La vérité et la parole perdue
P∴ P∴
A la Gloire
du Grand Architecte de L’univers
Sous les Auspices du Suprême Conseil de France
Ordo ab Chao
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Selon Platon : il faut aller à la vérité de toute son âme.
Introduction
Une fois encore le REAA me donne, simultanément, le jour de l’initiation au 4ème degré :
l’objectif à atteindre
: l’élévation spirituelle et Le Saint des Saints,
la méthode : le rituel et le travail,
les moyens humains : les frères initiés avant moi
grâce à l’alliance contractée avec eux.
Les outils : des symboles non opératifs mais conduisant
à l’élévation spirituelle à
atteindre,
le sujet : mon Moi intérieur,
le cadre de mon travail : l’Univers harmonieux.
J’aurais pu, dû peut être, citer la quasi totalité du rituel d’initiation au 4ème degré, mais vous le connaissez tous. J’en ai extrait ce qui me parle le plus : de même que vous ne voyez pas bien, vous ne comprenez pas bien, vous allez (donc) dans cette loge de perfection accomplir un nouvel apprentissage.
Ne profanez pas le mot de Vérité en l’accordant aux conceptions humaines, la Vérité absolue est inaccessible à l’esprit humain, il s’en approche sans cesse mais ne l’atteint jamais. Etonné mais confiant et persévérant, j’ai essayé de comprendre.
Au 4ème degré :
on ne taille plus la pierre brute
comme au 1er.
on ne voyage plus à l’extérieur du Temple comme
au 2ème.
on ne trace plus comme au 3ème.
Non, au 4ème degré on grave. Et que grave-t-on ?
Eh bien je pense que l’on grave les tables de notre devoir, de notre
nouvelle loi morale.
En fait, c’est au 3ème degré que les V M
commencent à rechercher la Vérité et
la Parole perdue. C’est là qu’ils ont pris connaissance des
mots substitués : Moabon, Mac Benach, et c’est là
qu’ils ont identifié, devant la dépouille de
Maître HIRAM les ennemis de la Vérité:
les préjugés, l’ignorance et l’ambition
déréglée.
Maintenant, au moment de leur initiation au 4ème degré, on les met une dernière fois en garde :
malheur à ceux qui
aspirent à ce dont ils sont indignes,
malheur à ceux qui veulent assurer une charge qu’ils ne
peuvent porter,
malheur à ceux qui acceptent
légèrement des devoirs et qui, ensuite les
négligent.
Toujours confiant et persévérant je ne me suis
pas enfui devant tous ces malheurs annoncés. Et aujourd’hui
je ne le regrette pas.
La vérité : en latin : veritas (vraie) en grec : « alethia » (absence d’oubli). Le soleil est le symbole de la vérité car il ne change jamais, on ne peut l’oublier. Pour les Egyptiens, Maat était la déesse de la vérité et de l’équilibre de l’univers. Que savons-nous de la Vérité que le REAA nous propose de chercher au 4ème degré? Le livret d’instruction au 4ème degré nous dit que : la vérité est la lumière placée (par le GADLU certainement) à la portée de tout homme qui veut ouvrir les yeux et regarder la grande route du devoir qui y conduit sûrement. J’ai compris que je dois chercher non pas à enrichir mon savoir à l’aide de mon intellect mais à monter vers les hautes sphères de la spiritualité grâce à ce que je vais appeler pour le moment une alliance entre mon cœur et mon âme.
Nous avons de plus reconnu, sans réticence, que le devoir est la grande loi de la F M, inflexible comme la fatalité, exigeant comme la nécessité, impératif comme la destinée. J’ai compris depuis un certain temps déjà, que l’Homme est nécessaire à l’équilibre de l’univers. J’en déduis que la vérité est en l’Homme et j’en suis profondément convaincu. C’est le sens de ma quête et la direction de mes recherches : l’Homme, en commençant par moi même.
La vérité est certainement de l’ordre de la vibration, du subtil, du sensible, perceptible en nous au moins par l’intuition, de même que la Parole perdue a probablement été, au moins la durée d’une nanoseconde pour le moins, au moment où tout s’est créé, une vibration perceptible et dans ce cas elle existe encore dans l’univers. Mais il semble qu’elle se soit éloignée de notre domaine de perception.
Pour rechercher efficacement la vérité, il convient de réunir ce qui est épars en nous: le corps physique, l’âme, la spiritualité et du tout, par le procédé initiatique, arriver à en faire l’Unité. Une partie de ma vérité est que je dois arriver à vivre ma vie de F M sur la voie initiatique en homme libéré de la matérialité, de sa matérialité, et que je dois vivre la matérialité du monde profane en homme spirituel, c’est l’Art Royal, la manière de travailler des rois. Comment percevoir cette vérité là ?
