Le Symbolisme #3237023 Symbolisme Auteur: J∴ P∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué L’intéressante enfilade récente, partie d’un des « Carmina Burana », nous donne, me semble-t-il, une intéressante leçon de *relativisme symbolique*. Nous sommes évidemment retombés sur la traditionnelle dichotomie Soleil-Lune, masculin-féminin, or-argent, esprit de géométrie et de finesse, raison et intuition, force et beauté, culture et nature, cerveau et coeur, actif et passif, … (la liste est longue), censée renvoyer aux deux Colonnes.Et puis nous nous sommes vu rappeler que cette symbolique, que certains croyaient universelle, était fort peu univoque, et en fait culturelle. De même que, d’un Rite à l’autre, les colonnes peuvent être inversées, et que les auteurs peuvent défendre, avec autant de bons arguments « s’appuyant » sur la Bible, que J est la colonne des Appr ou celle des Comp…Dans toute la symbolique maç, rares sont les symboles qui ne disent à la fois tout et son contraire (les outils peut-être; encore est-il possible d’en inverser l’usage…) ; et, dans la mesure où la FM doit être la rencontre des contradictions, c’est très bien ainsi, me semble-t-il… Si bien que l’intérêt d’un symbole n’est plus tant dans ce qu’il montre que dans ce qu’il cache, dans sa signification que dans la multiplicité de ses significations parfois contradictoires, multiplicité qui est peut-être sa signification ultime… Ce symbolisme du symbolisme – notre F Yvon aurait peut-être dit ce méta-symbolisme – me semble pour ma part une piste de réflexion très riche.Peut-être nous encourage-t-elle à assumer nos contradictions pour nous construire, plutôt que de prétendre les résoudre. Et à voir notre dualité olaire-lunaire, non comme une dichotomie, mais comme la base du triangle à construire. Pour tenter d’y vivre – à l’intérieur, ou même parfois à l’extérieur, de ce triangle – en sachant que quel que soit le point où, hic et nunc et au gré de nos humeurs et de notre évolution personnelle, nous nous y situons, certaines propriétés restent invariantes (comme dans le triangle de notre F Guy sur fif-fm…).Ce n’est pas en mélangeant au mixer le « noir » et le « blanc » – ce qui ne donnera qu’un gris terne – que nous avons à traiter nos contradictions (et cela me semble aussi vrai pour un individu ou un couple que pour une L ou une société) mais en les assumant également : le « centre de l’union » n’est pas « entre » les différences comme le « centre » est entre la gauche et la droite, il ne peut être qu’ « au-delà » – dans une dimension supplémentaire.Il faut pour cela voir les contraires en termes de « positif » et « négatif », non comme dans le langage courant qui les hiérarchise en tant que bien et mal, mais comme en électricité : de quoi faire tourner le moteur…ou mettre la lampe sous tension pour qu’elle donne de la lumière. « La lune ne fait que refléter la lumière du soleil », disent avec dédain ceux qui les hiérarchisent (avez-vous remarqué que, dans les Rituels maç, une fois posé le principe que ce sont deux des trois Lumières, on parle tant de l’un et si peu de l’autre ?) : tirons-en au moins une leçon d’humilité, c’est que nous éclairerons peut-être plus nos FF et SS en leur faisant part de la Sagesse des autres que de la nôtre…C’est pourquoi je terminerai en vous livrant quelques extraits des articles « Lune » et « Soleil » du « dictionnaire des symboles » de Chevalier et Gheerbrant : « Au Japon, chez les montagnards du Sud-Vietnam aussi, c’est le soleil qui est féminin, la lune masculine… C’est que l’aspect féminin est considéré comme actif, en ce qu’il est fécond : c’est, chez les Radhé, la Déesse soleil qui féconde, couve et donne vie…Chez les Dogons du Mali – dont tout le système cosmogonique est dominé par le symbolisme lunaire – le soleil n’est point mâle, mais femelle… Le soleil est femelle (mère-soleil) et la lune mâle (père-lune) dans les civilisations pastorales nomades. C’est le cas pour la plupart des tribus turco-mongoles d’Asie Centrale… Le nom du soleil était féminin en celtique, comme dans toutes les langues indo-européennes anciennes…La lune est un symbole de connaissance indirecte, discursive, progressive, froide…la lune est seulement le symbole de la connaissance par reflet, c’est-à-dire de la connaissance théorique, conceptuelle, rationnelle…Le même symbolisme relie entre eux la Lune, les Eaux, la Pluie, la fécondité des femmes, celle des animaux, la végétation, le destin de l’homme après la mort, et les CEREMONIES d’INITIATION (Eliade, traité d’histoire des religions)… A propos, qui donc avait prétendu que la FM était masculine parce que son Rituel était « solaire » ? Ne serait-ce pas Wirth ? Très frat Navigation des articles Planche Précédente "Caractère de la méthode symbolique" Planche Suivante "Le Symbole"