La clef du Maître Secret
M∴ G∴
» Mais vous avez la clef et quelque jour il vous sera permis d’ouvrir et de passer. »
Le bijou du maître secret est la clef d’ivoire qui lui a été confiée à son entrée au 4ème degré.Il connaît les outils, il a appris à s’en servir et sait tracer. Il maîtrise l’opératif et peut « faire ». Mais il passe à un niveau différent, du faire au dire. Il va devoir désormais maîtriser le verbe.Sans la connaissance des outils il semble difficile d’assurer sa mission. A cet égard, le signe du silence n’est pas innocent car tout un chacun, à l’approche d’un nouveau savoir, a souvent tendance à vouloir le mettre en exergue alors que ses nouvelles connaissances sont plus que parcellaires. Le signe lui rappelle le devoir de réserve et le secret car il doit cacher à celui qui n’en est pas digne, les secrets qu’il ne doit pas connaître. Sa nouvelle quête, son Graal, estla vrai recherche de la Parole Perdue. Perdue au fond de lui-même et, par l’introspection, il va sonder ses profondeurs. Cette clef d’ivoire qui lui est confié symbolise, entre autres, cette recherche.
De par son double rôle de fermeture et d’ouverture elle a le pouvoir de délier ou de fermer le ciel. Symbole de la prospérité au japon (ouverture du grenier à riz) elle devient dans les tribus africainessymbole du pouvoir. Sur le plan ésotérique, posséder la clef signifie avoir été initié. Pour le profane la clef est un élément de sécurité, de protection mais détenue par un autre elle devient un pouvoir. A leur reddition, les villes assiégées remettaient les clefs au vainqueur. N’est-ce pas, alors un symbole de puissance ? Les armoiries du Pape contiennent deux clefs entrecroisées : l’une d’or (pour le soleil) l’autre d’argent (la lune), représentatives du pouvoir spirituel. La clef, dans le monde profane est assimilée à de nombreuses métaphores telles que la clef des songes, la clef des champs, les clefs musicales, les clefs mathématiques . . .
Mais ici, on parlera plutôt d’un pouvoir spirituel et, partant sur cette voie, pensons à la clef alchimique qui permettra de transformer le plomb en or, à la clef hermétique de la connaissance propre à l’enseignement et au travail, mais aussi à VITRIOL clef de la mort et de la renaissance.
Mais, cette clef, que vais-je en faire ?
Elle n’est pas de métal (rappel nécessaire au fait que les métaux ne peuvent pénétrer dans le temple) mais d’une matière organique, l’ivoire, un os qui rappelle la structure de l’homme. Ce squelette qui est la dernière composante del’homme à résister, après la mort, à la décomposition. Elle est solide, mais cassante et il n’existe pas de serrure faite d’ivoire ! La nature organique et la couleur blanche de cette clé n’est pas sans rappeler le tablier de l’apprenti qui souligne la candeur et la pureté de celui qui démarre surune nouvelle voie. Leblanc est aussi assimilé à la purification par l’eau, l’air et le feu ? Ce blanc qui est la couleur de l’initié, pureté et virginité.
Mais il nous faut dépasser le côté matériel de cette clef pour voir son aspect spirituel comme les clefs de Janus qui ouvrent les portes solsticiales, l’accès aux phases ascendantes et descendantes des cycles, qui trouventleur équilibre aux équinoxes. Saint Pierre possède les clefs du royaume (qui est immatériel) et moi celles du mien.C’est l’ouverture à la voie initiatique.
En fait, cette clef nous indique que nous avons le tout avec nous, à charge pour chacun de trouver, exploiter et développer ce tout.
Le panneton est orné du « Z » ZIZA, mot de passe du degré et trois significations lui sont généralement attribuées ; RESPLENDEUR, BALUSTRE et ECLAIR. On parle même d’éclat, de ce qui se meut.
·Balustre, que l’on doit franchir pour accéder au Saint des Saints. Cette balustre, assimilée à un rempart, le Lévite en assure la protection. Il ne peut ni ne doit utiliser sa clef pour y accéder. Une fois relevé de sa mission première il ne pourra paspour autant la franchir puisqu’elle est immatériellemais s’en rapprocher. Comme le compagnon passera au travers de l’Etoile Flamboyante avant son élévation au grade de Maître,le Maître Secret que je suis, comprend que cette balustre n’existe que par rapport à lui-même. Nous sommes dans une autre dimension.