L’ouïe perçoit
une vibration sans l’interpréter vraiment, la vue
perçoit aussi des vibrations comme les mouvements, des
formes, des couleurs mais les interprète, les modifie en
fonctions de nos connaissances et de notre état d’esprit du
moment, et génère une image perçue qui
nous est propre.
L’intuition pourrait être la conjonction de l’ouïe
et de la vue et pourrait permettre, au jour de l’éveil, de
savoir avec certitude que la Parole perdue s’est retrouvée
en nous.
La parole perdue, si elle a été perdue, elle ne l’a été que parce que ce qu’elle désignait n’est plus à la portée de la capacité de perception de l’homme.
Certains Hommes, ceux dont on pense qu’ils ont trouvé ou reçu l’éveil, ont eu à un moment donné, la possibilité de percevoir, intuitivement peut être, cette vibration. Les messages que nous ont transmis ces éveillés, et je pense à Jesus, Bouddha, St Jean l’Evangéliste (peut être) etc. Nous sont parvenus mais sont interprétés de diverses manières. Tous nous indiquent la voie, le chemin qu’ils ont suivi pour parvenir à l’éveil. Aujourd’hui, encore, des hommes, peu d’hommes en réalité, suivent ce chemin à la recherche de leur vérité, de la Parole perdue et de leur éveil.
« La connaissance de la Parole perdue est le retour à l’enseignement initiatique qui nous ouvre les portes de la tradition primordiale. Il ne s’agit plus d’une parole de langue mais d’une parole d’âme ; murmure en recherche d’absolu, clé de l’infranchissable, la parole perdue tient du non-dit et se prononce dans l’intériorité sacrée du silence de l’esprit. Elle n’est pas du domaine des sens et de l’extériorité mais de celui de l’intuition et de l’intimité existentielle. Elle est révélation de la Présence Immuable, toujours à nos côtés, souvent à notre insu ». DOUGLAS HARDING
Que savons-nous de la Parole perdue ? La Parole perdue est la connaissance du devoir complet connu des anciens initiés mais le plus important est peut être: si vous voulez trouver la vraie lumière et la Parole perdue, inclinez vous devant notre autel sacré; contractez une sincère alliance avec nous (les anciens initiés). Ainsi, je comprends que le F M tout seul ne peut rien sans les symboles du 4ème degré :
la Bible ouverte au premier livre
des Rois
la clé d’ivoire,
l’œil sur la bavette de notre tablier de M S, et que sans
la Connaissance acquise par les
initiés plus anciens, il serait impossible, voire imprudent
de partir à la recherche de la Vérité
et de la parole perdue.
En fait, depuis des lustres, on veut nous faire croire que la parole perdue nous condamne à une malédiction sacrée irrémédiable, car voulue par les dieux, or il n’en est rien car la parole originelle, qui relève du verbe créateur et le révèle, est seulement perdue de vue par l’homme. Il lui suffit de rechercher en lui l’intuition spirituelle pour la faire revivre et pour retrouver sa puissance originelle, derrière le masque de la matière.
Notre légende nous dit
que la Parole a été perdue parce que
l’Architecte, Maître HIRAM a été
lâchement assassiné par les 3 mauvais compagnons
et, qu’accomplissant son devoir jusqu’au sacrifice suprême,
celui de sa vie, il a préservé le secret du mot
de maître et ainsi rempli son devoir.
Quel pouvait être ce mot ?
L’architecte de notre légende, est un homme complet, parfait, capable de concevoir et de réaliser la construction du Temple devant abriter le Nom de Yahvé. L’architecte conçoit par son esprit, dessine avec sa main et bâtit avec son cœur et sa haute spiritualité. Il réalise l’unité parfaite à partir du multiple: plans, matériaux et hommes, et il construit pour l’Eternel. Il construit par et pour le Verbe. Il construit le visible pour l’Invisible. Il est permis de penser qu’un tel homme, synthèse de la perfection au service du divin, possédait la Parole.
Je crois également que la Parole perdue pourra être retrouvée par celui qui pourra, qui saura réunir ce qui est épars et ainsi pénétrer dans le DEBIR. C’est ce que me dit la clé d’ivoire et son panneton en forme de Z signifiant ZIZA.
