La maçonnerie t’a libéré de l’ignorance

Auteur:

B∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A La Gloire du Grand Architecte de l’Univers
Ordo Ab chao, Deus Meumque Jus
Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil pour la France
Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème
Et dernier Degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté

A l’instar des trois voyages de l’Apprenti, d’où il ressort purifié et vit une nouvelle naissance, le Maître Secret s’inscrit dans cette continuité. Cela semble être confirmé par le tableau de Loge du 4ème degré où l’on peut voir que le Maître Secret se réincarne dans la quaternité de la matière et que les quatre voyages correspondent alors aux quatre âges de la vie : enfance, adolescence, maturité et vieillesse.

Dans ces voyages, celui qui nous intéresse aujourd’hui, est le premier qui commence dès le début par cette sentence : « la maçonnerie t’a libéré de l’ignorance… ».

Ce début de phrase est énigmatique car elle suppose que le Maître Maçon a déjà conscience de son état. Il a eu le mérite de faire la démarche de poursuivre son chemin, et qu’il continue à se prendre en charge pour devenir un initié réalisé.

Cela nous rappelle, un peu plus loin dans le rituel, où sous le laurier et l’olivier, le Maître Secret est préparé à ses succès futurs. Heureusement (ou malheureusement) pour lui, le Maître Secret doit tout faire pour mériter cette libération de l’ignorance.

En effet, aucune libération possible sans travail sur le symbolisme. Cela est rappelé, dès le 1er degré, où il est dit que le Franc-maçon doit creuser des cachots pour les vices mais surtout, élever des Temples pour la vertu.

Les Loges de perfection, sans doute plus qu’aux trois premiers degrés, sont d’essence spirituelle. Toute notre vie maçonnique, nous n’aurons d’autres buts que d’apprendre à nous connaitre nous-mêmes. Pour cela, nous sommes aidés par les rituels et les cérémonies qu’ils contiennent.

Le travail doit être constant, sans quoi notre état primordial d’imperfection risque de ne pas  régresser. C’est bien pour cela qu’il ne faut pas oublier de travailler dans les degrés précédents : tout s’additionne, rien ne se soustrait.

Même si en Franc-maçonnerie notre allégorie principale est de tailler sa pierre brute, la quête de la perfection est sans doute illusoire mais nous devons nous efforcer constamment à au moins réduire nos imperfections. Comme l’enfance profane, cette sentence essaie de nous montrer le chemin vers la morale mais aussi par l’utilisation progressive de tous les outils que les rituels mettent à notre disposition.

Ne doit-on pas apprendre à marcher avant d’apprendre à courir ?

L’importance du 4ème degré est que tous les avertissements du rituel visent à nous protéger de nos erreurs. Après les avertissements du 1er voyage, viennent les Devoirs du Maître Secret, devoirs trop souvent oubliés dans la vie profane. Pourtant sans eux, pas d’espoir d’égrégore et pour nous pas d’espoir de vivre une vie spirituelle comblée.

C’est-à-dire, pouvoir se présenter devant le Grand Architecte de l’Univers en se disant que suite à nos efforts, nous devrions recevoir le salaire que l’on pense devoir mériter. Mais avant d’en arriver à cette situation ultime, revenons au 1er voyage.

Pour Irène Mainguy, « le premier voyage enseigne à rechercher la Connaissance, libéré des entraves et des illusions qui font obstacle pour travailler et étendre ses réflexions à une approche de la fraternité universelle autant qu’à l’Universalité elle-même ».

C’est en cela que nous effectuons notre pèlerinage intérieur, et que cette quête doit nous permettre d’accéder à la libération optimale de nous-mêmes.

Joseph Joubert, moraliste du 18ème siècle disait : « Savoir c’est voir en soi ». C’est sans doute là que l’on doit trouver la différence entre le savoir et la connaissance. Pour ma part, il est vrai que la maçonnerie m’a libéré (en infime partie) de l’ignorance. L’ignorance intellectuelle, en me permettant d’ouvrir mon esprit sur d’innombrables sujets et directions de réflexion. Loin de ne se résumer qu’à un savoir, cette libération m’a permis de faire un travail important sur moi. Il était écrit sur le Temple d’Apollon à Delphes, l’aphorisme suivant (bien connu des francs-maçons) : « Connais-toi toi-même et tu connaitras l’Univers et les Dieux ». Vaste programme qui, s’il semble impossible à atteindre, nos Devoirs ne nous obligent-ils pas, que sans cesse, nous nous efforcions d’y arriver ? En quelque sorte, nous devons admettre que ce but n’est pas le but final mais le chemin qui mène vers ce But.

Lors de ses voyages, le Maître Secret a les yeux obscurcis pas un léger voile. Il lui restera un long chemin à parcourir mais le fait de vouloir continuer sa vie de cherchant, n’est-ce pas là encore une prémisse à ses réussites futures ?

Ne se contentant pas de rester Maître Maçon, il fait sienne cette citation : « Si vous pensez que vous avez tout compris, c’est que vous n’en savez pas assez ». En tant que franc-maçon, notre travail est double, l’élimination de nos aspérités mais aussi une introspection profonde de notre moi intérieur.

Ce double travail d’évaluation et d’élimination consiste en une inversion, un retournement intérieur que l’on peut qualifier de Métanoïa (changement profond). C’est, sans doute, cet aspect qui est représenté, aussi, dans l’épreuve du miroir à notre rite.

Si les trois premiers degrés la connaissance de soi est plus basée sur l’égo, dans les Loges de perfection, nous nous engageons sur un autre chemin, celui de la connaissance de son Etre intérieur et le Maître Secret part à la découverte de son essence véritable, comme il est écrit dans le livre « la voûte sacrée ». Dans cet abord métaphysique, le Maître Secret doit chercher l’idée sous le symbole et ne point se forger d’idoles humaines comme il est vu un peu plus loin dans le 1er voyage.

Nietzsche a dit : « Homme, deviens ce que tu es ». Pour permettre au Maître Secret d’accéder à un nouvel état de conscience, il doit respecter ses Devoirs.

Comme il est dit dans notre revue « La Tradition Ecossaise », le 1er devoir du Maitre Secret est de persévérer et de poursuivre inlassablement la recherche de la Vérité, même si la réussite n’est pas au bout du chemin. Mais il est dit aussi plus loin : « Tout au bout de la patience, on finit par trouver le Ciel ». Voilà mes Frères Maîtres Secrets le vaste chantier qui nous attend mais comme nous sommes des hommes libres et de bonnes mœurs, rien ne devrait venir nous perturber dans notre quête vers l’Infini. Pour finir, nous pourrons aussi méditer sur cette citation de Carl G. Jung : « Tu veux un monde meilleur, plus fraternel, plus juste ? Eh bien commence à le faire : qui t’en empêche ? Fais le en toi et autour de toi, fais-le avec ceux qui le veulent. Fais-le en petit et il grandira ».

J’ai dit trois fois Puissant Maître.

Accès réservé aux abonnés

Cet article fait partie de l’espace privé de L’Édifice.
Abonnez-vous pour accéder immédiatement à la plus grande bibliothèque maçonnique sur internet

  • Plus de 5 000 planches véritables
  • Issues de plus de 100 obédiences
  • Du 1er au 33ème degré
Déjà abonné ? Se connecter