Hermes Trismegiste « Le Maître spirituel de la Loge »
Non communiqué
ALGDGADLU
ORDO AB CHAO
DEUS MEUMQUE JUS
Sous la Juridiction du Suprême Conseil pour la France
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
du 33ème et dernier degré du REAA
ORDO AB CHAO
DEUS MEUMQUE JUS
Sous la Juridiction du Suprême Conseil pour la France
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
du 33ème et dernier degré du REAA

Hermès
Trismégiste, mosaïque de la cathédrale
de Sienne
Hermes Trismegiste
« Le Maître spirituel de la Loge »
« Monte plus haut que toute hauteur, descend plus bas que toute profondeur. Rassemble en toi-même les sensations de tout le créé, du feu et de l’eau, du sec et de l’humide, imaginant que tu es à la fois partout, sur la terre, dans la mer, au ciel, que tu n’es pas né encore, que tu es dans le ventre maternel, que tu es adolescent, vieillard, que tu es mort, que tu es par-delà la mort. Si tu embrasses par la pensée toutes ces choses à la fois, temps, lieux, substances, qualités, quantités, tu peux comprendre Dieu »
Poimandrès XII, 20
En guise d’introduction, cet extrait du Poimandrès situe les enseignements du Trismégiste.
Mais Hermès, Thot, Mercure ? ????
Quel est donc ce personnage énigmatique qui « hante » nos rituels et nos consciences ?
Si l’authentification historique d’Hermès reste une énigme, il n’en demeure pas moins l’une des pierres angulaires de ce que nous nommons La Tradition.
L’épithète « Trismégiste » viendrait du fait qu’Hermès aurait vécu 3 vies, mais pour les alchimistes, il est vu comme la conception tripolaire du cosmos considérant que le monde est un agencement de trois principes, et qui nous parle mieux à nous maçons : le principe SEL, le principe SOUFFRE et le principe MERCURE.
Il est dit aussi :
« Dans les vieux textes égyptiens la triple répétition du même hiéroglyphe exprimait le pluriel, et plus tard le superlatif, de telle sorte qu’« Hermès le Grand, le grand, le grand, » doit être lu « Hermès le très grand », et non, comme cela se produisit par erreur, « Hermès le trois fois grand » ou « Trismégiste ».
Pour la tradition islamique, il y eut trois Hermès :
1. Hermès le Majeur qui vécut avant le déluge. Il reçut par inspiration divine la science de l’écriture, de l’astronomie et de l’architecture. C’est lui qui fit construire les pyramides pour y graver en hiéroglyphes les secrets de la création et ainsi les préserver du déluge.
2. Hermès le Babylonien qui vécut après le déluge. Maître en médecine, en philosophie, en mathématique. C’est lui qui initia Pythagore aux mystères de la science sacrée.
3. Hermès l’égyptien. Maître d’Esculape, il est le premier à enseigner l’alchimie et fut une des plus grandes autorités en magie et en sciences occultes de tous les temps.
Des batailles d’archéologues affirment l’existence d’Hermès (Thot) identifiable à un pharaon qui correspondrait à l’exactitude des critères entretenus par la légende.
Quoi qu’il en soit « l’Hermétisme » dont serait fondateur ce personnage se compose bien d’une doctrine philosophico religieuse mêlant des mythes gréco égyptiens, et la philosophie néo platonicienne qui s’est répandue sur l’empire romain.
Il faut approcher cette doctrine en lisant le Corpus Hermeticum, si cher à notre TIF Serge Raim… et combien il a raison quand il nous incite à le lire et l’étudier en plus des œuvres de Platon, c’est dans ces pages que le maçon puisera les enseignements que fait Hermès à son fils Tat ou à Asclépios et pour faire siens ces enseignements. Du Poimoindres au Kore Kosmou , pour employer une expression à la mode, il y a « du grain à moudre »
Je ne saurai que vous renvoyer aux travaux de Festugières qui reste la référence en la matière.
L’Hermétisme s’est toujours opposé au christianisme, il s’est refusé à reconnaître un sauveur; il est ainsi apparu comme le dernier bastion de résistance à la nouvelle foi. Il s’est aussi heurté aux doctrines dualistes gnostiques en vogue à l’époque pour qui le monde est mauvais. Les mythes hermétiques se différencient du gnosticisme par une vision unitaire et optimiste du monde, dans laquelle l’âme élue peut se sauver et se fondre dans le grand Tout. CG JUNG disait « « …le personnage d’Hermès correspond moins à une personne qu’à une influence spirituelle. » ce qui est à mon sens une bonne vue de ce que peut être l’Hermétisme.
Le Poimoindres est toutefoisa rapproché des conceptions spirituelles de l’évangile de Jean, la notion de « verbe » y est présente comme « logos créateur » en dehors du dogme chrétien en ce qui concerne Hermès bien entendu.
Ce qui, à mon sens, est à rapprocher de notre vision du monde.
