Tu ne te forgeras point des idoles humaines

Auteur:

A∴ A∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A la Gloire du Grand architecte de l’Univers


Ordo ab Chao
Deus Meumque Jus


Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil des Souverains


Grands Inspecteurs Généraux du 33ième et dernier degré


Du Rite écossais ancien et accepté pour la France





Lors de ma réception au grade de Maître secret, un bandeau posé sur mon

front voilait ma perception de la lumière.


Je ne comprenais pas bien, de même que je ne voyais pas bien.


Le travail sur le chemin doit donc se poursuivre.


Au Grade d’Apprenti, j’ai appris à me libérer des passions et me dépouiller

de mes aspérités : Boaz, la colonne paraît. Au grade de Compagnon, j’ai

appris à tailler ma Pierre, pour révéler l’Etre authentique en moi, grâce aux

cinq sens et aux sept arts libéraux : J’agis désormais pour établir: Jakin. Je

pèse mes mots, je jauge mes actes. Au grade de Maître, je poursuis ma

quête, je polis ma Pierre pour trouver ma place dans la grande OEuvre.



Je suis sur le chemin ; encore aveuglé par ce bandeau translucide. D’où

vient cet aveuglement ? De mes conditionnements, sociaux, culturels,


religieux, des croyances de toutes natures, ces obstacles immatériels

dressés devant moi qui m’écartent de la Connaissance.


Des idoles me submergent et entravent la création de mon Etre, de mon

libre arbitre, de ma libre conscience.


La Voix sur le chemin, me rappelle : « Tu ne te forgeras point des

idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion, mais

tu répondras par toi-même de tes actes ». Mes frères, voici le

thème de ma planche.



L’idole est une représentation qui détourne de la réalité celui qui la

reconnaît pour le cantonner dans le royaume de l’apparence. L’étymologie


signifie d’ailleurs, image, vaines apparences. Les idoles nous proposent des

réponses là où nous demandons des chemins.



Sous leurs formes humaines, les idoles sont sources d’adoration. Elles sont

la représentation d’une divinité que l’on adore comme si elles étaient la


divinité elle-même. Or l’idolâtrie humaine ou centrée sur des objets

immatériels est une aliénation de notre jugement et de nos sentiments. En

nous écartant du sentiment juste et du raisonnement mesuré l’idolâtrie

devient une source de souffrance. Un père idolâtré, une femme devenue


notre idole, un enfant roi, une statue vénérée, tout cela construit des

représentations déformées de ce qu’ils doivent être pour nous et déforment


nos comportements. En les divinisant, nous faussons nos relations avec

nous-mêmes et les autres. Or la divinité est en nous, cachée à l’intérieur de


nous-mêmes. Elle n’est pas chez autrui, dans une chose, elle est notre

action et notre comportement en harmonie avec l’Univers et les Lois, avec


le Bien et le Beau.



L’éducation a construit des idoles d’une autre nature, celles qui viennent de

la somme des préjugés, des penchants, des habitudes et nourrissent la


subjectivité. Les traditions et les coutumes mêlées à la théologie

engendrent un empirisme naïf, source de superstition.


Dans le récit de l’Exode des israélites d’Egypte, Moïse avertit le peuple

d’Israël, « Fuyez le culte des idoles » et ne croyez qu’en un DIEU unique.



Cette maxime résonne alors que le peuple d’Israël se détourne de son

véritable chemin pour idolâtrer le Veau d’Or, dont les manifestations


contemporaines subrepticement encore pénètrent notre conscience pour

devenir une source d’aliénation de notre Etre. La soif aveuglante de


pouvoirs, la tyrannie des passions et des plaisirs, la soumission à l’argent

corrupteur, la dictature aliénante des apparences, source de perversions de


l’âme et du coeur, tous ces conditionnements sociaux fracturent mon

intériorité dont j’ai appris à rassembler les éléments épars pour retrouver


l’harmonie et la concordance intérieure. Je contribue à l’harmonie de

l’Univers par mon action d’équerre.


