Tu ne te forgeras point d’idoles humaines, pour agir aveuglément sous leur impulsion
F∴ P∴ M∴ F∴ L∴
A la Gloire
du Grand Architecte de L’univers
Ordo ab Chao
Deus meumque Jus
Chacun de vous de se souvient de cette sentence prononcée par le T F P M lors de la cérémonie de réception au 4ème degré dans le 1er voyage symbolique. Elle ne prend sa signification, enfin celle que j’ai perçue, que remise dans son contexte.
Au fur et à mesure de l’avancement et c’est le principe de ces travaux, de multiples voies s’ouvrent, toutes plus intéressantes et enrichissantes les unes que les autres aussi je ne vais me cantonner qu’à quelques unes.
Commençons par « son contexte ».
« La maçonnerie t’a libéré de l’ignorance, des préjugés et des superstitions, elle t’a tiré de la servitude et de l’erreur ».
Parvenu à la Maîtrise, épuré et instruit par les premier et deuxième degrés, le Maçon se voit encore confronté aux préjugés qu’il est sensé combattre, l’ignorance, l’orgueil et l’ambition. Ca vous rappelle sans doute une petite histoire où il était question de 3 mauvais compagnons. Ces trois vices ne sont hélas pas les seuls que le Maître Maçon doive combattre. Tout ce qui l’entrave dans sa démarche sur le chemin de la lumière doit d’être éliminé.
La première étape passe par l’initiation au 1er degré. Mis ce n’est pas pour autant que ce soir là elle nous ait transformé d’un coup de baguette magique.
« La maçonnerie t’a libéré… », si je comprends bien, grammaticalement parlant, cette première condition aurait été remplie avec succès. Cependant on ne devient pas Maçon parce que l’on a été initié et que par miracle, toutes les imperfections ont été gommées.
Des outils nous ont été remis ce jour là pour commencer à tailler notre pierre « afin de la dépouiller de ses aspérités et la rapprocher d’une forme en rapport avec sa destination ».
Récemment j’ai entendu un excellent travail présenté ici par l’un de nos F qui rappelait que nous avons encore en nous le bien et le mal, les ténèbres et la lumière. Parce que j’étais dans les ténèbres et que je désirais recevoir la lumière énonce pourtant notre rituel au 1er degré.
Certes, mais c’est un travail de longue haleine. Nous sommes d’éternels apprentis travaillant à nous améliorer et devons rester vigilants sans jamais relâcher nos efforts.
Cent fois sur le métier, remet ton ouvrage. Et ce n’est pas le travail qui manque : vaincre mes passions, soumettre ma volonté à mes devoirs et faire des progrès en maçonnerie. Le travail du Maçon ne s’arrête jamais, dans nos Temples, entre nous évidemment mais aussi en dehors dans la vie profane où nous sommes confrontés à la réalité, parfois dure. Mais faut-il encore en avoir le désir, la volonté, la persévérance.
C’est un dur et long chemin et nombres de Frères sont restés découragés sur le bord de la route. Certains ont oublié le serment qu’ils avaient prêté et se sont fourvoyés dans d’autres voies. D’autres aveuglés par leur égo et leurs ambitions ont préféré se forger une idole. Ce qui nous amène tout droit à cette sentence, thème de ce travail.
« Tu ne te forgeras point des idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion ».
Que faut-il entendre par « idole humaine ? »
– Une représentation
divine taillée ou forgée de la main de l’homme
qui est l’objet d’un culte d’adoration ?
– Un chanteur, un acteur, un écrivain, un sportif, un
personnage politique, objet d’une tendresse ou d’une admiration
passionnée de la part de quelqu’un et adulé par
le public ?
– Une idéologie sociale ou religieuse ?
D’illustres philosophes se sont penchés sur la définition du mot idole, telle celle-ci parmi tant d’autres d’ Emmanuel KANT dans « la critique de la faculté de juger » :
« C’est une illusion superstitieuse en laquelle on imagine pouvoir se rendre agréable à l’être suprême par d’autre moyen qu’une disposition morale ».
