Le devoir au 4ème degré
M∴ D∴
A la gloire
du Grand Architecte de l’Univers,
Deus Meum que jus,
Rite Ecossais Ancien et Accepté,
Ordo Ab Chao,
Au Nom et sous les Auspices du Suprême Conseil de France
Connaître le devoir au 4ème degré Nombre d’entre vous mes Frères ont dû travailler sur cette thématique du devoir, au cœur du 4ème degré et de son rituel d’initiation.
Bien évidemment, commençons par lever l’ambiguïté de la majuscule entre les devoirs et le Devoir. Les devoirs du franc maçon sont nombreux et commencent dès l’initiation au 1er degré où le profane dans le cabinet de réflexion rédige son testament philosophique et explique quels sont les devoir de l’homme par rapport à l’humanité, à la patrie et à lui-même. Dès son initiation, le récipiendaire s’engage à suivre régulièrement les travaux de la Loge, devoir d’assiduité, à garder les secrets sur les épreuves qu’il va subir, c’est la loi du silence à laquelle chaque franc-maçon se réengage à la fin de chaque Tenue, à travailler à la recherche de la vérité et à aimer ses Frères et les aider par ses conseils et ses actions. Dès l’initiation, les devoirs du Franc-maçon sont énoncés : l’assiduité, la discrétion, le travail et la fraternité.
Avant même de poursuivre sur la voie de l’initiation, l’orateur résume les engagements du profane : obéir aux lois de son pays, vivre selon l’honneur, pratiquer la justice, aimer son semblable, travailler sans relâche au bonheur de l’humanité et poursuivre son émancipation progressive et pacifique.
Au second degré, c’est le travail qui est glorifié : le compagnon s’engage à travailler sans relâche à son perfectionnement intellectuel et moral et à travailler sur lui-même. Dans sa prestation de serment, le compagnon jure à nouveau de garder la loi du silence et à agir comme un vrai et fidèle compagnon. C’est son devoir.
Au troisième degré, dans l’instruction du Maître, Hiram est décrit comme l’Homme du Devoir, avec un grand H et un grand D, prêt à sacrifier sa vie pour faire son Devoir, ce qui préfigure le quatrième degré ou le Devoir occupe une place essentielle, surtout dans la cérémonie d’initiation au grade de Maître secret.
Dès l’entrée dans le Temple, le Maître des cérémonies présente les Vénérables Maîtres comme ayant été repérés par des Maîtres secrets, témoins de leur zèle, qu’on peut traduire par le respect des différentes obligations et devoirs des trois premiers degrés. La première obligation rappelée aux futurs Maîtres secrets par le trois fois Puissant Maître, c’est celle de la discrétion maçonnique à laquelle chacun d’entre nous s’est déjà engagé à différentes reprises, précisant qu’elle est encore plus stricte au quatrième degré. Cette discrétion est tellement importante que le trois fois puissant clôt les lèvres des récipiendaires avec le sceau du secret et que les récipiendaires apprendront à ouvrir les travaux et à les fermer par le signe du secret.
Lors du 1er voyage rituel, le
trois fois puissant Maître explique le deuxième
devoir des Maîtres secrets : vous ne forgerez point
d’idoles humaines pour agir aveuglément sous leur
impulsion mais vous déciderez par vous-mêmes de
vos opinions et de vos actions. Vous n’accepterez aucune
idée que vous ne compreniez et ne jugiez vraie.
C’est un devoir à la fois de libre arbitre mais
aussi de sens critique auquel le futur Maître secret est
invité.
Au deuxième voyage, les Frères sont
invités à n’accorder à qui
que ce soit une confiance aveugle mais d’écouter
avec attention et résolution de comprendre, de respecter
toutes les opinions mais de ne les accepter pour justes que si elles
lui apparaissent comme telles après les avoir
examinées. C’est le troisième devoir du
Maître secret.
Le quatrième devoir c’est d’aimer la justice, de la révérer, de marcher dans ses voies, de la servir avec tout notre cœur et toute notre âme. Puis l’hospitalier met en garde les Frères : malheur à ceux qui acceptent légèrement des devoirs et qui ensuite les négligent. Le 1er Inspecteur explique alors que l’idéal de la franc-maçonnerie c’est l’accomplissement du Devoir, première fois où il est écrit avec un grand D, porté jusqu’au sacrifice, ce qui rappelle le sacrifice de Maître Hiram dans la cérémonie d’exaltation.
Le 1er Inspecteur ajoute : Etes-vous prêts à accomplir votre Devoir parce qu’il est Le Devoir sans songer à la récompense et à être satisfaits de l’approbation de votre seule conscience ? Les récipiendaires vont alors s’engager à accomplir toujours les devoirs du 4ème degré, ce qui, si l’on s’arrêtait dans la cérémonie, pourrait constituer Le Devoir du Maître secret.
Mais le récipiendaire apprend alors que le Devoir est pour nous aussi inflexible que la fatalité, aussi exigeant que la nécessité et toujours impératif comme la destinée : inflexible, exigeant et impératif, le Devoir c’est la grande Loi de la franc-maçonnerie. Le trois fois puissant Maître ajoute : la route du Devoir mène sûrement à la vérité puis il nous met sur le chemin du Devoir qui conduit à la vraie lumière.
Le récipiendaire va alors être créé, institué et reçu Maître secret et il entend ceci : vous venez mes Frères de contracter l’obligation de suivre imperturbablement la route du Devoir, mais vous devez savoir qu’il est parfois plus facile de faire son devoir que de le connaître. Kant a d’ailleurs ainsi défini le Devoir : la nécessité d’accomplir une action par respect pour la loi. Il est plus facile d’agir par respect de la règle que de chercher à en comprendre le sens…autrement dit la compréhension ou la connaissance viendront sur le chemin de l’accomplissement du Devoir.
Pourtant, l’Orateur va enfin expliquer aux Frères : chaque société a sa conception morale du Devoir, chaque âge a la sienne correspondant à son sens moral mais rappelez-vous que nous sommes tous soumis à la grande loi universelle du Grand Architecte. Il définit alors le Devoir du Franc-maçon : Notre Devoir, c’est la quête de la parole perdue.
Enfin, le trois fois puissant Maître précise que l’accomplissement du Devoir exige souvent un sacrifice : nous voici revenus à Hiram qui accomplit son Devoir jusqu’au sacrifice. On peut donc en conclure que le Devoir, c’est la quête de la parole perdue par le dépassement de soi porté jusqu’au sacrifice. Avec la mort d’Hiram, la lumière et la vérité ont été éclipsées. Avec la mort d’Hiram, nous déplorons la perte de la Vraie Parole dont nous sommes maintenant privés. Notre Devoir, c’est de la chercher inlassablement jusqu’à ce qu’elle soit retrouvée.
Trois Fois Puissant Maître, j’ai dit.