Qu’est-ce que le Devoir en général et pour le MS en particulier ?
Non communiqué
T F P M et
vous tous mes TT CC FF,
« Le grade de M S est le symbole d’une ascèse intérieure devant provoquer une évolution spirituelle menant à la compréhension élargie de la notion de Devoir » m’a révélé le T F P M lors de mon initiation M S[i]
Voici donc mes FF quelques temps après[ii], quelques mots sur ma compréhension élargie du Devoir en général mais surtout pour le M S que je suis devenu.
Le plan que je vous propose parcourt les différentes perceptions du Devoir du profane au M S, puis du Devoir voulu par soi-même qui s’unifie au Plaisir, puis du Devoir vis-à-vis des autres mais surtout de sa propre conscience, enfin du Devoir perpétuel qui ne doit jamais s’arrêter, et pour finir du Devoir de ne pas porter atteinte à autrui à travers une expérience personnelle.
Le Devoir profane est souvent associé à un ordre d’autrui de faire ci ou ça. Un peu comme l’obligation que ressent parfois l’initié maçon qui s’engage sur le chemin de la connaissance : silence, assiduité aux Tenues, discrétion, travail. Puis Compagnon, Devoir de connaissance de soi-même qui fulmine dans plusieurs directions comme une étoile qui explose. Puis Maître, Devoir de recherche de cette connaissance que l’on nomme Parole perdue. A la fois Devoir de transmission envers certains et Devoir de nourrir son âme auprès d’autres, parfois d’ailleurs les mêmes. Puis M S,je me souviens avoir répondu « Je le suis ! » à l’interpellation du F Inspecteur « Etes-vous préparé à assumer ces Devoirs ? »[iii]. En effet, convaincu que persévérer sur la route du Devoir de manière constante est la seule manière d’être pour évoluer et connaître. Ou bien à l’inverse pour ne pas se sentir insatisfait d’un vide d’une difficile vie insipide qui n’aurait pas d’autre sens que celui d’un animal perpétuant son espèce.
Ma conscience morale, c’est ce « sentiment intérieur d’une norme du bien et du mal qui nous dit comment apprécier la valeur des conduites humaines, qu’il s’agisse des nôtres ou de celles d’autrui. »[iv]. Elle me semble conditionnée par mes règles morales, et aussi mes petites et grandes promesses. Mes règles morales sont mes valeurs, et mes promesses mes engagements. Et bien mes FF, si je devais étiqueter par un mot qui résume ce que je veux de ma conscience morale de M S, j’écrirai Devoir.
Je rejoins par là même ce que m’a écrit un des nôtres pour m’aider dans mon travail « Pour moi le Devoir c’est ce que me dicte ma conscience par rapport à mes valeurs et aux engagements explicites ou implicites que j’ai pris en tenant compte des impératifs qui découlent de ces dits valeurs et engagements »[v] .
Cela n’est pas la première fois que je planche parmi vous sur cette notion de Devoir. Cette fois-ci, c’est avec un regard et un ressenti tout particulier de M S
Et mon ressenti particulier de M S à moi, ce que j’ai découvert à force de travailler sur le Devoir, c’est de ne plus opposer plaisir et Devoir comme cela m’est arrivé de par le passé mais au contraire d’associer ces deux mots.
En effet, sur le plan profane, comme me l’a récemment rappelé un F M S[vi] Devoir renvoi bien souvent à une obligation imposée par un tiers, et je ne lui associais jusque là pas forcément plaisir. Plaisir que je trouve à présent dans ce Devoir vu par le M S qui m’apparaît comme une obligation librement voulue par moi-même.