Une autre du théologien Jean Calvin, « l’idolâtrie intime, celle qui se passe dans le cœur de chacun, est une pratique universelle. Le cœur humain est une fabrique d’idoles ». Sans cautionner la démarche, mais c’est une évidence, l’être humain est plus enclin à l’adoration d’un objet, plutôt que de croire en un concept abstrait, tout simplement parce que c’est plus facile.
Que ce soit la Bible, la Thora, le Coran, tous rejettent l’adoration des idoles.
– « Je suis
l’Éternel ton Dieu, tu n’auras pas
d’autre dieu que moi ».
– Tu ne te feras pas d’idole ni de représentation
quelconque de ce qui se trouve en haut dans le ciel, ici-bas sur la
terre, ou dans les eaux plus bas que la terre.
– « Tu ne te prosterneras pas devant de telles
idoles ».
Pour nous chrétiens, c’est le premier des 10 commandements et le troisième du Décalogue de la Tora dans la religion judaïque.
Une parenthèse, cette injonction pose quand même question devant l’attitude des religions chrétiennes, entre autre, par la multiplication des statuts, images, objets pieux, médailles et autre crucifix et le juteux commerce qui en découle. Fin de la parenthèse.
Le Coran interdit la représentation du Prophète, argument qui a servi malheureusement trop souvent et encore récemment à des fanatiques pour commettre des actes de barbarie.
Je ne remonterai pas jusqu’à l’antiquité et les statues représentant les divers dieux égyptiens, grecs et romains, sans oublier le veau d’or des Hébreux. Il fallait pour attirer les bonnes grâces de certains, pratiquer des sacrifices d’animaux et même humains. D’autres représentaient des dieux plus sympathiques, telle Vénus déesse de l’Amour chez les romains ou son ancêtre Aphrodite chez les grecques.
L’idolâtrie, proche de l’hystérie, pour des artistes de music-hall, me laisse perplexe. Monsieur Halliday se prend même pour « l’idole des jeunes ».
L’idolâtrie, que l’on a et que l’on constate encore malheureusement de nos jours pour des dictateurs, a conduit à la misère, des génocides et des conflits planétaires. J’évoquais précédemment ces fanatiques sanguinaires qui massacrent sans vergogne des innocents au nom d’Allah.
Le fanatisme n’est qu’une conséquence de l’idolâtrie.
Tout est matière à forger des idoles, l’argent, le sexe, le jeu, l’alcool et la liste n’est pas exhaustive. Les idoles sont très puissantes, même si, aujourd’hui, elles ne demandent pas de sang. Elles se contentent d’anesthésier voir même de tuer les esprits. L’idolâtrie est synonyme d’aliénation. Pour préparer ce travail, j ai pris beaucoup de plaisir à lire et chercher. Ce fut enrichissant, passionnant. Par contre, tout et son contraire, tant le nombre de théories et d’explications est pléthorique. Mais il y a une idole pour laquelle les bien-penseurs et autres philosophes n’ont pas été très prolixes. C’est vrai qu’il est plus facile de voir la paille dans l’œil de son voisin que la poutre dans le sien. C’est sans doute la première idole qu’il faut, ne pas forger et qu’il est impératif de faire fondre de toute urgence.
Une autre parenthèse que je me dois d’ouvrir pour que vous ne pensiez pas que j’ai pris mon inspiration dans le discours d’un ancien président de la république, j’avais commencé ce travail bien avant que les médias n’en fassent état.
Je vous présente l’idole « MOI-JE », prénom EGO « Ce n’est pas toujours devant soi qu’on rencontre des ennemis ». Je vous ai parlé « d’autres, aveuglés par leur égo et leurs ambitions et qui ont préféré se forger une idole ».
L’ambition est louable et saine si elle est mesurée et proportionnelle. En Franc-Maçonnerie l’ambition doit se cantonner au développement de nos Loges et au bien-être de nos Frères. On ne rentre pas en maçonnerie pour faire carrière. Ce qui nous ramène une fois de plus à notre rituel du 1er degré : « vaincre mes passions, soumettre ma volonté à mes devoirs et faire des progrès en maçonnerie ».
