Tu ne te forgeras point des idoles humaines

Auteur:

M∴ F∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS


ORDO AB CHAO
DEUS MEUMQUE JUS


SUPREME CONSEIL
DES SOUVERAINS GRANDS INSPECTEURS GENERAUX
DU 33ème ET DERNIER DEGRE
 DU
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE

Trois Fois Puissant Maître, Très Illustres Frères et vous tous mes Frères Maîtres secrets.

Afin de pouvoir aborder ce sujet il m’a paru important de rechercher préalablement la où les définitions relatives à « l’idole » et de délimiter ainsi le cercle me permettant d’effectuer ce travail.

Dans un premier temps je vais donc traiter cette notion à l’extérieure du cercle c’est à dire dans le monde exotérique, puis dans un second temps à l’intérieur du cercle à savoir dans le monde ésotérique, tout d’abord sur le plan maçonnique, puis sur le plan de mon vécu personnel.

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Selon le dictionnaire, l’Idole provient du grec « eidôlon » ( image, simulacre, fantôme ), c’est à dire la représentation d’une divinité qui est l’objet d’un culte d’adoration, où une personne faisant également l’objet d’une admiration passionnée (artiste, vedette de la chanson, homme politique). Idolâtrer c’est vouer un culte aux idoles, manifester un amour excessif, vouer une sorte de culte à quelqu’un ou quelque chose.

Tout au long de l’histoire la représentation de l’idole a pris formes diverses.

Elles peuvent être de formes humaines, idéologiques, littéraires, virtuelles, superstitieuses et sont souvent le reflet de l’ignorance et de la désinformation.

Elles peuvent faire l’objet d’une représentation physique ( icône, totem) , sociologique et matérialiste où abstraite comme les courants de pensées ( totalitarisme, fanatisme, dogme ).

La mythologie et les civilisations anciennes (grecs, romaines, égyptiennes, etc … ) regorgent de mythes, d’idoles, de dieux et de demi-dieux ayant fait l’objet d’adoration, et sur le plan religieux, la plus connue reste celle du « veau d’or ».

Dans la vie profane, l’histoire nous a d’ailleurs souvent démontré, que l’idolâtrie d’un homme politique, d’un système totalitaire, d’un système de pensée unique imposé à tous, où d’une secte religieuse, a été à l’origine de nombreux drames, de génocides et de grandes injustices.

Pour reprendre Carl Gustav JUNG

« Rien n’influence plus un individu que son environnement psychologique et particulièrement, dans le cas des enfants, la vie que leurs parents auraient souhaitée avoir »

Nous sommes donc tout au long de notre vie conditionnés par notre environnement, et le fait de maintenir le commun des mortels dans l’ignorance permet souvent aux dirigeants (politiques , économiques où religieux) d’exercer leurs pouvoirs avec aisance en guidant comme Panurge, un troupeau de moutons.

Il convient donc de veiller à ne jamais reproduire de tels schémas dans le monde profane, et nous laisserons le soin à nos FF. d’autres obédiences de traiter ce sujet sur le plan social.

En ce qui me concerne, je vais continuer mon chemin en abordant cette notion à l’intérieur du cercle.

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Rituellement, lors de la cérémonie de réception au 4ème degré, le futur M. S. après s’être fait clore les lèvres par le sceau du secret, entame 4 voyages symboliques par un chemin qui serpente.

Au 1er arrêt devant le plateau du T.F.P.M. , ce dernier s’adresse au V.M. dans ces termes : « La maçonnerie t’a libéré de l’ignorance, des préjugés et des superstitions.

Elle t’a tiré de la servitude et de l’erreur.

Tu ne te forgeras point des idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion,
mais tu répondras toi-même de tes actes et tu ne prendras point les mots pour la réalité.
Tu t’efforceras toujours de découvrir l’idée sous le symbole. »

Cette sentence qui peut paraître bien anodine lors de notre cérémonie de réception, car notre esprit et notre attention sont accaparés par la vision d’une multitude de nouveauté, est en réalité essentielle dans notre recherche spirituelle.

Si elle mérite de faire l’objet d’une réflexion sur les grands thèmes qu’elle aborde, je me limiterai à traiter la partie relative aux idoles humaines.

Dans ce contexte, l’idole est tout ce qui, au travers de la peur, et sous le couvert d’une certitude qui nous rassure, nous fige sur place, dans un confort relatif.

On ne veut surtout pas se remettre en cause, la résistance au changement est tenace, et ce confort lui-même est idolâtrie.

Les superstitions conduisent à la servitude et à l’erreur et la connaissance nous aide à devenir libre. L’idole est un voile qui nous aveugle sur notre chemin en étouffant notre conscience.