Par exemple, j’ai ressenti lors de notre dernier Banquet d’Ordre[vii], que plaisirs et Devoirs étaient très fortement au rendez-vous. Plaisir festif d’un banquet en bonne compagnie bien entendu, et de multiples Devoirs. Devoir de servir au sens propre avec Fraternité Amour et Jovialité, mais surtout pour moi celui d’écouter et d’entendre les mots, les Devoirs d’autrui. Devoir exprimé lors d’une sentence[viii] par ici, ailleurs par un F[ix] au saint des saints qui en parla et exprima que c’est « par pure fraternité, humanité, que nous demandons de refaire un travail », par le T F P M qui exprima « Le droit au plaisir qui découle du Devoir » et enfin par le Représentant au Grand Collège des Rites qui y dit « Après le plaisir, après le Devoir, il nous reste l’espoir » …
Tout ceci pour vous dire, mes FF, qu’il me semble que le Devoir pour le M S, c’est une progression par un aller retour d’amour, de plaisir et de partage avec les FF d’un côté, et du travail personnel intérieur pour mieux se connaître d’un autre côté. Cette réflexion rejoint ce que m’a écrit un des nôtres pour m’aider dans mon travail : « pour moi il doit y avoir réciprocité entre le M S qui par son travail d’ascèse intérieure doit mieux se connaître et donc mieux appréhender ses limites et l’ensemble de ses FF (quelque soit le grade) pour une évolution permanente entre tous. Sinon on finit par se regarder le nombril »[x].
C’est l’enseignement que j’ai reçu en voulant être M S Pour mieux rechercher la Vérité et la Parole perdue. Cette Vérité, grande route du Devoir pour qui veut ouvrir les yeux afin de voir la lumière. Cette Parole perdue, connaissance du Devoir complet des anciens initiés. Suivre la route du Devoir avec une ferme volonté de l’accomplir quel qu’il soit pour la satisfaction de la Conscience. C’est pourquoi au regard de ceci je veux apporter un complément primordial sur ma notion de Devoir pour le M S mes FF A la fois un contour ou bien une limite, et à la fois un élan sur notre Devoir. Devoir tourné vers soi-même et vers autrui pour progresser dans un univers plaisant certes, mais aussi Devoir nécessaire, impératif, inéluctable. Ce complément que je juge nécessaire vis-à-vis de ma propre conscience est d’ailleurs rappelé lors de l’initiation M S par le F Trésorier : « Malheur à qui accepte légèrement des Devoirs et qui, ensuite, les néglige ! »[xi]. Ce malheur mes FF, cette menace, ces glaives retournés vers soi-même lors de l’initiation maçon, m’apparaissent au grade de M S comme ma propre conscience qui peut être bonne mais aussi mauvaise, dans le sens propre de mauvaise conscience.
Devoir impératif et inconditionnel, ce « Je dois parce que je dois » qui m’a si souvent interpellé, je dois vous avouer qu’il m’a fallu presque deux ans pour le digérer. « Le Devoir c’est le quotidien de chaque individu et pour le M S il se poursuivra jusqu’au terme de sa progression initiatique, Devoir fondamental incontournable. Le Devoir c’est apprendre à se défaire de ses scories, préjugés et jugement sans valeur, mais surtout sans porter atteinte à autrui. Nous devons remplir les engagements prêtés sous serments avec le sens des responsabilités, transmettre, aider, aimer. Il est vrai que le Devoir peut varier en fonction des critères moraux, religieux, d’ethnie, de pays et de société, mais pour le M S le chemin du Devoir c’est de poursuivre inlassablement une quête exigeante à la recherche de la parole perdue, de la vraie lumière et de la connaissance. ». Ces mots, eux aussi écrits par l’un des nôtres[xii] pour m’aider dans mon travail présent, je n’ai envie que de les reprendre tels quels car ils sont très bien comme ils sont.
