Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer
S∴ R∴
Cette Maxime du Taciturne extraite du livret d’instruction indique la conduite que doit suivre le Maître Secret.
C’est la mise en route dans son comportement d’une espérance et d’un acte de foi à accomplir le Devoir, grande loi de la franc-maçonnerie.
Je pense qu’il n’est pas nécessaire d’espérer aboutir à sa recherche pour continuer et persévérer inlassablement d’entreprendre ce travail sur soi même.
Il n’est pas besoin non plus, de réussir dans cette recherche de la perfection si tant est que l’on y arrive, pour persévérer quotidiennement dans son devoir de maçon.
Étant admis parmi les Lévites, en qualité de Maître Secret, je suis devenu un fidèle gardien du Saint des Saints et l’un ‘des sept désignés pour remplacer notre respectable Maître Hiram dans la poursuite de la construction du Temple.
La clef d’ivoire (emblème de la discrétion) que je porte en sautoir, doit me permettre de franchir les obstacles constitués par les préjugés, les passions et l’erreur qui sépare l’homme de la vérité, par un travail énergique et persévérant.
Je vais maintenant revenir sur l’analyse des mots qui composent le sujet de ma planche, espérer, entreprendre, réussir, persévérer.
Espérer
Arrivé un jour dans ma recherche de la vérité et de la parole perdue, J’espère en cette vérité particulière qu’est la Lumière.
Cette Lumière est à la portée de tout homme voulant ouvrir les yeux et regarder vers la grande route du devoir envers soi-même et envers les autres.
Le devoir envers les autres passe par la pratique de la tolérance, le respect de l’égalité des droits, etc., envers l’ordre, envers les frères (pratique de l’assistance fraternelle, soutien affectif, moral, etc. …) et envers la Loge.
Le devoir envers soi-même s’entend par avancer inlassablement vers la connaissance, vers son propre perfectionnement dans le domaine comportemental et spirituel.
Le maître secret doit avancer avec prudence et détermination mais il doit avancer.
Le Saint des saints ne comporte aucune fenêtre éclairée aussi c’est avec ma seule clairvoyance que je pourrai percevoir la lumière, celle de la connaissance du cœur.
Pour le Maître Secret que je suis, cette notion de devoir pourrait se définir ainsi :•La prise de conscience que je dois signifier aux autres mais aussi en moi.
•Le fait de me méfier de tous préjugés ou jugement de valeur.
•Poursuivre mon chemin sans porter atteinte aux autres.
•Travailler avec persévérance et réfléchir avant d’agir.
•Servir et aimer son prochain avec fraternité et solidarité.
•Transmettre ce que. j’ai reçu.
Je citerai Gabriel D’Annunzio « les hommes immortels et les Dieux éternels ne tuèrent jamais l’espérance. »
Entreprendre
Entreprendre cette interminable ascension et progression dans ce devoir qui s’impose à la conscience et se présente comme un impératif selon l’état de ses connaissances et de ses expériences.
Entreprendre ce travail sur moi même, pour rechercher la lumière, celle de la révélation, celle qui va me faire passer de l’état matériel à celui de spirituel, en total état de conscience.
Entreprendre un travail de perfection à travers la pratique des vertus, comprendre ce que sont la Sagesse, la Force et la Beauté. Mais je n’aurai sûrement pas assez de ma vie pour remplir ces devoirs.
Placé sur ce chemin du devoir je poursuis inlassablement ma route vers la connaissance du devoir complet.
Réussir
Dans cette voie de la perfection, réussir à obtenir la victoire sur soi grâce à un inlassable et incessant travail. Gloire au Travail !
Réussir dans la réalisation de mon devoir, dans l’avancement dans le monde en recherchant la parole perdue qui ne se trouve pas si éloignée semble t’il puisque le rituel m’a donné les trois mots : Iod,Ivah, Adonai qui doivent me conduire à mieux me connaître encore et donc à mieux approcher la réalité de la divinité.
le suis conscient que même si le voile qui couvrait mon regard a été soulevé, puis retiré, je ne suis pas arrivé au bout de la route et qu’il me reste encore une immensité de connaissances à découvrir pour me faire progresser avec bonheur sur la voie de la perfection.
