Les secrets véritables du Maître Maçon
D∴ R∴
L’étude de notre rituel du
3ème degré laisse apparaître,
à l’ouverture et à la fermeture des
travaux, l’expression « Les
secrets véritables du Maître Maçon ».
Dans le rituel d’élévation elle ne
figure plus, du moins sous cette forme. Mais je pense que le
« Mot de Maître ou la Parole
Perdue », non
révélés par notre Maître
Hiram, sont également la perte des Secrets
Véritables du Maître Maçon, comme
définie dans l’instruction du 3ème
degré.
Ce sont les secrets nécessaires à la construction
de notre temple, ce sont les Véritables Secrets du
maître Architecte, le Mot Véritable, connu
seulement d’Hiram et perdu avec lui.
Dans le développement de ce travail je citerai les deux
expressions car je crois qu’elles sont
inséparables et complémentaires.
Les « Secrets Véritables du
Maître Maçon » sont
la recherche de la « Parole Perdue »
et par extension de la Vérité primordiale.
Selon la Tradition maçonnique, afin de situer l’origine de la Parole
Perdue, je rappellerai succintement le mythe
d’Hiram.
Trois mauvais compagnons avides de pouvoir, conscients qu’ils
ne possédaient ni le temps, ni l’instruction
suffisants nécessaires, décidèrent
d’obtenir, de notre maître Hiram, le mot de
Maître et ceci immédiatement et par la force.
Armés de trois outils, en leur possession
selon leur grade, menaçant Hiram, ils exigeaient
la transmission du mot de Maître des Secrets de
Maîtres.
« Plutôt mourir, dit Hiram, que
de violer le Secret qui m’a été
confié ».
Après avoir été frappé par
deux compagnons et ceci sans résultat, le dernier lui
asséna un coup mortel avec un maillet.
« Ainsi périt l’homme
juste, fidèle au Devoir jusqu’à la mort ».
Par Ignorance, Fanatisme et Ambition
déréglée, le secret de
l’œuvre en cours d’exécution
était perdu. La Parole fut Perdue.
Bien que ce ne soit pas le sujet de ce travail, je constate que
l’homme ignorant peut, par ambition et fanatisme, transformer
des outils de construction en armes mortelles et que la parole peut
également devenir une arme redoutable dans la bouche de ces
mêmes hommes.
Le fil à plomb, outil primordial de l’initiation,
outil naturellement dirigé vers le plus profond de
nous-même devient en tournoyant une arme dans une main avide
de puissance et de domination.
Le niveau, attribut de l’Architecte
constructeur de l’édifice, lorsqu’il est
utilisé par des êtres sans foi ni loi, au nom
d’un fanatisme aveugle, peut frapper l’homme juste.
Le maillet, notre symbole d’autorité, de
l’énergie agissante, devient une forme brutale et
mortelle au bout du bras de l’homme ignorant.
Quant à la parole, j’affirmerai, qu’aujourd’hui, dans notre société profane, la Vérité a souvent la tête du mensonge et il m’est triste de constater que le mensonge a maintenant la tête de la Vérité.
Depuis ce jour, le Maître Maçon
recherche de l’Orient vers l’Occident,
guidé par l’Etoile Flamboyante de la
Maîtrise, la Parole Perdue.
Car placé au centre, avec sa connaissance acquise, il ne
peut plus s’égarer vers l’ignorance, le
fanatisme et l’ambition
déréglée.
Maintenant, il sait que son devoir est de rechercher, dans toutes les
directions, le juste et le parfait : la
Vérité.
Inlassablement, dans son temple intérieur, il devra
travailler, se parfaire afin de mériter son âge
symbolique, 7 ans et plus…
Il sait que les secrets « qui
lui ont été confiés »
aux différents grades ne sont pas de véritables
secrets, mais des outils symboliques qui l’ont
aidé et guidé à gravir un escalier
tournant avec repos, le chemin, ô combien difficile, de la
voie de l’initiation.
Que sont les secrets véritables du Maître
Maçon ?
La réponse est dans notre rituel, c’est la Parole
Perdue. Aujourd’hui les hommes libres, que nous sommes,
placés au centre du chaos de
l’humanité, œuvrent pour retrouver la
Vérité primordiale, perdue depuis la mort de
notre Maître Hiram.
Selon la tradition de notre ordre, transmise par nos
prédécesseurs, le devoir du maître est
de « chercher ce qui a
été perdu, de rassembler ce qui est
épars ».
Comme le soleil il voyagera de l’orient à
l’occident et reviendra à l’orient
après avoir voyagé dans
l’obscurité de sa connaissance, en quête
de la vérité dans le chaos de son ignorance
d’homme, car il n’est qu’un Homme.
Revenu à l’orient, où
son devoir est de « Répandre
partout la Lumière »
à la demande du T V M, il ne peut qu’avouer son
échec et ne rapporter que les « Mots
substitués ».
Je ne pense pas que les Secrets Véritables de notre
maître Hiram n’étaient qu’un
mot, dit, de Maître, mais d’un ensemble de
connaissances qu’un seul homme ne pouvait
déterminer.
Ces connaissances auraient permis, en ce temps, d’achever le
Temple du G A D L’U, l’œuvre
universel où l’homme serait juste et parfait.
Nous sommes tous ressuscités du corps
d’Hiram et ainsi nous sommes tous détenteurs
d’une parcelle du savoir, du secret, souvent inconsciente
donc intransmissible.
Cette réflexion me prouve, une fois de plus, que nous ne
sommes rien sans les autres, que la maçonnerie est
universelle.
« Etes-vous F
M ?
Mes FF me
reconnaissent comme tel ».
Je suis, tu es, nous sommes tous une petite
lumière de Vérité, notre
Vérité personnelle, ma
Vérité.
Je n’ai droit qu’à la
Vérité que j’ai su
découvrir. Dorénavant, mon devoir, car je
n’ai plus que des devoirs, placé entre
l’équerre et le compas, est de travailler,
chercher et voyager afin de répandre ma toute petite
lumière, si lumière il y a.
En conclusion, les Secrets Véritables du Maître Maçon ne seraient-ils pas d’avoir assimilé que rien n’est jamais acquis, rien n’est réellement vrai.Car ce qui est vrai ce jour ne le serait pas demain.
A ce jour, je suis persuadé de ne voir que
l’ombre d’une Vérité, la
mienne.
Je sais qu’il me faut, inlassablement, remettre ma pierre sur
l’établi et que je serai toujours à la
recherche du juste et parfait. Ceci est mon secret. Puissent mes
prédécesseurs m’éclairer
dans ma quête de la Vérité.
N’est-il pas dit dans nos rituels :
« C’est avec les
lumières du passé que l’on se dirige
dans l’obscurité de l’avenir ».
J’ai dit T V M.