Du Plan à l’Espace

Auteur:

P∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A La Gloire Du Grand Architecte De L’Univers


Ordo ab chao


Deus meumque jus


Suprême Conseil des Souverains Grands Inspecteurs Généraux


Du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France



Du Plan à l’Espace



Le principe fondamental de la démarche initiatique est de chercher son équilibre intérieur.
Parler avec soi-même, de manière à trouver une forme d’harmonie permettant à ce que l’on croit être de cohabiter avec ce que l’on ignore de soi.


L’initiation repose essentiellement sur la considération que l’être humain existe dans un espace médian, entre ce que l’on appelle « Le Ciel » en haut, et « La Terre » en bas.


Passer du Plan à L’Espace, c’est avancer sur le chemin vers la Connaissance, et éveiller sa conscience.
C’est prendre le dessus sur « l’Homme-Matière », pour s’approcher de « l’Homme-Esprit ».
C’est prendre conscience de notre étincelle divine, par la raison, au-delà de la morale.

Pour tenter de mener à bien notre réflexion sur le sujet qui nous est proposé, nous procèderons en trois étapes :


üNous étudierons tout d’abord la progression du Maçon, dans les trois premiers degrés, de son initiation au moment où il renaît en la personne d’Hiram ;
üPuis, nous essayerons de comprendre le sens de cette évolution, quand nous parvenons en loge de perfection, et plus particulièrement notre initiation au Grade de Maître Secret ;
üEnfin, nous tenterons de déterminer le sens de ce chemin – si personnel – vers la Vérité et la Connaissance.


1. ETUDIONS TOUT D’ABORD LA PROGRESSION DU MACON AU COURS DES TROIS PREMIERS DEGRES



L’Apprenti nouvellement initié ne dispose pas de la maîtrise des symboles pour avancer sur le chemin de la Connaissance maçonnique.


Il est encore partiellement dans le monde profane, le monde terrestre, et ses pas, au ras du sol, en sont la démonstration. Il est dans l’horizontalité.
L’Equerre, placée alors au dessus du Compas, symbolise bien cette Matérialité dominant, pour l’instant, l’Esprit.
Par le silence qui lui est imposé, par l’écoute des autres, et par l’étude des symboles, cet Apprenti va travailler à dégrossir sa pierre brute, à la débarrasser de ses scories, et à la rapprocher d’une forme en rapport avec sa destination.


Devenu Compagnon, il a alors le droit de faire un pas de côté – il lui sera même demandé de le faire – mais en revenant ensuite dans l’axe recherché. Et ses pas se font toujours au ras du sol.


Le Compagnon va apprendre à se connaître lui-même, et à corriger ses défauts avec le ciseau de la morale.


Il va lui être enseigné à reconnaître ce qui est en-dedans, comme au-dehors, et au-dessus de lui.


Le Compagnon va essayer de comprendre la noblesse et l’influence des Sept Arts Libéraux sur la recherche des principes supérieurs.
Il va apprendre à lire dans le monde d’en bas le reflet des choses d’en haut.
Et il va tenter d’en tirer des conséquences sur lui-même, propres à l’éclairer et à le mettre en état de transmettre à son tour.


Le Maître, lui, est relevé, plus radieux que jamais, et passe ainsi à la verticalité.
Il se situe désormais entre l’Equerre et le Compas. Ses pas ne sont plus au ras du sol, mais décrivent une courbe que l’on trace avec un Compas.


Il est sur le chemin de la Sagesse, est en mesure d’approcher la Connaissance, et sait que le cœur d’un Maçon doit être assez pur pour être un Temple agréable au GADLU.


Il est en mesure de dominer la Matière, de laisser plus d’espace à l’Esprit, et de se diriger vers l’Unité, l’Absolu, le GADLU


Il sait que le Symbole est en lui, est lui, et que le travail sur les symboles est un travail sur soi.



2. ESSAYONS MAINTENANT DE COMPRENDRE L’ENTREE EN LOGE DE PERFECTION



La première vision du Maçon, quand il est initié aux Hauts Grades, est le manque de certains repères physiques.


Contrairement aux trois premiers degrés, on ne déambule plus autour du pavé mosaïque et des colonnettes, on ne marque plus les angles, et les voyages accomplis en serpentant en sont la démonstration : on a changé de plan, la géométrie se passera dans l’Espace.


Le Maître Secret apprend très vite que ce qu’il a appris jusqu’à ce jour en Maçonnerie n’est rien à côté de ce qu’il lui reste à apprendre.


L’équerre placée sur son front évoque une dernière fois l’asservissement de l’esprit à la matière, et il lui est dit que, contrairement à ce qu’il pensait, il ne comprend pas bien, et ne voit pas bien.