Je dois me dépouiller jusqu’aux os (symbolisme de l’ivoire), ma chair doit quitter mes os, tout doit se désunir avant d’envisager ma reconstruction symbolique en temple harmonieux susceptible d’accueillir le Principe primordial.
Pour cela je dois passer Ziza et en même temps m’éloigner des splendeurs frelatées de la vie profane pour chercher à découvrir et à faire resplendir mon Etre intime, mon Saint de Saints. Là est mon devoir, celui que je suis fermement décidé à remplir. Tel est le but des hauts grades.
Pour continuer notre quête de la Parole perdue, notre rite nous propose des mots substitués que nous devons interroger. Ils doivent nous aider mais ne sont pas la finalité de notre recherche. Ils nous permettent de poursuivre notre cheminement sur la voie de l’éveil mais ils nous font aussi comprendre que nous ne sommes pas en mesure de prononcer la Parole car notre esprit, notre niveau de spiritualité ne nous permettent pas encore de comprendre intimement ce que cette parole signifie.
Il ne faut pas la profaner et la prononcer sans qu’elle nous ait été dévoilée serait justement la profaner. Voilà certainement pourquoi nous devons protéger, dans le secret de notre cœur le mot de Vérité.
La Parole perdue est certainement liée à l’instant originel, à ce moment fulgurant entre l’incréé et le manifesté, ce moment d’où tout émane et où tout retournera. Accueillir cet instant au fond de ce qu’il y a de plus secret et sacré en nous mêmes, accepter cette folle intuition de la création de notre univers et se l’approprier dans cette partie de nous mêmes, notre Etre intérieur, que nous avons récemment reconnu et accepté, retour de notre néant matériel vers notre tout spirituel est certainement l’essence de notre recherche de la vérité et de la parole perdue.
Parole dont nos lèvres n’ébaucheront jamais la prononciation et que nos oreilles ne percevront jamais, mais qui, Parole perdue dans le chaos des premiers instants de l’univers, renaîtra peut être dans le silence de notre Etre Intérieur, reconstruit harmonieusement pour La recevoir, là où enfin ORDO AB CHAO.
Conclusions
Je ressens intimement que connaître la Vérité et retrouver la Parole perdue est l’objectif des hauts grades. Quels sont les chemins mis à ma disposition pour cela ? D’abord La Clé D’Ivoire, clé ésotérique qui ouvre justement le chemin des hauts grades du REAA, notre chemin initiatique. Ensuite la symbolique du voile : proche de mes yeux, il trouble ma vision m’indiquant par là, que ma recherche ne se fera pas a travers eux, ils ne m’indiqueront rien de clair. De l’autre côté du voile: l’univers tout entier, à appréhender avec spiritualité et intuition, d’où l’œil sur la bavette de mon tablier, car, à la hauteur du nombril se situe, symboliquement, la porte des perceptions intuitives, que ni l’ouïe ni la vue ne peuvent remplacer. Cet œil regarde l’intérieur de mon être et me permet ainsi de voir l’harmonie de l’univers.
Puis une affirmation : « La Vérité est la lumière placée à la portée de tout homme qui veut ouvrir les yeux et regarder la grande route du devoir qui y conduit sûrement » donc la route du devoir conduit sûrement (avec certitude) à la vérité. Donc la clé d’ivoire et le devoir sont indispensables à notre quête mais il ne serait pas possible d’avancer sur ce chemin sans l’alliance contractée avec tous les MS de la loge de perfection, c’est à dire sans la transmission.
Quel est le lien entre la Vérité et la Parole perdue ? Le M S doit accepter de faire son devoir sans le connaître. La Vérité est inaccessible à l’esprit humain. La parole perdue ne peut pas être retrouvée (par acquisition de savoir).
Notre devoir est de recevoir et de donner la lumière, de chercher la Vérité et la parole perdue, notre devoir n’est pas de les trouver mais seulement de les chercher, quelle contradiction apparente…mais cette vérité : la création et cette Parole perdue : le nom du créateur sont probablement déjà en nous car dans l’Univers, tout ce qui a été est toujours, rien de ce qui a été créé n’a pu disparaître. Ils sont imprononçables, invisibles à l’œil, inaudibles à l’ouïe mais ils se dévoileront certainement à l’esprit, au Moi spirituel de ceux qui auront construit harmonieusement leur Temple intérieur pour les accueillir et atteindront ainsi à l’éveil.
Je suis le chemin de mon Devoir et grâce à votre aide, Trois fois puissant Maître et à celle de vous tous mes frères Haut Gradés, je porte en mon Moi l’espérance de la Vérité et de la Parole perdue.
J’ai dit.