Rassembler ce qui est épars

Auteur:

J∴ B∴ G∴

GLDF
Loge:
NP


Dans le monde profane, rassembler signifie : mettre ensemble, réunir, rapprocher, associer ou concilier.


Le mot épars, de l’ancien verbe espardre, du latin spargère( répandre) se dit des choses qui se trouvent ça et là, dispersées, il s’agit plus souvent d’un éparpillement, d’une dispersion que d’une diversité.Autrement dit Rassembler ce qui est épars consiste à reformer un ensemble de divers élémentsqui se retrouvent séparés, dispersés.



Pour nous autres FM il en est autrement : rassembler est une progression géométrique qui correspond mieux à notre démarche maçonnique, et à nos échanges en Loge.


Ce qui est épars, ce n’est pas ce qui est dispersé, en désordre, ce n’est pas ce qui est perdu, mais peut être ce qui est enfoui, ce qui est épars c’est la diversité de l’individu :diversité qui en fait un être avec son vécu, son éducation, ses racines, ses connaissances et surtoutses contradictions.



Ne dit-on pas que la FM selon les Constitutions d’Anderson a été fondée pour rassembler les hautes valeurs morales, qui sans elle, auraient continué à s’ignorer, afin de former le centre de l’union, tout en développant des valeurs telles que : l’humanisme, la tolérance, l’éthique, la morale et l’amour, afin de travailler à l’amélioration matérielle et moraleet au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité.


Par ce qu’elle se veut universelle la FM se propose de rassembler ces hautes valeurs morales, qui sans elle continueraient de s’ignorer et resteraient donc éparses.



En FM on a des droits mais aussi des devoirs : le premier devoir, je dirais la mission du Maître Maçon est de rassembler ce qui est épars et de répandre la lumière.


Le mythe d’Hiram qui constitue la trame du Rituel d’élévation à la maîtrise, est l’un des mythe fondateur majeur de la FM.


Qu’est-ce un mythe ? Paul Valery ne dit-il pas que le mythe est le nom de tout ce qui existe et ne subsiste qu’en ayant la parole pour cause.


La tradition orale a largement embellie cette légende, on pourrait la rapprocher ou bienla comparer à la légende d’Osiris issue des mystères antiques Egyptiens.



Dans la cérémonie d’élévation à la maîtrise, il est question de mort, de résurrection, de parole perdue, Oswald Wirth ne nous précise t’il pas : que cherchent les Maîtres ?la parole perdue, quelle est cette parole ?la clef du secret maçonnique, autrement dit la compréhension de ce qui resteinintelligible aux profanes et auxinitiés imparfaits.



Dans cette dramaturgie, ou de suspect potentiel, je deviens tout à coup acteur, me voila représentant le cadavre d’Hiram sous l’acacia, je m’identifie au Maître Architecte, je revis en lui allongé entre l’équerre et le compas. Dans l’instruction du troisième degré, il est précisé : comment voyagent les Maîtres Maçons ? de l’orient à l’occident, et de l’occident à l’orient et par toute la terre.


Dans quel but ? pour chercher ce qui est perdu, rassembler ce qui est épars et répandre partout la lumière.



Le TVM en me communiquant le Mot Sacré me permet de devenir le Maitre Architecte Hiram ressuscité symboliquement, Hiram étant mort en emportant ses secrets, me permet par cette résurrection de les redécouvrir.



Le vrai travail du FM dans la perspective de nos rituels, est en quelque sorte de poursuivre l’œuvre du G A D L U.connaître le mot de maître, c’est connaître l’intention du GADLU ? Le sens du souffle originel qu’il a donné à la vie, le sens de la vie.


Nous autres FM refusons ce que l’on appelle la pensée unique, il s’agit donc pour atteindre une réalité toujours en mouvement de réunir les divers points de vue ; cette attitude s’appelle : rassembler ce qui est épars


la FMdans son cheminement permet à l’individu de travailler, de se développer, de se construireétape parétape sur ses propres diversités, sur ses propres contradictions.



Je pense qu’il y a plusieurs étapes pour aller vers la lumière, c’est-à-dire la connaissance, la vérité, nous devons construire notre Temple intérieur, il faut se construire pour pouvoir bâtir, depuis la tradition des bâtisseurs, bâtir est un acte de reconstruction, bâtir un temple à l’image de l’univers, c’est recréer l’univers à partir d’éléments épars, et la Loge rassemble des êtres réunis par le même désir de lumière et de vérité.


Travailler sa pierre, c’est créer l’unité de son être entre la verticalité et l’horizontalité, en allant chercher au fond de soi ses ressources : c’est-à-dire ce qui est enfoui, presque oublier.



L’apprenti travaille la pierre, il travaille sur lui-même dans le silence, en écoutant et en observant, son travail est introspectif.



Le compagnon participe à la construction de l’édifice en y plaçant judicieusement sa pierre, les voyages lui ont fait découvrir l’homme accompli qu’il devra être au travers de l’étoile flamboyante.



Le Maître maçon travaille sur la planche à tracer, l’esprit a pris le pas sur la matière : le Maître Maçon est sensé se tenir toujours entre l’équerre et le compas afin de pouvoir réaliser l’harmonie entre la justice et la vérité, entre les besoins du corps et la liberté de l’esprit, le Maître Maçon par la pratique de la juste mesure recherche l’harmonie dans le progrès, en lui-même et autour de lui.



Quels sont les outils pour y parvenir ?


+ l’étude des symboles et du symbolisme nous permet d’avoir accès à la connaissance, afin de nous ouvrir les voies de la sagesse et de la vérité.