Les sentences lui sont délivrées, et notamment que « seule est réellement admirable la Loi unique et multiple qui régit toutes les choses dans leur ensemble, et chaque chose dans son détail. »


Il apprend, si besoin est, que seul le Devoir a de la valeur.


Mais, à mon sens, il apprend surtout :
ü« que la Vérité est la Lumière placée à la portée de tout homme qui veut ouvrir les yeux et regarder, et que ce nom ne peut être donné aux conceptions humaines ;
üet que la Connaissance, c’est ce qui est appelé la Parole Perdue ».


Il est désormais dans l’Espace, seul avec lui-même, même au milieu de tous ses Frères.


Les trois premiers degrés représentaient une initiation de « métier », durant lesquels le Maçon a tenté de développer la partie morale de son être, et il sait qu’il a, et aura toujours, les trois mauvais compagnons en lui.


Par son entrée en Loge de Perfection, ce même Maçon passe, alors, du travail sur la pierre à la recherche de la Parole perdue, du chantier à un sanctuaire, il n’est plus un ouvrier, mais devient un Lévite.
Il est passé d’une initiation de « métier » à une initiation sacerdotale.


Laissant la morale de côté, il va chercher une autre voie, celle de la Raison, pour tenter de comprendre ce qu’il fait là.



Le Tableau de Loge, désormais vertical, et non plus horizontal, est là comme une preuve permanente de ce passage du Plan à l’Espace.



Et, dans ce Tableau de Loge, l’homme est représenté par l’Etoile Flamboyante, entouré du Delta Lumineux (ou Triangle) et du Cercle.


Cet homme, ce Maçon, est conscient qu’il constitue ainsi une des parties du Ternaire, et il se demande : « Est-ce que la Raison va me permettre d’avancer vers la Perfection ?

3. TENTONS ENFIN DE DETERMINER LE SENS DE CE CHEMIN PERSONNEL



Le Maître Secret est à la recherche de la Parole Perdue, et de la Vérité, mais il est aussidevenu gardien du Saint des Saints.


Et c’est peut-être en cela que nous passons du Plan à l’Espace, car ce Saint des Saints c’est nous-mêmes.


C’est cette lumière, cette étincelle divine que nous portons en nous-même, mais que nous ne savons pas encore identifier complètement, puisque nous sommes au dehors, et que la balustre nous empêche d’y pénétrer.


Et c’est par l’accomplissement inflexible de notre Devoir, en évitant de nous forger des idoles humaines, et en décidant par nous-mêmes de nos actions et de nos opinions, que nous allons pouvoir nous approcher de la Vérité, du Principe.



Nous savons que nous sommes faits aussi de matérialité, que celle-ci pourrait nous empêcher de progresser, mais que nous avons aussi notre spiritualité, et notre raison, et que, désormais, le Cosmos nous est décelable.


Il nous est dit que « La Grande Lumière commence à apparaître ».


Cette lumière est en nous, le Cosmos est en nous, et nous allons tenter de nous les révéler à nous-mêmes, par le Silence et la Méditation, en avançant dans notre évolution spirituelle, car il y a – sur la terre et dans le ciel – plus de choses que notre imagination ne saurait en concevoir.


L’âge du Maître Maçon est de 3 fois 27 ans accomplis, soit 3 fois le cube de 3.
La puissance 3 c’est le Cube, donc le volume, la 3ème dimension est celle de l’Univers à conquérir.
Le cube c’est le Matériel en élévation.


Nous prenons conscience que la réalisation du Principe est en nous, et non en-dehors de nous.


Nous comprenons que la Clé de la Connaissance n’est pas dans le savoir, mais dans la participation directe et immédiate au Principe, lequel est immanent en nous.


En nous refusant aux idées toutes faites, et en nous faisant notre propre opinion, nous avons une chance de trouver un chemin, un moyen de guider notre pensée vers l’Invisible et le non-manifesté, au-delà de l’œil humain.


Il n’est pas demandé au Maître Secret de choisir entre le noir et le blanc, mais de les accorder dans une lumière, lumière qui ne se réjouit de l’obscurité du monde que pour mieux l’en éclairer, grâce à la lumière du Sacré.

Par ailleurs, le binôme Destruction-Reconstruction pourrait être fondamental, en ce :
üqu’il transforme les plongées dans l’obscurité intérieure en début de clarté spirituelle,
üqu’il n’enseigne que pour éveiller, et ne cherche à éclairer l’esprit que pour mieux illuminer l’âme,
üqu’il ne constate l’écroulement du Temple de Jérusalem que pour mieux accréditer qu’il est en cours de reconstruction en chacun.


Il nous faut comprendre le lien qui unit les choses entre elles, l’homme au tout cosmique, c’est-à-dire le microcosme au macrocosme, les deux étant régies par la Loi unique.


