Mahomet – La révélation de la parole même de Dieu
Non communiqué
T.F.P., T. I. FF.
ET VOUS MES FF.
Maîtres secrets.
Bien des éléments, tels que l’adoration du Dieu Unique, le rattachement à Abraham, certaines valeurs morales, peuvent amener à considérer l’Islam comme faisant partie de la Révélation monothéiste. Mais l’essentiel du dogme de l’islam en fait une religion non seulement autre (différente) mais aussi une religion qui contredit, voire combat les traditions judaïques et chrétiennes et en particulier le concept de sainte trinité et de la divinité du christ.
Parlons rapidement des origines de l’islam !
Lorsqu’on parle de l’Islam, c’est le nom de Mahomet, né vers 570, mort en 632 qui vient immédiatement à l’esprit. Mahomet a été en effet déterminant dans l’apparition de la nouvelle religion, du moins si l’on se fie à l’historiographie musulmane traditionnelle, mais il est impossible de faire
autrement en l’absence de recherches critiques des sources et origines de lislam.. Issu d’une
famille de notables, orphelin de père avant sa naissance, de mère à six ans, il fut élevé par un oncle et eut une jeunesse difficile. Selon la tradition il est dit illettré, mais on peut s’interroger sur cette pseudo ingnorance.1
On peut s’interroger sur ce pseudo illettrisme en raison de son environnement familial en particulier le cousin de KHADIJA, WARAQA IBN NAWFAF qui était un savant qui connaissait bien les Ecritures juives et chrétiennes. On dit même qu’il savait l’hébreu ( 2 ) . Mahomet lui racontant sa « Révélation » on prête d’ailleurs a cet érudit les propos suivants « C’est la le nâmous qui avait été révélé à Moïse » Les musulmans ne sachant pas ce qu’était ce nâmous y ont vu l’archange Gabriel/djibril, mais on désignait alors la Thora par le mot grec nomos, la loi. mais aussi selon de coran lui-même
« Tu ne rapportais, avant celle-ci aucune Ecriture, ni tu n’en traçais de ta dextre. » (sourate 29/47/48)
Sa situation personnelle s’améliora lors de son mariage avec une commerçante veuve, riche et lettrée, Khadija dont il fut d’abord l’employé. Il eut alors des expériences mystiques et se mit à communiquer à son entourage des « messages divins » qui lui étaient « dictés », affirme le dogme islamique, par l’ange Gabriel. « Récite, au nom de ton Seigneur qui créa… » (Coran 96, 1 et s.) C’était une injonction. Mahomet ne s’y déroba pas, devenant ainsi le parfait musulman, c’est-à-dire le « soumis » à Dieu. D’abord recueillies à l’aide de moyens sommaires par les disciples de Mahomet, les sentences « célestes » furent ensuite sélectionnées, vérifiées et rassemblées en un corpus appelé Coran (« Récitation »), définitivement approuvé sous le règne d’Othman, le troisième calife de l’Islam, entre 644 et 656.
La « réception » des « révélations » coraniques s’étendit sur environ vingt ans, d’abord à La Mecque puis à Médine, où Mahomet et ses premiers compagnons émigrèrent en 622 pour échapper à la persécution de leurs compatriotes, païens et polythéistes pour la plupart (des juifs et des chrétiens d’obédiences diverses, vivaient alors dans la Péninsule Arabique), qui rejetaient la prédication. Cette « hégire » (« émigration ») marque le début du calendrier musulman. Contrairement aux « révélations » mecquoises, surtout porteuses d’un message eschatologique (le Jugement dernier, la vie dans l’Au-delà, les anges) et moral (lutte pour la justice sociale, par exemple), les « révélations » médinoises se rapportent plutôt à l’organisation de la Cité, à la législation civile, pénale, commerciale, aux relations avec les non- musulmans, à la guerre. De même, nombre de versets sont des réponses aux situations dans lesquelles Mahomet a pu se trouver, y compris dans le domaine de ses relations conjugales et familiales. Comme on le sait, après la mort de Khadija, il fut polygame (de neuf à onze épouses selon les sources.) C’est dire à quel point le Coran épouse la « courbe de vie » du prophète de l’islam.
