Le Devoir
Non communiqué
T F P M, et vous tous mes frères élus secrets, je vous rappelle le thème que je vais évoquer devant vous cet après-midi : « La connaissance du Devoir est difficile. La connaissance complète du Devoir est ce que nous appelons dans ce degré, la Parole Perdue que nous nous efforçons de retrouver ».
En préalable je voudrai exprimer que la notion de devoir ou des devoirs dans le monde profane est parfois floue, ses limites et ses motivations différent en fonction des personnes, des critères moraux, religieux, sociétal, ethnique etc.
Et que bien souvent nous sommes exaspères par le fait que telle ou telle personne ayant pris un engagement n’arrive pas pour quelque raison que cela puisse être, l’honorer, ce qui peut laisser penser que le sens du devoir part quelque peu a vau l’eau.
Notre ami Robert, définit le devoir comme : je cite « une obligation éthique particulière, définie par le système moral que l’on accepte, par la loi, par les convenances, les circonstances ».
Je crois qu’il en est de même en Franc Maçonnerie et depuis mon initiation je me suis rendu compte que bien que le mot Devoir soit omniprésent tant dans les rituels que dans le comportement que l’on se doit d’avoir, il n’est pas toujours au rendez-vous ! Mais ne sommes-nous pas avant tout des humains et donc faillibles malgré toute notre bonne volonté ?
Rien que dans le Rituel d’initiation au grade de Maitre Secret, ce mot anodin en apparence, apparait une vingtaine de fois avec un D majuscule.
Je me rappelle aussi que j’y avais été confronte des le cabinet de réflexions avant mon initiation, lors du testament philosophique qui déjà, au travers de deux questions, me mettait face au Devoir : « Quels sont les devoirs d’un homme envers l’humanité ? » « Quels sont les devoirs d’un homme envers lui-même ? »
Tout au long de mon cheminement maçonnique, j’ai été sollicite par des devoirs qui manifestement me préparaient a la rencontre du Devoir au 4ème. A ce degré, je retrouve les serments contractes lors de l’Initiation, mais de manière plus approfondie et ce, avec un renforcement très ferme de mon engagement.
Le rituel du 4ème est clair et décrit l’idéal Maçonnique comme l’accomplissement du Devoir porte jusqu’au sacrifice. Devoir et sacrifice sont impératifs et indissociables. Ce sacrifice correspondrait-il a une mort volontaire, au suicide du moi et de l’ego. Il me demande une parfaite sincérité, a ne pas tricher, ni enfreindre la règle établie. De fait les sentences du grade sont extrêmement limpides : « Malheur a qui assume une charge qu’il ne peut porter ! »
« Malheur a qui accepte légèrement des Devoirs et ensuite les négligé ! »
« Le Devoir est pour nous aussi inéluctable que la fatalité, aussi exigeant que la nécessité, aussi impératif que la destinée ! »
A y réfléchir plus précisément ce mot Devoir évoque en moi, une sorte de commandement intérieur, c’est est « une autorité venant du dedans ». Il prescrit ce qui est bon au sens moral c’est-a-dire qu’il prend la forme de la contrainte morale qui s’exprime sous la forme d’un impératif. Quel que soit le moment, quel que soit le lieu, il s’impose a moi.
Ceci m’oblige à me poser la question suivante : Le Devoir du Maître Secret lui est-il impose parce qu’aux trois premiers degrés, il n’a qu’entre aperçu le sens de ses devoirs ?
Il m’est apparu que ce n’était pas au moment de l’initiation que j’ai appris à connaître mon devoir. Je pense plutôt que c’est le résultat d’une lente maturation, d’une découverte progressive au fur et a mesure de ma progression et de l’élévation de mon état de conscience.
Probablement je le ferai plus facilement que je ne le conceptualiserai, et puis peu a peu ses contours se feront plus précis.
