Sous le signe du secret
I∴ A∴
Notre itinéraire maçonnique se vit dirigé par les rites et les symboles dans une construction silencieuse dont, le secret restera un mystère inabordable pur le non initié.
Pourquoi, cet incommunicable doit-il marquer de son nom le 4è grade et se cacher sous l’apparence d’un signe?
Irène Mainguy nous signale :dans son livre »symbolique des grades de perfection » l’ancienneté de ce geste des deux doigts sur les lèvres qui unit le secret et le sacré.
Elle l’associe en Egypte au jeune Dieu Harpocrate, repris à Delphes par la Pythie, puis par des représentations de christs en majesté sur letympan de cathédrales.
Dès le 12è siècle également, »le signe du secret »est mis en lumière par le geste de consécration des rois et des prêtres auquel, en 1376,se rajoute l’opposition du sceau royal ,cimentant la fermeture hermétique de ce qui doit être « mis à part et préservé ».
De la même manière, le secret dontil est rappelé ici le caractère sacré est matérialisé lors de l’intronisation du Maître Secret, par l’opposition du sceau sur les lèvres de larécipiendaire.
A partir d’un rituel, la transmission d’une force spirituelle qui éveille sa conscience morale la lie ainsi dans la stricte discrétion, par son engagement à l’ordre et à tous les Maîtres Secrets de la chaîne initiatique.
Ce secret relève davantage, au 4è degré, d’une retenue volontaire dans le discernementet d’une méditation dans la maîtrise du verbe qui n’est plus imposé de l’extérieur, comme celui du signe d’ordre d’apprentie.
Le Maître Secret ne se retire plus sous la loi du silence comme en loge bleue mais il se tait »en observant de garder le secret ».
Le secret lui appartient scellé dans son cœur et lui permet de reconnaître sa liberté d’obéir librement au devoir de la franc maçonne, qui n’est ni »contrainte, ni nécessité ».
Est-ce alors au travers de cette transmission qui nous réunit par la force du serment, liant la parole au geste dans une même quête, que l’initiée découvrirait cet « essentiel » ,invisible pour « les yeux du petit prince.?
Déjà au 1è degré lors de son initiation, la néophyte a prêtéson serment de silence et de fidélité puis, c’est progressivement par une ascèse personnelle, qu’après avoir parcouru un premier cycle, elle est parvenue face au Saint des Saint, celui des grands mystères, dépouillée de ses décors de VM
La leçon d’humilité qui en découle l’invite à un renoncement à ce qu’elle croit savoir dans le sacrifice d’une purification.
Des ténèbres de son être, la lumière qu’elle porte en elle ne se découvre alors que par une mise en ordre progressive qui relève du fil à plomb.
C’est par cette sorte de « métanoia » qu’elle sera reconnue digne par toutes ses SS Maîtres Secrets à partager le secret.
Pour cela la plus grande circonspection est nécessaire à l’imitée au 4è degré qui ne distingue pas sa lumière sous le voile de son aveuglement.
Ce voile lui rappelle qu’elle n’a pas encore acquis la connaissance pour n’apercevoir
qu’imparfaitement ,dans les étincelles de lumière ,le secret du livre sacré et celui de la serrure indispensable à la clefd’ivoire
La clef par la pure blancheur de l’ivoire, de par sa constitution, est le symbole universel qui explore toutes les possibilités d’accès à la porte de la vérité.
Comment découvrir la serrure dans ce qui est ensevelie dans les profondeurs de la matière, sans l’équerre d’argentsur l’œil de la connaissance qui nous appelle à la rectitude?
La voie du secret,derrière la balustrade n’est qu’un mot substitué que nous a légué notre Maître Hiram et, n ‘appartient ni au savoir ni au sens…
Elle est intérieure et silencieuse et n’est pas enfermée dans un livre ni derrière des mots.
Elle relève seulement de la pensée de l’être libéré, d’une certaine aptitude au discernement de la vérité, dans l’idéal d’un accomplissement.
Toutes nos aspirations spirituelles ne se trouvent-elles pas de la sorte réunies dans un idéal utopique de perfection dans la resplendeur de Ziza illuminant la matière?
Dans le temple sacré, lorsque la VM est adoubée et devient la gardienne du ST des ST, à quoi correspond le geste confirmé par les trois doigts du pouvoir royal qui réunit la puissance de la main justicière à la puissance sacerdotale?
Le sceptre du 3 fois Puissant Maître dérive du bâton et prolonge le bras royal, emblème de la sagessede la justice Salomonienne n va éveiller ‘l’initiée au monde spirituel du sacerdoce.
Il rappelle, par la transmission d’une force médiatrice la levée vers le ciel des voyages courbes devant la conduire par la voie d’une éthique, au delà du cercle de lumière.
La main droite avec les deux doigts repliés, main de la miséricorde, traduit l’engagement du Maître Secret consacré au service du templeuniversel par le pouvoir qu’il reçoit d’en haut et qu’il exerce sur terre.
L’index et le médius droits réunis posés sur le cœur en signe d’obéissance et d’allégeance, le pouce formant équerre ,évoquent le signe d’ordre, celui de l’élévation de la pensée dans l’unification de l’être.
La recherche de la parole perdue qui s’impose impérativement comme une transcendance dans »:il est plus facile de faire son devoir que de le connaître ».
Est-ce le cœur de l’inouï lié à la transcendance du G.A.D.L.U qui occupe une place importante pour persévérer dans l’accomplissement de cet essentiel? ou est-ce la voie de la volonté et de l’intelligence qui demande des efforts d’adaptation et de contrôle aux vérités d’un jour?
Le silence des espaces infinis pascaliens est-il absolu?
N’est-il pas simplement ‘admettre l’absence de réponse à nos questions dans une recherche renouvelée devant le vide du hasard et de la nécessité.
Marcher vers notre vérité implique tous les domaines de notre engagement quotidien et dépasse un dépassement de soi qui impose la recherche de justice et d’humanité.
Le Maître Secret sait que le cœur doit être son gouvernail qui agrandit la tête, mais comme le dit un proverbe chinois »le fond du cœur est plus loin que le bout du monde ».
C’est seulement alors dans le silence de sa conscience que l’initiée, en quête d’unité en rassemblant ce qui est épars, dans l’union de l’esprit et du coeur, dans le secret de sa réalisation spirituelle saura qe la création est permanente dans le transitoire de la pensée de son âme.