Pas d’Ordre, de Marche ni d’Acclamation

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


Il nous a été demandé de chercher les raisons pour lesquelles, comme le précise le mémento, il n’y a pas d’Ordre, de Marche ni d’Acclamation au 4e.



Pour nous rassurer, notre sœur Inspecteur nous a précisé que tous s’y étaient cassé les neurones, nous n’avons pas fait exception !



Historiquement, l’apparition de ce grade semble bien postérieure à la série de ceux quile suivent. Il ne serait apparu qu’à la fin du 18e siècle comme sorte de grade introductif aux 10 grades de Perfection. Claude Guérillot qualifie ce grade de « degré de transition qui n’apporte aucun développement à la Légende d’Hiram. Il y a de bonnes raisons de penser qu’il a été conçu après les autres comme une sorte d’introduction générale ».


Donc une introduction ajoutée a posteriori, interrompant momentanément la continuité symbolique d’avec ce qui précède, comme un lien artificiel entre la Maîtrise et les Hauts Grades.


De fait, la question qui peut se poser est de savoir s’il y a un véritable sens symbolique et initiatique à cette absence d’Ordre, de Marche et d’Acclamation ou s’il s’agit seulement d’un vide logique.



Il serait néanmoins un peu court de s’arrêter à cette hypothèse.



Pour tenterd’expliquer l’absence d’Ordre, de Marche et d’Acclamation au 4e, nous devons essayer d’en justifier la présence aux grades précédents.



L’Ordre aux trois premiers degrés est un outil de la discipline ou maîtrise sur le corps, une façon de vivre les symboles dans le corps, notamment celui de l’équerre. Il possède la vertu d’élever l’esprit en ordonnant le corps. Mais il est aussi une façon concrète de rappeler à chaque instant ce qu’il adviendrait de nous si nous venions à manquer à notre serment.


Le 4e degré est marqué par le Silence du Maître Secret. Ce Silence ne lui est pas imposé, il se l’impose à lui-même, comme discipline intérieure favorisant la méditation. Le Maître Secret lorsqu’il s’exprime, le fait sans mise à l’ordre extérieure, si ce n’est avant de prendre la parole, par le Signe du Secret qui devient alors une sorte de Signe d’Ordre furtif et discret.



Le Maître Secret n’a pas besoin de signe d’Ordre car sa mise en ordre est intérieure.Le Secret s’impose parce que cette ascèse, strictement individuelle est incommunicable. La connaissance à laquelle on accède dans l’expérience de l’intériorisation n’est pas spécifiquement d’ordre intellectuel ou spirituel.Elle représente un engagement existentiel s’incarnant dans un renouvellement total de la vie et de la personne.

Plus qu’une façon de concevoir la vie, elle introduit une forcequi fait resurgir l’homme. Moyen de l’avènement au mode le plus haut de l’être, la conscience vécue de ce mode, intuitive et analytique est la « Sagesse ». Dans la recherche et la découverte de sa propre lumièreil n’yrien de transmissible et cela voue le Maître Secret au silence.



La Marche des trois premiers degrés a une justification liée au cheminement initiatique et aux outils.


Pour l’Apprenti, la marche est rectiligne et s’effectue sur un plan horizontalà l’aide de l’équerre, parce qu’il a été mis dans la voie. Sa marche lui rappelle les difficultés de la voie initiatique et la nécessité de ne pas s’écarter de son chemin.


La Marche du Compagnon introduit la latéralité par le pas de côté parce que son parcours à ce stade implique qu’il aille chercher la Vérité partout où elle se trouve et que, pour ce faire, il lui est permis de s’écarter de la route normalement tracée, avant d’y revenir.


La Marche du Maître se caractérise par trois pas supplémentaires réalisés dans l’espace, en enjambant le cadavre d’Hiram. Pas qui le confrontent à la mort; mort qu’il défie, vainc et dépasse pour poursuivre son œuvre.



Ces trois premiers grades sont des grades en mouvement : Apprentis, Compagnons et Maîtres avancent avec leurs outils et leur connaissance.



En revanche le 4e grade est le grade de l’immobilité, de l’attente. Un grade de transition où par le silence et la méditation le Maître Secret essaie d’approfondir la connaissance qu’il a acquise afin de devenir un Maître Véritable. Il est en méditation et attend, comme dans un sas, sorte de préparation aux degrés qui suivent et à l’action qui s’y accomplira. Il s’y prépare par la réflexion sur ce qu’il est en tant que Maître, par un retour sur soi, sur ses devoirs et les valeurs nécessaires à l’accomplissement du chantier futur. Il ne peut se livrer à cette méditation et cette réflexion qu’immobile.



Au 4eme grade le mouvement n’est plus la dynamique du progrès linéaire, mais la dynamique du progrès intérieur et tout se passe dans le secret de sa conscience. Une ascèse intérieure devant provoquer une évolution spirituelle qui le conduira à une compréhension élargie de la notion du Devoir.



La batterie à ce grade, 6 coups réguliers + 1 coup séparé par un silence peut indiquer les 6 jours de la création suivisd’un 7ème jour de repos, soit le repos physique du Shabbat laissant la place à l’esprit. Le temps de l’homme n’est pas seulementdéploiement du langage, mais accueil du Silence, du Secret, et à ce grade on ressent fortement l’introduction d’un vide qui » inaugure l’entrée dans le monde de la signification ».


Ce vide permet à la fois la question et le passage à un autrement qui devrait nous permettre d’entrevoir autre chose.


Il nous apparaît comme une pause indispensable sur la voie initiatique, un moment nécessaire pour se ressourcer et trouver en soi l’énergie nécessaire à la poursuite de l’œuvre.



A l’origine, et encore aujourd’hui dans certains rites, l’Acclamation se faisait soit par « Vivat, Vivat, semper Vivat » ou « Houzé, Houzé, Houzé » (ou Houzaï). Signe de joie et d’allégresse, synonyme de Hourrah.


L’Acclamation « Liberté Egalité, Fraternité » (dont l’apparition est plus récente) revêt de même une référence joyeuse aux valeurs adoptées par la Maçonnerie.


L’Acclamation est toujours une exclamation de joie.



Or le 4e degré est par excellence le degré du deuil. Les M.S. pleurent la mort d’Hiramdans cette période de pause où ils se recentrent sur eux-mêmes, dans le secret et le silence de l’intériorité.


Il semble alors évident que la batterie ne soit suivie d’aucune Acclamation.



Le Maître Secret a franchi les trois étapes qui marquent les Loges bleues. Il est Maître, ce qui suppose l’assimilation des trois premiers degrés. Les ayant intériorisés, il n’est plus nécessaire de les manifester extérieurement.



Sous le signe du secret, dans le silence qui l’accompagne, réunis par le deuil, faisons alliance pour poursuivre ensemble l’œuvre inachevée.



Nous avons dit.

Accès réservé aux abonnés

Cet article fait partie de l’espace privé de L’Édifice.
Abonnez-vous pour accéder immédiatement à la plus grande bibliothèque maçonnique sur internet

  • Plus de 5 000 planches véritables
  • Issues de plus de 100 obédiences
  • Du 1er au 33ème degré
Déjà abonné ? Se connecter