Il me faut donc travailler sans relâche à lutter contre ce que Francis BACON a désigné comme les principaux obstacles à la connaissance scientifique à savoir : les idoles de la tribu ( Nature humaine ), les idoles de la caverne ( préjugés individuels ) et les idoles du théâtre

( les fausses sciences ).

Encore faut il avoir la volonté de se donner les moyens de s’émanciper, et de ne pas adopter une pensée unique imposée mais une pensée universelle.

En effet, l’acceptation d’une idée commune et de façon collective est également source de danger, et les théories de Bouddha où de Marx peuvent également nous laisser penser qu’ils détiennent la vérité et ainsi devenir des idoles.

« La masse, comme telle, est toujours anonyme et irresponsable » dixit Carl Gustav JUNG

Je dois donc toujours garder mon libre arbitre tout en acceptant la différence de pensée de l’autre. Pour cela il faut le faire dans un cadre de liberté. Nous avons besoin de l’autre mais nous ne devons pas l’idolâtrer.

Rejeter le confort des standards imposés par la vie profane et matérialiste, c’est aussi accepter de prendre le risque de voyager dans un monde plus difficile à maîtriser car nous ne sommes plus sous influence. Nous cherchons à découvrir la Vérité et ce chemin initiatique tortueux à l’image de celui effectué par le futur M. S. lors de son initiation, doit se faire en acceptant et en assumant ses erreurs.

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Comme le rituel nous le dit « je suis passé de l’équerre au compas », du monde matériel et de ses idoles au monde de l’esprit, et donc du monde de l’illusion au monde spirituel.

Le paraître et ses idoles ne sont plus ma référence, car l’aliénation générée par ces derniers entraîne une perte d’objectivité et une perte totale de mes références.

Se forger des idoles c’est se créer des idées mentales qui peu à peu s’imposent et supplantent tout autre concept. Le fait de ne plus avoir d’idoles, me permet donc d’être libre.

Libre de penser, d’analyser, de construire ma propre philosophie de la vie et mon propre code de conduite.

La F.M. nous permet lors des 5 voyages du C. d’engranger cette connaissance, mais nous devons prendre garde à l’influence de nos 5 sens sur notre analyse, et apprendre à maîtriser nos passions pour conserver la fiabilité de notre jugement ainsi que notre libre arbitre.

Pour Carl Gustav JUNG il est nécessaire, après avoir fait tomber le masque social de travailler sur nos ombres que sont les défauts, les superstitions et les préjugés.

Il faut les identifier, connaître ses défauts, et apprendre à mieux les gérer.

Si l’émotivité est mauvaise conseillère dans la prise de décision, la certitude absolue de son savoir et l’autosatisfaction générée par un ego surdimensionné le sont également.

En effet, le problème c’est notre ego et l’immobilisme qu’il entraîne en nous maintenant aveuglément dans l’état où nous sommes.

En nous empêchant de voir ce qu’il y a de bon et de mauvais en nous il nous empêche de nous remettre en cause.

Ne pas avoir d’idoles humaines, c’est partager son savoir, mais également écouter, respecter et s’enrichir de la pensée de l’autre.

C’est ne pas être égoïste et replié sur son propre système de pensée unique, et donc accepter de laisser ses métaux et son égocentrisme à la porte du temple, être tous égaux sans ego.

Mais transmettre son savoir et la connaissance à ceux qui vous entoure vous oblige en contrepartie à une remise en question permanente tout en acceptant de perdre une partie de votre pouvoir sur les autres.

Pour progresser je dois travailler sur mon ego en retirant ce qui est le plus détestable,

maîtriser comme TUBALCAÏN les braises de cet ego toujours prêt à s’enflammer, et veiller à ne pas devenir mon propre idole avec un ego démesuré.

Ne plus travailler sur moi, c’est accepter les idées qui me sont imposées soit par les autres soit par mon ego si je m’idolâtre en étant persuadé de détenir la seule et unique vérité.

Le choix qui s’oppose est donc celui d’une vie simple et sans souci en adoptant les idées imposées, où celle d’une vie de labeur morale à la recherche perpétuelle de la vérité permettant de nous améliorer.

Mais on est le seul responsable de sa progression et nous ne devons pas chercher à nous réfugier derrière quelqu’un qui va penser à notre place. Il ne faut donc pas non plus se forger d’idoles pour compenser ses erreurs en se donnant de bonnes excuses, mais se forger soi même sa propre théorie sur la base de sa propre expérience.

Certains hommes peuvent nous servir de guides, parce qu’ils ont parcouru le chemin avant nous, mais en aucun cas d’idoles à suivre aveuglément.