Mais je crois qu’il convient de ne pas tomber dans le piège d’un Devoir qui deviendrait dogmatique, et que nous nous devons de toujours garder à l’esprit notre liberté de penser et d’agir.
Force est de constater que la recherche de la Vérité est un art délicat, souvent elle s’éloigne de nous plus on croit s’en approcher. C’est une quête sans fin et sans espoir de récompense sinon peut être celle de sa conscience apaisée.
La quatrième sentence le dit « Sachez que les meilleurs de la Maçonnerie sont ceux qui le mieux travaillent et le mieux s’entendent avec les hommes ».
Je trouve une forme d’équilibre entre ma liberté et la notion de mon Devoir en tenant compte notamment de :
– La prise conscience de soi et des autres,
– La nécessité d’apprendre et de se défaire de tous préjuges et jugements,
– De suivre sa voie tout en respectant le cheminement intérieur des autres,
– D’être persévérant dans ses recherches,
– D’être fidele à ses engagements,
– D’être responsable,
– D’être fidele et fraternel envers ses frères et son prochain.
La pratique du devoir au quotidien est difficile et demande beaucoup d’abnégations, et une des clés essentielle réside probablement dans l’écoute attentive de sa conscience.
En accomplissant notre Devoir, nous ne devons attendre d’autres récompenses que la totale plénitude de l’accord avec nous-mêmes et l’élévation de notre seule conscience. Le Devoir doit l’emporter sur tout. Il s’impose à nous. Il peut être porte jusqu’au sacrifice.
Notre maitre Hiram nous l’a prouve en préférant mourir plutôt que de donner le mot sacre aux trois mauvais compagnons qui n’en était pas digne.
Ces mauvais compagnons ne sont probablement que le cote du Mr Hyde résidant en nous-mêmes, et qui sont, l’envie, la jalousie, l’avarice, et combien d’autres…
Il est évident que la dramaturgie du meurtre d’Hiram nous permet d’entrevoir cette mise en pratique du Devoir, en allant jusqu’au sacrifice suprême, à savoir le don de sa vie !
Serait-ce donc que le Maître doive continuer son cheminement, et que l’accession au grade de Maitre Secret ne lui rappelle que la route n’est pas terminée, que le chemin du perfectionnement individuel est long et rempli de bien des épreuves, et que le bout du chemin est loin d’être atteint ?
Dans sa quête, le Maître cherche à atteindre cette perfection, mais essayer de l’atteindre, ce n’est pas réussir à y parvenir. Mais probablement, l’important n’est pas la réussite totale, mais plutôt la constance, la sincérité, la recherche…alors le reste importe peu.
Je citerai la les propos de Pierre de Coubertin : « Le plus important n’est pas de gagner mais de participer, car l’important dans la vie ce n’est point le triomphe mais le combat… »
J’en suis arrive dans mes réflexions à penser que l’on ne nait pas homme de Devoir, mais je crois qu’on peut le devenir. L’homme de devoir a été forme pour donner a la vertu tout son mérite et aux vices toutes les raisons de s’en éloigner.
Mais est-ce compatible avec ma Liberté ?
Si l’on se soumet au devoir, c’est précisément qu’on peut, ne pas le suivre. On peut toujours agir autrement. Des lors le Devoir présuppose, comme condition de possibilité, le principe de la liberté.
Le rituel d’initiation au quatrième exalte la liberté. Le Devoir s’impose a nous, tout en nous orientant dans notre recherche personnelle.
Seul un être libre peut choisir le sens de son action et accomplir son devoir puisqu’il échappe a la nécessité stricte du déterminisme naturel, mais je crois bien volontiers, comme Montesquieu, que le Devoir de tout citoyen est de placer le bien commun devant son intérêt !
En touche finale, je dirai simplement, le devoir se mesure souvent au pied du mur et la maxime bien connue « te gnoti seauton, connais-toi, toi-même » permet d’en mesurer l’essence.
J’ai dit.