Cette Loi englobe le temps, l’espace, et toutes les valeurs cosmiques.
Elle les entraîne dans un rythme sacré et immuable.
L’homme éveillé adaptera sa vie à cette Loi, et pourra ainsi évoluer.


Pour en arriver là, il reste à cet homme, à ce Maçon, une étape essentielle, celle de la construction de sa propre spiritualité, c’est-à-dire de son Temple Intérieur, de sa propre vision spirituelle du monde, qui mettra de l’ordre dans tout ce que perçoit sa conscience de plus en plus aiguisée.


Il s’agit bien là d’une spiritualité, car la voie initiatique ouvre l’esprit sur ce qu’il y a au-delà de la simple matérialité, mais elle n’apporte pas de révélations toutes faites.
Elle n’impose pas de dogmes, mais aide à réfléchir, avec l’aide des Frères de la Loge.


C’est en empruntant cette voie spirituelle, sur le Chemin de la Connaissance, que nous construirons progressivement notre éthique personnelle, notre propre conception du devoir, du bien et du mal.


Elargir son champ de conscience, construire sa propre vision du principe de la Grande Architecture de l’Univers, élaborer librement sa propre notion du bien et du mal, on conçoit bien qu’il s’agit là d’un travail intérieur qui n’aura jamais de fin.



Car cette Vérité, pour ainsi dire infinie, est inaccessible à l’Homme, et se reculera sans cesse, comme l’horizon se refusera toujours au voyageur.



Etre en mesure de nous dépouiller des pensées et des actes qui peuvent être une atteinte à notre développement… pour arriver à un amour universel… et pour trouver en nous le Yod : l’accomplissement, celui qui se trouve sur notre tableau de loge au 4ème degré.



Le Yod est le signe de l’accomplissement total, de la force de vie qui est partout, circulant dans les univers, remplissant chaque chose.
Yod est la promesse de cet accomplissement. Elle vient nous encourager et nous invite à être attentif. La graine a pris racine et l’Arbre est en train de se déployer.
Même si le Chemin n’est pas terminé, la Grâce vient à notre rencontre, et nous pouvons déjà pressentir la grandeur du Principe.
C’est la plus petite des Lettres, le Point qui contient tout, qui ne peut se définir, et sa puissance est sans limites
Yod, c’est le point géométrique, Dieu, fin et commencement de toutes choses, point qui est l’Unité Première.



En conclusion, passer du Plan à l’Espace, c’est tenter d’effectuer la mise en activité de notre conscience profonde.
C’est avoir, si cela nous est possible, la révélation de la lumière divine, en prenant le dessus sur notre matérialité.


Cet éveil – profond et personnel – nous permettra alors la communication avec la conscience unique et universelle, avec le Principe.


Pour cela, il nous faudra accepter de nous remettre souvent en question, de mourir pour renaître, afin, qu’à chaque étape, notre esprit et notre conscience se rapprochent de la forme la plus pure, se rapprochent de notre Etincelle Divine, de ce que nous pourrions alors nommer la Quintessence.


Le Maître Secret a façonné lentement sa pierre, avec application et assiduité, il a travaillé jusqu’à la rendre polie à la perfection, et il sait que, maintenant cette pierre est quelque part dans l’univers.


Certes, il ne la voit pas, mais il le sent profondément en lui.


Il sait qu’elle se trouve au milieu du Ciel, et qu’elle se nomme la Jérusalem Céleste, et qu’en vertu de la loi de correspondance, ce qui est au milieu du Ciel est aussi dans la matière vivante, au milieu de la Terre, donc au centre de son propre corps.


Le Maître Secret a conscience de sa relation avec le Cosmos.


Le travail, la recherche et le respect du Devoir feront passer le Maître Secret du cœur de la pierre au cœur de l’être, pour tenter de parvenir à l’essence universelle.


Parti à la recherche de la Quintessence, il se trouvera alors devant elle, car il la sentira consciemment au plus profond de lui.
Cette expérience intérieure se fait dans le silence, car elle est personnelle, et elle est incommunicable, car trop intime pour être mise en mots.
Entendre la voix de son silence intérieur, c’est comprendre et apprendre de la vie l’harmonie du monde.


Mais n’est-ce pas aussi entendre notre propre mélodie et rendre notre vie intérieure maîtresse de notre vie extérieure, en ayant reconstitué le Ternaire « Matière-Esprit-Cosmos » ?


Et, une fois faite cette reconstitution, quel est le chemin qui s’annonce au Maître Secret ?
Où s’arrêtera sa prise de conscience, son éveil ?
Et comment pourra-t-il encore mettre plus en valeur son étincelle divine ?


J’ai dit, Trois Fois Puissant Maître… !!!

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