En fait l’enseignement hermétique peut être résumer, comme le parcours du maçon, la recherche de la réponse aux questions que nous nous posons depuis que le monde est monde : Qui sommes-nous ? Quelle est la Cause première ? Quel est le sens ?Quel estle but de la Vie ? Il s’agit de donner à l’initié l’accès à un monde secret, auquel le profane qu’il était n’avait jusqu’alors pas accès
Le plus célèbre écrit étant « la Table d’émeraude » et son « fameux » « Tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas »
Cette « tabula smaragdina » pour l’appeler comme elle se nomme est en fait la partie finale du traité nommé « le livre du secret de la création et technique de la Nature » rédigé sous le règne de Khalife Ma’Mîn en 833.
Les écrits d’Henri Corbin nous éclairent sur ce sujet.
Cette table d’émeraude renvoie au vase vert de la cathédrale de Gênes , la légende dit que ce « vase d’émeraude » était une partie du trésor que la Reine de Saba offrit au Roi Salomon et que le Christ avait bu dedans au cours de la Sainte Cène ….ce qui rejoint la légende du Graal…. Et donne la dimension possible de la fabrication d’une table taillée dans de l’émeraude « pierre précieuse de la perfection »
Je ne m’étendrai pas sur l’émeraude qui ornait le front de l’ange déchu Lucifer, mais son nom de Porteur de Lumière et la perte de l’émeraude peut aussi ouvrir une piste de réflexion où l’on pourrait voir la différnece entre la monde profane et le monde sacré et le fait que dans sa chute Lucifer ne conserva que son Ego, rompant sa fusion originelle avec le principe divin.
De là le lien peut être fait avec la Pierre Philosophale et notre VITRIOL du cabinet de réflexion qui revêt par son symbolisme un caractère hermétique incontestable où l’on retrouve les principes énoncés au début de ma présentation.
Avoir trouvé la Pierre Philosophale, pour le maçon, est bien la découverte du Soi profond qui régénère l’être avec la pureté originelle.
Il n’est certes pas aisé de trouver une signification et un véritable sens à cet écrit mais au-delà des interprétations, ne faut-il pas là aussi chercher l’idée derrière le symbole ?
Hermès, comme Thot, et ses écrits nous disent
« Hermès vit l’ ensemble des choses,et ayant vu,il comprit,et ayant comprit il eut la puissance de révéler et de montrer en effet les choses qu’il connut,il les grava,et,les ayant gravées,les cacha,ayant mieux aimé,sur la plupart d’entre elles, garder un ferme silence que d’en parler, afin qu’eut a les chercher toute génération née après le monde ».
Cet enseignement rappelle bien la démarche maçonnique « donnez moi la première lettre, je vous donnerai la seconde » et ainsi de suite au fil des degrés de notre Rite.
On peut voir dans les enseignements d’Hermès, comme dans les nôtres, un changement d’état permanent…d’un état à un autre suivant le parcours qui est le notre.
De part ses quelques bribes d’éclaircissement, bien incomplet au demeurant, l’on peut maintenant se demander pourquoi considérer Hermès comme le maître spirituel de la Loge ?
Thot / Hermès est considéré, selon la Tradition, comme le scribe des dieux et divinité de la sagesse et auteur, de fait, de livres « religieux »
Dans son Corpus Hermeticum Hermès nous entraîne sur un parcours qui n’est pas sans rappeler les enseignements de l’évangile de Jean et de Thomas comme dit au début de ce travail pour preuve, il yest écrit:
Ses enseignements à son fils Tat en sont un témoignage, de la régénération à la règle du silence, cet enseignement de leçons générales est un enseignement qui interpelle tout maçon qui pourrait bien se trouver à la place de Tat pour écouter cette partie du discours secret sur la montagne.
Quand TAT dit « J’ai fortifié mon esprit contre l’illusion du monde, Dès lors daigne donc compléter ce qui me manque, comme tu me l’as promis » n’est-il pas au seuil du cabinet de réflexion ? N’est-ce pas ce genre de question que nous nous sommes posé avant que de ne franchir la porte basse ?
Comment ne pas s’arrêter sur les recommandations du Maître
« Arrêtez-vous, devenez lucides : regardez de nouveau avec les yeux du coeur ! Et si vous ne le pouvez pas tous, au moins ceux qui le peuvent. Car le fléau de l’ignorance submerge la terre entière, met en péril l’âme emprisonnée dans le corps et l’empêche d’entrer dans le havre du salut. »
Il invite l’homme à se chercher et à chercher son origine divine, en passant par la recherche même du divin mais il souligne que le Dieu suprême est inconnaissable, on le connaît que s’il se révèle et cette révélation n’est pas de l’ordre du démontrable mais de la foi.
Pour Hermès le monde est mauvais et il n’est de bon que Dieu, toutefois l’âme peut se sauver. Il n’est qu’à se reporter à ses dialogues avec Asclépios…
Suivant ces enseignements Platon, Pythagore et d’autres ont compris ,comme nous maçons, que l’amélioration de l’homme était possible et savaient qu’il ne tenait qu’à soi même de faire briller la parcelle de divin qui est en nous.
Si l’âme veut briser les chaînes qui la retiennent au monde matériel, elle doit en passer par cette œuvre de régénération et s’emplir des vertus divines.