C’est mon travail de réflexion sur moi-même qui va me permettre d’évoluer, et en perdant à cause de l’ego mon esprit critique, je ne pourrais plus m’améliorer.

Pour ce faire il faut avec humilité reconnaître et accepter ses erreurs puis les transformer en acquis positif pour poursuivre son chemin en connaissance de cause.

Il nous faut savoir rester humble car même avec le cheminement initiatique qui ne pourra que nous aider dans notre temple intérieur, pensons humblement que nous ne serons jamais un être parfait.

Dès notre cérémonie d’initiation d’Appr. nous sommes mis face à nos responsabilités par l’épreuve du miroir qui attire notre attention sur le fait que notre pire ennemi est le reflet que nous avons de nous même.

Travailler notre ego c’est ne pas sombrer dans l’idolâtrie comme Narcisse dans le reflet de sa beauté.

Il nous faut toujours avoir une ouverture d’esprit pour écouter les autres et ne pas s’imaginer que l’on est le centre du monde et que personne ne peux rien nous apporter.

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J’ai d’ailleurs vécu personnellement le phénomène de l’idolâtrie avec mon frère de sang en transposant ma personnalité sur la sienne pendant de nombreuses années.

Cette situation a été générée par un manque évident de personnalité et de confiance en soi de ma part et donc d’un refus de voir les choses en face.

Situation néanmoins fort agréable et confortable car l’idole sait vous flatter et vous rendre « sur de vous » en apparence, tout en vous débarrassant de toutes les décisions difficiles à prendre au quotidien.

Il vous permet donc de vivre dans un monde illusoire, caché derrière l’autre, et de ce fait de n’avoir nul besoin ni de se remettre en question, ni d’avoir à justifier et à assumer ses propres décisions.

Le plus difficile après la prise de conscience a été de gérer les tensions qui en ont découlé et d’éviter le rejet de mon frère en tant qu’être humain, ayant été déçu par ce dernier.

Après avoir fait « tombé le masque », il m’a fallut au contraire identifier les raisons pour lesquelles il avait eu une influence sur ma personnalité, et d’apprendre à l’aimer pour ce qu’il était devenu à mes yeux à savoir ce qu’il était réellement.

De cette expérience, j’en ai retenu que le piège à éviter était celui de ne pas me « mouler » dans une pensée unique.

Pour construire mon temple intérieur je dois donc être à la fois le maître d’œuvre ( Salomon ) l’architecte (Hiram) et l’ensemble des ouvriers à savoir les bons mais aussi les mauvais

( les 3 mauvais C.), et apprendre à ne plus dépendre des autres mais prendre les bonnes décisions et en assumer les conséquences.

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La F.M. me permet donc d’avoir une évolution spirituelle par la connaissance de la gnose que l’on appelle la parole perdue, à savoir la connaissance du Principe, et tout ce qui peut faire obstacle à cette Connaissance ultime est à rejeter, à commencer par les idoles qui ne sont que des couvercles posés sur la voie du cherchant.

A l’opposé de la scientologie qui formate les esprits pour mieux les reprogrammer sur sa seule vérité, la F.M. m’aide à rester moi-même et à faire ressortir ma propre lumière.

Elle m’oblige au contraire à savoir me poser les bonnes questions, à approfondir sans cesse mes connaissances, à savoir interpréter chaque chose, et à tourner mon esprit dans toutes les directions à la recherche d’une nouvelle dimension.

Le fait de développer ma connaissance et mon sens de l’analyse de ce qui se cache derrière l’apparent je vais me constituer une Clé qui me permettra d’accéder à la véritable parole perdue, qui est différente de celle souvent imposée par les systèmes humains, où de celle créée par ma propre interprétation primaire.

Mais je dois veiller au quotidien à mon ego qui pourrait prendre à nouveau le pas sur mon esprit si ce dernier venait à se persuader qu’avec mes connaissances acquises en M. je n’avais plus aucun secret à découvrir.

Je dois donc lors de mon évolution en F.M. m’améliorer grâce aux talents et conseils de mes FF., apprendre à me connaître et toujours rester vigilent à ne pas m’idolâtrer où idolâtrer les autres.

En travaillant à la gloire du G.A.D.L.U. je me protège donc des méfaits des idoles, car travailler à sa gloire, ce n’est pas l’idolâtrer mais participer à son humble niveau à être le co­auteur de l’évolution de la création.

Cela passe également par un sujet fort d’actualité à savoir adapter son comportement en accord avec la nature ( animale, minérale, atmosphérique) et de transmettre à nos générations futures un monde plus écologique, plus pur et plus sain en accord avec les lois naturelles du cosmos, qui sont rarement en accords avec les préceptes économiques actuels.

J’ai dit TFPM

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