En maçonnerie, il s’agit donc, d’une promesse solennelle faite par le néophyte qui, s’engage à garder les secrets de l’Initiation, et à se comporter en toutes choses conformément aux lois et devoirs de la F M. Ce serment par ailleurs, est pouvoir de chacun sur tous et de tous sur chacun ; il me garantit contre ma liberté, même il institue mon contrôle sur la liberté de l’autre, il fonde ainsi le groupe dans sa permanence.

Il y a donc :
– une prise à témoin des FF (devant cette R :. Assemblée…)
– une obligation au secret (jamais je ne révèlerais…)
– une acceptation des pénalités (langue arrachée et gorge tranchée).

Lois et devoirs de la F M Avons-nous dit plus haut, ceux-ci se traduisent en règlements qui sont très loin d’être l’essentiel, car un Art est en cause (l’Art Royal) et les règles à observer sont moins celles d’une association constituée, que les préceptes conduisant à l’acquisition de l’Art mystérieux des adeptes de la Construction Universelle. (Ici, nous avons sans doute, la grande distinction qui existe entre une association de moyen, affaire administrative, et notre engagement, car, on est F M en chaque acte de son existence, à toute heure et en tous lieux).

Faisant appel à ce que l’homme possède en lui de plus noble, cet Art forme des rois sachant régner sur le royaume dont dispose toute personnalité. C’est donc bien l’Art Royal accessible aux hommes nés « libres et de bonnes mœurs », c’est-à-dire disposant d’eux-mêmes et se comportant dans la vie avec honneur et dignité.

Devons nous aller plus loin, je peux clore ici ce travail, mais…cet accès à l’apprentissage de l’Art Royal, grâce à l’Obligation me permet quelques développements : Je viens de dire « libre et de bonne mœurs », disposant de soi-même et se comportant avec honneur et dignité – oui – car il est indispensable de disposer de soi-même pour se donner, en se consacrant à un Art basé sur le développement personnel. L’initié n’est pas en droit de décider « souverainement » de son propre sort s’il n’est maître de son existence. Il faut être libre pour s’engager.

L’A se doit de se connaître en toute humilité, de se maîtriser. Son premier devoir est de « méditer les enseignements du Rituel afin d’y conformer sa conduite. C’est là son devoir par excellence, son seul devoir qui comprends tous les autres » (fin de citation). Ceci, corresponds au signe d’Ordre d’A, qui signifie « je suis en possession de moi », il est d’ailleurs défini dans le manuel d’instruction du 1er degré comme devant contenir « le bouillonnement des passions qui s’agitent dans la poitrine ». Alors notre activité pourra être féconde grâce à cet équilibre entre connaissance de soi et maîtrise.

L’article premier de la Constitution de la GLDF nous dicte les devoirs de chaque degré. Je cite partiellement pour les autres degrés :

– Ils respectent la pensée d’autrui et sa libre expression.
– Ils considèrent le travail comme un devoir et un droit.
– Ils sont des citoyens éclairés et disciplinés et conforment leur existence aux impératifs de leur conscience…

L’A doit prendre conscience de son étroitesse d’esprit et de sa vanité, tâche difficile, car nous ne sommes jamais ce que nous croyons être.

Le C doit connaître le monde et se connaître dans le monde, il doit dépasser le confort de son ignorance.

Le M doit son devoir d’humanisme. Sa lutte doit le conduire à notre devise : Liberté-Egalité-Fraternité en se détachant de tout système idéologique, il doit en conséquence lutter contre le fanatisme et l’ignorance et en dépassant la superstition il doit réconcilier les courants opposés, réunir ce qui est épars et pour lui-même se relier à son être.

Les Devoirs énoncés précédemment nous rappellent qu’en prêtant notre Obligation nous avons fait vœu (le mot n’est sans doute pas trop fort) de nous consacrer à l’Art Royal, en nous appliquant tout d’abord à nous en instruire, afin de le pratiquer en conscience, selon les règles de notre Tradition qui enseigne à travailler sur nous-mêmes en vue de notre transformation en artiste – en authentique maçon bâtisseur. Le libre Constructeur prononce son engagement au REAA sur les Trois Grandes lumières : l’Equerre, le Compas, le V L S. Ces instruments diront tout à celui qui saura s’en servir.

L’Equerre c’est la mesure orthonormée, l’objectivité, la vérification ; elle contrôle la taille de la pierre afin que celle-ci puisse s’ajuster avec les autres et s’incorporer à la construction de notre Edifice. Pierre vivante, appelée à se tailler elle-même socialement, afin de réaliser l’union harmonique des matériaux constitutifs de l’édifice humanitaire. D’ailleurs l’individu qui ne vise que son développement personnel, égoïste et mesquinement ambitieux, est pierre constructivement inutilisée manquant de valeur. Le constructeur le sait, d’où son ardeur à se donner en personne au Temple vivant qu’il construit. Si tout s’exécute par l’Equerre, la construction ne peut manquer d’être harmonieuse.