« L’art d’être tantôt très audacieux et tantôt très prudent est l’art de réussir » disait Napoléon.
Persévérer
Persévérer dans la continuité de mon perfectionnement tant sur la plan moral que comportemental.
Il ne peut y avoir aucune limite d’autant que nul ne sait où se situe la perfection, ce qui m’oblige ainsi à persévérer plus avant dans tous les domaines en épurant mes attitudes, mes façons de voir le monde.
En diminuant mon imperfection, et en cherchant à atteindre cette ultime perfection sachant que je ne serai peut être pas sûr de parvenir à l’atteindre.
Persévérer dans mon idéal consiste à vivre mes devoirs même si parfois à l’écoute du travail de mes frères je me sens perdu, diminué, presque ridicule dans les travaux que je fournis. Il m’arrive même d’avoir envie de leur ressembler, d’avoir des propos aussi riches que ceux que j’entends ayant parfois la conviction de ne pas être à leur « hauteur ».
Perdu dans ce long chemin que je dois parcourir, j’ai même parfois l’envie de tout arrêter pensant à ne pas être à ma place parmi les cherchants que nous sommes. Alors un mot, un geste, une attitude d’un frère me relance, m’encourage et je me prends à espérer et à persévérer.
Notre richesse à nous les francs-maçons, c’est cet ensemble, ce mélange, cette disparité qui permettent d’améliorer ses propres connaissances et qui nous aide à gravir ce long chemin initiatique qui j’espère me conduira un jour au bout de ma recherche.
Dans ces moments de fatigue, de doute, de découragement, devant mes faiblesses je me dois de penser à l’équerre du géomètre qui me rappelle que tout n’est pas lisse et régulier ici-bas et qu’il faut sans cesse rectifier.
Cette équerre m’évoque l’égalité spirituelle, la rectitude morale et comportementale qui doit nous accompagner dans chacune de nos actions.
Je suis passé de l’équerre au compas pour m’élever et pénétrer les hautes régions de la connaissance spirituelle, comme le dit notre livret d’instruction.
C’est peut être cela le secret, celui de continuer et persévérer, de parfaire la construction de notre temple intérieur, celui d’être nous-mêmes sans vouloir ressembler à qui que ce soi.
Le chemin est difficile et ma faiblesse passagère doit s’effacer pour laisser place à ma volonté propre dans cet apprentissage.
La persévérance dans cette recherche dans laquelle je ne sais pas moi Maître secret où celle-ci m’emmènera.
Mais ne dois-je pas demander à l’Eternel que je sers comme lévite, la révélation liée au mystère de la clef d’ivoire et à ZIZA pour m’aider à accéder aux mystères du Rite ?
Dans l’accomplissement de ma mission de maître secret, la clé est nécessaire à la recherche de la vérité et de la parole perdue car elle peut me permettre d’accéder ultérieurement au Saint des Saints.
Ou tout au moins d’arriver à la sagesse des anciens.
Comme le citait Edouard Hickson : « c’est une leçon que vous devriez observer essayer, essayer, essayer encore, si tout d’abord vous ne réussissez pas, essayer,essayer, essayer encore ».
En conclusion
Nous voyons bien que dans notre quête, le but n’est pas dans l’aboutissement de notre recherche mais le chemin qui mène à la satisfaction de la réussite du travail sur soi.
C’est donc bien qu’il faut entreprendre, c’est notre Devoir de persévérer, c’est la nature même de notre quête.Le cheminement initiatique du Maître Secret implique donc un engagement, un sacrifice.
A l’exemple d’Hiram qui perdit la vie pour respecter son engagement, le sens du devoir doit l’emporter sur toutes choses.
Il devient ainsi « aussi inéluctable que la fatalité ».
J’ai dit