Je vais maintenant faire un aparté car en soumettant une première version de ma planche, l’un des nôtres m’a incité à parler de mon expérience personnelle. J’ai toujours du mal à ce jeu parmi nous. Pour moi, nous sommes ici pour théoriser. La pratique de tout un chacun est personnelle et intime. Nous sommes libres et responsables. Il n’y a pas à jauger ou juger, ou que sais-je. Chacun répand ses vérités acquise à sa manière et bien malin celui qui sait quelles sources d’influences mènent réellement ses conduites. Bref je me prête au jeu sur ces mots : répandre ses vérités acquises dans le monde profane, sens des responsabilités, transmettre, aider, aimer, et surtout sans porter atteinte à autrui. Il y a 13 jours mes FF, j’ai choisi d’offrir mon temps lors du nouvel an pour le Secours Populaire. Il s’agissait pour une quarantaine de volontaires bénévoles, lors d’une soirée parisienne au Gymnase Jean Jaurès dans le 19ème arrondissement, de servir environ 300 repas de manière festive à des démunis. L’espace d’une pause cigarette, j’ai échangé avec un blanc chrétien. Je dis ça parce qu’en grossissant à peine le trait, le public du Secours Populaire est principalement de type basané musulman parce que le type blanc chrétien dans le besoin a une culture de la pudeur qui l’emprisonne et lui interdit de bénéficier des services de notre société. C’est ainsi déplorable pour certains qui s’interdisent assistance. Mais bref, des hommes, des femmes, et des enfants à aider. Un échange avec un homme donc, m’a agacé parce que je le trouvais immature et irresponsable dans sa manière de se décrire dans sa condition humaine. J’étais celui qui aide et apporte conseil. Il se racontait à moi. Je lui ai alors rappelé la devise « aide toi, le ciel t’aidera » pensant l’interpeler pour contribuer à ce qu’il se prenne en main. Cet homme d’une quinzaine d’années mon ainé, pesant son quintal, c’est alors mis à pleurer ne pouvant supporter que celui sensé lui apporter le renvoyait à lui-même pour s’en sortir. Peut-être l’alcool de la soirée amplifia sa réaction ? Peut-être ais-je été à côté de la plaque ? Je ne le saurai jamais. Toujours est-il que faire son Devoir sans porter atteinte à autrui n’est pas implicite, et qu’il faut toujours vigilance garder. Voilà pour un bout de mon vécu en relation à la présente planche. Et j’ai envie de partager avec vous mes FF mon émotion ressentie lors de ce type de soirée où l’on décide librement de son devoir, et où l’on reçoit un salaire en réalisant que l’autre si différent nous est finalement bien semblable.
Pour conclure sur ma compréhension élargie de la notion du Devoir, je dirai qu’il est affaire de conscience personnelle. Pour le M S certainement un peu plus que pour un autre puisqu’il y pense énormément de par son grade et l’a donc beaucoup plus à l’esprit. Il le dissout en lui-même et l’unifie avec le plaisir à travers beaucoup d’amour. Il tient à l’équilibre de la réciprocité entre ascèse intérieure et attentions extérieures. Il le prend très au sérieux, lui donne de belles lettres de noblesses. Le M S fait du Devoir partie intégrante de son bonheur mais aussi de son malheur s’il le néglige. Enfin, le Devoir ne s’arrête jamais pour le M S, son inlassable quête d’exigence à la recherche de la Parole perdue, de la vraie lumière et de la connaissance ne supporte ni compromis, ni pause. L’apprenti commence par rédiger son testament philosophique, il achèvera son initiation lors de son passage à l’Orient Eternel et en attendant, lorsqu’il est au 4ème degré, il intègre ce Devoir de cette manière claire et persistante en lui, sans aucun compromis.
En tant que M S, j’ai été mis sur le chemin du Devoir[xiii] et compris cette grande loi Maç, inéluctable comme la fatalité, exigeante comme la nécessité, et impérative comme la destinée.
Le M S se rapproche ainsi un peu plus de la compréhension de ce gardien du secret, homme d’Honneur et de Devoir nommé Hiram, qui va jusqu’à sacrifier sa vie pour ses valeurs.
J’ai dit T F P M
M B
[i]
Page 14 du Rituel de Maître Secret, 4ème
degré des grades de
perfection tel qu’établi par la Grande
Chancellerie du Suprême Conseil du Grand
Collège du Rite Ecossais Ancien et Accepté.
[ii]
23 mois (13/02/2008 au 13/01/2010).
[iii]
Page 17 du Rituel de Maître Secret, 4ème
degré des grades de
perfection tel qu’établi par la Grande
Chancellerie du Suprême Conseil du Grand
Collège du Rite Ecossais Ancien et Accepté.
[iv]
http://fr.wikipedia.org/wiki/Conscience.
[vii]
9/12/2009.
[xi]
Page 16 du Rituel de Maître Secret, 4ème
degré des grades de
perfection tel qu’établi par la Grande
Chancellerie du Suprême Conseil du Grand
Collège du Rite Ecossais Ancien et Accepté.
[xii]
André GEO 5/11/2009.
[xiii]
Page 18 du Rituel de Maître Secret, 4ème
degré des grades de perfection tel
qu’établi par la Grande Chancellerie du
Suprême Conseil du Grand Collège du
Rite Ecossais Ancien et Accepté. Moment initiatique au 4ème
où le
voile est retiré du visage, le Temple est brillamment
illuminé, et le T F
PM
dit : « Nous vous mettons sur le chemin du
Devoir » …