Pourtant, dire à un musulman que son Prophète est peu ou prou l’auteur du Livre sacré de l’islam est considéré comme blasphématoire. Leur foi en l’origine strictement divine du Coran – réfute toute intervention humaine comme c’est le cas pour la Bible
Le Coran, livre incréé, c’est-à-dire existant de toute éternité, donc préexistant à sa révélation, confère à l’islam une vocation universelle, qui le place en concurrence avec le christianisme. Et si le Coran a été dicté en arabe, c’est que l’arabe est la « langue de Dieu »et de mahomet. Pour tous les musulmans, arabophones ou pas, la langue de récitation demeure l’arabe. Les traductions n’ont aucune valeur sacrée.
On le voit, pour les musulmans, le Coran est la « Parole de Dieu » matérialisée, « incarnée » en un Livre. Sa place est donc centrale dans cette « harmonie » n’en pose pas moins des problèmes sérieux d’interprétation, car les 114 sourates (chapitres) composant le Coran, classées non dans leur ordre chronologique mais par longueur décroissante, forment un texte non dénué de contradictions. Pour s’y retrouver, il faut recourir aux interprétations des cinq écoles juridiques apparues dans l’Islam des débuts(shîtes, sunnite etc….), chacune d’elles servant de référence à un espace géographique musulman particulier.
« Sceau des prophètes », selon le Coran, Mahomet a donc été chargé de clôturer la Révélation, plus exactement de remettre l’humanité dans la voie de l’islam, seule vraie religion des origines, dont elle s’était écartée. Le reproche est adressé particulièrement aux juifs et aux chrétiens, détenteurs d’Ecritures, la Thora et l’Evangile (le Coran ne reconnaît pas l’existence de quatre évangiles), qu’ils auraient falsifié.
Néanmoins, à cause de la mission que Dieu leur avait confiée, ces derniers, juifs et chrétiens, jouissent d’une certaine légitimité. Le Coran les reconnaît sous le nom de « gens du Livre ». Si bien que, contrairement aux athées et aux païens, ils ont leur place dans la Cité de l’Islam, mais une place diminuée, amputée.
L’unicité de Dieu est la base absolue de l’Islam. Le monothéisme coranique est un monothéisme radicalisé, excluant tout mystère intérieur à Dieu. Les musulmans adorent certes un Dieu Unique, seulement Un, c’est-à-dire solitaire, souverain, inaccessible, tout-autre. L’insistance est mise sur la toute-puissance divine, sur la transcendance de Dieu.
Cette unicité s’oppose au Dieu trinitaire. En adorant un Dieu trinitaire, les chrétiens se rendent donc coupables, aux yeux du Coran, de donner des « associés » au Dieu unique. Dieu ne pardonne pas qu’il lui soit donné des associés, alors qu’Il pardonne à qui Il veut les péchés « Celui qui attribue à Dieu des associés a commis un crime énorme » (Coran 4, 48)
« O gens du Livre ! (…) Ne dites pas « Trois »; cessez de le faire; ce sera mieux pour vous. Dieu est unique ! Gloire à Lui ! Comment aurait-il un fils ? » (Coran 4, 171) On le voit, dans la foi islamique, la transcendance divine est telle qu’elle rend impensable l’Incarnation.
En réalité, pour les musulmans, l’Incarnation n’a aucune raison d’être puisqu’elle manifeste le désir de Dieu de racheter l’humanité de son péché originel et en ce sens s’inscrit dans un plan de Rédemption, fruit de l’amour incommensurable du Créateur pour ses créatures. L’islam ignorant le péché originel (Adam a bien commis une faute mais il s’est aussitôt repenti et tout est rentré dans l’ordre), la Rédemption est donc sans objet.
La conception coranique implique l’absence de toute médiation. Dans l’islam, chaque homme porte seul son « fardeau » devant son Créateur, nul ne peut intercéder pour autrui sans la permission de Dieu. De même, la vision béatifique est absente dans le paradis musulman car la limite, avec Dieu, est infranchissable. Cette distance infranchissable entre Dieu et l’homme est clairement illustrée à travers l’histoire coranique d’Abraham, Abraham a accepté d’immoler son fils sans discuter (Coran 37, 102), fondant ainsi l’attitude parfaite du bon musulman, c’est-à-dire du croyant soumis. Les autres prophètes bibliques présents dans le Coran (tels que Moïse – le plus cité -, Jacob, Joseph, etc..) n’ont été choisis qu’en fonction d’une pédagogie précise : servir d’exemples aux musulmans. Abraham se trouve ainsi islamisé. « Abraham n’a été ni juif, ni chrétien, mais bien un hanif, musulman; il n’a pas été du nombre des associateurs » (Coran 3, 67)
Cependant Abraham est amputé d’une dimension essentielle, celle de l’Alliance commencée avec un peuple (les juifs) pour s’étendre à l’humanité entière par le christ et St Paul.