Ces enseignements étaient une véritable religion de l’esprit, un peu comme notre enseignement maçonnique s’il est perçu comme il se doit de l’être.
Nos rituels, s’ils sont des guides pour accomplir telle ou telle cérémonie, sont aussi et surtout un enseignement que l’on se doit d’intérioriser, de s’approprier et de restituer comme tel aux générations futures, sans les altérer, ni même les commenter. Chacun devra en extraire la substantifique moelle qui le portera vers sa propre et individuelle régénération.
Hermès engage les hommes a ne pas regarder le monde comme le digne objet de leur admiration, entendant par là sans doute que ce monde n’est pas issu de leur œuvre mais de l’œuvre divine et que « tout ce qui peut s’offrir au regard est digne de louanges, de révérence et d’amour »
Bien avant Socrate, il est ici question de la connaissance de soi, le Corpus Hermeticum par Pimandre (le Poimandrès)nousparle de l’homme à qui la lumière du mystère vient d’être révélée (ça ne vous rappelle rien ?) qu’il devra se connaître car « celui qui s’est connu soi-même va vers soi » c’est-à-dire vers sa propre nature, sa nature originelle.
Pour se faire il ajoute qu’il faut mener une vie pieuse et pure : ne pourrait-il pas dire « Fuir le vice et pratiquer la vertu » comme l’enseigne le premier devoir du franc-maçon ?
L’œuvre de régénération, basée sur les enseignements égyptiens, nous ramènent vers notre démarche maçonnique : il y est, comme pour nous, question de purification. Comme dans le Bouddhisme il y est aussi question de détachement, se débarrasser du vieil homme emprisonné dans notre corps et dégager de sa gangue l’homme intérieur qui souffre par l’entremise de nos sens et nous entraîne vers le chaos vers le mal vers….les châtiments dans ce qu’ils ont de plusterrible.
Ces châtiments terribles et nombreux nous traduit Ficin qui sont au nombre de douze, l’Ignorance, la Tristesse, l’Incontinence, la Concupiscence, l’Injustice, la Cupidité, la Tromperie, l’Envie, la Fraude, la Colère la Précipitation, la Méchanceté…dans l’enseignement donné à TAT, il connaît l’œuvre de régénération et les Puissances de Dieu affluent en lui pour expulser ces châtiments…la Connaissance remplacel’Ignorance, la Joie repousse la Tristesse, la Continence, l’Incontinence, l’Endurance, la Concupiscence, la Justice, l’Injustice, la Bonté, la Cupidité, la Vérité, la Tromperie…avec la Vérité arrive le Bien, accompagné de la Vie et de la Lumière. La décade des puissances a annulé la Do décade des punitions.
« en lui était la vie et la vie était la Lumière des hommes » serions nous tenter de dire…
Les enseignements donnés à TAT sont des enseignements qui font de lui un initié …en profonde spiritualité, ce qui nous fait bien dire qu’ Hermès est le Maître spirituel de la Loge.
Hermès, Thot, Mercure, autant de nom pour un seul qui aura par delà les siècles continuer à transmettre, comme nous nous devons de le faire, nous maçons, pour que perdure la Tradition dans son sens le plus pur, le plus originel possible.
Il est ici décrit le chemin de TAT , mais comme le souligne notre TIF Serge Raim… « dans toute tradition, l’image du chemin est un symbole de la quête de l’être »
L’enseignement d’Hermès c’est l’alliance de l’homme à la nature, de la nature à Dieu, de Dieu à l’homme, de l’homme à l’homme
Il n’est pas possible de tracer une planche exhaustive sur Hermès sans tomber dans les travers d’un exposé biographique, d’un exposé alchimique, magique que sais-je encore…. en souhaitant que ce travail ne fut pas trop …hermétique…au sens où nous l’entendons aujourd’hui.
Je vous invite aussi, mes FF, à réfléchir sur les attributs de ce Thot / Hermès / Mercure …il y a matière à plancher …mais « ceci est une autre histoire »
J’ai dit TFPM
B G
Orientation bibliographique
A.YATES, France, Giordano Bruno et la Tradition Hermétique, Dervy, 1996
DUFOUR, Xavier-Léon, Dictionnaire duNouveau Testament ; le Seuil, 1975
FESTUGIERE A-J , La révélation d’Hermès Trismégiste, 3 volumes , I – L’astrologie et les sciences occultes, II – Le Dieu cosmique, III – les doctrines de l’âme, IV – le Dieu inconnu et la gnose, Les Belles Lettres, 1981.
HERBERT,Jean, L’enseignement de Ramakrishna Albin Michel 1949
HERMES TRISMEGISTE, Corpus Hermeticum, 4 volumes, I – Poimandrès, II – Asclépius, III – Fragments extraits de Stobée, IV – Fragments extraits de Stobée , Les Belles Lettres, 1954, traduction A-J Festugière, réédition 2002 à 2006.
MAINGUY, Irène – Symbolique des grades de perfection et des ordres de sagesse Dervy 2003
MENARD, Louis, Hermès Trismégiste, Guy Trédaniel, 1977
Tradition Ecossaise N° 9 – Février 2005 – SCPLF