Le Compas, c’est la délimitation, mais avec un angle variable qui dépend de notre état de subjectivité, les cercles tracés circonscrivent le domaine de la puissance et du savoir de chacun. Apprendre à se limiter n’est-ce pas le commencement de la Sagesse ?

Le V L S, élément, signe de la Loi, représentation des valeurs du Sacré, qui suivant chacun sera parole de dieu ou livre de sagesse ou d’histoire nous rappelle l’immensité du chantier où nous ne faisons que passer, il traduit la relation avec le Principe ou la mise en Ordre.

Muni de ces instruments, le chantier doit être Architecture, c’est-à-dire proportion, équilibre, harmonie qui ne peuvent s’obtenir que par la réalisation d’assises mesurées, constituées pierre par pierre aux qu’elles d’autres pierres se superposeront et c’est pourquoi je dirais, que le Constructeur, le Bâtisseur versé dans l’Art Royal n’est jamais un utopiste et qu’il doit rester très sensible à la faiblesse humaine et aux pouvoirs dont dispose l’homme qui se connaît lui-même.

Hors de la carrière, sur le chantier nos métaux sont restés à la porte. Ce détachement permet de contenir l’avidité et l’ambition afin d’être plus disponible et de faire le tri de ce qui est l’essentiel. De ces métaux, nulle indication ne nous est fournie pour les reprendre. Transformons les en outils efficaces et en paraphrasant : « Nul n’entre ici s’il n’est forgeron » forgeons nos outils comme les Opératifs afin de poursuivre en dehors l’œuvre commencée dans le Temple. Et ainsi allons du matériel au spirituel afin de spiritualiser la matière pour matérialiser l’esprit –de l’Esprit à la Matière (ou à l’Action) de la Rose au Réséda (serais-je tenté de dire).

Résistons à la pensée unique, que notre humanisme éclairé par notre spiritualité soit au service des Droits de l’homme, de la Dignité humaine, de la Laïcité, qui est coexistence de toutes les libertés de pensées et d’actions, permettant à l’individu, à l’homme d’acquérir force et puissance pour devenir le seul acteur de ses pensées et de ses actions. Faisons que, de vagabond il devienne pèlerin, donnant un sens à son chemin, une finalité à sa vie. Evidemment, pour que nous agissions ainsi, il faut une croyance en la non-absurdité du monde et de la vie, il faut avoir le sens du devoir – Il ne faut pas être meilleur que les autres, mais être meilleur que soi-même – avec le sens de l’effort et des responsabilités et le sens de la Beauté – sens du sens- Elitisme du cœur, c’est-à-dire Amour.

L’homme d’aujourd’hui, plongé dans le gigantisme, la consommation, la mondialisation est-il encore capable de tenir les commandes ? De ne pas outrepasser les lois de l’évolution ? Pouvons-nous retrouver l’intelligence raisonnée du Progrès et de ses conquêtes. Prométhée a ravi la Lumière spirituelle dont nous devons nous éclairer, n’avons-nous plus besoin de l’Olympe et de ses dieux ? Cette recherche n’est-elle pas notre Devoir dans le monde profane ? Mais comment l’accomplir ?

Une réponse : notre Initiation comme réconciliation, citons notre passé G M J C. Bousquet : « Réconciliation de l’humanisme avec la spiritualité ; de l’homme avec lui-même afin de le conduire à une Fraternité authentique ; réconciliation avec le monde et avec le destin ; réconciliation avec la vie afin d’aboutir peut-être, à une réconciliation avec la mort ».

Mes FF pénétrons dans le Sanctuaire dont les profanes s’interdisent l’accès, cultivons le divin ou l’esprit- saint qui est en nous, développons notre talent de Constructeur- Nous serons alors fidèle à notre Obligation contractée la main nue posée sur l’E, le C et le V L S.

Et Jean dans le Prologue dit : « Au commencement était le Logos et le Logos s’est fait chair ». Cette chair, c’est vous mes FF, c’est moi, c’est nous tous quand nous sommes touché par la Lumière et les grâces de l’Amour. Car notre seul Devoir mes FF C’est Amour acquis par la maîtrise de soi et la possession de soi, qui dépasse Eros et « apprivoise ». Thanatos et qui n’a d’autre nom qu’Agapê.

J’ai dit,

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