La piété islamique, avant tout légaliste et rituelle, ne porte pas à l’Amour mais au respect et à l’obéissance. Même si bien des croyants trouvent dans le Coran de quoi étancher leur soif mystique. Mais l’on sait que souvent les confréries et le soufisme, qui inculquent à leurs membres une certaine forme d’amour de Dieu, sont marginalisés, voire combattus par les autorités religieuses et politiques.
Les chrétiens, disciples d’une Personne, Jésus-Christ, ont l’amour pour fondement de leur foi; les musulmans, adeptes d’un Livre, le Coran, ont, eux, la Loi pour guider leur vie de croyants
La Loi se manifeste par les cinq piliers de l’islam
Parmi les obligations prescrites, une place spéciale est conférée aux cinq « piliers » de l’islam.
Le premier d’entre tous, la profession de foi (chahada), consiste à proclamer l’unicité divine, mais inséparable du prophétisme de Mahomet : « J’atteste qu’il nÿ a pas de divinité en dehors de Dieu et que Mahomet est l’Envoyé de Dieu ». Cette formule, prononcée devant deux témoins musulmans, suffit à elle seule pour adhérer à l’Islam et devenir membre de la communauté musulmane.
Elle est chantée cinq fois par jour par le muezzin chargé de l’appel à la prière. Il faut dire que l’existence de Dieu va de soi pour la plupart des musulmans qui en voient la preuve dans l’admirable ordonnancement de la nature.
Viennent ensuite l’aumône légale (.Zakat), sorte d’impôt de bienfaisance, et le jeûne du Ramadan.
Enfin, le Coran demande à tous les musulmans, hommes et femmes, d’effectuer, au moins une fois dans leur vie, le pèlerinage à La Mecque, lieu saint au demeurant interdit (haram) aux non-musulmans.
L’islam tire d’ailleurs largement sa force de sa cohésion communautaire, sans frontière, cohésion réelle malgré les dissensions et rivalités humaines. Cette communauté est missionnaire : elle doit tout faire pour étendre le règne de l’Islam, qui se propage notamment par le djihad.
Ce concept, signifiant « faire effort pour la cause de Dieu » (et non « guerre sainte »), autorise tous les moyens, y compris le recours à la violence, celle-ci se trouvant légitimée et sacralisée dans le Coran. (Il existe bien une forme de djihad spirituel, mais elle s’est développée hors du Coran en particulier par les soufis) Contrairement à l’enseignement du Christ, le Coran ne préconise pas l’amour des ennemis, en l’occurrence ceux qui refusent le monothéisme islamique. « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tue.Z les polythéistes, partout où vous les trouvere.Z; capture.Z-les, assiége.Z-les, dresse.Z-leur des embuscades » (Coran 9, 5.)
Pour atteindre ce but, les musulmans savent être patients. La patience est d’ailleurs l’une de leurs vertus les plus édifiantes, notamment dans l’épreuve personnelle.
A la fin, l’Islam doit triompher, comme Dieu lui-même l’a annoncé. « C’est une obligation pour Nous que de donner la victoire aux croyants » (Coran 30, 47)
Mais comme F.M. doit-on recevoir ces messages religieux d’un seul bloc ?
– selon le coran lui-même sourate 42/50-51. la révélation octroyée à l’homme n’est que partielle
« Il n’a pas été donné à un mortel qu’Allah lui parle, sinon par révélation, ou de derrière un voile, ou en envoyant un messager tel que celui-ci révèle ce qu’Il veut( à l’homme), avec Sa permission. Il est sublime, sage «
Si nous entrions dans la polémique de l’authenticité nous serions conduits à constater que dans les autres religions l’interprétation des écritures a aussi été de rigueur. Et comme l’islam, qui nous a donné les talibans mais aussi IBN ARABI et AVICENNE, les autres ont leurs intégrismes. Aussi ne retenons que les aspects spirituels du message coranique en ignorant ses aspects politico-temporels dépendant d’un contexte humain, et les prophètes sont humains. Et ne confondons pas dans le message sagesse et révélation.