·Resplendeur, rappel de la magnificence du Saint des Saints.La VERITE sous sa forme unique celle que nous cherchons aux tréfonds de nous même, celle vers laquelle tendent tous nos efforts et qui aussi génère la crainte du néophyte.Resplendeur ne s’applique qu’à la Vérité.
·Eclair (qui zèbre la nuit) car la lumière est telle que l’on ne peut la regarder en face, souvenons-nous à cet égard du masque qui nous protégeait lorsque nous fûmes reçus Maîtres Secrets. C’est aussi la foudre de Jupiter qui punit celui qui ne respecte pas la progression initiatique, c’est l’illumination.Ce lien éphémère, surnaturel,qui nous lie au ciel, au zénith ou tout simplement au Grand Architecte, à la vraie Vérité. Le TFPM qui tient son épée à la verticale, pointée vers le ciel,va capter cette énergie qui va « l’éclairer ».
Cette clef est le symbole du mystère à percer, de l’énigme à résoudre, elle donne les moyens d’accéder aux étapes qui, par une lente progression, permettront de passer de la recherche à l’illumination.
J’ai lu que le second fils de Shimeï, un Léviterecensé par David, classait les Lévites en quatre catégories : Les bâtisseurs, les scribes et juges, les portiers et gardes et les bardes. Je ne sais pas à quelle classe se rapporte ZIZA mas je ferai un certain amalgame.
En effet, pas sa formation le M S qui sait tracer le plan est un bâtisseur, il est aussi scribe et juge par la mémoire qu’il conserve de la tradition. Portier et garde car c’est la fonctionprimaire du MS (lévite) que de protéger l’accès et donc de le garder ; Barde car il travaille à la Gloiredu Grand Architecte de l’Univers. Maintenant, sont-ce des étapes intermédiaires à la maîtrise du grade ou est-ce un tout ?
J’opterais plutôt pour la seconde hypothèse.
La clefconfiée au M. S. est donc lourde de significations :
C’est tout d’abord une marque de confiance indéniable de la part de ses Frères qui, par ce geste montrent le crédit qu’ils lui portent. Ce nouveau Lévite devra assumer sans relâche les devoirs de sa charge. Le Devoir, leitmotiv du 4°, qu’il s’est engagé à respecter.Ensuite, gardien parmi les sept, du Saint des Saints, il protègera ce trésor qui lui est confié.
J’ai pensé, dans un premier temps quecetteclé n’était là que pour ouvrir ou fermer . . .mais à la réflexion je m’aperçois que c’est essentiellement mon outil de travail. Elle va me permettre d’avoir accès à la connaissance par un travail d’introspection, en premier lieu, puis,par cet accèsà la connaissance que jeviens de mentionner,je m’armerai pour aller à la recherche de la Parole Perdue et donc de moi-même. Ainsi que je l’ai appris dans les trois premiers degrés, avant de transmettre, il faut apprendre ! Eh! bien dans les grades suivant, il semble qu’il en soit de même : avant de « dire » il faut effectuer ce travail de recherche sur soi, connaître monmoi que j’ignore et seulement après envisager une éventuelleprogression.
Cette clé, preuve de la confiance qui m’est accordée, si elle est fortement chargée de symboles comme l’emblème de la discrétion, du savoir, de la puissance, du pouvoir, est aussi une arme redoutable qui pourrait bien se retourner contre moi en cas de mauvais usage.
« Mais vous avez la clefet quelque jour il vous sera permis d’ouvrir et de passer »
Mais qui, justement,va me permettre de passer ? Je ne crois pas que ce soit l’Autorité représentée par mes Frères plus élevés en grade, mais, d’abord,moi-même. Quelle manque de modestie ! !En fait, je pense que mes Frères constateront mon évolution, la qualité ou non de mon travail, de ma recherche et, sur la base des résultats, accepteront de sanctionner cette progression. Par le respect de mon devoir et l’acquisition de nouvelles connaissances, je suis le seul responsable de mon avancée qui sera entérinée ou non. Celadépendra du bon usage que je ferai de cette clef qui m’est confiée.
J’ai dit TFPM