L’Exode du peuple juif d’Israël est aussi le mien. Je voyage vers mon

devoir, vers ma terre promise : connaître et accomplir l’Oeuvre. Je suis sur


le chemin, je suis ce que je suis : un cherchant en quête de la Parole

Perdue, un Lévite porteur de l’Arche d’Alliance.



Muni de la Clé d’ivoire, j’ouvre la porte et m’engage sur le chemin de la

Grande Lumière que je vois poindre: splendeur ! Ziza.


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Les idoles humaines étouffent mon Etre véritable. Nuisibles à mon libre

arbitre, elles entravent la création de mon jugement et assiègent mon


esprit. Elles soumettent ma conduite à leur commandement.


Fantômes déformant à l’apparence humaine ou immatérielle, perversion du

jugement, me déviant de la vraie lumière, les idoles sont corruptrices de


ma vision du monde.



Je dois m’en libérer pour agir, penser et me bien conduire, sans autre

maître que ma libre conscience, dans le secret ; je deviens maître, le maître


secret, maître de moi, libéré des idoles, source d’erreurs du jugement. Mais

la libre conscience suppose la libération, au sens latin du mot « liber »,


« sans chaînes ». Or les idoles m’enchaînent à ces représentations

déformées.


Elles me font prendre les mots pour la réalité et gouvernent mes actes. Ma

conscience n’est pas libre, mon libre arbitre est dominé, je ne suis plus la


mesure de toute chose.



Comment renoncer aux idoles pour s’approcher de l’Oeuvre ?


La construction de l’oeuvre a démarré par un questionnement intérieur.



J’avais des questions, la Franc-maçonnerie m’a promis un chemin. La

connaissance commence par un questionnement. Pour connaître, il faut


s’interroger et interroger. Par l’expérience des choses, je connais. La

différence entre le savoir et la connaissance, c’est la capacité à éprouver les


choses, les symboles, les sentiments, les relations humaines. Le moyen de

connaître c’est l’induction c’est-à-dire la manière de raisonner qui consiste à

tirer de plusieurs cas particuliers une conclusion générale.



L’expérience devient le moyen de connaître. En qualité de maître, je ne dois

pas agir comme l’araignée qui tire tout à elle-même, au risque de


subjectivité ; je ne dois pas non plus me borner à amasser des faits,

comme une fourmi faisant des provisions ; Je groupe, classe et découvre


des lois comme une abeille besogneuse qui élabore son miel. Je découvre

par moi-même en suivant une méthode rationnelle, capable de me rendre


autonome des idoles et de tout commandement extérieur à mon

raisonnement.



En me questionnant je consolide mon libre-jugement. Je me déleste des

idoles humaines, je reviens au centre du cercle et dessine le Fil à plomb


rectifiant mes actions du dedans, avec moi–même, et du dehors, envers les

autres.



Mon libre arbitre c’est-à-dire la capacité à décider par moi-même se

consolide. Je suis entre l’Equerre et le Compas, capable de discerner dans


le cadre de la Loi, en conscience et sans influence d’aucun dogme de

nature religieux, politique ou culturel.


Loin du commandement des idoles, je pars vers la construction du Glorieux

Edifice.



Me bien conduire avec moi-même, être indulgent envers moi et les autres

c’est agir selon les vertus cardinales : la Prudence, la Tempérance, la Force

et la Justice. C’est conduire une action authentique, sans faux semblants

envers mes semblables.



La promesse du compas devient réalité. L’équerre de mes actes croise le

compas. Je suis sous le Laurier et l’Olivier.


Je suis sur la voie, je suis un Lévite, gardien du Saint des Saints,

poursuivant le chemin. Au commencement de mon travail maçonnique, j’ai

vu le chemin. En approfondissant le travail, je peux dire : Je suis le Chemin.



J’ai dit, Trois Fois Puissant Maître.


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