Ne sommes nous pas, comme maîtres secrets, astreints à une grande prudence ? « Ne profane pas le nom de Vérité en le donnant aux conceptions humaines »
pourtant c’est notre raison qui est sollicitée dans la première partie de la phrase : » Accueille toutes les opinions, mais ne les déclare justes que si elles apparaissent telles à ton examen propre.
Interrogeons-nous donc sur les nuances et quel sens donner aux termes intuition, illumination, vision, Inspiration.
Sans nous cantonner à l’Islam pour approcher le sens de la Révélation qui doit prendre pour nous le sens de VERITE.
Ainsi dans le judaïsme emploiera plutôt le terme de dévoilement que révélation ainsi Dieu va parler et s’adresser aux patriarches fondant avec eux une alliance avec tout un peuple. Cette adresse de Dieu se manifeste essentiellement par une vision ou un rêve. Le message manifeste la volonté divine dans des lois, des coutumes, des rites elle instaure moins une connaissance proprement dite qu’une voie « halacha » Mais la fonction du midrash est d’actualiser constamment en interprétant en fonction du présent. Ainsi le judaïsme authentifie l’intervention de l’homme sur la Loi car pour lui la révélation n’est pas close par les messages reçus par les prophètes.
Pour le nouveau testament la révélation apparaît comme une apocalypse qui sera scellée définitivement à la fin des temps lors du retour de Jésus pour le jugement dernier. Le message est essentiellement dans le sacrifice du Christ par AMOUR pour les enfants de Dieu et dans l’action de l’Esprit saint qui doit permettre à l’humanité, sans exclusion, de comprendre et d’accomplir cette finalité. Nous sommes devant l’annonce d’une illumination possible de l’homme.
En islam C’est le livre qui est sacré, donc la LOI. En cela se rapproche du judaïsme. C’est parce qu’inspirer directement par Dieu que Mahomet s’arroge l’authenticité de la Révélation. Il n’y a donc pas pour un musulman de distinction entre révélation et inspiration. Il ne peut non plus s’agir d’intuition compte tenu de l’illettrisme supposé de mahomet.
Notons que la révélation n’est pas l’apanage des religions monothéistes et que dans l’hindouisme par exemple les livres sacrés sont le résultat de visions spirituelles.
La notion de révélation se fonde avant tout sur la croyance dans l’authenticité divine du message. Il est donc important donc de marquer les nuances entre une Foi qui s’appuie sur la croyance absolue et une Foi construite sur une opinion raisonnée comme le laisse entendre la sourate 45/23
«N’as tu pas vu celui qui prend pour Dieu sa passion. Dieu l’a égaré sciemment »
C’est donc dans le respect de l’autre avec une grande prudence, en distinguant le spirituel de tout aspect temporel contenu dans le message, aspect temporel si propice aux persécutions et aux exclusions, que nous devons, je crois, comme l’ont proposé les Soufis musulmans dans leur démarche spirituelle percevoir La VOIE au travers des différents messages reçus.
La sourate 51-20/21 nous dit :
« Il y a des signes pour ceux qui croient fermement. Et en vous-même ne voyez-vous donc pas » et aussi
« Nous (Dieu)sommes plus proche de lui( l’homme) que sa veine jugulaire » (sourate50-16)
Dieu est toujours présent dans le cœur de l’homme. C’est là que se situent la cause et la finalité de l’homme. La seule révélation dont chacun puisse avoir vraiment conscience c’est la Manifestation, preuve de la transcendance.
Le miracle ce n’est pas la révélation religieuse mais la vie et le mystère c’est la mort. Le reste pourrait n’être que spéculation.
C’est à cela que tente de répondre la démarche initiatique.
S’il doit y avoir révélation elle sera reçue individuellement lorsque l’alchimie intérieure aura permis aux lévites que souhaitons être de pénétrer réellement le Saint des Saints.
J’ai dit.
R G
(1)L’illettrisme de Mahomet ?( 2 ) Selon M.Rodinson et R.Blachère.