+ le Rituel qui dans le Temple gère l’échange de la parole de manière à assurer la paix, le calme et la liberté de chacun.


+ et enfin le Rite qui est le seul maître.


La spiritualité de notre Rite, le REAArepose sur l’existence d’un principe créateur le « G A D L U » symbole qui ne peut heurter la croyance religieuse de ses adeptes, son approche métaphasique accessible à la raison humaine, dans la conciliation de la raison et de la foi.



De par sa capacité à « rassembler ce qui est épars », l’universalisme de notre Rite permet de remonter du connaissable à l’inconnaissable, de relier le visible à l’invisible, de proposer l’union de l’humain avec le divin, sonadogmatisme est avéré, de par la conception impartiale du principe universel au nom duquel nous travaillons hors de toute acceptationreligieuse ouphilosophique.



Le REAA permet aux spiritualités de toutes les traditions de se reconnaître sous cette appellation, se refusant à opposer foi et raison, transcendance et immanence, esprit et matière, éternité et temporalité, absolu et réalité, unité et dualité, il préconise l’art de vivre en harmonie avec les hommes et l’univers.



Véritable centre d’union, il a pour vocation de rassembler aux quatre coins du monde des hommes de toutes les cultures, de toutes les traditions, ; notre Rite source de fraternité, de tolérance, d’amour et de paix, conduit chacun d’entre nous selon sa propre sensibilité à la découverte de sa vie intérieure, au service du bien, du beau et du juste.



Les spécificités de notre Rite sont intangibles.


+ l’invocation et la glorification du G A D L U


+ la présence dans les ateliers du V L S ce volume étant la Bible.


+ le caractère ouvert et adogmatique de leur spiritualité.


+ la référence aux textes fondateurs adoptés par tous les Suprêmes Conseils du monde.


+ l’usage des devises.


+ le respect de la démarche initiatique et sa progression degré par degré.


+ l’obligation de la non mixité.


Rassembler ce qui est épars, c’est le travail du Maitre Maçon et l’œuvre de la Loge.


Nous nous devons de transmettre ce que nous avons acquis en Loge, nous devons rassembler les diversités pour en construire une unité, tout en conservant les valeurs, chaque degré est une consolidation, une mise en forme, un assemblage des diversités éparses.


Rassembler ce qui est épars, c’est le sens de l’existence, la quête d’une vie, c’est pour le FM construire le Temple de l’humanité.



La chaîne d’union, domaine de la pensée et de l’action symbolise le rassemblement des esprits épars, elle nous invite au voyage, elle est le lien entre le matériel et le spirituel.


Réunir et magnifier les différences, ne pas les soustraire, ne pas tenter de les effacer ; au contraire, les cultiver, les travailler pour renforcer l’union, tout en prenant soin de laisser les métaux à la porte du Temple.



Rassembler en une unité de lieu : la LOGE ; et de démarche : la FM ; toutes les diversités de chacun des individus, prolonger à l’extérieur le travail effectué en Loge.



Je paraphraserais Jean Jacques Rousseau qui dit que la FM est dans chaque Maçon un acte pur de l’entendement qui raisonne dans le silence des passions sur ce que l’homme peut exiger de son semblable, et que son semblable est en droit d’exiger de lui.



En loge le maître maçon, doit avoir un comportement exemplaire, il doit impérativement participer à la vie de l’atelier, a l’enseignement maçonnique des apprentis, et des compagnons.


Le Maître Maç doit passer de la pensée des débats à l’intérieur de la Loge, à l’action dans le monde profane, il doit se définir comme un opératif qui veut mettre en œuvre et réaliser son idéal, il se révèle par son ouverture d’esprit, sa tolérance, son écoute, sa discrétion et sa compassion à l’égard des autres.



C’est par son comportement basé sur la liberté, l’égalité et la fraternité, qu’il pourra aider à transformer l’humanité et contribuer à rendre la société plus humaine ; de par son action, il participe au regroupement universel des humains de bonne volonté autour d’un idéal maçonnique de liberté, d’égalité et de fraternité.



Elevé au dernier grade de sa Loge, le Maître Maçonest-il arrivé au bout de son chemin initiatique ? certainement pas, car la parfaite initiation estcomme la vérité, on peutl’approcher, mais on ne peutjamais la posséder.



Notre Rite, le REAA nous propose une vision universelle, ou chaque frère trouvera les moyens de construire son temple intérieur, ainsi, il pourra se dépasser pour Rassembler ce qui est épars, en s’efforçant d’écouter son maître intérieur pour aller vers la Lumièreau service du beau,du vrai, du juste par l’amour de la vérité.



Je terminerais mon travail en citant Victor Hugo :



le miroir de la vérité s’est brisé au milieu des sociétés modernes. Chaque partie en a ramassé un morceau.


Le penseur cherche à rapprocher les fragments, rompus la plupart selon des formes les plus étranges ; quelques uns souillés de boue, d’autres hélas, tachés de sang.


Pour les réajuster tant bien que malet y retrouver à quelques lacunes près, la Vérité totale, il suffit d’un sage pour les souder ensemble, et leur rendre l’unité.



TCFPrésident et vous tous mes frères, j’ai dit.   



Accès réservé aux abonnés

Cet article fait partie de l’espace privé de L’Édifice.
Abonnez-vous pour accéder immédiatement à la plus grande bibliothèque maçonnique sur internet

  • Plus de 5 000 planches véritables
  • Issues de plus de 100 obédiences
  • Du 1er au 33ème degré
Déjà abonné ? Se connecter