Certains qui voulaient être Calife à la place du Calife ont préféré semer la zizanie, pour finir par partir quand ils se sont aperçus que peu les écoutaient et qu’ils prêchaient dans le désert. D’autres estimant qu’ils méritaient mieux que de rester sur les colonnes ou à une fonction qui n’était pas digne à leurs yeux de leurs immenses qualités, ont fait savoir leur mécontentement voir plus.
Le message de notre rituel du 4ème degré est pourtant clair. « Vos travaux peuvent n’être pas récompensés, car celui qui sème ne récolte pas toujours. Etes-vous prêts à accomplir votre devoir parce qu’il est le devoir, sans songer à une récompense et à être satisfaits de l’approbation de votre seule conscience ? »
Albert Einstein, qui n’était pourtant pas philosophe de profession mais qui avait une grande connaissance de l’être humain, a écrit dans « Comment je vois le monde » :
« La vraie valeur d’un homme se détermine en examinant dans quelle mesure et dans quel sens il est parvenu à se libérer du moi ».
Nous qui avons le privilège d’être Franc-Maçon, Maître Secret, un Rituel pour nous mettre en garde, ne laissons pas notre ego nous forger en idole et vouloir, bien qu’ayant perdu la Parole et les mots sacrés, nous prendre pour un Créateur, voir remplacer le GADLU.
Le rituel nous invite à rester humble, à notre place, à travailler avec nos Frères, à respecter notre serment.
« Malheur à ceux qui aspirent à ce dont ils sont indignes ! Malheur à ceux qui assument une charge qu’ils ne peuvent pas porter ! Malheur à ceux qui acceptent légèrement des devoirs et qui, ensuite, les négligent ! » (Cérémonie de réception au 4ème degré).
Soyons vigilant à être de bon et de vrai Maçon et à ne pas nous ériger et à nous prendre pour une idole. Je le disais un peu plus haut, l’être humain est plus enclin à l’adoration d’un objet, plutôt que de croire en un concept abstrait. Pour nous Francs-Maçons, nous avons subit 4 épreuves au cours de nos 4 voyages, le terre, l’air, l’eau et le feu pour ensuite avancer vers la Lumière, symbole de la connaissance, symbole du GADLU. Nous avons laissé nos métaux à la porte du Temple.
Je dirai et c’est un euphémisme, nous sommes équipés pour voyager.
Personne ne nous a dit que le chemin était facile. Et à la question, « êtes vous Franc-Maçon », la réponse est : « mes Frères me reconnaissent pour tel ». Cette réponse signifie qu’en toute humilité, nous ne nous prenons pas et nous ne devons pas nous prendre pour une idole. Un dernier point, ne faisons pas non plus de notre « Maçonnerie » une idole nous rappelle le rituel du 4ème degré : « Mais tu répondras toi-même de tes actes et tu ne prendras point les mots pour la réalité. Tu t’efforceras toujours de découvrir l’idée derrière le symbole ».
Ce qui signifie une prise de conscience, un sens aigu de ses engagements et la pratique de la Fraternité.
Le Franc-Maçon est convaincant par l’exemplarité dans l’exercice de ses devoirs à l’intérieur comme à l’extérieur du Temple.
Au cours de mes recherches j’ai lu une histoire et je voudrais en terminer par là : C’est l’histoire des Martyrs appelés les « Quatuor Coronati », les Quatre Couronnés. Ce sont tailleurs de pierre chrétiens, martyrisés en 287 sous Dioclétien et qui ont préféré la mort plutôt que de sculpter une idole.
Combattre l’idolâtrie sous toutes ses formes et les conséquences qui en découlent, faire comprendre à l’homme que son bonheur ne peut venir que de lui-même, c’est la tâche la plus urgente à accomplir.
Mon F M S
« Tu ne te forgeras point des idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion ».
J’ai dit T